La femme au carnet rouge

Dimanche 18 novembre

La femme au carnet rouge

Il est des moments dans l’année où l’on a envie d’une pause autour d’un livre qui vous fait du bien, qui vous envoie des ondes positives et qui vous laisse exprimer votre côté fleur bleue…

C’est d’un livre comme cela dont je voulais vous parler aujourd’hui, La femme au carnet rouge d’Antoine Laurain.

Le livre débute un soir  à Paris. Une jeune femme, Laure, est victime d’une agression et se fait voler son sac à main. Le lendemain matin, Laurent, libraire, découvre le sac sur le couvercle d’une poubelle. Après des heures d’attente au commissariat où il était venu le rapporter, il décide finalement de le conserver et de retrouver sa propriétaire bien qu’il ne contienne pas de papier d’identité.

Débute alors une quête pleine de mystères pour Laurent qui se sent comme envouté par cette femme dont il découvre des bribes de sa personnalité et de son intimité à travers les objets contenus dans le sac et plus particulièrement à la lecture d’un petit carnet en Moleskine rouge.

« Laurent était plongé dans le carnet en Moleskine rouge contenant les pensées de l’inconnue sur des centaines de pages, parfois raturées, soulignées ou écrites en majuscules. L’écriture était élégante et souple. Elle devait les avoir consignées au gré de ses envies, sûrement aux terrasses de cafés ou lors de trajets en métro. Laurent était fasciné par ces réflexions qui se succédaient, aléatoires, touchantes, loufoques, sensuelles. Il avait ouvert une porte qui menait à l’esprit de la femme au sac mauve et même s’il était un peu déplacé de lire les pages du petit carnet, il ne pouvait s’en détacher. Un citation de Sacha Guitry lui était revenu à l’esprit : « Regarder quelqu’un dormir, c’est lire une lettre qui ne vous est pas adressée. » La bouteille de vin était à moitié vide et le hachis parmentier avait été oublié sur le plan de travail de la cuisine.

Le premier objet qu’il avait trouvé était un flacon de parfum en verre noir, Habanita de Molinard. Une pulvérisation lui révéla une odeur poudrée d’ylang-ylang et de jasmin. […]

Les objets paraissaient innombrables. Laurent décida d’en retirer plusieurs à la fois. Il plongea sa main dans la poche latérale gauche et en sortit pêle-mêle un Pariscope, un baume pour les lèvres, un sachet d’Efferalgan, une épingle à cheveux et un livre. Accident nocturne de Patrick Modiano. Laurent s’arrêta, l’inconnue était donc une lectrice de Modiano et il lui sembla que le romancier affectionnant le mystère, la mémoire et les quêtes d’identités lui faisait signe. »

Laure, quant à elle, n’ayant plus les clés de son appartement, décide de passer la nuit dans un hôtel en expliquant sa situation et en sollicitant la bienveillance du concierge qu’elle payera le lendemain. Toutefois, le lendemain, Laure ne sort pas de sa chambre. Il finit par aller la trouver et la découvre inconsciente, une tâche de sang sur l’oreiller. Le lecteur suit alors en parallèle la quête de Laurent pour retrouver cette femme dont il détient les derniers objets qu’elle a tenue entre ses main et l’histoire de Laure après son agression.

« Depuis quatre jours, la place de Laure à l’atelier était vide. Lorsqu’il ne l’avait pas vue arriver jeudi matin, il avait su que quelque chose n’allait pas. A onze heures, il avait laissé un message. A midi, un autre. A treize heures, il avait composé son numéro fixe. Au retour du déjeuner, où l’absence de Laure avait été le sujet principal de conversation avec Agathe, Pierre, François, Jeanne et Amandine – les autres compagnons- il avait été convenu avec Sébastien Gardhier – quatrième génération des ateliers – qu’il serait préférable de se rendre à son domicile. C’est encore William, j’ai quitté l’atelier, je passe chez moi prendre les clés de Belphégor et je viens chez toi, avait-il laissé comme ultime message sur le portable de Laure. C’était ainsi qu’ils nommaient entre eux le double des clés de son appartement – William ne l’utilisait que pour aller nourrir le chat lorsqu’elle était absente.

Après deux coups de sonnette sans réponse, il décida d’ouvrir. La porte entrebâillée, le félin se faufila et sortit sur le palier, comme à son habitude. Il regarda William, positionna son dos en arc de cercle et commença à se déplacer en crabe, les oreilles couchées. « Il fait cela quand il a peur, une position d’attaque. » Les mots de Laure lui revenaient à l’esprit et si le chat avait peur, c’est bien qu’il s’était passé quelque chose. Laure? appela-t-il, tu es là? »

Le roman se lit très facilement. Les chapitres sont courts, l’intrigue est bien menée et l’on reste curieux de savoir si Laurent finira par retrouver les pas de Laure.

C’est un bon moment de lecture, un roman feel good qui vous apportera un peu de chaleur en cet hiver qui arrive à grand pas… ♥♥♥

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Les couleurs de l’automne

Dimanche 4 novembre

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L’automne s’est désormais installé et en ce dernier jour de vacances pour les enfants, on se plait à vouloir encore profiter des couleurs de la nature. On a envie de ballades en forêt sur des tapis de feuilles mortes, de ramasser des champignons ou de cueillir quelques cyclamens qui tapissent les sous-bois de tâches roses ou blanches.

Une fois encore je voulais vous partager ce très beau poème de Baudelaire qui chante la nature, ses couleurs et ses odeurs… Ralentissons pour savourer l’automne de la nature….

 

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Correspondances – Charles Baudelaire

 

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Le jeu

Jeudi 1er novembre

Le jeu

La pluie, le froid et la grisaille sont revenus, temps habituel pour les vacances de Toussaint. Sans transition cette année, l’été nous a quitté et l’on se trouve un peu désemparé en rallumant la cheminée et en sortant pulls et doudounes de nos armoires.

En même temps, quoi de plus agréable quand il pleut que de se lover avec un bon bouquin ou d’aller se plonger dans une salle obscure de cinéma.

C’est ce que je vous conseille aujourd’hui, en allant voir le dernier film de  Fred Cavayé, Le Jeu, avec une série d’acteurs tous exceptionnels : Bérénice Bejo, Stéphane De Groodt, Doria Tillier, Vincent Elbaz, Roschdy Zem pour les plus connus et Suzanne Clément, Grégory Gadebois et Fleur Fitoussi, moins connus mais tout aussi puissants dans cette comédie dramatique.

Le film est un remake de celui  de l’italien Paolo Genovese, Perfetti sconosciuti, sorti en 2016.

L’histoire débute par l’arrivée de deux couples chez Vincent (Stéphane De Groodt) et Marie (Bérénice Béjo) pour un dîner. Arrive, un peu après, Ben (Grégory Gadebois) qui devait venir avec sa nouvelle compagne. Finalement, il arrive seul.

Le dîner s’engage sur le ton des plaisanteries et de la bonhomie. On sent pour autant quelques tensions ou  malaises entre certains protagonistes et plus particulièrement entre certains couples. Après une blague ratée de Ben  sur les téléphones portables qui sont désormais, selon lui, les boites noires des couples, Marie propose que chacun dépose au centre de la table son smartphone. Tout message, appel, notification de réseau social ou mail devra être lu et partagé à voix haute avec le reste des convives.

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Commence alors un drôle de jeu où les secrets des uns et des autres vont être révélés au grand jour par l’intermédiaire de cette petite technologie.

Le film, qui se joue à huit clos, et qui alterne entre séquences comiques, émouvantes et dramatiques, le tout porté par un casting brillant, se déroule dans un décor très cosy et chaud.

Plus l’histoire progresse et plus l’on va de surprise en surprise, le moindre détail prenant toute sa signification, les émotions passent à travers des échanges de regards, l’expression des visages filmés de manière serrée.

Enfin le jeu des acteurs est juste, touchant. Difficile de mettre en avant l’un plutôt qu’un autre, mais je décernerais quand même un prix plus particulier à Stéphane De Groodt et Grégory Gadebois, une belle découverte pour moi que cet acteur.

Alors en ce jeudi de Toussaint, triste et humide, rendez-vous dans votre salle de cinéma , allez jouer avec ces acteurs. Vous verrez, c’est jubilatoire!!♥♥♥

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Scottish Millionaire’s Shortbread

Dimanche 21 octobre

Bonjour  cher-e-s ami-e-s lecteurs-trices !

Alors que le soleil brille encore en ce 21 octobre et que l’on croirait que l’été ne finira jamais, je voulais vous proposer de partir faire un petit voyage culinaire en Écosse pour tenter une recette de délicieux gâteau au caramel et au chocolat : le Millionnaire Shortbread.

Cette gourmandise ravira les enfants et les plus grands, mais attention au risque d’addiction, c’est un gâteau qui a un petit goût de reviens-y….

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Pour réaliser le Millionaire Shortbread :

Le sablé

  • Préchauffez votre four à 180°
  • Dans un saladier, préparer la couche sablée du gâteau en mélangeant 120g de beurre demi-sel mou, 50 g de sucre, 180° de farine et 1 sachet de sucre vanillé
  • Formez une boule que vous pouvez mettre au frais pendant 30 minutes. Elle sera plus facile à étaler ensuite
  • Dans un moule carré, disposez une feuille de papier sulfurisé et étalez la pâte sablée. Si vous disposez d’un moule Flexipan, le papier sulfurisé n’est pas nécessaire.
  • Faites cuire la pâte pendant 25 minutes jusqu’à ce qu’elle soit dorée puis laissez refroidir

Le caramel

  • Préparez ensuite le caramel en faisant fondre dans une casserole 120g de beurre demi-sel, 400g de lait concentré sucré, 120g de sucre et 2 cuillères à soupe de miel crémeux
  • Mélangez sans cesse pendant environ 5 minutes jusqu’à ce que le caramel épaississe
  • Versez le ensuite sur le sablé et laissez refroidir au moins pendant une bonne demi-heure voire plus

Le chocolat

  • Selon vos goûts, vous pouvez utiliser du chocolat noir ou du chocolat au lait. Personnellement, je préfère le noir.
  • Faites fondre 200 g de chocolat et versez le sur le caramel
  • Mettre ensuite le gâteau au réfrigérateur
  • Servez le après avoir coupé des carrés de gâteau et n’oubliez pas de l’accompagner d’un english tea ♥♥♥

Et après ce petit tour culinaire écossais, je vous propose de faire une petite escapade photographique le long du Leith walkway, qui coule d’Edimbourg vers le port. Promenade bucolique…

 

« Il y a de la musique dans le soupir du roseau ; il y a de la musique dans le bouillonnement du ruisseau ; il y a de la musique en toutes choses, si les hommes pouvaient l’entendre. »

Lord Byron – Don Juan

 

 

 

L’atlas vagabond

Dimanche 7 octobre

Atlas vagabond

 

Aujourd’hui je voulais parler d’un livre pour enfant coup de cœur, l’atlas vagabond, un monde d’aventures de Lucy Letherland (illustrations ) et Rachel Williams (textes).

Cet ouvrage s’adresse aux globe-trotters et globe-trotteuses en herbe et les entraine à la découverte du monde et des cultures des quatre coins de la planète sur les pas de deux aventuriers.

L’atlas, revisité au format XXL, compile des planches aux couleurs vives et nuancées. Chacune présente un pays et invite le jeune lecteur à participer au Carnaval de Rio, au Nouvel an chinois, aux jeux des Highlands ou à un safari en canoë sur le Zambèze. Abordant à la fois la pluralité des cultures, la richesse de la biodiversité et la beauté des paysages, cet ouvrage « célèbre l’immense diversité de notre planète ».

En plus de découvrir la Finlande et ses aurores boréales, le jeune lecteur fait la connaissance du renard roux aux vibrisses aiguisées pour le guider dans la neige ou du Harfang des neiges, dont le plumage lui recouvre même les pieds! Quelques pages plus loin, il fait plus chaud autour des papillons monarques du Mexique ou du Kinkajou de la forêt amazonienne….

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Les dessins sont d’une grande beauté, à la fois naïfs et précis dans les détails. Je vous livre mes planches préférées : Le fête du cheval en Espagne, La Holi en Inde  et la fête de la Montgolfière au Canada ♥♥♥

«  Le voyage est comme une porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve. »

Guy de Maupassant

Lectures nature

Dimanche 30 septembre

idées lecture septembre

Aujourd’hui, je voulais vous partager mes prochaines idées de lecture en prenant une option nature avec deux ouvrages différents et que j’ai très envie de découvrir :

  • Jours Barbares – Une vie de surf de Willam Finnegan

Ce récit, élu meilleur livre de l’année par le magazine America et meilleure autobiographie de l’année par le journal  Lire, est celui d’un homme qui a adopté le surf comme un art de vivre, qui fait de l’océan un échappatoire et une source d’émerveillement devant la brutalité du monde à laquelle il est confronté en tant que reporter de guerre. Faces aux horreurs du Soudan, des Balkans et autres atrocités, la vague devient et demeure sa boussole.

« Un récit personnel et flamboyant » nous dit François Busnel, alors laissons-nous emmener sur la vague de William Finnegan….

  • La vie secrète des arbres de Peter Wholleben

Peter Wholleben a fait une grande partie de sa carrière en tant que forestier en Allemagne. A travers cet ouvrage, il nous apprend comment s’organise la société des arbres et nous livre leurs secrets de communication et de solidarité. La magie des végétaux est ici révélée par un conteur écologique qui devrait nous amener à percevoir autrement les arbres et les plantes. Après cette lecture, vous ne devriez plus faire un tour en forêt de la même façon. Face à l’urgence écologique, nous avons sans doute à apprendre de la nature avec humilité.

« Une revigorante école d’altruisme, pour ne pas dire d’humanité » – Le Monde

Alors sous ce beau soleil de fin septembre, pourquoi ne pas aller faire une promenade en forêt. En plus de cueillir des champignons, vous aurez peut-être l’occasion de percer le mystère des arbres…

Arbres Croisic

Le Hygge Saturnien

Dimanche 23 septembre

L’automne s’est bel et bien installé ce dimanche sur notre Touraine. L’ambiance est humide et grise. Il semble temps de ranger les transats et le salon de jardin, de troquer la petite robe d’été contre un pull bien douillet. Mais, pas d’abattement, car c’est un temps idéal pour s’adonner à notre sport favori le Hygge! Si vous ne savez pas comment débuter, je vous invite à lire Le livre du Hygge de Meik Wiking qui vous donnera toutes les ficelles pour vous lancer, et, vous verrez, la grisaille ne vous fera plus déprimer.

Pourquoi ne pas commencer dès ce dimanche en sortant vos fouets et plats à gâteau pour réaliser cette recette toute simple de gâteau aux noix du Périgord et pépites de chocolat? Car la pâtisserie, c’est très hygge!

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  • Dans un petit sac plastique, type sac congélation, versez 65 g de noix et concassez les à l’aide d’un rouleau à pâtisserie
  • Dans un saladier, mélangez, les noix, 50g de sucre, 100 g de farine et 1 sachet de levure
  • Ajoutez 2 œufs et un yaourt nature et mélangez bien pour obtenir une préparation fluide
  • Complétez la préparation en versant 100 g de pépites de chocolat puis versez la dans un moule de 18 à 20 cm préalablement beurré
  • Faites cuire à four chaud 180° pendant 20 à 25 mn puis laissez refroidir avant de démouler

A partager en famille avec un verre de cidre ou un thé bien chaud.♥♥

Deuxième étape pour un dimanche hygge, un peu de lecture. Je ne résiste pas à l’envie de vous partager la célèbre Chanson d’automne de Verlaine que vous connaissez sans doute mais que l’on se plaît à lire et relire.

Chanson d’automne

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

Enfin, pour être certain de profiter de ce moment, n’oubliez pas un peu de ronronthérapie!!

Cerise
Cerise, la minette de Cécile

Manderley for ever

Dimanche 16 septembre

Manderley for ever

La rentrée littéraire bat son plein et vous vous interrogez sans doute sur votre prochaine lecture parmi toutes ces nouveautés : La maison Golden de Salman Ruhsdie ? Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb?  A son image de Jérôme Ferrari?

N’oubliez pas que c’est aussi la rentrée littéraire pour les livres de poche, avec notamment La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez, prix Renaudot 2017, désormais accessible pour les petits budgets.

Mais avant de plonger dans toutes ces nouveautés, je voulais vous parler d’une lecture de cet été,  Manderley for ever de Tatiana de Rosnay.

Sous ce titre qui laisserait penser à une romance à l’anglaise, cet ouvrage est en réalité la biographie de la célèbre romancière britannique Daphné du Maurier au succès international et qui inspira Alfred Hitchcock.

Tatiana de Rosnay raconte, à la façon d’un roman, la trajectoire de cette femme, éprise de liberté et passionnée par l’écriture, attachée aux lieus et plus particulièrement à Menabilly, le manoir de Cournouailles où elle a vécu pendant plus de 25 ans. On découvre, au fil des pages, une Daphné du Maurier amoureuse, souvent solitaire, mère et épouse, amante, navigatrice, marcheuse mais surtout romancière, habitée physiquement par l’écriture et le besoin irrépressible de noircir la feuille. Sous toutes ces facettes, elle se révèle extrêmement surprenante, se jouant des conventions et de la bien bienpensance pour vivre libre et s’adonner à la littérature.

Vous connaissez sans doute son célèbre roman Rebecca qui lui offrit la notoriété internationale, mais peut-être moins ses autres ouvrages, que la biographie de Tatiana de Rosnay  permet de découvrir,  de ses succès à des romans plus troubles qui n’ont pas forcément touché son public.

Manderley for ever traduit  enfin l’attachement de Daphné du Maurier pour les lieux qui ont marqué sa vie et l’atmosphère qui y régnait. On ressent le calme et la plénitude de Ferryside, la grandeur du Paris du début du XXème siècle et le magnétisme ensorcelant de Menabilly.

« Daphné arrive à Fowey vers la fin de l’été 1929, avec ses parents, ses sœurs et des invités. Bonheur de retrouver son bateau, la mer, ses amis pêcheurs. Et l’appel de Menabilly, toujours aussi envoûtant. Elle souhaite montrer la maison secrète à Jeanne et à une de ses amies, Elaine, ainsi qu’à leur cousine Ursula, la fille d’oncle Willie. Les jeunes filles empruntent le chemin de la forêt, à partir de Four Turnings, celui qu’Angela et Daphné n’avaient jamais pu achever. Elles marchent pendant des heures dans les fourrés touffus, renoncent presque, parviennent enfin à localiser la maison, et avancent par-derrière, vers l’aile la plus récente. Elles remarquent une lucarne mal fermée ; et si elles pénétraient dans le manoir ? Daphné ne peut résister à l’idée de voir l’intérieur, c’est elle qui ouvre le passage, qui saute la première. Les quatre avancent dans un silence sépulcral, découvrent des murs tapissés de toiles d’araignée, des plaques de fongus brunâtres dans chaque recoin, des sols poussiéreux jonchés de débris, des couloirs sombres et humides. Elles aboutissent dans la partie la plus noble, Daphné reconnaît le grand salon qu’elle avait pu admirer par la fenêtre avec Angela.

Daphné y est enfin, dans cette longue pièce décorée de tableaux de famille, aux meubles protégés de housses, et au cheval à bascule qui n’a pas bougé depuis des années. A côté, une grande salle à manger, plus loin encore, une bibliothèque avec des centaines de livres. Que s’est-il passé entre ces murs? Quels sont les secrets de Menabilly? Pourquoi est-ce que cela la touche autant? Les autres jeunes filles n’apprécient pas l’impression d’abandon, le silence, les ombres, alors que Daphné voudrait rester encore, monter le long du grand escalier de bois, toucher les vestiges du papier peint écarlate qui se décolle et rappelle les rhododendrons. Elles ressortent par la petite fenêtre que Daphné attache soigneusement. Tandis qu’elle s’éloigne pour rattraper les autres, un énorme hibou blanc s’échappe de l’étage supérieur et la fait sursauter.

Tout au long de la soirée, Daphné ne parvient pas à chasser de son esprit les images de la maison. Pourquoi est-elle obsédée à ce point pas un passé qui n’est pas le sien, hantée par la mémoire des murs d’un manoir abandonné? »

Menabilly
Menabilly (The Chichester Partnership)

 

Merci à ma maman pour ce joli conseil lecture…

Les chats d’Eole

Dimanche 9 septembre

Les enfants ont repris le chemin de l’école et malgré le beau soleil de ce week-end, les vacances nous semblent bien lointaines. On aurait bien envie de repartir en escapade pour retrouver légèreté et insouciance.

Alors, je vous propose d’aller à la rencontre des matous qui peuplent les petites îles éoliennes situées au large de la Sicile que sont Lipari, Vulcano, Panarea, Salina, Stromboli.

Plus connues pour leurs célèbres volcans encore en activité, ces îles sont un véritable petit coin de paradis, baignées par la douceur des vents et du soleil. A chaque coin de rue, endormis sur une pierre ou sous l’ombre d’un arbre, nos amis félins donnent à ces petites pierres posées sur la mer une âme particulière.

Ils sont un peu comme les gardiens des trésors d’Eole, dieu des vents, n’appartenant à personne et à tout le monde. Sans doute sont-ils eux aussi un peu divins, mais pas sauvages,  protégés par les Siciliens qui, au gré de leurs rencontres, sortent de leur sac des croquettes qu’ils déposent sur les pavés comme des offrandes…

 

« Nous gagnons Éolie, où le fils d’Hippotès, cher aux dieux immortels, Éole, a sa demeure. C’est une île qui flotte : une côte de bronze, infrangible muraille, l’encercle tout entière ; une roche polie en pointe vers le ciel. »

(L’Odyssée – Chant X – Homère)

doigts d'Eole
Lipari – Vulcano – Les doigts d’Eole

 

Les Culottées

Dimanche 2 septembre

Bonjour amis lecteurs !

Après plusieurs semaines de repos, Elsy et son chat Caramel reprennent du service pour une nouvelle année qui, souhaitons le, sera riche de lectures, de découvertes et de ronronthérapie. Nous espérons sincèrement que nous vous avez passé un très bel été, que vous avez eu la possibilité de partir explorer de nouveaux horizons et que vous avez aussi eu la chance de faire de belles rencontres. Nous vous ferons partager au fil des articles, tout ce qu’Elsy a rapporté dans ses bagages; au programme : des lectures, des voyages, quelques recettes sucrées et des matous rencontrés au détour d’une rue…

Nous sommes ravis de vous retrouver en ce mois de septembre et espérons que le plaisir sera partagé.

Une lecture détente et instructive pour profiter du dernier week-end et du soleil avant la rentrée des enfants demain : Culotées, tome 1. Des femmes qui ne font que ce qu’elles aiment de Pénolope Bagieu. Cette bande dessinée qui comporte plusieurs tomes, présente sous la forme de planches courtes, le destin de femmes hors du commun et aborde leur vie de manière simple et humoristique. Certaines sont très connues comme Joséphine Baker, ou vous en avez déjà entendu parlé sans trop savoir qui elles étaient, c’est le cas de la Femme à Barbe. D’autres, en revanche, vous sans doute étrangères, à moins que vous soyez spécialiste de l’histoire des indiens d’Amérique ou de la Grèce Antique.

Les culottées tome 1

A travers la biographie de ces femmes à la force de caractère indéniable, Pénolope Bagieu aborde sous un angle léger mais juste, la thématique de l’égalité entre les femmes et les hommes et démontre sans aucun doute que le récit de l’histoire a surtout mis en valeur les réussites des hommes en oubliant la part non négligeable prise par les femmes. Les biographies sont assez courtes et donnent envie de découvrir, de manière plus approfondie, ces destins hors du commun.

Lozen les culotées

Mes coups de cœur :

  • Annette Kellerman, Sirène, (1886-1975). Nageuse de haut niveau, elle a révolutionné la tenue de bain au début du XIXème siècle.
  • Agnocide, gynécologue, (env. 350 av. J.C). Alors que les Athéniens ont interdit l’exercice de la médecine aux femmes, Agnocide, révoltée de voir des femmes mourir en couches, décide de se déguiser en homme pour pouvoir exercer et sauver des vies.
  • Las Mariposas, Sœurs rebelles (1924/26/35- 1960). Opposantes politiques dans une République Dominicaine soumise à la  dictature de Rafael Trujillo, elles se battront jusqu’au bout pour défendre la liberté.

Une lecture à poursuivre avec les tomes suivants et à mettre entre toutes les mains de nos ados de filles pour leur ouvrir tous les champs des possibles et ne pas les enfermer dans des stéréotypes!