Recettes

Beignets créoles

Dimanche 18 août

Le soleil a décidé de bouder la Touraine depuis plusieurs jours et ce week-end est bien maussade et pluvieux.

Au lieu de faire la tête comme Isis, il faut essayer de se bouger pour ne pas oublier que c’est toujours l’été.

 

Et comme vous le savez, l’une des activités préférées d’Elsy quand il pleut, c’est de faire de la pâtisserie et de lire. Aussi, je vous propose aujourd’hui de partir sous les caraïbes pour une recette gourmande et ensoleillée de beignets créoles à la banane.

La recette est toute simple :

  • Dans un saladier, mélangez 30 g de farine, 30g de sucre et 2 œufs
  • Écrasez à la fourchette 3 bananes et ajoutez-les à la préparation
  • Versez 1 cuillère à soupe de rhum
  • Faites chauffer de l’huile dans une casserole. Quand elle est bien chaude, versez une cuillère à soupe de pâte dans l’huile. Retournez bien les beignets pour les cuire sur les deux faces
  • Une fois cuit, déposez les sur du papier absorbant et saupoudrez les de sucre ou de noix de coco râpée

Dégustez-les tièdes, ils sont encore meilleurs. Vous pouvez aussi les accompagner d’une boule de glace à la vanille ou d’un coulis de chocolat chaud. ♥♥

 

“La pluie a été inventée pour que l’homme se sente heureux sous un toit.”

Sylvain Tesson

Non classé

Carte postale !!

Samedi 2 août

Elsy et Caramel prennent quelques semaines de vacances  au bord de la mer, espèrent que vous pourrez aussi profiter d’un temps de repos et que vous aurez la possibilité de partir à  la découverte d’une nature plus lointaine.

Qu’elles soient sportives, amicales, culturelles, humanitaires, contemplatives,  aventureuses, familiales, relaxantes ou platoniques, nous vous souhaitons des vacances ressourçantes et vivifiantes !!

 

Happy Holidays !!

Livres

A glisser dans mon sac de plage

Dimanche 7 juillet

20190219_161949Avec le beau soleil qui brille sur la Touraine dernièrement, on sent approcher l’odeur des embruns et la chaleur du sable. On commence déjà à se mettre en mode vacances et à lister toutes les choses qu’il ne faut pas oublier d’emporter dans son sac de voyage pour profiter pleinement de quelques jours ou semaines au bord de la mer ou à la montagne.  J’espère chers amis lecteurs que vous aurez cette chance de partir en vacances.

Pour Elsy aussi,  ce sera bientôt le moment de ralentir le rythme et de retrouver un peu de temps pour lire les doigts de pieds en éventail sous le parasol.

Je vous propose donc de partager ici les romans qui se retrouveront au fond de son sac de plage.  Peut-être pourrez-vous aussi piocher quelques idées :

  • Une saison au bord de l’eau de Jenny Colgan

Pour débuter et se mettre en mode détente, rien de tel que de plonger dans l’univers de l’auteure de La petite boulangerie du bout du monde . Dans ce nouveau roman, Jenny Colgan nous conduit sur les pas de la jeune Flore qui est amenée à retourner sur son île natale au nord de l’Écosse qu’elle a quittée brutalement après la mort de sa mère. Elle n’y est pas la bienvenue. Pourtant, la découverte du cahier de pâtisserie de sa mère sera peut-être la clé pour la réconcilier avec son île et ses habitants.

  • La tresse de Laetitia Colombani

Conseillé par Valérie, ce roman que j’ai très envie de lire raconte l’histoire de trois femmes, originaires de trois continents, qui décident de prendre leur destin en main et de se battre pour défendre leur liberté. Leurs histoires vont les lier sans le savoir pour tisser une tresse d’espoir et de solidarité.

« Un roman dans lequel il y a tout. La musique, le rythme, le suspense, les personnages, forts, superbes, et puis une intrigue qui vous serre le cœur. » François Busnel

  • Vers la beauté de David Foenkinos

Si vous avez l’habitude de venir sur ces pages, vous savez sans doute combien j’apprécie les romans de David Foenkinos. Celui-ci raconte comment Antoine Duris, professeur aux Beaux-Arts de Lyon décide de tout quitter du jour au lendemain pour devenir gardien de salle au musée d’Orsay. Pour comprendre sa surprenante reconversion, il faudra à Mathilde, la DRH du musée,  beaucoup de patience et de persévérance pour percer son secret.

« Un récit qui ne nous lâche plus, nous sidère, nous bouleverse. » Bernard Lehut.

  • Le Prince de la brume de Carlos Ruiz Zafon

Là aussi, une valeur sûre si vous avez envie de suspense et d’aventures. Rien n’est comparable à l’univers de Carlos Ruiz Zafon. Après Le cimetière des livres oubliés et Marina, je trépigne d’envie de replonger dans l’un de ses romans.  Dans Le Prince de la brume, l’histoire se déroule en 1943. La famille Carver, menacée par la guerre, emménage dans une belle maison sur la côte anglaise. Les enfants, Max et Alicia, intrigués par les statues du jardin et l’épave d’un cargo échoué dans la baie, vont découvrir de terribles secrets. Un Prince surgit de la brume avec ses ombres rôdeuses.

  • Un peu, beaucoup, à la folie de Liane Moriarty

Le récit palpitant de son roman Le secret du mari , avait été une belle découverte. De ce fait, on a forcément envie de retrouver la plume de Liane Moriarty dans son nouveau livre qui raconte un beau dimanche ensoleillé autour d’un barbecue. Trois couples épanouis et amis qui vont finir par regretter d’y être allés. Inavouables secrets et mensonges jaillissent derrière les vies ordinaires.  Tout un programme !

  • Changer l’eau des fleurs de Valérie Pérrin

Ce livre est un cadeau qui me semble très bien choisi. Valérie Pérrin nous emmène dans le monde de Violette Toussaint, garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Elle est la confidente de tous celles et ceux qui viennent saluer leur morts. Mais quels événements ont mené Violette dans cet univers où le tragique et le cocasse s’entremêlent?

 » Un contraste entre rires et larmes qui fait mouche. » Baptiste Liger

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Le plus délicat dans cette affaire sera sans doute de décider lequel lire en premier. J’hésite encore beaucoup. Et vous quel serait votre choix ?

 

Poésie

Madère, un jardin au cœur de l’océan

Dimanche 23 juin

20190412_120436Le soleil et la chaleur se sont invités ce week-end sur la Touraine. Je profite de cette douce chaleur pour vous emmener en voyage sur une île au cœur de l’océan, à Madère, que l’on appelle aussi l’île aux fleurs. Caractérisée par sa tempérance et la luxuriance de sa nature, Madère est un petit coin de paradis. Au détour de l’un des nombreux chemins de randonnées, laissez vous charmer par les couleurs de ce bijou posé sur l’océan. Et pour accompagner ce voyage, je vous propose quelques textes de Fernando Pessoa, poète portugais.

« Notre vie est un voyage
Dans la nuit et dans le vent
Nous trouvons notre passage
À travers espace et temps
Rien jamais ne nous arrête
Et du soir jusqu’au matin
Chaque nuit est une fête
Et non pas un songe vain »

« La beauté est le nom de quelque chose qui n’existe pas et que je donne aux choses en échange du plaisir qu’elles me donnent »

« Un poème sommeille en moi

Qui exprimera mon âme entière.

Je le sens aussi vague que le son et le vent

Non modelé dans sa forme accomplie.

Il n’a ni stance, ni vers, ni mot.

Il n’est même pas tel que je le rêve.

Rien qu’un sentiment confus de lui,

Rien qu’une brume heureuse entourant la pensée.

Jour et nuit dans mon mystère intime

Je le rêve, je le lis, je l’épelle,

Et sa vague perfection toujours

Gravite en moi à la frange des mots.

Jamais, je le sais, il ne sera écrit.

Je sais et j’ignore à la fois ce qu’il est.

Mais je jouis de le rêver,

Car le bonheur, même faux, reste le bonheur »

Et pour finir cette belle balade, quelques rencontres de créatures gazouillantes, à bosse ou à moustaches qui peuplent cet Éden d’ azur et de verdure…

« Ne pas tenter de comprendre ; ne pas analyser… Se voir soi-même comme on voit la nature; contempler ses émotions comme on contemple un paysage — c’est cela, la sagesse… »

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Livres

La vie est facile, ne t’inquiète pas

Dimanche 5 mai

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Avril a tourné sa page et le joli de mois de mai a pointé le bout de son nez. Les brins de muguet embaument peut-être votre jardin à qui il faut refaire une petite beauté en attendant des journées plus chaudes pour profiter de quelques lectures à l’ombre des arbres et auprès des rosiers.

Peut-être aurez vous envie de lire ce roman que je vous conseille : La vie est facile, ne t’inquiète pas, d’ Agnès Martin-Lugand.

Après avoir raconté dans Les gens heureux lisent et boivent du café le deuil de Diane qui a perdu sa petite fille et son mari dans un accident de voiture, Agnès Martin-Lugand nous propose de retrouver Diane quelques années plus tard. Elle tient un café littéraire  et son ami gay Félix essaye désespérément de lui trouver une âme sœur sur Meetic. Diane se trouve à un moment charnière de sa vie : est-elle prête pour entamer une nouvelle histoire d’amour après Colin ? Alors que toute présence d’un enfant la replonge dans la douleur de la perte de sa petite Clara, comment faire pour reconstruire une famille avec quelqu’un? Finalement, elle fait la rencontre d’Olivier qui de manière douce, compréhensive et attentionnée va réussir à la conquérir. L’avenir semble rayonner pour Diane jusqu’au jour où elle tombe nez à nez avec Edward, qu’elle avait rencontré en Irlande où elle était aller se ressourcer après le décès de Colin et Clara. Il lui apprend alors une terrible nouvelle. D’un seul coup, les certitudes de Diane sont bousculées et le chemin tout tracé semble vouloir faire quelques virages.

« Nous nous dirigeâmes vers la sortie, je restai blottie contre lui, regardant mes pieds. Nous étions presque dehors quand, de la musique et du brouhaha général émergea une voix. Une voix qui me tétanisa. Une voix qui me renvoya à Mulranny. Une voix qui me donnait le goût des embruns sur les lèvres. Une voix rauque qui sentait le tabac et que je pensais ne jamais réentendre.

– Attends, dis-je à Olivier en le lâchant.

Je le plantai là, et revins sur mes pas guidée et hypnotisée par l’écho de cette voix, qui résonnait comme le chant des sirènes. C’était impossible. J’avais fabulé, perturbée par le flot de souvenirs qui resurgissait dans cet endroit. Pourtant je devais en avoir le coeur net. Je traquai les silhouettes, les visages, j’épiai les conversations, bousculai ceux qui entravaient ma recherche. Et je me figeai. C’était bien sa voix. Quelques centimètres me séparaient de lui. Il était là : de dos, grand, débraillé, en chemise, une cigarette entre les doigts, qui n’attendait que d’être allumée. Si je humais l’air, son parfum envahirait mes narines et me renverrait dans ses bras. Je tremblais, ma bouche était sèche, mes mains moites, j’eus froid, j’eus chaud.

– Edward…, murmurai-je sans le vouloir.

J’eus l’impression que tout le monde m’avait entendue. Lui seul comptait. Son corps se contracta, il baissa le visage quelques secondes, serra les poings, et alluma son briquet nerveusement plusieurs fois de suite. Puis il se retourna. Nos regards s’accrochèrent. Le mien lui transmettait ma surprise et mes questions. Le sien, après m’avoir détaillé de la tête aux pieds, me renvoya de la froideur, de la distance. Ses traits étaient toujours aussi durs, arrogants, mangés par sa barbe. Sa chevelure, aussi décoiffée que dans mon souvenir, était désormais striée de quelques fils blancs. Il semblait épuisé, marqué par quelque chose que je n’arrivais pas à définir. »

J’ai lu ce roman d’une seule traite en étant prise par l’histoire de Diane. La lecture est aisée avec de nombreux dialogues et les décors bien plantés entre Paris et la côte irlandaise et même si l’on n’a pas lu Les gens heureux lisent et boivent du café, on dispose bien de tous les éléments pour comprendre le récit.

Ce roman aborde le thème de la résilience avec beaucoup de justesse dans l’expression des sentiments. On est forcément touché par les doutes, les ambivalences ressenties par Diane et l’on se dit qu’on aimerait bien retrouver encore ces personnages auxquels on s’attache. ♥♥

« L’aboutissement d’un deuil normal n’est en aucune façon l’oubli du disparu, mais l’aptitude à le situer à sa juste place dans une histoire achevée, l’aptitude à réinvestir pleinement les activités vivantes, les projets et les désirs qui donnent de la valeur à l’existence. »

Monique Bydlowski, Je rêve un enfant

 

Livres

Les Grands Espaces

Dimanche 21 avril

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Après une petite escapade sur la belle île de Madère, Elsy et Caramel sont de retour pour vous faire partager lectures, poésies et douceurs.

En ce beau week-end prolongé, on profite de la glycine qui refleurit, des premiers boutons des rosiers et du gazouillis des oiseaux. A l’ombre des pruniers ou cerisiers, je vous invite à découvrir le dernier album nature et empli de poésie de Catherine Meurisse : Les Grands Espaces.

« Un songe d’âge d’or, un mirage d’innocence champêtre, artiste ou poétique, m’a prise dès l’enfance et m’a suivie dans l’âge mur. »

George Sand

C’est ainsi que débute le recueil de Catherine Meurisse, parallèle posé entre la femme de lettres et la dessinatrice pour exprimer à sa manière combien la campagne où elle a grandi constitue pour elle une source d’inspiration et le fondement de sa vocation d’artiste.

 

Dans Les Grands Espaces, Catherine Meurisse se dépeint enfant, avec sa sœur et ses parents qui viennent de racheter une veille ferme en ruines sur un immense terrain dans la campagne charentaise. Catherine dessine sa vie de petite fille au grand air entre boutures, plantations, fouilles dans le jardin, tout en instillant par petites touches les transformations écologiques de notre monde au cours des 30 dernières années avec l’évolution de l’agriculture et l’urbanisation du monde rural. Comme fil conducteur de ces transformations et du socle chez Catherine Meurisse, il y a la littérature et l’art. Comme elle l’avait exprimé dans son album d’après Charlie La Légèreté, l’art et la beauté sont les ingrédients qui ont permis à Catherine Meurisse de se construire et de se reconstruire après le drame. La campagne, les arbres, les fleurs, les animaux et leur observation révèlent une beauté qui se traduit en art.

Catherine Meurisse sait reproduire à travers ses dessins la sacralité des rosiers de Proust ou de Montaigne, la délicatesse des digitales pourpres, des lupins bleus, des belles de nuit ou encore des héliotropes, la majesté du cèdre ou du hêtre lorsqu’ils sont centenaires.  Elle sait également nous amuser, avec beaucoup de finesse et de justesse avec les musées et collections des deux sœurs, l’horreur exprimé devant la construction des lotissements ou encore la découverte du Futuroscope rebaptisé Futuroland.

Comme pour le précédent album, cet ouvrage de Catherine Meurisse est à lire et à relire. C’est un pur objet de poésie, de rêverie et de finesse. A travers elle, on se retourne sur le passé en ayant un peu le sentiment d’un petit paradis perdu, comme une madeleine dont on aurait perdu le goût, mais qu’il n’est peut être pas difficile de retrouver si l’on s’en donne la peine…. ♥♥♥♥

Les grands espaces 1

 

Arts

Les chats de Dubout

Dimanche 24 mars

chat et landeauSi comme Elsy vous êtes un amoureux des chats, vous avez sans doute déjà remarqué ces drôles de chats noirs et blancs que l’on retrouve en figurines ou illustrant des tasses, des torchons, des dessous de verres. Par contre, on sait moins que nous les devons à Albert Dubout, dessinateur et illustrateur du XXème siècle, ami de Marcel Pagnol et de San-Antonio.

Comme beaucoup d’artistes, Albert Dubout partageait sa vie avec des chats qui l’ont inspirés en permanence. A travers ses dessins, il a croqué avec justesse et  malice les caractères des matous sous toutes leurs facettes : le chasseur, la mère, le bagarreur, l’acrobate, le dormeur, le gourmand…

figurine chat et mouette

Des toits de la ville au moelleux de l’édredon, les chats de Dubout sont plus vrais que nature et toute ressemblance avec des êtres existants ou ayant existé n’est pas fortuite !!

chats papillons

Ces dessins sont à la fois amusants et remplis de tendresses et la caricature, si elle n’est jamais loin, révèle un regard affectueux posé sur cet animal mystérieux et terriblement attachant.

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« Petit à petit, les chats deviennent l’âme de la maison »

Jean Cocteau

 

Films

Le mystère Henri Pick sur grand écran

Dimanche 17 mars

Le mystère Henri Pick

Il y a un peu plus d’un an jour pour jour, je vous parlais d’une lecture coup de cœur, Le mystère Henri Pick de David Foenkinos. Pour retrouver mon article, c’est ici : Le mystère Henri Pick.

Si vous avez aimé ce livre comme moi, vous aurez sans doute envie d’aller retrouver les personnages sur grand écran puisque l’adaptation du roman vient de sortir au cinéma sous la réalisation de Rémi Bezançon.

Pour rappel, Le mystère Henri Pick raconte la découverte d’un manuscrit oublié dans une petite bibliothèque de Crozon, manuscrit écrit par un pizzaiolo, Henri Pick, mort depuis deux ans et qui à la connaissance de sa veuve, n’a jamais écrit la moindre ligne. Une jeune éditrice décide de le publier et le succès est immédiat.

Jean-Michel Rouche, critique littéraire, ne croit pas une seconde à ce qu’il qualifie de supercherie et décide de mener son enquête pour retrouver le véritable auteur de ce chef d’œuvre.

Quand on a aimé un roman, on court forcément le risque d’être déçu par son adaptation au cinéma car on s’est imaginé les personnages, on s’est imaginé les décors, on s’est imaginé les ambiances et surtout on connaît déjà l’histoire et son dénouement. Pas de souffle retenu, pas d’hypothèse construite au fur et à mesure que l’intrigue avance, pas de surprise à la fin !

Pour autant, j’ai pris plaisir à retrouver l’univers de ce roman au cinéma et d’en découvrir le parti pris par le réalisateur de faire du critique littéraire Jean-Michel Rouche, antipathique et arrogant, le héros, fil conducteur du film, incarné par un Fabrice Lucchini toujours aussi génial dans son jeu et qui au fil de l’histoire va, au contact  de Joséphine (Camille Cottin), la fille d’Henri Pick, laisser entrevoir ce qu’il cache sous sa carapace.

Pour retrouver la bande annonce, c’est ici

Ceux qui ont aimé le livre et son intrigue aimeront forcément ce film porté par Fabrice Lucchini, Camille Cottin, Alice Isaaz et Bastien Bouillon. Que de plaisir à suivre les personnages en vélo dans les ruelles bretonnes, à rire face à ces personnages plus vrais que nature et pour ceux qui n’en connaissent pas la fin à chercher avec Jean-Michel Rouche qui a bien pu écrire ce bestseller…

 

 

 

Poésie

A l’intérieur d’une perle : le bassin d’Arcachon

Dimanche 3 mars

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« Aucun lieu de France ne ressemble à ce qu’était alors la rive occidentale du Bassin d’Arcachon : un pays sans terre, sans pierres, sans chemins ; rien que du sable, une eau transparente, des forêts de pins, des huttes de planches. Au milieu du Bassin, l’île-aux-Oiseaux, les parcs à huîtres, semblables à marée basse, à des villes lacustres en miniature ; à marée haute, indiqués seulement par une ligne de points ; au loin, montagne de neige, Fujiyama de ce paysage japonais, la grande dune du Pyla. A la fin du jour, le ciel, l’eau et le sable étaient du même rose : on se croyait à l’intérieur d’une perle ».

C’est ainsi que Jean Hugo, petit-fils de l’illustre Victor dépeint la beauté du bassin d’Arcachon.  Elsy et sa petite famille y ont séjourné quelques jours pendant les vacances scolaires et le temps était tellement beau que l’on se serait cru au mois de juin s’il n’y avait pas eu cette luminosité plus basse caractéristique d’un mois de février.

Le bassin qui court depuis la dune du Pyla jusqu’au Cap Ferret est une sorte de lagune qui vient comme une brèche dans la longue Côte d’Argent de sable et de dunes longue de 250km. On y vit du tourisme et de l’ostréiculture.

Nombreux sont les écrivains qui ont séjourné sur le bassin, Jean Cocteau, Jean-Paul Sartre, Raymond Radiguet, Jean Anouilh ou encore Marcel Aymé. Beaucoup ont retracé à travers leur écriture la plénitude de ce lieu.

Je vous propose de partir à la découverte de leurs mots et du bassin, Pyla, le Cap Ferret, les villages de pêcheurs où l’on cultive l’huitre, l’île aux Oiseaux et les cabanes tchanquées. Laissez vous baigner par la lumière de cet fin d’hiver et par l’odeur des mimosas qui fleurissent partout.

La balade commence par Arcachon depuis le front de mer jusqu’à la ville d’hiver et ses grandes maisons bâties au XIXème siècle et se termine à l’observatoire Sainte-Cécile pour admirer le panorama.

Un détour par la dune du Pyla s’impose. Après un peu d’exercice pour gravir la dune,   la vue sur le bassin et le banc d’Arguin est une magnifique récompense.

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« Étrange lieu que cette montagne sablonneuse, d’où l’on domine à la fois la mer et la forêt. Toutes deux s’étendent sous un ciel pur et bleu, dans un silence que rien ne trouble. On a là une impression de désert et de paix ».

Henri de Régnier

En bateau,pinasse,  l’île aux Oiseaux et les typiques cabanes tchanquées deviennent accessibles.

« Le bassin d’Arcachon, ce « Tahiti bordelais »

Harald Friedl

En dehors des sentiers battus, les ruelles des villages de pêcheurs de Gujan-Mestras à l’Herbe jusqu’au Cap Ferret sont un havre de paix. Et, au pays de l’huitre et de la pêche, nos amis matous ont eux aussi trouvé leur petit coin de paradis.

« Autour de ce rond miroir d’eau, le Bassin d’Arcachon, un cirque sinueux profile ses lisières de pins et de sable, boursouflées de dunes, les unes boisées d’un vert de bronze, d’autres sauvagement nues, aux crêtes d’argent rose, couleur de désert. Partout un océan de silence et de solitude. Les petits villages de pêcheurs ressemblent à des vols d’oiseaux de mer posés sur la plage ».

Jean Balde

Rien ne vaut enfin un couché de soleil depuis la grande jetée d’Andernos les Bains

« La marée a recouvert les bancs de sable. Le soleil déclinant dessine à la surface des eaux un éventail immense de clarté »

François Mauriac

 

 

Livres

Le reste de leur vie

Samedi 23 février

Le reste de leur vie

 

Il arrive quelque fois à la lecture de la quatrième de couverture que l’on ne sache pas trop sur quelle genre d’histoire on va tomber mais que l’on se dise : « Tiens je me laisserais bien surprendre. Alors oui, je tente. »

Pour le coup, c’est avec un peu de surprise que j’ai entamé la lecture du roman de Jean-Paul Didierlaurent, Le reste de leur vie, et j’ai bien pensé arrêter au bout de quelques pages,  lorsque j’ai compris que notre héros n’était pas Ghislaine de Montfaucon, « devenue maîtresse dans l’art de créer des mots », mais Ambroise, thanatopracteur de profession. Ambroise a beau être dépeint comme un très beau jeune homme, je ne m’attendais pas à lire les descriptions de l’exercice de son art. Pourtant, j’ai insisté un peu car en parallèle, le roman racontait les journées de Manelle, aide à domicile auprès de personnes âgées et cette dernière laissait apercevoir un caractère bien trempé comme je les aime. J’ai donc poursuivi la lecture de cette histoire qu’il est difficile de raconter sans trop en dire.

Manelle s’occupe de ses petits vieux avec beaucoup de respect et d’attention et Ambroise met toute sa bienveillance au service des morts et de leur famille. Autour d’eux gravitent un petit monde, Beth la grand-mère d’Ambroise, le professeur Henri Larnier, prix Nobel de médecine, la vieille Madame Isabelle de Morbieux, Boubacar et Abelardo, les compères de la morgue toujours prêts à blaguer, Odile Chambon et ses pantoufles roses folle amoureuse d’Ambroise, Madeleine Collot qui se rend tous les matins faire ses courses chez Maxini, M. Samuel Dinsky et son numéro tatoué à l’encre violette à l’intérieur de son avant bras et bien d’autres encore. Et enfin, il y a  Le Griffu, un matou borgne et miteux promis à la piqure du sommeil profond après le décès de son maître.

« Ambroise eut un mouvement de recul en découvrant la boule de poils roux lovée entre les mollets du défunt et qu dardait vers lui un œil courroucé. Le chat borgne se cramponna de toutes ses griffes au pyjama du mort lorsque l’on tenta de le déloger de sa place. Il fallut agiter un balai et frapper des mains pour que la bestiole daigne enfin quitter les lieux. Le matou s’enfuit de la pièce en crachant et sifflant avant de filer vers la cuisine pour disparaître dans le jardin par la porte-fenêtre entrouverte. Personne parmi les membres de la famille présents ne souhaitait récupérer ce vieux matou galeux de plus de seize ans d’âge. Comme souvent, la mort du maître scellait le sort du chat. Rendez-vous avait d’ores et déjà été pris auprès du véto du coin pour le faire piquer dès le lendemain des funérailles. Ambroise se glissa dans sa combinaison et s’attela à pratiquer les soins. Il fallut moins d’une heure quinze au jeune homme pour traiter le corps. Après un dernier coup de peigne sur la chevelure clairsemée, il rangea son matériel, ôta gants, masque et combinaison, chargea la voiture et pris congé. Ce soir, la troupe jouait. Le temps de prendre une douche, d’avaler le morceau que Beth lui aurait d’office mis dans le bec et il filerait en direction du village où avait lieu la représentation. Ne pas oublier de recharger le vanity en flacon de lait démaquillant. Il en était là de ses réflexions lorsque la chose jaillit d’entre ses pieds tandis qu’il s’arrêtait au feu rouge. Le matou poussa un miaulement rauque, bientôt recouvert par les cris d’Ambroise lorsque l’animal entreprit d’escalader sa jambe droite en plantant ses griffes au travers du pantalon. Le jeune homme attrapa le chat par la peau du cou et l’arracha de son mollet avant de le jeter sur le tapis de sol côté passager. Ramassée sur elle-même, les oreilles couchées en arrière, la bestiole dardait vers lui son œil borgne. De multiples cicatrices zébraient son pelage roux. Une longue balafre courait en travers de sa gueule, de l’oreille gauche jusqu’au museau, dessinant un rictus moqueur. La queue, coupée aux deux tiers, donnait à l’ensemble du corps efflanqué une impression de déséquilibre. Le poil terne et peluché n’engageait pas à la caresse. Un ancien combattant qui avait dû participer à toutes les guerres de son quartier, jugea Ambroise. Le jeune homme ne savait que faire. Le ramener à son point de départ? Le matou n’avait pas survécu à autant de combats pour finir entre les mains d’un type en blouse blanche qui allait lui injecter un ticket simple pour rejoindre son maître. L’abandonner lâchement en le jetant hors de la voiture et laisser le destin s’occuper de lui? Il ne se le pardonnerait pas. »

Sur fond de joyeux périple en corbillard vers la Suisse, les routes de Manelle et d’Ambroise vont se rencontrer. A la croisée des chemins, ils trouveront un nouveau départ.

Le roman alterne entre la vie et la mort, les deux sphères se côtoient se frôlent et se lient à travers le prisme de la maladie, de la vieillesse, de la fin de vie. Pourtant, c’est bien la vie qui domine au fil des pages, la vitalité qui anime ces personnages attachants, terriblement vivants. Le roman joue sur des tons différents, humour, amour, bienveillance, cynisme. C’est l’évanescence qui donne sens et l’on se raccroche au goût du Kouign-Amann et du Far Breton de Beth, à la bise sur la joue de M. Dinsky, à la voix de Fabrice Luchini qui résonne depuis le GPS de la fourgonnette d’Ambroise. L’atmosphère du roman nous rappelle celui d’Anna Gavalda, Ensemble c’est tout, car on se sent tout simplement bien au milieu de cette petite troupe pétillante et charmante. ♥ ♥