Désorientale de Négar Djavadi

Jeudi 29 décembre

Le jeudi soir, c’est séance télé devant l’une des émissions préférées d’Elsy et Caramel : La Grande Librairie.

Autour de François Busnel, plusieurs écrivains viennent présenter leur dernier ouvrage et dialoguer sur un thème qui les rassemble.

En septembre dernier,  Négar Djavadi était invitée pour son premier roman Désorientale. pour voir l’émission du 15.09.2016

Elle y raconte le parcours de Kimiâ, née à Téhéran dans une famille d’opposants au régime du Shah. Au fil des pages, Kimiâ dépeind l’histoire de sa famille  les Sadr : les ancêtres, l’engagement politique, l’exil vers la France et la recherche de son identité. Les destins des membres de la famille se mêlent autour de Kimiâ pour aborder les thèmes de la mémoire, de l’appartenance à une culture, de l’exil, de la quête de soi. Avec Kimiâ, on voyage depuis l’Iran vers la France en passant par la Turquie et la Belgique. On traverse le temps comme un voyage initiatique entre Orient et Occident.

C’est un petit bijou, une ode à la tolérance….

« A Paris, mon père, Darius Sadr, ne prenait jamais d’escalator. La première fois que je suis descendue avec lui dans le métro, le 21 avril 1981, je lui en ai demandé la raison et il m’a répondu : « L’escalator, c’est pour eux.  » Par eux, il entendait vous évidemment. Vous qui alliez au travail en ce matin d’avril. Vous, citoyens de ce pays, dont les impôts, les prélèvements obligatoires, les taxes d’habitation, mais aussi l’éducation, l’intransigeance, le sens critique, l’esprit de solidarité, la fierté, la culture, le patriotisme, l’attachement à la République et à la démocratie, avaient concouru durant des siècles à aboutir à ces escaliers mécaniques installés à des mètres sous terre.  » […]

Restons sur l’impact de cette phrase : « L’escalator, c’est pour eux. » Raison qui m’a décidée, en partie, à entreprendre ce récit sans savoir par où commencer. Tout ce que je sais c’est que ces pages ne seront pas linéaires. Raconter le présent exige que je remonte loin dans le passé, que je traverse les frontières, survole les montagnes et rejoigne ce lac immense qu’on appelle mer, guidée par le flux des images, des associations libres, des soubresauts organiques, les creux et les bosses sculptées dans mes souvenirs par le temps. Mais la vérité de la mémoire est singulière, n’est-ce pas? […] Quoi qu’il en soit, la mienne charrie tant d’histoires, de mensonges, de langues, d’illusions, de vies rythmées par des exils et des morts, des morts et des exils, que je ne sais trop comment en démêler les fils. »

Wet Eye Glasses

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