Les madeleines du château de la Ferté Saint Aubin

Mercredi 11 janvier

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Lors d’un séjour en Sologne, Elsy et sa petite famille ont eu l’occasion d’aller visiter le château de la Ferté Saint-Aubin. Entouré de douves et bordant la rivière du Cosson, ce magnifique château a été essentiellement bâti au 17ème siècle. La visite permet notamment de se rendre dans les cuisines. Et tous les après-midi des vacances scolaires et dimanches, on peut assister à la présentation de la recette des madeleines de la Ferté Saint-Aubin et on a même le droit d’en manger une!! Alors, en ce mercredi, jour des enfants, pourquoi ne pas vous mettre aux fourneaux avec eux et préparer quelques madeleines de la Ferté Saint-Aubin. Elles sont très faciles à faire. Voici la recette :

madeleines

Quantité pour 60 mini madeleines ou 30 normales

  •  2 œufs
  •  10 g de miel
  •  90 g de farine
  •  1 pincée de sel
  •  10 g de cassonade
  •   90 g de beurre fondu
  •   75 g de sucre en poudre
  •  1/2 cuillère de levure

Mélangez ensemble le sucre, la cassonade, le sel, les œufs entiers dans une jatte. Fouettez le tout. Puis ajoutez la farine, le beurre fondu et refroidi, le miel et la levure. Mettre la préparation au frais pendant une demi-heure. Beurrer au pinceau des moules à madeleines puis les remplir avec une douille de pâtissier ou à défaut à la cuillère. Mettre à four chaud (180°). Les madeleines sont prêtes en 5 mn (pour les mini) un peu plus (pour les normales).

Elles sont délicieuses et peut-être feront-elles surgir quelques souvenirs de votre enfance. Impossible de parler de madeleine sans évoquer « Du côté de chez Swann » de Marcel Proust.

« Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère,voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint- Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre,contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait elle? Que signifiait-elle? Où l’appréhender? (…)
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé; les formes – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot – s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur
gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »

Plongez dans vos souvenirs en dégustant quelques madeleines…

« Le souvenir est le parfum de l’âme »

      George Sand

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