Dernier été à Mayfair

Dimanche 12 février

dernier-ete-a-mayfair

Un dimanche de pluie, c’est l’idéal pour se plonger dans un bon bouquin. Celui que je vous présente aujourd’hui devrait vous captiver tant il réunit plusieurs ingrédients pour y parvenir. Roman historique, fresque familiale, personnages attachants.

Dans ce roman, Theresa Révay raconte l’histoire des Rotherfield, famille d’aristocrates londoniens, qui, au début des années 1910, vivent de manière insouciante et dans l’optimisme de ce début de siècle qui célèbre les bienfaits de la révolution industrielle. Julian, l’ainé de la famille débute une carrière politique à la chambre des Lords tandis que sa sœur Evangeline s’engage pour la cause des Suffragettes et se retrouve en prison. Leur frère Edward ne pense lui qu’à jouer et se retrouve criblé de dettes. Il rencontre alors un jeune français Pierre du Forestel, passionné d’aviation et grand séducteur. Ils se lancent un défi à l’occasion d’un concours d’aviation. May Wharton, aviatrice américaine y participe également venant perturber l’équilibre conjugal de Julian.

Quelques temps plus tard, la déclaration de guerre vient bouleverser les situations bien établies de ceux que l’on appelle « les Admirables ». Les jeunes hommes partent dans les tranchées ou dans les airs pour bombarder l’ennemi. Les jeunes femmes confrontées à l’horrible réalité s’engagent également en allant soigner les blessés. Tous doivent se rendre à l’évidence, leur avenir sera fait de désillusions et c’est sur ce terreau de destruction qu’il leur faudra reconstruire un nouvel équilibre.

J’ai adoré ce roman, captivant, qui parvient à dépeindre la descente en enfer d’une génération prise dans les tourments de la Grande Guerre.  Entre la description des combats d’avions, des affrontements sur le front, Theresa May fait vivre des personnages profonds et de grand caractère.

« Quelques temps plus tard, sa mission accomplie, son passager déposé au lieu-dit avec son barda et ses pigeons, Pierre était sur le chemin du retour. L’aube étant déjà avancée, il surveillait le ciel d’un regard attentif, redoutant des Fritz en patrouille. En ce mois de juin, le rythme des préparatifs pour la grande offensive s’était accentué. Pour affronter l’ennemi, il préférait toutefois être aux commandes de son « bébé » Nieuport, le plus rapide chasseur du moment, petit et maniable, dont l’efficacité entre les mains de pilotes talentueux leur avaient permis de reprendre la maîtrise du ciel à Verdun. Une brume de chaleur commençait déjà à se former et chahutait l’appareil. Pierre choisit de grimper encore. Mais lorsqu’il émergea des turbulences, il aperçut la queue de deux aéroplanes ennemis.

– Et merde! grogna-t-il.

Son seul avantage était qu’ils ne l’attendaient pas arrivant de cet angle. La prudence lui dictait de se laisser distancer, d’autant que son réservoir d’essence était pratiquement vide. Alors qu’il hésitait, les instructions de son capitaine, encore fraîches dans son esprit, il réalisa que les deux Aviatik en goguette menaient la vie dure à un Morane en difficulté. A trois mille mètres, le pilote allié aurait du mal à effectuer un virage serré sans faire caler son  moteur. Pierre n’avait pas le choix : il devait distraire les ennemis pour donner une chance de s’en sortir à son camarade inconnu. Il se concentra sur l’Aviatik à la traîne, sachant qu’il devait se méfier autant de la mitrailleuse arrière, que maniait l’observateur, que de celle du pilote. Sa précision de tir serait essentielle. Tandis que la proie alliée tentait vainement d’échapper à ses poursuivants, l’excitation de la chasse avait définitivement éliminé chez lui les traces d’une nuit trop courte.

Les nerfs aiguisés, le regard fixe, Pierre appliqua la tactique des rapaces. Le soleil dans le dos, il piqua sur l’Allemand et s’en approcha à quelques mètres avant de lâcher une rafale de mitrailleuse. »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s