Une pensée pour Asli Erdogan

Jeudi 9 mars

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Anémone Sylvie

Ce soir au programme de la Grande Librairie, c’est avec délectation que l’on entendra rouler l’accent d’Hubert Reeves  qui nous racontera la beauté du monde et plus particulièrement des fleurs de campagne, à portée de vue et d’odeur mais que l’on piétine souvent sans y prêter attention. Hubert Reeves vient présenter son ouvrage J’ai vu une fleur sauvage, illustré des photos de Patricia Aubertin dans lequel il nous apprend à reconnaître les fleurs que l’on ne trouve pas chez le fleuriste mais sous nos pieds, à la sortie d’un sous-bois, aux bords des champs…

François Busnel proposera également dans son émission une rencontre avec Asli Erdogan, la romancière turque, actuellement en liberté sous contrôle judiciaire après son arrestation en août 2016 qui a suivi le putsch raté du mois de juillet. Elle est accusée en tant que journaliste d’un quotidien qui soutient la cause kurde « d’appartenance à une entreprise terroriste ».  Elle risque une peine de prison à perpétuité.

Alors, à travers cet article, aussi modeste soit-elle, nous souhaitions apporter une contribution pour soutenir Asli Erdogan et porter un peu sa cause. A travers ses romans et ses articles, cette intellectuelle a toujours défendu la liberté d’opinion et œuvré pour porter  les droits de l’homme et dire haut et fort que certains agissements ne sont pas compatibles avec la dignité humaine. C’est pour cette raison que sa propre liberté est menacée ; intolérable obscurantisme…

roses noires
Les roses noires d’Halfeti (Turquie)

«  Sobrement, personnellement , simplement : je ne veux pas être complice. Je ne veux pas être complice de ces rafales de balles qui s’abattent sur des femmes, des enfants, des vieillards essayant de s’extirper des décombres, cramponnés à un drapeau blanc. Je ne veux pas être complice de cette mâchoire entièrement brisée qui appartient à un enfant de douze ans retrouvé dans une cave. Ni de ce sac à gravats qu’on dépose en disant «  voici ton père », qu’on dépose en disant « voici ton enfant », « environ cinq kilos d’os et de chair »…Ni du sort atroce qu’on fait subir à une mère qui attend depuis des semaines devant un hôpital en se répétant « un bout d’os calmerait ma peine »…Je ne veux pas être complice de l’assassinat des hommes, ni de celui des mots, c’est à dire de la vérité ».

Cet extrait est à retrouver dans son ouvrage Le silence même n’est plus à toi qui compile les mêmes chroniques pour lesquelles elle est aujourd’hui mise en accusation.

Asli Erdogan, c’est aussi une langue poétique qu’elle a révélé à travers plusieurs romans dont Le bâtiment de pierre :

« J’écris la vie pour ceux qui peuvent la cueillir dans un souffle, dans un soupir. Comme on cueille un fruit sur une branche, comme on arrache une racine. Il te reste le murmure que tu perçois en plaçant ton oreille contre un coquillage vide. La vie : mot qui s’insinue dans ta moelle et dans tes os, murmure évoquant la douleur, son qu’emplissent les océans. »

Alors, ce soir, regardez La Grande Librairie et ayez une pensée pour Asli Erdogan….

Asli Erdogan

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