Quelqu’un pour qui trembler

Mercredi 19 avril

Quelqu'un pour qui trembler

Gilles Legardinier est un auteur dont les romans sont à classer dans la catégorie des livres qui font du bien. Avec Quelqu’un pour qui trembler, je me suis offert un nouveau moment de détente et de bien-être. Après avoir lu, Demain j’arrête! et Complètement cramé!, c’est le troisième roman de Gilles Legardinier que j’avale car il est difficile de faire autrement avec ses romans que de les dévorer page après page tellement l’écriture est fluide et aisée.

Dans Quelqu’un pour qui trembler, Gilles Legardinier raconte l’histoire de Thomas, médecin humanitaire qui s’est engagé il y a plus de 20 ans dans les pays du Tiers Monde pour aider ceux qu’il estimait en avoir le plus besoin, en Afrique d’abord puis en Inde. Un jour, perché sur les hauteurs du petit village d’Ambar dans la vallée du Cachemire, son ami Kishan lui apprend qu’il est papa d’une jeune fille de 20 ans, Emma qui est née de son amour avec Céline peu après son départ.  Il décide alors de rentrer en France pour faire sa connaissance tout en voulant restant discret. Il accepte rapidement un poste de directeur d’établissement hébergeant des personnes âgées dans la ville où Céline et Emma vivent. Emma fait des études d’infirmière. Petit à petit, secrètement, Thomas va s’arranger pour observer sa fille, la découvrir et apprendre à la connaître. Logé dans un appartement de fonction, Thomas partage, par ailleurs,  le quotidien des résidents dont il s’occupe aidé dans cette tâche par Pauline, l’infirmière de la résidence qui élève seul son fils Théo. Au fur et à mesure, Thomas va se lier d’amitié avec les résidents, le Colonel, Hélène, Jean-Michel, Madame Quenon et les autres et créer autour de lui une véritable communauté, une petite famille, qu’il va finir par entraîner dans des tours pendables. Jour après jour, Thomas, rempli de doute sur le rôle qu’il doit tenir auprès de sa fille après une si longue absence, comprend ce que signifie trembler pour quelqu’un…

« Thomas aimait attendre sa fille. La voir apparaître était toujours un cadeau. Ces rendez-vous unilatéraux et secrets structuraient son quotidien. De leur succès dépendait son moral. Depuis le temps qu’il observait Emma, le docteur ne l’avait vue accomplir que des actions simples et relativement identiques d’un jour à l’autre. […] Pourtant, à force de voir la jeune femme faire et refaire, le docteur parvenait à lire dans ses gestes bien davantage que ce qu’aurait décelé un regard superficiel. Disséqués jusqu’à l’ultime, analysés dans chaque nuance, ces actes au demeurant anodins en disaient long. Suivant le contexte, leur rythme d’exécution, l’attitude générale, ils révélaient l’état psychologique d’Emma. A cela s’ajoutait ce que Thomas appelait les « phénomènes connexes », ces témoins inconscients qui accompagnent l’action proprement dite et en traduisent la signification profonde. […] En la regardant accomplir les mêmes actes, encore et encore, Thomas en était arrivé à se détacher de l’action première pour se focaliser sur les détails que personne ne remarque jamais. Au-delà des apparences, il semblait tourner les rouages de la mécanique affective qui animait la jeune femme. […] Quand il suivait sa fille, le simple fait de sentir sa présence lui donnait la force de penser plus fort. Comme une divinité dont la grâce vous touche. Comme une figure affective qui vous inspire en cristallisant le meilleur de vous même. Thomas ne prenait pas sa fille pour une sainte. Il ne l’idolâtrait pas. Il l’aimait. En sa présence, il était incapable de se mentir et osait remettre en cause. Il raisonnait avec plus de vérité – à moins que ce soit avec moins de peur. Tout est une question de point de vue. Thomas songeait à ceux, qui d’une façon ou d’une autre, faisaient sa vie. […] Sa vie se trouvait tout autant définie par des absences que par des présences inattendues.Lorsqu’il réfléchissait à son parcours, il en revenait toujours à celle qui, à quelques mètres devant lui, même sans rien faire de remarquable, l’était pourtant à ses yeux. Dire qu’il avait eu la prétention de l’aider alors que même sans le savoir, c’était elle qui le soutenait…

Quel que soit l’angle sous lequel il abordait la question, Thomas finissait toujours par conclure qu’Emma était plus douée que lui. En la regardant, en cherchant  la comprendre, en l’aidant- même maladroitement-, Thomas apprenait beaucoup sur lui-même et sur la vie. Les enfants font souvent cet effet-là. »

Comme souvent, dans les romans de Gilles Legardinier on retrouve de manière vraie et avec beaucoup de sensibilité, un regard posé sur la beauté de la vie et des relations humaines. Certains pourront trouver cela un peu candide, moi j’y retrouve bien mieux exprimées que je ne le ferais les choses de la vie :

« Mme Quenon s’adressa à Théo : […] L’âge est une façon d’envisager le monde, un moyen de se situer parmi les autres. Peu importe le nombre de bougies sur ton gâteau. Laisse-moi te confier ce que je crois. Tu resteras jeune tant que tous les ennuis que tu affronteras viendront des autres, de l’extérieur. Le jour où tu t’apercevras que ce que tu es devenu t’empêche de vivre comme tu l’entends, ce sera différent. Physiquement ou mentalement, tu toucheras ta propre limite. Tu ne seras plus uniquement au service de tes rêves et de tes envies. Tu deviendras aussi l’outil de tes besoins, de plus en plus immédiats. Jusqu’à n’être plus que cela. On est vieux quand on devient son propre ennemi. »

Quelqu’un pour qui trembler est également rempli de rebondissements, d’humour et de pensées positives. Un vrai remède contre la morosité, à mettre sur toutes les ordonnances!! On a beaucoup aimé ♥ ♥ ♥

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