Un été avec….???

Jeudi 8 juin

Un été avec 3

Certains d’entre vous profitent peut-être chaque été dans la matinale de France Inter à 7h55 de la chronique « un été avec… » qui permet de découvrir ou redécouvrir un auteur classique. Au volant, en roulant vers le boulot, la radio nous emmène pendant quelques minutes en voyage à travers les mots d’un auteur célèbre, Proust, Machiavel, Hugo… Pour Elsy c’est un vrai moment de plaisir et d’évasion.

Quelques mois plus tard, les chroniques sont compilées dans un ouvrage et c’est l’occasion alors de se replonger dans les textes lus et entendus à la radio, de prendre le temps de les relire à tête reposée, tranquillement. On est certain de ne pas être sorti de sa rêverie par le bruit sursautant d’un klaxon émanant de la voiture de derrière parce qu’on s’est laissé aller à écouter les vers de Baudelaire et que l’on a pas vu que le feu était passé au vert…. Il est vrai que la voix de Guillaume Gallienne n’a pas son pareil pour vous transporter.

Aussi, aujourd’hui, je voulais vous parler de l’un des  ouvrages de cette série :

Un été avec Montaigne d’Antoine Compagnon

Dans ses chroniques Un été avec Montaigne, Antoine Compagnon nous invite à poser un autre regard sur les Essais de Montaigne. Alors que l’on pourrait penser l’œuvre du philosophe difficile à aborder, il nous la rend intelligible et pleine de modernité et nous invite à suivre ces préceptes : prendre le temps de vivre, profiter de l’instant présent et des belles choses que nous offre la vie… Quel beau programme!!

Dans la chronique l’ami, Antoine Compagnon expose l’amitié que portait Montaigne à Etienne de la Boétie et les mots écrits pour décrire ce sentiment si particulier :

« ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu’accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodités, par le moyen de laquelle nos âmes s’entretiennent. En l’amitié de quoi je parle, elles se mêlent et se confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel, qu’elles effacent, et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer, qu’en répondant : Parce que c’était lui, parce que c’était moi. »

Il expose également sa conception de l’école, préférant un homme à « la tête bien faite » plutôt que « bien pleine » et dit son amour pour les livres. Il raconte parfois de manière un peu crue ce qu’est l’Homme, sa sexualité, sa violence dans la guerre. Il évoque la mort, mais sa philosophie tient en ceci :

« Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors. Voire, et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps : quelques autre partie, je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude, et à moi.

L’éthique de la vie que se propose Montaigne est aussi une esthétique, un art de vivre en beauté. La saisie du moment devient une manière d’être au monde, modeste, naturelle, simplement et pleinement humaine. « 

Un traité de méditation datant de plus de cinq siècles mais d’une modernité étonnante.

Dans un prochain article, je vous parlerai d’un autre ouvrage de cette série paru en 2016, Un été avec Victor Hugo de Laura El Makki et Guillaume Gallienne.

papillon Lubéron

« Qu’un homme tel que Montaigne ait écrit, véritablement la joie de vivre sur terre s’en trouve augmentée. »

Friedrich Nietzsche

 

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