La liste de mes envies

Mardi 26 décembre

La liste de mes envies

Après les fêtes de famille, peut-être avez vous la chance d’avoir quelques jours de repos. Alors je vous propose une nouvelle lecture : La liste de mes envies de Grégoire Delacourt.

Dans ce roman, Grégoire Delacourt raconte l’histoire de Jocelyne, 47 ans, mercière à Arras. Sa vie est assez monotone entre une vie de couple peu exaltante avec Jo et son travail où sa seule source de satisfaction est le blog de couture qu’elle tient, dixdoigtsd’or. Ses grands enfants sont partis loin du foyer familial et elle ne les voit pas souvent. Heureusement, Jocelyne a ses deux copines jumelles, Danièle et Françoise, qui jouent au loto chaque semaine depuis dix huit ans. Un matin en se rendant à sa mercerie, Jocelyne tombe sur ses deux copines qui boivent un café en faisant leur loto : « Joue pour une fois me supplie Françoise. Tu ne vas pas rester mercière toute ta vie. J’aime bien ma mercerie, dis-je. T’as pas envie d’autre chose? renchérit Danièle. » Jocelyne se laisse convaincre et tente sa chance. Elle va lui sourire. Jocelyne devient l’heureuse gagnante des dix huit millions!!

Pour autant, désarçonnée par cette nouvelle qui vient chambouler sa vie, elle ne sait comment réagir. Faut-il aller valider le ticket gagnant? Faut-il en parler? A qui? Quels sont ses désirs les plus profonds? L’argent lui permettra-t-il de les réaliser? Jocelyne dresse la liste de ses envies avant de parler de ce gain à ses proches. Elle se demande si cette bascule dans un monde fait d’opulence n’a pas plus à lui faire perdre qu’à gagner…

Ce livre dépeint avec beaucoup de délicatesse le personnage modeste et attachant de Jocelyne. Consciente que la fortune ne lui procurera pas tout ce dont elle peut rêver, elle porte un regard mélancolique sur son existence tout en considérant que cette vie lui convient parfaitement. A travers elle, Grégoire Delacourt nous interroge sur nos envies profondes et semble nous inviter à observer, dans notre vie, le bon côté des choses plutôt que le mauvais.

« J’aimais ma vie. J’aimais la vie que Jo et moi avions construite. J’aimais la façon dont les choses médiocres devinrent belles à nos yeux. J’aimais notre maison simple, confortable, amicale. J’aimais notre jardin, notre modeste potager et les misérables tomates branches qu’il nous offrait. J’aimais biner la terre gelée avec mon mari. J’aimais nos rêves de printemps prochains. J’attendais avec la ferveur d’une jeune maman d’être un jour grand-mère ; je m’essayais aux gâteaux copieux, aux crêpes gourmandes, aux chocolats épais. Je voulais à nouveau des odeurs d’enfance dans notre maison, d’autres photographies au mur.

Un jour j’aurais installé une chambre au rez-de-chaussée pour papa, je me serais occupée de lui et toutes les six minutes, je me serais réinventé une vie.

J’aimais mes milliers d’Iseult de dixdoigtsdor. J’aimais leur gentillesse, calme et puissante, comme un fleuve ; régénérante comme l’amour d’une mère. J’aimais cette communauté de femmes, nos vulnérabilités, nos forces.

J’aimais profondément ma vie et je sus à l’instant même où je gagnai que cet argent allait tout abîmer, et pour quoi?

Pour un potager plus grand? Des tomates plus grosses, plus rouges? Une nouvelle variété de tangerines? Pour une maison plus grande, plus luxueuse ; une baignoire à remous? Pour une Cayenne? Un tour du monde? Une montre en or, des diamants? Des faux seins? Un nez refait? Non. Non. Et non. Je possédais ce que l’argent ne pouvait pas acheter mais juste détruire.

Le bonheur.

Mon bonheur, en tout cas. Le mien. Avec ses défauts. Ses banalités. Ses petitesses. Mais le mien. Immense. Flamboyant. Unique. »

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