Biscuits à l’orange confite

Mardi 30 janvier

biscuits à l'orange confite

Cela fait longtemps que je ne vous ai pas partagé une recette d’Elsy. Alors, aujourd’hui je vous propose quelques douceurs de saison avec des biscuits à l’orange confite.

Voici la recette :

  • Mélangez 220g de sucre, 220g de farine et 30g de fécule de maïs (de type Maïzena)
  • Ajoutez 2 œufs,  1/4 c.à café de levure chimique et 1/2  c. à café de cannelle
  • Complétez la préparation en versant 100g d’écorces d’orange confites découpées en petits morceaux
  • Malaxez bien la pâte et placez la ensuite au frais pendant au moins 30 minutes
  • Formez des petites boules et déposez-les sur une plaque de cuisson préalablement recouverte de papier sulfurisé
  • Saupoudrez les biscuits de sucre
  • Faites cuire à four chaud 150° pendant 10 à 15 minutes selon que vous souhaitez que les biscuits restent ou non moelleux à l’intérieur.

A déguster, après une bonne balade, avec un thé russe parfumé aux agrumes et à la bergamote ♥ ♥

Et peut-être aurez-vous la chance de croiser, au cours de votre flânerie, de beaux matous, comme ceux rencontrés par Elsy!!

« Simplifier sa vie ! Cela paraît la chose du monde la plus facile à entreprendre, et pourtant rien n’est plus difficile. Il y a tout à faire. Absolument tout. »

Henry Miller

 

 

 

Un petit tour hors de son lit…

Samedi 27 janvier

Loire 4 P. André
La Loire P. André

 

On espérait le soleil ce week-end sur notre Touraine, mais malheureusement, il nous boude encore.  L’humidité est bien installée et notre belle Loire s’amuse, comme son amie la Seine,  à aller se promener en dehors de son lit. Elle s’en va lécher de plus près les berges qu’elle a finalement recouvertes comme pour narguer les châteaux des rois auprès desquels, en temps normal, elle dort paisiblement.

Chateau d'Amboise P. André
Château d’Amboise – P. André

Alors en attendant qu’elle retourne tranquillement dans son cours, profitons-en pour admirer la beauté de ce fleuve sauvage  que chante Francis Viélé-Griffin.

« La lente Loire passe altière et, d’île en île,
Noue et dénoue, au loin, son bleu ruban moiré ;
La plaine, mollement, la suit, de ville en ville,
Le long des gais coteaux de vigne et de forêt ;
Elle mire, orgueilleuse, aux orfrois de sa traîne
Le pacifique arroi de mille peupliers,
Et sourit doucement à tout ce beau domaine
De treilles, de moissons, de fleurs et d’espaliers.
Ce jardin fut le nôtre ; un peu de temps encor,
Ta douce main tendue en cueillera les roses ;
J’ai regardé fleurir dans sa lumière d’or
La fine majesté des plus naïves choses :


Les reines ont passé : voici la royauté
Des Lys, que leur blason au parterre eût ravie,
Et voici, fraîche encor d’éternelle beauté,
La frêle fleur éclose à L’Arbre de la Vie. »

Francis Viélé-Griffin

Loire 3 P.André
La Loire P. André
Loire 2 P. André
La Loire P. André

 

 

 

La Mer en hiver

Mercredi 24 janvier

La Mer en hiver

Difficile de trouver le soleil ces derniers temps. La grisaille et la pluie se sont installées sur notre Touraine et on aimerait bien un peu plus de luminosité. Vous me direz, c’est un temps à lire en mode Hygge!!

Alors, je vous propose aujourd’hui de vous parler d’un livre, qui malheureusement, ne vous apportera pas la chaleur puisqu’il se déroule sur les hautes falaises du nord de l’Écosse, battues par la pluie et le vent. Pour autant, je parie que vous n’arriverez pas à décrocher tant il contient tous les ingrédients pour en faire un roman coup de cœur : intrigue historique, secret, histoire d’amour et un soupçon de fantastique.

Il s’agit de La Mer en hiver, de la romancière canadienne Susanna Kearsley, ouvrage que je vous avais présenté dans mon article Lectures pour janvier.

La Mer en hiver raconte l’histoire de Carrie McClelland, auteure de romans historiques, qui décide de s’installer près des ruines du château de Slains dans le nord de l’Écosse pour y écrire son prochain livre. Elle a choisi de raconter comment, en 1708, un groupe de soldats français et écossais, soutenus par des nobles écossais, organise le retour du roi James Stewart, exilé en France, afin de reprendre son trône. Elle raconte aussi le destin de la jeune Sophia, qui vient s’installer chez une parente la comtesse d’Eroll au château de Slains après avoir perdu son oncle chez qui elle vivait.

Le récit alterne entre l’histoire contemporaine de Carrie McClelland qui noue des liens d’amitié avec une famille du village de Cruden Bay où elle réside et la romance historique de Sophia avec en toile de fond l’intrigue politique qui sourdre dans l’Écosse du début du XVIIIème siècle.

Depuis son arrivée près de Slains et au fur et à mesure que Carrie avance dans l’écriture de son roman, elle éprouve des sensations étranges, comme si elle connaissait déjà cet endroit, les chemins qui y mènent et les personnages de son roman auxquels elle donne vie. C’est comme si leur histoire ressurgissait du fin fond de sa mémoire.

« Nous descendîmes la colline par son flanc arrière et nous retrouvâmes dans la même rigole aux arbres enchevêtrés et au cours d’eau vif que j’avais traversée avec Jane, deux jours plus tôt. Il faisait plus sec ce jour là. Mes bottes étaient bien moins glissantes quand nous franchîmes le petit pont et gravîmes la pente jusqu’à arriver au sommet des falaises.

Devant nous se dressaient les longues ruines de Slains avec la grande tour carrée à l’extrémité, surplombant la mer, et je regardai les fenêtres pour essayer de déterminer lesquelles avaient été celles de Sophia. J’aurais aimé passer quelques minutes à l’intérieur du château, mais il y avait un autre couple qui marchait autour des murs ce matin là, des touristes bruyants qui ne cessaient de rire et l’atmosphère n’était pas la même. Graham devait ressentir la même chose car il ne ralentit pas et me suivit tandis que je tournais le dos à Slains pour repartir le long de la côte.

Je fus perturbée par ce nouveau tronçon de chemin. Pas par le sentier lui-même – il n’était vraiment pas si difficile pour quelqu’un habitué aux terrains accidentés -, mais par le fait que tout, autour de moi, le paysage entier, m’était familier. J’avais ressenti ces impressions de déjà-vu, comme presque tout le monde. Il m’était arrivé d’expérimenter le sentiment fugitif d’avoir déjà fait quelque chose, ou d’avoir déjà eu la même conversation. Mais cela n’avait duré qu’un instant. Je n’avais jamais connu cette sensation prolongée, qui s’apparentait à une certitude, que j’étais déjà venue à cet endroit. Que juste là, si je regardais à ma droite, je verrais le… »

Les deux récits, contemporain et ancien, alternent avec beaucoup de brio et s’entremêlent. On est surtout pris par les péripéties de l’aventure historique tout en étant plongé dans une sensation d’insécurité permanente quand on suit les pas de Sophia et de Carrie. A chaque instant, on s’attend à un rebondissement et l’on est totalement absorbé par l’intrigue historique des Jacobites ainsi que par la passion qui se noue entre Sophia et John Moray.

Pour les âmes « fleur bleue », ce roman est fait pour vous. Je l’ai dévoré, pris à la fois par le fil des événements historiques,  l’envie de savoir comment se terminera la relation entre Sophia et Moray et l’ambiance un peu fantastique qui saisit Carrie McClelland dans son exercice d’écriture, même si cette dimension n’était pas vraiment nécessaire à la qualité du récit.

Si vous êtes amoureux de l’Écosse, vous serez également transporté par la description des hautes falaises, de la mer, du ciel, par les éléments naturels et les paysages qui font le décor de ce récit.

« Elle s’enveloppa d’une couverture pour se protéger du froid et se leva, curieuses de découvrir la vue de sa fenêtre. Elle avait espéré des collines ou des arbres… bien qu’elle ne se rappelât pas avoir aperçu d’arbres à l’approche de la maison la veille. De fait, cette partie de l’Écosse semblait plutôt dépourvue de végétation à l’exception des ajoncs et des herbes hirsutes qui poussaient près de la mer. C’était peut-être le sel qui empêchait le développement de plantes plus délicates. 

Une autre violente bourrasque de pluie assaillit la fenêtre au moment où elle l’atteignait. L’espace d’un instant, elle ne vit rien du tout, puis le vent chassa l’eau en des ruisselets se déversant sur les côtés, lui découvrant alors le paysage.

La vue était inattendue et lui coupa le souffle. Elle voyait la mer et rien d’autre. Elle aurait très bien pu se trouver à bord d’un navire, à plusieurs jours de voyage d’une côte : rien que le ciel gris et les vagues fouettées par la tempête, s’étendant jusqu’à l’horizon obscur. La comtesse d’Eroll l’avait prévenue, au cours du dîner de la veille, que, par endroits les murs du château de Slains avaient été construits près des falaises, mais il semblait à Sophia que ces murs jaillissaient directement de la roche et qu’il ne pouvait rien y avoir au-dessous de sa fenêtre à part un simple mir de pierre au bord du précipice et, tout en bas, l’écume bouillonnante de la mer léchant les rochers.

Le vent précipita un autre torrent de pluie contre sa fenêtre. Elle fit alors demi-tour, se rapprocha du faible feu et sortit sa plus belle robe, faisant de son mieux pour se rendre présentable. Elle avait appartenu à sa mère et  était loin d’être aussi à la mode que celle que portait la comtesse la veille, mais la couleur bleu clair lui allait bien et, avec ses cheveux soigneusement peignés et attachés, elle se sentait plus à même d’affronter ce qui l’attendait.

Elle ne savait pas encore quelle serait sa place dans cette maison. Le sujet n’avait pas été abordé au dîner ; la comtesse s’était contentée de nourrir ses hôtes et de veiller à ce qu’ils ne manquent de rien avec une gracieuse hospitalité. Ce qui avait donné à Sophia l’espoir que cet endroit correspondrait bien à la promesse d’une maison heureuse et bienveillante.

Néanmoins, si la vie lui avait enseigné une chose, c’était qu’il ne fallait pas toujours compter sur les promesses Elle n’était pas à l’abri d’une amère déception. »

Un roman comme on les aime qui mêle suspense, l’Histoire avec un grand H, l’amour, dans un décor à couper le souffle. Un vrai coup de cœur!!  ♥♥♥♥

Slains_Castle_in_Cruden_Bay

El gato de Botero

Dimanche 21 janvier

Aujourd’hui, je voulais vous présenter un drôle de compagnon fait de bronze et qui m’impressionne particulièrement. Il s’agit du chat, El gato gordo, de Fernando Botero, que l’on peut admirer à Barcelone. Voyez comme il en impose!!

El gato Botero

Elsy aime beaucoup les œuvres de l’artiste colombien qui est surtout connu pour ses peintures aux personnages aux formes généreuses. Fernando Botero est également sculpteur, et il a été inspiré par nos amis félins. Alors, forcément, j’avais très envie de vous en parler pour vous faire découvrir ou redécouvrir ses œuvres.

 

Ses matous ont des formes aussi voluptueuses que les humains avec lesquels ils vivent  et ils se glissent souvent dans ses toiles…

Vous ne pouvez pas les louper, mais attention à ne pas abuser autant des sardines, cela pourrait compromettre la chasse à la souris …

Pour Botero, ses personnages ne sont pas gros, ils sont magiques, sensuels, volumineux, monumentaux. Une belle façon de rendre hommage à ce beau félin qui partage nos vies…

botero chat

 

 

La nuit de la lecture

Mercredi 17 janvier

Affiche Nuit lecture 2018 620x360cm - repiquable

En ce milieu de semaine, vous commencez peut-être à penser au prochain week-end  et à vous programmer quelques moments de détente. Je vous suggère alors une manifestation qui ravira tous les amoureux des livres et de la lecture et qui peut aussi être partagée en famille : la nuit de la lecture qui se déroulera le samedi 20 janvier. Organisée partout près de chez vous, dans les bibliothèques et les librairies, cette manifestation, placée sous le parrainage de Daniel Pennac, fête le livre, la lecture, l’échange et le partage.

Pour découvrir toutes les manifestations organisées près de chez vous, rendez vous sur le site Internet de  La 2ème Nuit de la lecture

Même la petite bibliothèque tout près de chez vous sera sans doute ouverte pour vous proposer de vous retrouver autour d’un verre ou un goûter, pour écouter la lecture d’un Conte ou tout simplement partager vos goûts littéraires avec d’autres amoureux des livres.

« Dans le meilleur des cas, nous entrons en littérature par le biais d’une voix aimée qui nous fait la lecture. Puis nous lisons seuls, puis nous vient l’envie de partager ce que nous avons lu car nous ne sommes pas les propriétaires des livres qui nous habitent. Les livres nous traversent, nous les transmettons. La Nuit de la lecture, c’est la fête de cette libre et gratuite transmission de tous les livres que nous avons aimés.

Pour passer ces livres, nous les lisons à notre tour à haute voix. À ceux qui prétendent ne pas aimer lire, nous faisons le cadeau d’une lecture à voix haute. C’est ainsi que se propage le plaisir de lire : en éveillant d’abord le plaisir d’écouter. Donner une histoire à entendre, c’est introduire l’autre en littérature.

Il y a des lieux pour cette fête de la lecture : il y a les librairies, il y a les bibliothèques… Lieux de murmures les jours ordinaires, librairies et bibliothèques deviennent, cette nuit-là, les jardins sonores où s’ouvre la fleur orale des livres. Allez-y, il n’y aura pas de « chuuuut » puisque les voix de tous les lecteurs s’élèveront, cette nuit-là, pour célébrer le livre.

Voilà ce qu’incarne la Nuit de la lecture : le partage de tous les livres que nous avons aimés. Mon souhait le plus cher est que ce partage se poursuive, en toute gratuité, bien au-delà de cette nuit de fête. »

Daniel Pennac

Alors, samedi prochain, n’hésitez pas à aller fêter la lecture!! Et, pourquoi même, ne pas organiser une nuit de la lecture chez vous avec quelques amis? Chacun apporte un petit quelque chose à manger et un texte qu’il affectionne particulièrement et qu’il lira aux autres… soirée lecture entre amis

 

Lectures pour janvier

Dimanche 14 janvier

livres janvier

Si vous êtes adepte de lecture, vous aurez sans doute repéré vos futurs coups de cœur de cette rentrée littéraire de janvier. Comment ne pas échapper au dernier roman de Paul Auster 4 3 2 1 ou de Pierre Lemaître, Couleurs de l’Incendie ? Pourquoi ne pas aller découvrir le premier roman d’Isabelle Carré Les rêveurs ?

Elsy vous propose de partir sur d’autres chemins. Elle est elle allée faire un tour au rayon livres de poche de sa librairie préférée et elle a rapporté dans sa besace deux romans dans lesquels elle avait vraiment envie de se plonger : La Mer en hiver de Susanna Kearsley  et Le mystère Henry Pick de David Foenkinos.

Ces deux romans au style différent parle pourtant du même sujet : l’histoire d’un écrivain.

Dans La Mer en hiver, Susanna Kearsley raconte comment Carrie McClelland, romancière de récits historiques s’installe aux bords du château de Slains en Ecosse pour y écrire son nouveau roman. Elle invente le personnage de Sophia née avant le début du XVIIIème siècle, mais rapidement elle se perd entre la fiction et les faits historiques. Carrie se retrouve plongée au cœur d’une histoire fascinante et intrigante et cherche, trois cents ans plus tard, à révéler le secret de Sophia.

Dans Le mystère Henri Pick, David Foenkinos nous emmène sur les traces d’un certain Henri Pick qui a écrit un manuscrit hors du commun. La jeune éditrice qui le découvre décide alors de partir à la recherche de cet auteur anonyme et découvre qu’il est mort deux ans auparavant. Et sa veuve, certifie qu’il n’a jamais écrit le moindre récit !Il en aurait été bien incapable.  Le lecteur percera-t-il le mystère du livre d’Henri Pick? Une lecture qui s’annonce drôle et pétillante…

De bons moments hygge en perspective, mais avec laquelle de ces belles minettes  les partager : Mila, Isis ou Lou ???

 

La galette de Julie

Vendredi 12 janvier

galette de julie

Ce week-end, il sera encore temps de partager entre amis ou en famille une bonne galette si vous ne l’avez pas déjà fait la semaine dernière.

Elsy a littéralement craqué pour la recette de galette des rois de Julie Andrieu que je vous livre avec bonheur tellement elle est délicieuse.

Pour réaliser une galette pour 6 à 8 personnes, il vous faut :

  • 2 rouleaux de pâte feuilletée
  • 130 g de sucre en poudre
  • 130 g de beurre
  • 130 g de poudre d’amandes
  • 3 œufs
  • 1 cuillère à soupe de rhum (facultatif)
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • une pincée de sel

 

  1. Commencez par sortir le beurre du réfrigérateur au moins 1 heure à l’avance
  2. Déroulez un premier rouleau de pâtes feuilletée sur une plaque allant au four en laissant le papier de cuisson
  3. Préparez la crème d’amande en mélangeant 2 œufs, le beurre, le sucre en poudre, le sucre vanillé et la pincée de sel
  4. Ajoutez la poudre d’amande et le rhum et mélangez bien
  5. Déposez la crème d’amande sur le premier disque de pâte jusqu’à un centimètre du bord
  6. Déposez la fève
  7. Badigeonnez le bord vierge avec la moitié du dernier œuf battu
  8. Recouvrez avec l’autre disque de pâte. Appuyez sur les bords pour les souder et crantez-les avec la pointe d’un couteau
  9. Décorez le dessus de la galette en traçant des losanges ou des courbes et badigeonnez avec le reste d’œuf battu
  10. Faites cuire à four chaud 180° pendant 25 minutes

Dégustez la tiède avec un petit verre de cidre frais. Un vrai régal ♥ ♥ ♥

Pour retrouver toute les recettes de Julie Andrieu, c’est par ici

Mésange Nonette Christian Gayout 163
Imagenaturechambray – C. Gayout

 

 « L’espérance est un petit oiseau qui se perche sur notre âme et qui chante sans paroles sans jamais se lasser »

Emily Dickinson

 

 

 

Il était une lettre

Mercredi 10 janvier

Il était une lettre

Dans l’un de mes articles précédents, je vous avez partagé mes derniers achats de livres ( Lectures d’automne)

J’avoue que je n’ai pas réussi à aller au bout de la lecture de deux d’entre eux et quand un livre ne m’accroche pas, je n’insiste pas. Je ne vous parlerai donc pas de Y aura-t-il de la neige à Noël ? et de Joyeux Suicide et Bonne année.

En revanche, j’ai vraiment adoré le roman de Kathryn Hugues Il était une lettre.

L’histoire débute en 1973. Tina Craig, la trentaine, habite à Manchester avec son mari Rick. On ne peut pas dire que sa vie soit bien rose. Rick est alcoolique, violent et passe ses journées à la maison à ne rien faire pendant que Tina rapporte l’argent du ménage en étant sténo-dactylo. Comme beaucoup de femmes battues, même si elle est profondément malheureuse de cette existence, elle garde l’espoir que Rick changera car elle l’aime et sait que malgré ses violences, il l’aime aussi.

Sa seule petite bouffée d’oxygène, elle la trouve, chaque samedi, grâce à  son activité au sein d’une boutique caritative et auprès de ses amis Graham et Linda. Un  jour, alors qu’elle trie de vieux vêtements déposés devant la porte de la boutique, elle découvre dans la poche d’une veste, une lettre qui n’a jamais été ouverte, ni postée. Intriguée, Tina l’ouvre et découvre qu’elle a été rédigée en 1939 par un certain Billy et qu’il s’agit d’une demande en mariage adressée à une jeune femme, Chrissie.

« En fin de soirée, Tina s’installa devant une tasse de chocolat chaud et se détendit un peu. Épuisée, elle appuya sa tête sur le dossier du canapé en fermant les yeux. Penser aux quatre années qu’elle avait passées en couple la laissait dans un étrange sentiment de vide. Elle ignorait ce que l’avenir lui réservait ce qui la remplissait à la fois de peur et de joie. Elle chercha un mouchoir dans son sac et, n’en trouvant pas, le vida sur le sol. Au-dessus était posée la lettre qu’elle avait trouvée dans la poche du vieux costume. Prise d’une curiosité irrépressible, elle décacheta l’enveloppe en prenant soin de ne pas l’abîmer. L’écriture évoquait celle d’un enfant appliqué, comme si la personne qui l’avait écrite n’avait pas l’habitude de se servir d’un stylo plume. Tina replia ses jambes sous elle et commença à lire. »

Tina décide de retrouver Chrissie pour lui remettre la lettre qui lui était destinée. Le lecteur plonge alors avec elle dans les quelques mois qui précèdent la déclaration de guerre de l’Angleterre et découvre  l’histoire tragique de Chrissie et Billy.

Le roman alterne entre la vie de ces deux femmes, Tina et Chrissie, marquée par le malheur et l’abandon. L’histoire est captivante et on ne lâche pas ce livre, tellement on a envie de connaître le dénouement de leurs deux trajectoires.  A travers Tina et Chrissie, Kathryn Hugues évoque la condition féminine à la fin des années 30 et au début des années 70. On se sent à la fois révolté et en même temps plein d’espoir en se disant que l’une et l’autre finiront pas s’en sortir et trouver le chemin de l’apaisement et du bonheur.

Il était une lettre est un beau roman qui parle d’amour, d’attachement, de la conséquence de nos actes sur le cours de nos vie, de l’importance de ne pas céder à la résignation. ♥ ♥ ♥

 

 

Mon beau sapin…

Dimanche 7 janvier

boule sapin

Pour les enfants, les vacances de Noël touchent à leur fin. Il est temps de dénuder le sapin qui trône dans le salon et de ranger dans leurs boites les guirlandes et boules qui faisaient briller ses vertes branches.

Les enfants ne sont plus là pour se précipiter à faire briller ce sapin de mille feux. En revanche, nos compagnons matous vont se faire une joie de décrocher, sans qu’on les fâche, les belles décorations qui pendent sous leur nez depuis plus de trois semaines et de nous faciliter la vie dans l’accomplissement de cette tâche plus que rébarbative!!!

Il faut dire que depuis plusieurs jours, ce n’est pas un temps à mettre le nez dehors : tempête et pluie se succèdent. Même pas un petit rayon de soleil pour se faire dorer alors il faut bien trouver de quoi s’amuser!!

Et pour profiter encore un peu de la magie de Noël, je vous partage ce beau poème d’Apollinaire qui rend hommage à ce bel arbre qui chaque année entre pour quelques semaines dans notre foyer….

Les sapins

    Les sapins en bonnets pointus
    De longues robes revêtus
    Comme des astrologues
    Saluent leurs frères abattus
    Les bateaux qui sur le Rhin voguent

    Dans les sept arts endoctrinés
    Par les vieux sapins leurs aînés
    Qui sont de grands poètes
    Ils se savent prédestinés
    À briller plus que des planètes

    À briller doucement changés
    En étoiles et enneigés
    Aux Noëls bienheureuses
    Fêtes des sapins ensongés
    Aux longues branches langoureuses

    Les sapins beaux musiciens
    Chantent des noëls anciens
    Au vent des soirs d’automne
    Ou bien graves magiciens
    Incantent le ciel quand il tonne

    Des rangées de blancs chérubins
    Remplacent l’hiver les sapins
    Et balancent leurs ailes
    L’été ce sont de grands rabbins
    Ou bien de vieilles demoiselles

    Sapins médecins divaguants
    Ils vont offrant leurs bons onguents
    Quand la montagne accouche
    De temps en temps sous l’ouragan
    Un vieux sapin geint et se couche

Guillaume Apollinaire – Alcools

boules dans guirlande blanche

« Si l’on passait l’année entière en vacances ; s’amuser serait aussi ennuyeux que travailler. »

William Shakespeare

 

Sur les traces du Lapin Agile

Vendredi 5 décembre

Montmartre village

Petite balade en famille pour Elsy cette semaine à la découverte du Montmartre secret, de ses beaux moulins, de ses rues pavées à l’écart du célèbre Sacré Cœur où se pressent les touristes pour voir une autre facette de ce quartier pittoresque aux allures de petit village perché et caché.

On y chemine sur les traces des artistes qui ont adopté ce quartier au fil du temps : Picasso, Matisse, Modigliani au Bateau Lavoir ou encore Apollinaire, Renoir ou Verlaine que l’on croit apercevoir par la fenêtre du célèbre cabaret Le Lapin agile.

En contrebas du Sacré Cœur et de la place du Tertre, la Tour Eiffel éclairée dévoile sa majestueuse silhouette étincelante. On replonge alors dans l’atmosphère enchantée d’Amélie Poulain…

Avant de terminer par le Moulin de la Galette, pour retrouver Renoir et Van Gogh

Le moulin de la galette

Et enfin le Moulin Rouge…

Moulin rouge

 

Au Lapin Agile

Lapin, mon vieux Lapin Agile !

Hier,

Quand je me suis trouvé devant tes volets verts,

De petite maison pour idylle, Champêtre…au théâtre de la grand’ville,

J’ai revu ton visage d’autrefois

Quand nous venions chez toi,

Pour la première fois,

O jeunesse

Bondissante…

Frédé

Qui semblait nous attendre

Dans sa barbe grise

Et comme accoudé à l’heure tendre du crépuscule

Toujours assis sur la même des deux bornes

Qui coupent à cet endroit la rue des Saules

Et, avec le petit escalier en aval,

Délimitent la frontière

De ce pays de rêve et de poésie

Dont tu es, Lapin, mon vieux Lapin Agile,

Entre la rue Paul-Féval

Et la rue Saint-Vincent,

La plus petite, la plus célèbre

Et, dans le monde entier, l’unique capitale…

Frédé

En bonnet de fourrure, l’hiver

Et l’été

en bonnet de velours côtelé

Et chaque soir, quelque fût la saison,

Un large foulard rouge

Autour du cou

nous recevait déjà comme une ombre

Mystérieuse et légendaire

De Tavernier du Quai des Brumes

Ainsi gravé, ainsi chanté par ses peintres poètes

O Max Jacob…O Mac Orlan… ! (…)

Lapin, mon vieux Lapin Agile

Après dix ans je t’ai revu hier !

C’était à l’heure fiévreuse où les théâtres de la ville

Déglutissent leurs foules, fourmis de chair,

Et d’âme qui regagnent leurs nids ou montent vers

Montmartre…

je t’ai revu

dans cette rue

De petit village de montagne que traverse,

Comme un ruisseau de lune bordé de vignes,

La rue saint Vincent

Rue saint Vincent que signe

Eternellement

avec son immortelle chanson,

le nom

d’Aristide Bruant…

O Jeunesse.

Nous venions chez toi,

Fils de Frédé,

Héritier du grand chansonnier,

Nous venions, Paulo, écouter ta goualante

Et c’était, s’il te souvient : « Je m’embarquerai… »

Te répondait ton Yvonne ravissante

Et tu chantais penché vers elle,

ta guitare en forme de barque… (…)

Sallaberry lançait sa tyrolienne,

A ta guitare, écho éolien,

Répondait la harpe de la petite nièce

Du père de « Louise »…

Alors, dans la petite pièce du fond

venait se glisser comme un fantôme,

Du « Temps des cerises » et de la « Bohème »,

Francis et son cœur,

Francis Carco

dans sa cape et sous son grand feutre,

Et toi Paulo,

Sous ta casquette à pont de Patron, à son bord,

Commandant la bordée,

soupirait à ce moment-là : « Quelle soirée « ! (…)

…Ce soir Lapin, mon vieux Lapin Agile

Derrière tes petits volets verts de maison de village de montagne que traverse comme un ruisseau de lune

Bordée de vignes la rue saint-Vincent

Ta lampe est toujours là

Dont ta fenêtre, trou de lumière, brille étincelante dans l’ombre,

Comme dans son monocle brillait,

Lampe de pensée,

L’oeil de Max Jacob (en habit) écoutant chanter

Marcel Couté (en sabots) et Jehan Rictus (en godillots)

Tant que ta lampe brillera de tes veillées

L’âme de Montmartre vivra

Et tu sais bien,

que sans Montmartre,

PARIS se périrait

Sans Montmartre,

PARIS ne serait plus PARIS

Tu le sais bien

Lapin, mon vieux Lapin Agile.

« Paris vivant » – Jean-Louis Vallas