La librairie de la place aux Herbes

 

Mercredi 3 janvier

La librairie de la place aux herbesDis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es, c’est ainsi qu’est sous-titré le roman d’Eric de Kermel, La librairie de la place aux Herbes que je viens de refermer.

Un roman frais et léger sur les livres, la manière dont ils peuvent influencer notre vie et dont ils peuvent aussi créer du lien entre les gens alors que la lecture est une activité solitaire…

Nathalie, professeur de lettres en région parisienne décide de changer de vie et rachète la librairie de la place aux Herbes à Uzès. Animée par l’amour des livres, elle dresse les portraits des lecteurs qui ont fréquenté sa librairie et avec lesquels elle a noué une relation particulière, souvent d’amitié. A la base de ces rencontres, un livre, un conseil de lecture qui devient une confidence et qui aide à trouver les réponses sur le chemin de la vie.

Chaque chapitre est consacré à la rencontre entre Nathalie et l’un de ceux qui ont poussé la porte de sa librairie. Personnellement j’ai beaucoup aimé celui sur Cloé, adolescente, dont les lectures, classiques, lui sont imposées par sa mère, une femme extrêmement rigide, et qui grâce à Nathalie découvre d’autres formes d’expression littéraires et qui trouve ainsi le chemin de l’émancipation.

J’ai aussi beaucoup aimé la relation de couple entre Nathalie et son compagnon Nathan, deux êtres différents mais qui tout au long du livre se témoignent amour et profond respect. Chacun s’appuie sur l’autre, enrichit l’autre tout en faisant preuve de beaucoup de tolérance.

« Pour mes quarante ans, Nathan m’a offert un étonnant document. Quand j’ai déroulé la grande feuille de kraft, j’ai cru au premier regard qu’il s’agissait d’un arbre généalogique. En réalité, c’était bien un arbre, mais au bout de chaque branche, il y avait des couvertures de livres. Tous les livres que Nathan considérait comme ma bibliothèque idéale.

Sur les branche de de gauche, les livres écrits par des hommes, sur celles de droite ceux écrits par des femmes. 

Sur les branches les plus basses, les romans qui racontent des histoires contemporaines, sur les branches les plus hautes, ceux qui racontent des histoires plus anciennes.

Au plus près du tronc, les livres dont la France est le décor, au bout des branches, ceux qui se passent à l’autre bout du monde.

En regardant l’arbre, j’ai été frappée de constater combien le bout des branches était plus fourni que le long du tronc et le haut de l’arbre plus nourri que le bas. Finalement, mon arbre était très chargés en fruits à sa périphérie, bien moins qu’en son cœur. J’étais clairement plus sensible aux écrits qui m’emmènent loin, que ce soit pour un voyage dans temps ou au-delà des mers.

« Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es. » Cet arbre des livres reflétait en réalité ma silhouette intérieure. Celui qui découvrirait cette représentation pourrait rapidement avoir une idée de qui je suis, de ce que je cherche. J’étais touchée que Nathan ait fait ce travail d’aller chercher à me raconter autrement qu’en mots. Ceux qui vivent à nos côtés ne peuvent être ceux qui nous connaissent le mieux ou le moins bien. Par sa représentation, Nathan disait aussi comment il me percevait. Je me retrouvais dans ce portrait chinois arboré. « 

L’arrière plan du roman est imprégné de la douceur de vivre de la ville d’Uzès. On sent le soleil chaud du sud, l’odeur de la lavande et du romarin. On voit les couleurs des fruits et légumes sur les étales du marché. Le roman est rempli de réflexions sur le sens de la vie, l’attention portée à soi et aux autres ainsi qu’au monde qui nous entoure et à la nature, trésor à choyer et à préserver. Il est également truffé de références littéraires, de bons bouquins que vous aurez aussi sans doute envie d’ajouter à votre liste de livres à lire ou de relire (ils sont tous répertoriés à la fin du livre). Le ton est parfois un peu naïf et Nathalie apparait souvent comme l’ange gardien qui vient sauver celui qu’elle rencontre. Pour autant, La librairie de la place aux herbes est un roman qui fait du bien car il véhicule des pensées positives et il plaira forcément à tous les amoureux des livres qui croient en leur pouvoir magique!!

place-aux-herbes-uzes« Car un livre, un vrai livre, vous bouleverse. Il réveille en vous le royaume des désirs, le peuple des possibles, l’indomptable Armada des « pourquoi pas »?

Et de même que nous, êtres humains, sommes différents les uns des autres, de même aucun livre ne ressemble à un autre. Tel qui chamboulera l’un, fera bailler l’autre. A chacun son enthousiasme. Chaque lecture est un voyage et un amour. « 

Erik Orsenna – préface

 

 

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