La drôle de vie de Zelda Zonk

Samedi 10 février

Zelda Zonk

Zelda Zonk, saviez-vous que c’est le nom d’emprunt qu’avait choisi Maryline Monroe pour passer incognito? C’est en tous les cas le nom de la vieille dame, un brin mystérieuse, qui partage la chambre d’hôpital d’Hanna Reagan victime d’un grave accident de la route. Cet accident et cette rencontre vont bouleverser Hanna alors qu’elle mène une vie tranquille dans la campagne irlandaise aux côtés de Jeffrey, son mari et de Patti, la petite fille de sa sœur Gail, qu’elle élève. Hanna a tout pour être heureuse : une famille aimante et une collègue et amie à qui elle peut se confier et avec laquelle elle aime partager des moments de rire. Une seule ombre au tableau, ce bébé tant désiré qui ne veut pas venir.

De conversations en conversations, Zelda et Hanna se lient d’amitié. Et Hanna commence à s’interroger sur sa propre vie, sur la routine de celle-ci qui tourne quelque peu à l’ennui, à la fois pour elle et pour Jeffrey. Peut-elle tout remettre en question et partir sur un nouveau chemin? A-t-elle le droit de céder à la passion qu’elle sent naître devant le beau Michael ou doit-elle être raisonnable et sauver son couple? Est-il possible, comme le lui dit Zelda, de trouver sa voie et d’être vraiment heureuse?

« Hanna soupira et reposa sa tasse. On y était. Jusqu’ici, elle n’avait vraiment parlé du départ de son mari à personne. Avait éludé le sujet avec Gail. N’avait rien dit à Marsha, au téléphone, prétendant seulement qu’elle avait un gros coup de fatigue, qui nécessitait qu’elle prenne deux jours de repos.

« Je n’ai pas été…disons…très accommodante avec Jeff, depuis mon accident. Je crois que je vous l’avais déjà dit la dernière fois qu’on s’est vues.

_ C’est normal. C’est une année difficile, pour vous. On ne s’attend jamais à tout ce qui peut nous arriver quand on s’embrasse gaiement sous le gui pour le Nouvel An.

_ Oui. Mais cette année-là dure depuis trop longtemps. Mon mari a souffert aussi, et je n’ai pas fait suffisamment attention à lui.

_ C’est souvent difficile, d’être à deux.

_ Oui, alors pourquoi l’être? Pourquoi faut-il absolument que les gens veuillent vivre à deux ? »

Zelda sourit.

« Vous savez, ce n’est pas typiquement humain. Les perruches aussi sont en couple. »

Elle tendit sa tasse vide à Hanna qui la lui remplit de nouveau.

« En ce qui nous concerne, reprit-elle plus sérieusement, je crois qu’on a besoin que quelqu’un nous connaisse. Nous reconnaisse. Ça nous rassure de vivre aussi dans le regard de l’autre… C’est la promesse de survivre à soi-même. »

Hanna la regarda sans rien dire.

« Enfin, ajouta Zelda, ça vaut ce que ça vaut, comme analyse. J’ai moi-même commencé à vivre pleinement quand j’ai décidé d’arrêter de vivre dans le regard des autres. La sagesse de la vieillesse, je suppose. »

Hanna, muette, sentit une nouvelle onde lui traverser le corps. Qu’est-ce que Zelda venait encore de lui dire?

J’ai moi-même commencé à vivre pleinement quand j’ai décidé d’arrêter de vivre dans le regard des autres…

Elle fixa la vieille dame, pétrifiée. Il y avait des yeux bleus ; il y avait bien ce grain de beauté – oh, tout petit et enchâssé dans une ride entre le nez et la bouche, mais il y était. Tranquillement, Zelda attrapa un sucre, le cassa en deux, et en lâcha une moitié dans sa tasse.

Hanna ne savait pas quoi dire. Elle était ici, assise dans cette maison, mais son esprit flottait entre deux mondes dont elle ignorait lequel était le bon. C’était vertigineux. »

Ce roman, La drôle de vie de Zelda Zonk, de Laurence Peyrin m’a bien plu. J’ai beaucoup aimé la première partie qui raconte les questionnements des différents personnages sur la vie, sur ce qu’ils en attendent, sur la monotonie qui peut finir pas détruire la fougue amoureuse et les rêves, tout en laissant place à un amour fait d’attachement et de tendresse, sur la nécessité, parfois, de briser des chaînes pour trouver la voie de l’épanouissement et du bonheur, même si ce n’est pas la seule clé.

J’ai, en revanche, moins aimé la deuxième partie du livre qui raconte avec beaucoup de descriptions l’éveil de la sensualité et de la passion entre Hanna et Michael et qui présente quelques longueurs, qui à mon goût, n’apportent pas de plus-value à l’histoire. En débutant la lecture de La drôle de vie de Zelda Zonk, je m’attendais à autre chose qu’au récit de ce qui est, malgré tout, une histoire d’amour et de passion. Ceci explique peut-être ma petite déception devant la tournure prise par le récit… Pour autant, je vous conseille de conserver cette idée de lecture pour cet été car ce roman trouvera toute sa place dans votre sac de plage et vous garantit un moment de lecture détente sur votre serviette, à l’ombre du parasol. ♥ ♥

 

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