Le mystère Henri Pick

Vendredi 2 mars

Le mystère Henri Pick

Je viens de refermer le roman de David Foenkinos Le mystère Henri Pick que vous avez dû remarquer dans toutes les librairies car il est sorti au format poche au début de l’année et il fait partie des meilleures ventes en ce moment. Alors, si vous l’avez déjà lu, j’espère que vous avez aimé ce livre autant que moi.

Henri Pick, pizzaiolo breton, mort à Crozon, il y a deux ans, a écrit un roman, à la plus grande surprise de sa veuve et de sa fille qui ne l’ont jamais vu lire un livre. Jean-Pierre Gourvec, bibliothécaire à Crozon a, pendant toute sa vie, constitué une collection de livres refusés par les éditeurs. Il est maintenant mort et c’est Magali, sa collègue, qui se charge de gérer la bibliothèque. Parmi les manuscrits oubliés, se trouve le livre écrit par Henri Pick : Les Dernières Heures d’une histoire d’amour que Delphine, éditrice, en vacances chez ses parents découvre dans cette bibliothèque et qu’elle décide de faire publier.  Un engouement autour de cette histoire insolite naît alors : Henri Pick écrivait-il sur sa machine à écrire, dans sa cave après la fermeture de son restaurant? Comment peut-il faire autant de référence à Pouchkine, lui qui n’a jamais manifesté le moindre intérêt pour la littérature russe? Etait-il même capable d’écrire une simple lettre? Madeleine, sa veuve, est interviewée par François Busnel himself. Les critiques littéraires et les admirateurs se pressent à Crozon pour respirer quelque chose d’Henri Pick et percer le mystère de cette création littéraire.

« Pick avait ainsi été sur toutes les lèvres, symbolisant le rêve d’être un jour reconnu pour son talent. Comment croire ceux qui disent écrire pour eux ? Les mots ont toujours une destination, aspirent à un autre regard. Écrire pour soi serait comme faire sa valise pour ne pas partir. Si le roman de Pick plaisait, c’était surtout l’histoire de sa vie qui touchait les gens. Elle faisait écho à ce fantasme d’être un autre, le super-héros dont personne ne sait les capacités extraordinaires, cet homme si discret dont le secret est de posséder une sensibilité littéraire imperceptible. Et moins on en savait sur lui, plus il fascinait. Sa biographie ne laissait rien paraître d’autre qu’une vie banale, linéaire. Cela renforçait l’admiration, pour ne pas dire le mythe. De plus en plus de lecteurs voulurent aller sur ses traces, et se recueillir sur sa tombe. Le cimetière de Crozon accueillaient ses admirateurs les plus fervents. Madeleine les croisait parfois. Ne comprenant pas leur démarche, elle n’hésitait pas à leur demander de partir et de laisser son mari tranquille. Était-elle du genre à penser qu’on pouvait réveiller un mort? En tous cas, il était possible de troubler ses secrets. »

L’idée de ce roman est originale et l’intrigue est conduite comme une enquête policière, ponctuée de moments de vie des différents personnages qui gravitent autour de l’œuvre d’Henri Pick avec leurs malheurs quotidiens, leurs existences souvent médiocres au cours de laquelle ils ont perdu leurs illusions. Ces personnages nous semblent tellement proches et authentiques que l’on a l’impression de croiser notre voisine du bout de la rue en entendant Madeleine parler. Le narrateur nous les dépeint avec humour et parfois un brin de sarcasme teinté de bienveillance.

Ce roman se lit avec beaucoup de plaisir, avec l’envie de découvrir le fin mot de cette histoire tout en nous parlant de la littérature et de notre rapport au livre. Un vrai bon moment de lecture ♥♥

 

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