La femme au carnet rouge

Dimanche 18 novembre

La femme au carnet rouge

Il est des moments dans l’année où l’on a envie d’une pause autour d’un livre qui vous fait du bien, qui vous envoie des ondes positives et qui vous laisse exprimer votre côté fleur bleue…

C’est d’un livre comme cela dont je voulais vous parler aujourd’hui, La femme au carnet rouge d’Antoine Laurain.

Le livre débute un soir  à Paris. Une jeune femme, Laure, est victime d’une agression et se fait voler son sac à main. Le lendemain matin, Laurent, libraire, découvre le sac sur le couvercle d’une poubelle. Après des heures d’attente au commissariat où il était venu le rapporter, il décide finalement de le conserver et de retrouver sa propriétaire bien qu’il ne contienne pas de papier d’identité.

Débute alors une quête pleine de mystères pour Laurent qui se sent comme envouté par cette femme dont il découvre des bribes de sa personnalité et de son intimité à travers les objets contenus dans le sac et plus particulièrement à la lecture d’un petit carnet en Moleskine rouge.

« Laurent était plongé dans le carnet en Moleskine rouge contenant les pensées de l’inconnue sur des centaines de pages, parfois raturées, soulignées ou écrites en majuscules. L’écriture était élégante et souple. Elle devait les avoir consignées au gré de ses envies, sûrement aux terrasses de cafés ou lors de trajets en métro. Laurent était fasciné par ces réflexions qui se succédaient, aléatoires, touchantes, loufoques, sensuelles. Il avait ouvert une porte qui menait à l’esprit de la femme au sac mauve et même s’il était un peu déplacé de lire les pages du petit carnet, il ne pouvait s’en détacher. Un citation de Sacha Guitry lui était revenu à l’esprit : « Regarder quelqu’un dormir, c’est lire une lettre qui ne vous est pas adressée. » La bouteille de vin était à moitié vide et le hachis parmentier avait été oublié sur le plan de travail de la cuisine.

Le premier objet qu’il avait trouvé était un flacon de parfum en verre noir, Habanita de Molinard. Une pulvérisation lui révéla une odeur poudrée d’ylang-ylang et de jasmin. […]

Les objets paraissaient innombrables. Laurent décida d’en retirer plusieurs à la fois. Il plongea sa main dans la poche latérale gauche et en sortit pêle-mêle un Pariscope, un baume pour les lèvres, un sachet d’Efferalgan, une épingle à cheveux et un livre. Accident nocturne de Patrick Modiano. Laurent s’arrêta, l’inconnue était donc une lectrice de Modiano et il lui sembla que le romancier affectionnant le mystère, la mémoire et les quêtes d’identités lui faisait signe. »

Laure, quant à elle, n’ayant plus les clés de son appartement, décide de passer la nuit dans un hôtel en expliquant sa situation et en sollicitant la bienveillance du concierge qu’elle payera le lendemain. Toutefois, le lendemain, Laure ne sort pas de sa chambre. Il finit par aller la trouver et la découvre inconsciente, une tâche de sang sur l’oreiller. Le lecteur suit alors en parallèle la quête de Laurent pour retrouver cette femme dont il détient les derniers objets qu’elle a tenue entre ses main et l’histoire de Laure après son agression.

« Depuis quatre jours, la place de Laure à l’atelier était vide. Lorsqu’il ne l’avait pas vue arriver jeudi matin, il avait su que quelque chose n’allait pas. A onze heures, il avait laissé un message. A midi, un autre. A treize heures, il avait composé son numéro fixe. Au retour du déjeuner, où l’absence de Laure avait été le sujet principal de conversation avec Agathe, Pierre, François, Jeanne et Amandine – les autres compagnons- il avait été convenu avec Sébastien Gardhier – quatrième génération des ateliers – qu’il serait préférable de se rendre à son domicile. C’est encore William, j’ai quitté l’atelier, je passe chez moi prendre les clés de Belphégor et je viens chez toi, avait-il laissé comme ultime message sur le portable de Laure. C’était ainsi qu’ils nommaient entre eux le double des clés de son appartement – William ne l’utilisait que pour aller nourrir le chat lorsqu’elle était absente.

Après deux coups de sonnette sans réponse, il décida d’ouvrir. La porte entrebâillée, le félin se faufila et sortit sur le palier, comme à son habitude. Il regarda William, positionna son dos en arc de cercle et commença à se déplacer en crabe, les oreilles couchées. « Il fait cela quand il a peur, une position d’attaque. » Les mots de Laure lui revenaient à l’esprit et si le chat avait peur, c’est bien qu’il s’était passé quelque chose. Laure? appela-t-il, tu es là? »

Le roman se lit très facilement. Les chapitres sont courts, l’intrigue est bien menée et l’on reste curieux de savoir si Laurent finira par retrouver les pas de Laure.

C’est un bon moment de lecture, un roman feel good qui vous apportera un peu de chaleur en cet hiver qui arrive à grand pas… ♥♥♥

chat la femme au carnet rouge

 

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