Au gré des jours

Dimanche 9 décembre

Au gré des jours plante

Le 9 novembre 2017, l’anthropologue Françoise Héritier, disciple de Claude Levi-Strauss était sur le plateau de La Grande Librairie pour évoquer avec François Busnel ce qui sera son dernier livre : Au gré des jours.  En effet, elle décèdera quelques jours plus tard, le 15 novembre 2017. Quelle chance d’avoir pu entendre les mots de cette féministe convaincue qui livrait ce qui allait devenir son livre testament, un ouvrage qui remet au centre de l’existence ses petits riens auxquels on ne prête pas toujours attention, mais qui font le Sel de la Vie et qui fait l’éloge de l’amitié à travers les souvenirs déposés comme des galets de cette vieille dame au soir de sa vie.

Elsy avait demandé au Père Noël de glisser sous le sapin l’an dernier Au gré des jours et cette lecture fut un réel plaisir. Le livre est composé de deux parties : la première s’intitule « De bric et de broc » et la deuxième « Façonnages ».

« De bric et de broc » est une suite de mentions de tout ce qu’apprécie Françoise Héritier, les choses simples du quotidien, ces petits bonheurs de la vie.  « Façonnages » prend la forme d’une autobiographie qui, comme le dit l’auteure, met en perspective « comment ses matériaux ont servi de support à l’élaboration de ma propre vie. »

Il est bon de se laisser aller à ressentir avec ses mots des sensations : « … grelotter d’un coup, et se blottir sous une couverture, […] écouter avec délectation la pluie qui martèle allègrement une toiture en zinc, […] pester en cherchant ses clés au fond du sac, […]peler une pomme de terre bouillante en se brûlant les doigts, […] avoir en bouche la délicate douceur d’un bonbon à la bergamote de Nancy qui en appelle un autre, […] » et retrouver à travers ses évocations une part de ses propres souvenirs : « revoir le gentil sourire de sa grand-mère qui proposait une tasse de bonne hysope à ceux qui lui rendaient visite, […] humer l’air frais de la montagne narines au vent et yeux mi-clos, […] sentir encore le poids de sa chatte de gouttière Roulettes sur ses pieds et dans le cou celui de sa chatte siamoise Julie qui savait si bien vous éveiller d’une griffe savamment enfoncée dans une narine.« 

Dans la  deuxième partie du livre, on découvre le destin de cette femme qui apparait dans sa simplicité malgré la brillance de son parcours universitaire et les responsabilités qu’elle a exercées, ses rencontres et échanges avec des personnages illustres, sa découverte de l’Afrique et la place centrale que tenait l’amitié dans sa vie.

« J’ai toujours rendu un culte à l’amitié. En réfléchissant bien, je pense être spontanément plus proche des femmes que des hommes. Du côté masculin, j’ai cependant deux amis à qui je peux pratiquement tout dire pour des raisons et sur des sujets différents : Marc Augé et Jean-Charles Piette. Autour d’un premier cercle avec deux ou trois ami(e)s collègues m’apporte un soubassement fort pour des discussions professionnelles et amicales plaisantes. J’ai deux amies de longue date, très proches : Monique Chevallier, Annick Drogou, et bien d ‘autres que je vois moins souvent mais que j’aime aussi beaucoup : Sophie, Eliane, Lydie, Françoise, Michelle, Michèle, Odile, Solange, Danièle… Il n’y a guère de plus grande satisfaction que celle d’avoir passé quelques heures dans une conversation à bâtons rompus, pleine de vivacité, de renversements, de tête-à-queue, de retours en arrière, de mots d’esprit, de fous rires, de mimes offusquées… avec une amie. Ce sont des moments de grâce et de grande vérité On écoute, on admire, on compatit, on se confie, on fait confiance, on s’abandonne, on rit de bon cœur, on se moque gentiment, on dit : « Tu te souviens du jour où…? » C’est délicieux. Cela dure toute la vie. Je ne recherche rien tant que cette simple amitié-là, sans arrières-pensées sans chausse-trapes, sans ambiguïté, simplement parce que c’est nous et qu’on s’aime. »

Alors, suivez l’invitation de Françoise Héritier « Prenez place s’il vous plait »  et suivez les traces et la leçon de vie de cette grande dame qui a fermé  doucement la porte derrière elle. ♥♥♥

La flemme en rose

Dimanche 2 décembre

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La mode est au flamant rose en ce moment. Vous avez remarqué? On en voit partout, sur les chemisiers, les serviettes en papier, les trousses, porte-clés…. alors je n’ai pas résisté à l’envie de vous faire partager le dernier mug d’Elsy.

La flemme? Le flamant? Y-a-t-il finalement un rapport entre cet animal étrange à  la couleur pinky et cet état qui vous saisit parfois, qui vous fait culpabiliser alors que vous avez mille choses à faire : nettoyer la voiture, ranger votre placard à chaussures, venir à bout de cette montagne de repassage…

On sent cette flemme monter et l’on se dit : « bouhhh, je le ferai le week-end prochain ». Et nous voici pris dans la spirale de la procrastination que nous avons pourtant bien intégrée comme mauvaise conseillère : « Ne remets pas au lendemain ce que tu peux faire le jour même! » nous dit le proverbe.

Mais après tout, dans cette affaire, la clé ne résiderait-elle pas dans la question de la définition de nos priorités? Pas toujours facile à faire me direz-vous. Mais, on peut peut-être essayer. Si déjà se poser la question était un premier pas vers la posture du flamant rose. En définitive, s’il dort sur une patte, n’est-ce pas pour préserver son équilibre?

Alors aujourd’hui, pourquoi ne pas écouter votre flemme. Je vous propose d’opter cet après-midi pour une petite pause goûter en famille autour de quelques muffins façon financiers et de choisir des lectures pour vos enfants ou petits enfants à la découverte de ce bel oiseau rose.

Commencez par réaliser les muffins avec vos bambins, c’est très simple et en général, il adorent faire de la pâtisserie. Voici la recette :

  • Préchauffez le four à 180°
  • Faites fondre 150 g de beurre
  • Dans un saladier, mélangez 50g de farine, 100g de poudre d’amande et 170g de sucre glace
  • Ajoutez le beurre fondu et mélangez bien
  • Dans un autre saladier, battez en neige 5 blancs d’œufs puis ajoutez les délicatement à la première préparation
  • Versez la pâte dans des moules à muffins et ajoutez sur le dessus une amande entière
  • Faites cuire 20 minutes à 180° jusqu’à ce que les muffins soient bien dorés

Vous pouvez également remplacer l’amande par  une framboise ou ajouter à la préparation quelques grammes de pâte de pistache…

Il est temps maintenant de s’enrouler dans une couverture et de plonger dans la lecture d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, le jeu étant de trouver à quel moment de l’histoire notre compère flamant rose se cache.

Je vous partage également ce poème de Maurice Carême pour un peu de rêverie.

Une patte repliée
Sous leurs plumes qui se figent,
Les hauts flamants rassemblés
S’efforcent de ressembler
A des roses sur leur tige.

Vit-on jamais dans le vent
Rosier plus vibrant de roses
Que ce bouquet de flamants roses,
Ce bouquet que le lac pose
Au pied du soleil levant ?

Et, quand le bouquet s’effeuille,
Qui peut encore distinguer,
De ce nuage rosé
Que la brise cueille,
Le flamant rose envolé ?

Maurice Carême

la meilleure faon de marcher
Couverture du livre de Diane Ducret La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose