Musique, Poésie

Gluggavedur

Samedi 22 décembre

photo Lire pluie fenêtre

Que le temps était triste et maussade hier. La pluie n’a pas cessé de tomber sur la Touraine tandis que les rafales de vent secouait les frêles branches des arbres dénudés. Cette forte humidité n’a pas freiné l’ardeur des minettes, qui contrairement à ce que l’on pourrait penser, tentent toujours malgré un sol gorgé d’eau, de mettre le museau dehors pour aller pourchasser quelques mulots. Elles reviennent ensuite, à notre grand désespoir, frotter de leurs coussins crottés,  les vitres de la fenêtre de la cuisine, en oubliant que vous avez pris soin de faire les carreaux le week-end dernier, pour vous supplier de les faire rentrer au chaud. Vous ne pouvez évidemment pas résister à cette bouille au poil détrempé qui vous regarde par la fenêtre vous faisant clairement comprendre qu’il serait bien que vous puissiez vous dépêcher d’ouvrir cette fenêtre. Prise de pitié, vous vous exécutez et laisser rentrer le félin qui en profite, retrouvant sa fierté, pour vous remercier chaudement en relevant la queue et en se frottant allégrement sur vos mollets, histoire de se débarrasser du surplus d’humidité.   Il s’en va ensuite se léchtrouiller sur le fauteuil gris clair près du poêle, histoire de se sécher, tout en déposant au passage sur le carrelage les petites empreintes humides de ses papattes. Tous les propriétaires de chats exècrent les journées de pluie dès lors que le matou a décidé qu’il ne resterait pas dormir au sec à la maison.

Pourtant, quand il pleut, rien n’est plus agréable que de se préparer un bon thé bien chaud, de contempler le chat endormi en boule sur le même fauteuil d’un gris clair immaculé puis de poser son regard sur la fameuse fenêtre de la cuisine qui donne dans le jardin et le long de laquelle glissent les fines gouttes de pluie… Un sentiment de bien-être vous envahit alors, celui d’être en sécurité, au chaud et bien au sec sous le toit protecteur de votre foyer.

Nos amis islandais, dont Elsy adopte les chaussettes en pure laine les soirs d’hiver, ont une expression pour qualifier cet état « Gluggavedur » qui signifie apprécier le mauvais temps de sa fenêtre ! Avec certitude, cela vous parle! Tentez l’expérience, faites vous une bonne tasse de thé ou de café, programmez un peu de musique et installez-vous confortablement à votre fenêtre pour contempler la pluie. Pause ressourçante assurée…. On peut même se laisser aller à un peu de mélancolie et de vague à l’âme en écoutant les paroles de la Dame en noir. Parmi les chansons de Barbara, j’aime beaucoup celle qui s’intitule « Dis ! Quand reviendras-tu ? »

« Voilà combien de jours, voilà combien de nuits
Voilà combien de temps que tu es reparti
Tu m’as dit cette fois, c’est le dernier voyage
Pour nos cœurs déchirés, c’est le dernier naufrage
Au printemps, tu verras, je serai de retour
Le printemps, c’est joli pour se parler d’amour
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris
Et déambulerons dans les rues de Paris
Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus
Le printemps s’est enfui depuis longtemps déjà
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois
À voir Paris si beau dans cette fin d’automne
Soudain je m’alanguis, je rêve, je frissonne
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine
Je vais, je viens, je vire, je tourne, je me traîne
Ton image me hante, je te parle tout bas
Et j’ai le mal d’amour, et j’ai le mal de toi
Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus
J’ai beau t’aimer encore, j’ai beau t’aimer toujours
J’ai beau n’aimer que toi, j’ai beau t’aimer d’amour
Si tu ne comprends pas qu’il te faut revenir
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs
Je reprendrai la route, le monde m’émerveille
J’irai me réchauffer à un autre soleil
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin
Je n’ai pas la vertu des femmes de marins
Dis, mais quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus »
pluie d'automne

 

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