Livres

Le secret du mari

Dimanche 13 janvier

le secret du mari

Une nouvelle année qui débute et avec elle une première lecture  : Le secret du mari de Liane Moriarty, auteure australienne.

Cécilia est une mère de trois enfants qui organise sa vie comme elle range ses tupperwares, avec ordre et rigueur. Tout est parfaitement huilé dans son quotidien, pas de place pour l’imprévu ni la fantaisie. Tout se déroule sans encombre entre ses activités de vente à domicile et de bénévolat en tant que parent d’élève de l’école St Angela.  Pourtant, en découvrant dans le grenier une lettre ancienne écrite de la main de son mari avec ces mots : « A n’ouvrir qu’après ma mort. », elle se trouve placée devant un véritable dilemme, faut-il ouvrir cette lettre ou respecter le vœu de John-Paul, son époux aimant et père de famille admirable ?

« Voilà. Et cinquante ans plus tard, Cécilia ne serait pas tombée sur cette lettre qui lui donnait l’impression d’être…comment dire?

A côté de ses pompes. C’était exactement ça. Ce qu’elle aimait, c’était être à ce qu’elle faisait. Elle excellait en la matière, en retirait même une certaine fierté. Son quotidien se constituait d’un millier de petites tâches – « Acheter de la coriandre », « Emmener Isabel chez le coiffeur », « Trouver quelqu’un pour aller chercher Polly à la danse ce mardi pendant que j’emmène Esther chez l’orthophoniste »-, comme ces puzzles géants qui absorbaient Isabel pendant des heures. Si Cécilia n’avait aucune patience pour les puzzles, elle savait exactement où caser chacune des minuscules pièces qui composaient sa vie car toutes avaient une place précise.

L’existence qu’elle menait n’avait peut-être rien d’exceptionnel. […] Évidemment, Cécilia n’avait jamais aspiré à autre chose qu’à la normalité. Moi? Je suis mère de famille dans une banlieue tranquille, se prenait-elle parfois à penser comme pour se défendre de vouloir passer pour quelqu’un d’autre, quelqu’un de mieux. « 

En parallèle, Tess qui jusque là filait le parfait amour avec Will et pouvait être fière de l’entreprise de communication qu’elle avait montée avec lui et sa cousine Felicity à Melbourne apprend que les deux personnes qui sont les plus proches d’elle sont tombés amoureux. Piquée au vif, elle décide de partir s’installer quelques temps chez sa mère à Sydney avec son fils Liam qu’elle inscrira pour le trimestre à l’école St Angela.

Enfin, Rachel septuagénaire, qui travaille à l’école St Angela, apprend que son fils Rob et sa belle-fille Lauren viennent de décider de partir s’installer aux Etats-Unis pour deux ans, emmenant ainsi avec eux leur fils Jacob qui est la seule lumière dans la vie de Rachel, totalement effondrée depuis qu’elle a perdu sa fille Janie de manière dramatique.

« Mais à quoi bon jouer les belles-mères parfaites? Vu le résultat, elle aurait bien pu se comporter en marâtre. Parce que maintenant, ils partaient à l’autre bout du monde et emmenaient Jacob avec eux. Comme s’ils en avaient le droit. Oui, bon, d’accord, techniquement, ils en avaient le droit.

Un deuxième bébé? Pas du tout. En réalité, Lauren s’était vu proposer un nouveau job. Un poste génial. A New York. Pour deux ans. A les voir se réjouir, on aurait dit qu’elle avait décroché un boulot au paradis.

Ils lui avaient annoncé la nouvelle au dessert (chaussons aux pommes industriels et boules de glace), tandis qu’elle tenait Jacob sur ses genoux, son petit corps solide et anguleux s’abandonnant tout contre elle avec la délicieuse indolence d’un bambin épuisé. Les lèvres posées au creux de sa nuque, elle respirait le parfum de ses cheveux.

La première fois qu’elle l’avait pris dans les bras pour embrasser son front délicat et fragile, qu’elle avait humé son odeur de nouveau-né, elle avait eu le sentiment de revenir à la vie, comme une plante desséchée que l’on arrose enfin. D’être libérée d’un poids trop lourd qu’elle avait dû porter pendant des années. Ses poumons s’étaient emplis d’oxygène. Sa colonne vertébrale s’était redressée. Le monde s’était recolorisé sous ses yeux à l’instant où elle avait quitté la maternité.« 

L’intrigue alterne entre le secret de John-Paul, les états d’âme et les relations des différents personnages qui se croisent et interagissent dans le petit microcosme de l’école. On est tenu en haleine au fil des pages, et l’on se prend à réfléchir en même temps que les personnages sur le sens de la vie, les liens amoureux, familiaux et sociaux. Les questions jaillissent au fil des pages : jusqu’où est on prêt à aller par amour?  Jusqu’où peut-on pardonner? Les principes et certitudes sont-ils inébranlables? Et avec toutes ces questions, surgissent les thèmes du deuil, du lien filial, et du poids des événements sur notre vie et le déroulement de nos existences.

Le titre de ce roman n’est pas très accrocheur, on pourrait même dire un peu plat et pourtant ce n’est pas par hasard s’il est devenu un best-seller aux Etats-Unis. Sous une apparence un peu lisse de roman feel good, on découvre une intrigue rondement menée, des personnages profonds, ambigus et attachants et des questionnements qui font le sens de la vie.♥♥

4 réflexions au sujet de “Le secret du mari”

      1. je vais te dire cela dans peu de temps je vais le finir cette nuit, je ferai un topo comme d’habitude, déjà je peux te dire qu’il y a une belle étude psychologique des personnages

        Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.