Livres

La famille Martin

Vendredi 26 février

Il flotte comme un air de printemps en ce moment et cela fait un bien fou. Peut-être aurez-vous l’occasion de prendre quelques jours de vacances et aurez-vous envie de découvrir dernier roman de David Foenkinos : La famille Martin.

Je préfère vous le dire tout de suite, moi qui adore les romans de David Foenkinos, celui-ci m’a laissé un peu sur ma faim. J’ai passé un bon moment, mais j’aurais aimé que l’intrigue aille un peu plus loin, que les personnages soient dépeints de manière plus approfondie, que je sois davantage surprise par les péripéties, bref qu’il y ait un peu plus de relief dans ce roman.

Pour autant, le concept est assez original, l’auteur, écrivain de profession, est en panne d’inspiration pour écrire son prochain roman. Il décide alors de descendre de chez lui en plein Paris et d’accoster la première personne qu’il rencontrera pour en faire le héro ou l’héroïne de son prochain roman. Après tout, écrire sur des gens ordinaires peut s’avérer être finalement une aventure extra-ordinaire.

Ainsi, le narrateur en manque d’inspiration rencontre Madeleine, une octogénaire qui revient de faire ses courses et qui enthousiasmée par le projet que lui présente notre écrivain l’invite à boire un café chez elle juste toute heureuse que quelqu’un vienne perturber la monotonie de sa vie de veuve.

Madeleine commence à raconter son existence à notre écrivain sans idée et au fil des jours, il va rencontrer la famille de Madeleine et se mettre en quête d’écrire sur la vie de ces gens ordinaires qui finalement sont pour lui un peu hors du commun.

« Quelques minutes plus tard, j’étais assis tout seul dans son salon. Elle s’affairait dans la cuisine. de manière totalement inattendue, une vive émotion me traversa. Mes deux grands-mères étaient mortes depuis de nombreuses années; cela faisait si longtemps que je ne m’étais pas retrouvé dans le décor de la vieillesse. Il y avait tellement de points communs : la toile cirée, l’horloge bruyante, les cadres dorés entourant les visages des petits-enfants. Le cœur serré, je me souvins de mes visites. On ne se disait rien, mais j’aimais nos conversations.

Mon héroïne est revenue avec un plateau sur lequel étaient disposés une tasse et des petits gâteaux. Elle n’a pas pensé à se servir quoi que ce soit. Pour la rassurer, j’ai évoqué ma carrière en quelques mots, mais elle ne semblait pas inquiète. L’idée que j’aurais pu être un homme dangereux, un imposteur ou un manipulateur ne lui avait pas effleuré l’esprit. Plus tard, je lui ai demandé ce qui m’avait valu cet excès de confiance. « Vous avez une tête d’écrivain », avait-elle répondu, me laissant un peu perplexe. Pour moi, la plupart des écrivains ont l’air libidineux ou dépressifs. Parfois les deux. Je possédais donc, pour cette femme, la tête de l’emploi.

J’étais si impatient de découvrir mon nouveau sujet de roman. Qui était-elle ? Avant toute chose, il me fallait son nom de famille :

« Tricot, annonça-t-elle.

_Tricot, comme un tricot ?

_ Oui, voilà, c’est ça.

_ Et votre prénom ?

_ Madeleine. »

La famille Martin est finalement le roman des gens ordinaires, des vies ordinaires face aux tergiversations, réflexions, triangulations égocentrées de l’écrivain qui, assez égoïstement, prend en otages les membres d’une famille qui n’ont rien demandé pour en faire des sujets de romance et se confronter à la réalité des vrais gens et de la vraie vie. On sent poindre par moment quelques rebondissements et on se dit que oui, l’intrigue du roman va partir et qu’une aventure palpitante va débuter ou qu’une destinée va naître, mais au final on reste dans l’ordinaire : la fatigue du couple, les interrogations des adolescents, les mystères du passé que l’on veut éclaircir avant de partir. Madeleine, sa fille, son gendre, ses petits-enfants et son René qui est maintenant au paradis, ne sont rien d’autres que le miroir qui renvoie à l’écrivain en panne d’inspiration, sa propre médiocrité et surtout son incapacité à saisir la vie.

La famille Martin n’est pas un livre qui se dévore mais c’est une expérience de lecture qu’il faut faire, une expérience originale et finalement un bon moment de lecture et de transition vers un autre roman, le prochain de Foenikinos qui espérons le, renouera avec La délicatesse, Vers la beauté.

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