Manderley for ever

Dimanche 16 septembre

Manderley for ever

La rentrée littéraire bat son plein et vous vous interrogez sans doute sur votre prochaine lecture parmi toutes ces nouveautés : La maison Golden de Salman Ruhsdie ? Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb?  A son image de Jérôme Ferrari?

N’oubliez pas que c’est aussi la rentrée littéraire pour les livres de poche, avec notamment La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez, prix Renaudot 2017, désormais accessible pour les petits budgets.

Mais avant de plonger dans toutes ces nouveautés, je voulais vous parler d’une lecture de cet été,  Manderley for ever de Tatiana de Rosnay.

Sous ce titre qui laisserait penser à une romance à l’anglaise, cet ouvrage est en réalité la biographie de la célèbre romancière britannique Daphné du Maurier au succès international et qui inspira Alfred Hitchcock.

Tatiana de Rosnay raconte, à la façon d’un roman, la trajectoire de cette femme, éprise de liberté et passionnée par l’écriture, attachée aux lieus et plus particulièrement à Menabilly, le manoir de Cournouailles où elle a vécu pendant plus de 25 ans. On découvre, au fil des pages, une Daphné du Maurier amoureuse, souvent solitaire, mère et épouse, amante, navigatrice, marcheuse mais surtout romancière, habitée physiquement par l’écriture et le besoin irrépressible de noircir la feuille. Sous toutes ces facettes, elle se révèle extrêmement surprenante, se jouant des conventions et de la bien bienpensance pour vivre libre et s’adonner à la littérature.

Vous connaissez sans doute son célèbre roman Rebecca qui lui offrit la notoriété internationale, mais peut-être moins ses autres ouvrages, que la biographie de Tatiana de Rosnay  permet de découvrir,  de ses succès à des romans plus troubles qui n’ont pas forcément touché son public.

Manderley for ever traduit  enfin l’attachement de Daphné du Maurier pour les lieux qui ont marqué sa vie et l’atmosphère qui y régnait. On ressent le calme et la plénitude de Ferryside, la grandeur du Paris du début du XXème siècle et le magnétisme ensorcelant de Menabilly.

« Daphné arrive à Fowey vers la fin de l’été 1929, avec ses parents, ses sœurs et des invités. Bonheur de retrouver son bateau, la mer, ses amis pêcheurs. Et l’appel de Menabilly, toujours aussi envoûtant. Elle souhaite montrer la maison secrète à Jeanne et à une de ses amies, Elaine, ainsi qu’à leur cousine Ursula, la fille d’oncle Willie. Les jeunes filles empruntent le chemin de la forêt, à partir de Four Turnings, celui qu’Angela et Daphné n’avaient jamais pu achever. Elles marchent pendant des heures dans les fourrés touffus, renoncent presque, parviennent enfin à localiser la maison, et avancent par-derrière, vers l’aile la plus récente. Elles remarquent une lucarne mal fermée ; et si elles pénétraient dans le manoir ? Daphné ne peut résister à l’idée de voir l’intérieur, c’est elle qui ouvre le passage, qui saute la première. Les quatre avancent dans un silence sépulcral, découvrent des murs tapissés de toiles d’araignée, des plaques de fongus brunâtres dans chaque recoin, des sols poussiéreux jonchés de débris, des couloirs sombres et humides. Elles aboutissent dans la partie la plus noble, Daphné reconnaît le grand salon qu’elle avait pu admirer par la fenêtre avec Angela.

Daphné y est enfin, dans cette longue pièce décorée de tableaux de famille, aux meubles protégés de housses, et au cheval à bascule qui n’a pas bougé depuis des années. A côté, une grande salle à manger, plus loin encore, une bibliothèque avec des centaines de livres. Que s’est-il passé entre ces murs? Quels sont les secrets de Menabilly? Pourquoi est-ce que cela la touche autant? Les autres jeunes filles n’apprécient pas l’impression d’abandon, le silence, les ombres, alors que Daphné voudrait rester encore, monter le long du grand escalier de bois, toucher les vestiges du papier peint écarlate qui se décolle et rappelle les rhododendrons. Elles ressortent par la petite fenêtre que Daphné attache soigneusement. Tandis qu’elle s’éloigne pour rattraper les autres, un énorme hibou blanc s’échappe de l’étage supérieur et la fait sursauter.

Tout au long de la soirée, Daphné ne parvient pas à chasser de son esprit les images de la maison. Pourquoi est-elle obsédée à ce point pas un passé qui n’est pas le sien, hantée par la mémoire des murs d’un manoir abandonné? »

Menabilly
Menabilly (The Chichester Partnership)

 

Merci à ma maman pour ce joli conseil lecture…

Les chats d’Eole

Dimanche 9 septembre

Les enfants ont repris le chemin de l’école et malgré le beau soleil de ce week-end, les vacances nous semblent bien lointaines. On aurait bien envie de repartir en escapade pour retrouver légèreté et insouciance.

Alors, je vous propose d’aller à la rencontre des matous qui peuplent les petites îles éoliennes situées au large de la Sicile que sont Lipari, Vulcano, Panarea, Salina, Stromboli.

Plus connues pour leurs célèbres volcans encore en activité, ces îles sont un véritable petit coin de paradis, baignées par la douceur des vents et du soleil. A chaque coin de rue, endormis sur une pierre ou sous l’ombre d’un arbre, nos amis félins donnent à ces petites pierres posées sur la mer une âme particulière.

Ils sont un peu comme les gardiens des trésors d’Eole, dieu des vents, n’appartenant à personne et à tout le monde. Sans doute sont-ils eux aussi un peu divins, mais pas sauvages,  protégés par les Siciliens qui, au gré de leurs rencontres, sortent de leur sac des croquettes qu’ils déposent sur les pavés comme des offrandes…

 

« Nous gagnons Éolie, où le fils d’Hippotès, cher aux dieux immortels, Éole, a sa demeure. C’est une île qui flotte : une côte de bronze, infrangible muraille, l’encercle tout entière ; une roche polie en pointe vers le ciel. »

(L’Odyssée – Chant X – Homère)

doigts d'Eole
Lipari – Vulcano – Les doigts d’Eole

 

Les Culottées

Dimanche 2 septembre

Bonjour amis lecteurs !

Après plusieurs semaines de repos, Elsy et son chat Caramel reprennent du service pour une nouvelle année qui, souhaitons le, sera riche de lectures, de découvertes et de ronronthérapie. Nous espérons sincèrement que nous vous avez passé un très bel été, que vous avez eu la possibilité de partir explorer de nouveaux horizons et que vous avez aussi eu la chance de faire de belles rencontres. Nous vous ferons partager au fil des articles, tout ce qu’Elsy a rapporté dans ses bagages; au programme : des lectures, des voyages, quelques recettes sucrées et des matous rencontrés au détour d’une rue…

Nous sommes ravis de vous retrouver en ce mois de septembre et espérons que le plaisir sera partagé.

Une lecture détente et instructive pour profiter du dernier week-end et du soleil avant la rentrée des enfants demain : Culotées, tome 1. Des femmes qui ne font que ce qu’elles aiment de Pénolope Bagieu. Cette bande dessinée qui comporte plusieurs tomes, présente sous la forme de planches courtes, le destin de femmes hors du commun et aborde leur vie de manière simple et humoristique. Certaines sont très connues comme Joséphine Baker, ou vous en avez déjà entendu parlé sans trop savoir qui elles étaient, c’est le cas de la Femme à Barbe. D’autres, en revanche, vous sans doute étrangères, à moins que vous soyez spécialiste de l’histoire des indiens d’Amérique ou de la Grèce Antique.

Les culottées tome 1

A travers la biographie de ces femmes à la force de caractère indéniable, Pénolope Bagieu aborde sous un angle léger mais juste, la thématique de l’égalité entre les femmes et les hommes et démontre sans aucun doute que le récit de l’histoire a surtout mis en valeur les réussites des hommes en oubliant la part non négligeable prise par les femmes. Les biographies sont assez courtes et donnent envie de découvrir, de manière plus approfondie, ces destins hors du commun.

Lozen les culotées

Mes coups de cœur :

  • Annette Kellerman, Sirène, (1886-1975). Nageuse de haut niveau, elle a révolutionné la tenue de bain au début du XIXème siècle.
  • Agnocide, gynécologue, (env. 350 av. J.C). Alors que les Athéniens ont interdit l’exercice de la médecine aux femmes, Agnocide, révoltée de voir des femmes mourir en couches, décide de se déguiser en homme pour pouvoir exercer et sauver des vies.
  • Las Mariposas, Sœurs rebelles (1924/26/35- 1960). Opposantes politiques dans une République Dominicaine soumise à la  dictature de Rafael Trujillo, elles se battront jusqu’au bout pour défendre la liberté.

Une lecture à poursuivre avec les tomes suivants et à mettre entre toutes les mains de nos ados de filles pour leur ouvrir tous les champs des possibles et ne pas les enfermer dans des stéréotypes!

 

 

 

Far Breton revisité

Dimanche 15 juillet

Certains d’entre vous ont peut-être déjà largué les amarres pour les vacances d’été et sont déjà en train de profiter des couchers de soleil devant l’océan ou de découvrir des contrées lointaines.  Pour Elsy, le départ approche. Le blog marquera lui aussi une petite pause pendant quelques semaines.

mer cap de la chèvre

 

Je vous propose aujourd’hui un dernier article sucré avec un dessert breton revisité : le far breton aux pommes et caramel au beurre salé.

 

far breton aux pommes

  • Dans un saladier, mélangez 4 œufs, 120g de farine, 1/2 litre de lait et une pincée de sel
  • Beurrez un moule à gratin dans lequel vous déposerez coupées en fins morceaux 2 à 3 pommes préalablement épluchées
  • Versez sur les pommes une bonne dose de caramel au beurre salée puis recouvrez les fruits de la préparation
  • Faites cuire pendant 50 minutes à four chaud 180°

Vous pouvez déguster votre far légèrement tiède avec une boule de glace vanille et un cidre breton ou un thé noir au chocolat et aux baies roses  ♥ ♥

thé breton

Belles vacances à toutes et tous !

Qu’elles soient remplies de découvertes et de rencontres …

 

César, Cléopâtre et les vilains petits canards…

Dimanche 8 juillet

famille cygnes

 

César et Cléopâtre sont certes deux illustres personnages historiques. Pour Elsy, ce sont aussi deux magnifiques cygnes qui glissent majestueusement sur le plan d’eau du Parc de Mazières et qui ont donné naissance il y a quelques semaines à quatre petits cygnons ou cygneaux.  Malheureusement, la nature est ainsi faite que seuls deux d’entre eux ont réussi à se maintenir en vie.

Les deux petits égayent leurs barbotages de pépiements caractéristiques tout en suivant à la trace la ligne glissante de leur maman, tandis que leur papa gonfle ses ailes pour impressionner et chasser d’éventuels curieux qui tenteraient de s’approcher trop près des poussins au plumage gris.

 

Elsy pourrait passer des heures à contempler ces vilains petits canards qui se transformeront bientôt à leur tour en oiseaux nobles et magnifiques et prendront leur envol pour aller chercher une moitié avec laquelle ils pourront s’accoupler à leur tour.

cygne et 1 bébé

 

« Un soir, au soleil couchant, un grand vol d’oiseaux sortit des buissons. Jamais le caneton d’en avait vu de si beaux, d’une blancheur si immaculée, avec de longs cous ondulants. Ils ouvraient de larges ailes et s’envolaient loin des contrées glacées vers le midi, vers les pays plus chauds, vers la mer ouverte. Ils volaient si haut, si haut, que le caneton en fut impressionné ; il tournait sur l’eau comme une roue, tendait le cou vers le ciel… il poussa un cri étrange et si puissant que lui même en fut effrayé.

Jamais il ne pourrait oublier ces oiseaux merveilleux ! Lorsqu’ils furent hors de sa vue, il plongea jusqu’au fond de l’eau et quand il remonta à la surface, il était comme hors de lui-même. Il ne savait pas le nom de ces oiseaux ni où ils s’envolaient, mais il les aimait comme il n’avait jamais aimé personne. Il ne les enviait pas, comment aurait-il rêver de leur ressembler… »

Le vilain petit canard, Hans Christian Andersen (1842)

cygnes contre jour

 

 

 

Garçons s’il vous plaît!

Dimanche 1er juillet

Garçons s'il vous plait + ardoise
photo Jl. Galliot

Ça y est, le mois de juillet est arrivé et avec lui les températures caniculaires. Au programme, batailles d’eau et baignades dans la piscine pour les enfants, farniente à l’ombre avec un bouquin ou barbecue entre amis pour les grands. Le mois de juillet annonce aussi les festivals de musique en tout genre. Alors je voulais vous partager une belle découverte vocale, le groupe Garçons s’il vous plaît, que vous aurez peut-être l’occasion de croiser sur la route de vos vacances et qui se produisait dimanche dernier dans le parc de Mazières .

Ce groupe composé de trois chanteurs proposent sur leur ardoise un répertoire musical diversifié et interprètent, pour vous, la chanson que vous avez choisie.  Un diapason à la ceinture pour trouver le la, et c’est parti,  il y en a pour tous les goûts : ils vous servent Mozart ou Johnny Hallyday, Gilbert Bécaud ou Bourvil. Un vrai régal et un service de professionnels !

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Photo Jl. Galliot

Si vous voulez les entendre, rendez-vous sur la page Facebook du Tea Time d’Elsy et Caramel

Vous pouvez aussi aller faire un tour sur leur site Garçons s’il vous plaît!

Et pour passer commande en vrai et vous faire servir, je vous joins la carte avec les dates de leur représentations…

 

Lectures pour l’été

Dimanche 24 juin

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Aujourd’hui, je vous propose quelques idées lecture pour débuter cet été et finir ce week-end doux et ensoleillé. Certains d’entre vous ont peut-être déjà la perspective de partir en vacances et  commencent peut-être, comme Elsy, à préparer une pile de livres à glisser dans la valise ou le sac à dos. Je vous suggère déjà ces deux romans qui s’annoncent palpitants…

  • La servante écarlate de Margaret Atwood

Ce roman paru en 1985, est devenu un classique de la littérature anglophone. Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtues de rouge, ces « servantes écarlates » à qui l’on a ôté jusqu’à leur nom ont perdu toute liberté. Defred est l’une d’elle. Elle décide de rejoindre un réseau secret pour tenter, avec d’autres, de recouvrer cette liberté et défendre leurs droits.

« Les meilleurs récits dystopiques sont universels et intemporels. Écrit il y a plus de trente ans, La servante écarlate éclaire d’une lumière terrifiante l’Amérique contemporaine. » Télérama

  • Sur cette terre comme au ciel de Davide Enia

Davide Enia plante son histoire dans le Palerme des années 80. Il dessine le destin d’une famille italienne à travers trois générations d’hommes. Davidù, neuf ans qui n’a pas connu son père,  mais qui a hérité de son talent de boxeur, élevé en partie par ses grands-parents, grandit sous la protection et le regard fier de son oncle Umbertino. Dans ce roman, tout se lie entre les légendes du passé et les ambitions futures, le monde des adultes et la poésie de l’enfance. Entremêlant les histoires avec brio, Davide Enia dresse un portrait vibrant de sa terre, la Sicile, et de ceux qui l’habitent. Ce roman a reçu le prix du premier roman étranger 2016.

« Un premier roman saisissant, une véritable révélation. » Hubert Artus, Lire

De belles perspectives de lectures à savourer sur la chaise longue !!

 

rosier grimpant

Banana Bread au pavot de Julie

Dimanche 17 juin

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Aujourd’hui nous fêtons les papas, perspective d’un dimanche en famille où l’on en profite pour faire un peu de cocooning. Le temps est suspendu, c’est l’occasion de faire de la pâtisserie, quelques plantations dans le jardin et de lézarder dans la chaise longue après le déjeuner…

Je vous partage aujourd’hui une recette de gâteau à la banane de Julie Andrieu qu’Elsy aime bien réaliser car elle permet de ne pas perdre des bananes trop mûres.

  • Préchauffez le four à 180°
  • Écrasez 2 bananes et coupez la 3ème en rondelles
  • Fouettez 125g de beurre mou et 150g de vergeoise ou de sucre de canne
  • Ajoutez 2 œufs et battez bien l’ensemble pour qu’il soit mousseux
  • Incorporez ensuite la purée des 2 bananes et 3 cuillères à soupe de graines de pavot ainsi qu’une cuillère à soupe de rhum
  • Ajoutez 1 cuillère à café de poivre de Jamaïque fraichement moulu
  • Versez 200g de farine et 1 cuillère à café de levure chimique et mélangez le tout
  • Complétez la préparation par 1 pincée de sel et la banane en rondelles
  • Beurrez et sucrez un moule à savarin dans lequel vous verserez la préparation
  • Faites cuire pendant 30 minutes puis laissez refroidir le cake avant de le démouler

Et je ne résiste pas à l’envie de vous montrer ce beau papa hibou et ces petits… (photo François Martin)

 

Le retour de Chat-Bouboule

Samedi 16 juin

Quelle belle surprise pour Elsy de découvrir en ouvrant ses cadeaux d’anniversaire que Nathalie Jomard venait de sortir un tome 3 des aventures de son chat Bouboule en Grumeauland!

Chat-Bouboule – intermittent de la sieste

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Chat Bouboule est toujours aussi volumineux, gourmand, sans gêne, féroce quand il s’agit de faire la peau à un rouleau de papier toilette. Bref, il demeure l’Imperator de la maison !! C’est toujours un plaisir de retrouver cette boule de poils et de se surprendre à rigoler tout seul devant son bouquin.  Un vrai moment de détente ! ♥♥♥

chasser pour les truffes

Bilan de compétences

 

chat aspirateur

Si vous aimez regarder les vidéos de « Paroles de chats » sur Youtube, vous connaissez sans doute celle-ci où un beau Siamois passe l’aspirateur automatique Paroles de chat

chat sur les genoux

Et je ne résiste pas à l’envie de vous partager cette photo de Gribouille.

chat bouboule Patrice
Gribouille, le chat d’Estelle et Patrice

chat bouboule

Toute ressemblance avec Chat Bouboule serait fortuite !!

« Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats. »

Albert Schweitzer

Double secret

Dimanche 3 juin

Double secret

Un nouveau roman à vous présenter aujourd’hui que j’ai fini depuis plusieurs semaines, mais l’activité du mois de mai a eu raison de moi et je n’ai pas trouvé beaucoup de temps pour écrire. Il s’agit d’un roman de Willa Marsh, Double secret. Je vous avez parlé de ce livre dans mon article Lectures pour le printemps

Après le décès de sa mère, Matt, écrivant à succès, ne parvient plus à trouver l’inspiration. Les questions se bousculent dans sa tête après avoir découvert dans un joli coffret de bois de rose qui appartenait à sa mère, des photos sur lesquelles il se reconnaît mais dont il ne se souvient pas.

Il décide alors de s’installer pour quelques temps chez sa famille à Exmoor, sur la côte sauvage du Pays de Galles en espérant que l’inspiration reviendra. Là-bas, il renoue avec ses racines et la réalité du quotidien : celui de sa sœur Imogen qui rencontre des problèmes de couple, de Nick, son ami d’enfance et de ses problèmes d’argent, de Lottie qui l’a en partie élevé après la mort de son père quand sa mère est tombée dans la dépression, de Milo qui héberge Lottie dans sa vieille maison, tout en accueillant de temps en temps son ex-femme et sa maîtresse,  et qui a fait de tout ce petit monde sa grande famille.

Plus que l’intrigue et les étranges sensations qui pèsent sur Matt, ce roman est une galerie de personnages, attachants, souvent drôles car montrant leurs petites faiblesses. Les traits de caractère sont extrêmement bien dépeints et on a l’impression de voir s’animer sur le papier des êtres qui nous sont proches. Certains révèlent des travers peu glorieux et d’autres une belle âme.

Voyage à travers le temps et retour aux sources, l’histoire de ce livre se révèle être un élixir de bien-être. Simplicité, partage et attention portée aux autres sont les maîtres mots qui régissent la vie sous le toit de Milo. Une belle famille et des bons sentiments sans niaiserie. Ça fait un bien fou!!

Et en plus, un petit matou croise le chemin de notre héros écrivain et le conduit sur le chemin de la vérité…

« Il resta complètement immobile, en vidant son esprit, attendant les prémisses d’un geste créatif : un fragment d’idée, l’ombre d’un personnage…

Seuls le chant des oiseaux et le bruit du ruisseau lui répondirent. Il rouvrit les yeux en se sentant toujours dérouté et frustré. Soudain, quelque chose fila entre les racines du lilas, les feuilles tremblèrent, et il se pencha en avant pour mieux voir. L’animal était plus grand qu’un oiseau, doté d’une robe pâle, semée de tâches d’ombre et de soleil. Le chaton apparut dans l’herbe, frappa une feuille, puis s’assit sur son train arrière. Matt vit sa gueule s’ouvrir en un court bâillement rose.

Tandis qu’il l’observait, deux souvenirs lui revinrent à l’esprit : celui du chat roux dans les tableaux – et puis un autre qui lui échappa aussitôt. Le chaton s’avança, Matt se leva et marcha à sa rencontre. Il était si joli, si mignon… Matt s’accroupit et lui tendit la main. Le petit chat se pressa dans sa paume, en miaulant piteusement. Matt le ramassa et le caressa d’un doigt en lui parlant avec douceur. Un bref regard lui montra que c’était un mâle et il le rapporta à la maison. »

Exmoor