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In the moment

Lundi 18 février

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Qu’il fait du bien ce beau soleil qui rayonne depuis quelques jours, nous faisant oublier la grisaille d’un hiver qui commence à tirer sa révérence! Les jours rallongent et l’on se plaît, même si nous ne sommes que le 18 février, à cet avant goût de printemps qui nous permet de laisser la douce chaleur du soleil s’infiltrer dans tous les pores de notre peau.

Peut-être êtes vous en vacances et avez vous la chance de partir pour quelques jours vous ressourcer. Si ce n’est pas le cas, je vous invite à filer dans votre maison de presse la plus proche pour vous procurer un magazine féminin dont la parution est toute récente : In the moment. Ce bimestriel renouvelle le genre en oubliant les articles du type « comment perdre 5 kilos en 3 semaines avant l’été » ou « comment j’ai opté pour l’épilation définitive« , certes autant d’articles qui peuvent vous donner des trucs et astuces, mais qui sonnent dans votre esprit comme une pression supplémentaire exercée sur votre corps de femme !

Avec In the moment, l’approche est différente, vous entrez dans un monde de zénitude et de bien-être par le prisme de la lenteur dont Elsy adore faire l’éloge, de l’inspiration positive et du moment présent.

Les articles abordent les thèmes que vous retrouvez dans les autres magazines féminins, cuisine, voyage, lifestyle et bien-être, mais sous le prisme de la nature et de la psychologie positive qui nous fait du bien au fil des pages. Le magazine jongle entre conseils lecture, astuces beauté et culinaires et réflexions sur ces petites choses qui font la vie plus douce comme le yoga, l’écriture, aller marcher dans la nature même en hiver.

Dans le bimestriel n°7 de janvier-février, découvrez comment manger mieux en adoptant le régime ayurvédique, comment rester calme sous la pression ou encore rompre le cycle de la solitude invisible.

J’ai beaucoup aimé l’article « visualiser vos rêves pour les réaliser ». C’est un peu du développement personnel, mais l’article vous invite à prendre une pause pour vous poser les bonnes questions et structurer votre pensée au lieu de laisser les idées fourmiller dans votre tête. Que souhaitons-nous apporter et ressentir dans notre vie? Quelles sont nos aspirations profondes ? Comment rendre nos objectifs plus réels? Après cette lecture, le vision board ou tableau de visualisation n’aura plus de secret pour vous. Sans doute une autre façon de se réapproprier sa vie et ses envies !

Le design global du magazine est lui aussi apaisant avec beaucoup de dessins dans les tons pastels et des photos pleines de sourires et de nature.

Vous l’aurez compris, ce magazine renferme tout ce qui fait l’univers du Teatime d’Elsy et Caramel et invite à profiter pleinement des choses de la vie tout en cultivant son bien-être intérieur. Extrêmement ressourçant !

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Livres

Le secret du mari

Dimanche 13 janvier

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Une nouvelle année qui débute et avec elle une première lecture  : Le secret du mari de Liane Moriarty, auteure australienne.

Cécilia est une mère de trois enfants qui organise sa vie comme elle range ses tupperwares, avec ordre et rigueur. Tout est parfaitement huilé dans son quotidien, pas de place pour l’imprévu ni la fantaisie. Tout se déroule sans encombre entre ses activités de vente à domicile et de bénévolat en tant que parent d’élève de l’école St Angela.  Pourtant, en découvrant dans le grenier une lettre ancienne écrite de la main de son mari avec ces mots : « A n’ouvrir qu’après ma mort. », elle se trouve placée devant un véritable dilemme, faut-il ouvrir cette lettre ou respecter le vœu de John-Paul, son époux aimant et père de famille admirable ?

« Voilà. Et cinquante ans plus tard, Cécilia ne serait pas tombée sur cette lettre qui lui donnait l’impression d’être…comment dire?

A côté de ses pompes. C’était exactement ça. Ce qu’elle aimait, c’était être à ce qu’elle faisait. Elle excellait en la matière, en retirait même une certaine fierté. Son quotidien se constituait d’un millier de petites tâches – « Acheter de la coriandre », « Emmener Isabel chez le coiffeur », « Trouver quelqu’un pour aller chercher Polly à la danse ce mardi pendant que j’emmène Esther chez l’orthophoniste »-, comme ces puzzles géants qui absorbaient Isabel pendant des heures. Si Cécilia n’avait aucune patience pour les puzzles, elle savait exactement où caser chacune des minuscules pièces qui composaient sa vie car toutes avaient une place précise.

L’existence qu’elle menait n’avait peut-être rien d’exceptionnel. […] Évidemment, Cécilia n’avait jamais aspiré à autre chose qu’à la normalité. Moi? Je suis mère de famille dans une banlieue tranquille, se prenait-elle parfois à penser comme pour se défendre de vouloir passer pour quelqu’un d’autre, quelqu’un de mieux. « 

En parallèle, Tess qui jusque là filait le parfait amour avec Will et pouvait être fière de l’entreprise de communication qu’elle avait montée avec lui et sa cousine Felicity à Melbourne apprend que les deux personnes qui sont les plus proches d’elle sont tombés amoureux. Piquée au vif, elle décide de partir s’installer quelques temps chez sa mère à Sydney avec son fils Liam qu’elle inscrira pour le trimestre à l’école St Angela.

Enfin, Rachel septuagénaire, qui travaille à l’école St Angela, apprend que son fils Rob et sa belle-fille Lauren viennent de décider de partir s’installer aux Etats-Unis pour deux ans, emmenant ainsi avec eux leur fils Jacob qui est la seule lumière dans la vie de Rachel, totalement effondrée depuis qu’elle a perdu sa fille Janie de manière dramatique.

« Mais à quoi bon jouer les belles-mères parfaites? Vu le résultat, elle aurait bien pu se comporter en marâtre. Parce que maintenant, ils partaient à l’autre bout du monde et emmenaient Jacob avec eux. Comme s’ils en avaient le droit. Oui, bon, d’accord, techniquement, ils en avaient le droit.

Un deuxième bébé? Pas du tout. En réalité, Lauren s’était vu proposer un nouveau job. Un poste génial. A New York. Pour deux ans. A les voir se réjouir, on aurait dit qu’elle avait décroché un boulot au paradis.

Ils lui avaient annoncé la nouvelle au dessert (chaussons aux pommes industriels et boules de glace), tandis qu’elle tenait Jacob sur ses genoux, son petit corps solide et anguleux s’abandonnant tout contre elle avec la délicieuse indolence d’un bambin épuisé. Les lèvres posées au creux de sa nuque, elle respirait le parfum de ses cheveux.

La première fois qu’elle l’avait pris dans les bras pour embrasser son front délicat et fragile, qu’elle avait humé son odeur de nouveau-né, elle avait eu le sentiment de revenir à la vie, comme une plante desséchée que l’on arrose enfin. D’être libérée d’un poids trop lourd qu’elle avait dû porter pendant des années. Ses poumons s’étaient emplis d’oxygène. Sa colonne vertébrale s’était redressée. Le monde s’était recolorisé sous ses yeux à l’instant où elle avait quitté la maternité.« 

L’intrigue alterne entre le secret de John-Paul, les états d’âme et les relations des différents personnages qui se croisent et interagissent dans le petit microcosme de l’école. On est tenu en haleine au fil des pages, et l’on se prend à réfléchir en même temps que les personnages sur le sens de la vie, les liens amoureux, familiaux et sociaux. Les questions jaillissent au fil des pages : jusqu’où est on prêt à aller par amour?  Jusqu’où peut-on pardonner? Les principes et certitudes sont-ils inébranlables? Et avec toutes ces questions, surgissent les thèmes du deuil, du lien filial, et du poids des événements sur notre vie et le déroulement de nos existences.

Le titre de ce roman n’est pas très accrocheur, on pourrait même dire un peu plat et pourtant ce n’est pas par hasard s’il est devenu un best-seller aux Etats-Unis. Sous une apparence un peu lisse de roman feel good, on découvre une intrigue rondement menée, des personnages profonds, ambigus et attachants et des questionnements qui font le sens de la vie.♥♥

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Noël à la petite boulangerie

Samedi 29 décembre

Noël à la petite boulangerie

Peut-être avez vous la chance de profiter de quelques jours de vacances. Même si les fêtes de fin d’années riment souvent avec des repas trop copieux qui finissent pas peser sur notre foie, elles sont aussi l’occasion de s’accorder une pause de quelques jours et comme le temps n’est pas propice à mettre le nez dehors, rien ne vaut un après-midi lecture au chaud sous une couverture.

Si vous avez été bien sages tout au long de cette année 2018, sans doute avez-vous trouvé sous le sapin les petits cadeaux que vous attendiez.

Pour Elsy, en plus des livres qu’elle avait demandés sur sa liste ( voir mon article N’oublie pas mon petit soulier…), elle a trouvé une jolie surprise de la part de son petit garçon : un roman feel good de Noël : Noël à la petite boulangerie.

C’est le dernier roman de la trilogie de Jenny Colgan après La petite boulangerie du bout du monde (voir mon La petite boulangerie du bout du monde) et Une saison à la petite boulangerie. 

Dans ce nouveau roman, tous les ingrédients d’une belle histoire de Noël sont réunis : l’amour, l’amitié, la famille et la certitude d’un happy end. En résumé de quoi oublier la grisaille et les tracas du quotidien avec un roman léger qui vous met dans l’ambiance de Noël.

Polly travaille dur dans sa boulangerie de la petite île des Cornouailles, Mount Polbearne. Elle file le parfait amour avec Huckle qui partage sa vie et celle de Neil, son macareux, qui aime se faire chauffer les plumes devant le fourneau du grand phare où ils habitent.

Les fêtes de Noël approchent et Polly rêvent de passer une journée tranquille au chaud à boire du champagne avec Huckle.

Pourtant, les choses ne vont pas du tout se passer comme elle l’espérait. Entre son amie Kerensa qui lui apprend qu’elle est enceinte de plusieurs mois, mais qui ne sait pas qui, de Reuben son mari ou d’un grand brésilien croisé un soir, est le père de son bébé; son père qui surgit dans sa vie alors qu’elle avait fini par vivre avec son absence et Huckle qui aimerait agrandir la famille, il n’en fallait pas moins pour perturber les plans de Polly. Et pour couronner le tout quand Reuben lui demande d’assurer le repas de Noël chez lui pour toute sa famille qui vient lui rendre visite des Etats-Unis, Polly, dont les finances sont au plus bas, n’a pas d’autre choix que d’accepter. Le rêve de Noël s’envole….

« Comment allait-elle bien pouvoir annoncer cette nouvelle à Huckle ? D’un autre côté, il ne faisait absolument aucun doute qu’ils étaient complètement fauchés. Son miel ne suffisait pas. Ils n’avaient pas besoin de grand chose, mais l’emprunt pour le phare était important et …

Polly poussa un soupir de frustration. Elle était consciente que son souci était bien peu de chose par rapport aux problèmes des autres (comme Kerensa par exemple). Mais elle avait tellement envie de calme pour Noël cette année. Celui de l’an passé, avec sa mère, avait été légèrement pesant (ce n’était pas la faute de sa mère, elle le savait bien). Et celui d’il y a deux ans avait été déchirant, car Huckle était parti aux Etats-Unis et l’avenir de Polly lui avait paru remis en question. Tout ce à quoi elle aspirait était un peu de répit. Rien que Huckle et elle, fêtant l’étape majeure qu’ils s’apprêtaient à franchir.

Elle savait qu’elle devait se sentir heureuse et reconnaissante. Que c’était réellement égoïste de souhaiter plus que ce qu’elle avait, alors qu’elle avait déjà tant. Mais elle avait imaginé que sa vie se poursuivrait de façon agréable et détendue encore un petit moment, à l’image de ce qu’elle était actuellement. Puis, un jour, où tout ne serait pas aussi mouvementé, elle profiterait de ce moment, des bébés et du reste, mais plus tard. »

On peut regretter que Jenny Colgan n’ait pas réussi dans ce dernier roman sur la petite boulangerie de Beach Street a donner plus de relief aux personnages et que l’intrigue se devine un peu à l’avance. Toutefois, c’est plaisant de replonger dans les histoires de Polly et Huckle et Noël à la petite boulangerie se lit facilement comme on regarde un film de Noël à la télévision.  Il faut le lire en se laissant aller à des bons sentiments et en écoutant son côté fleur bleue. A savourer comme un moment de lecture léger et sucré. ♥♥

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N’oublie pas mon petit soulier…

Dimanche 16 décembre

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Les fêtes de Noël approchent désormais à grands pas et l’on se dépêche de terminer les derniers préparatifs : cadeaux, décoration de la maison, idées pour le repas du réveillon… Elsy adore cette période où l’on a envie de se blottir dans une couverture avec un chat sur les genoux et une bonne boite de chocolats pour regarder un bon vieux film de Noël ; Love Actually tient le haut du palmarès, c’est le film à regarder pour se mettre dans l’ambiance de Noël et se laisser aller à un peu de bon sentiment.  Dose de bonne humeur assurée!!

Si vous ne l’avez pas encore envoyée, c’est aussi l’heure d’écrire votre liste au Père Noël afin qu’il n’oublie pas de déposer sous le sapin, dans votre petit soulier, quelques jolis présents…

Je vous partage ma petite liste, peut-être pourrez-vous aller y piocher quelques idées pour vous-même ou vos proches…

Forcément, on y trouve quelques idées de livres…

  • Les Grands Espaces, le dernier ouvrage de Catherine Meurisse. Je vous avais déjà présenté un livre de cette dessinatrice qui a échappé de peu à l’attentat de Charlie Hebdo, La Légèreté. Dans ce nouvel ouvrage, l’auteure nous emmène sur les chemins de l’enfance et de la nature.  Elle a grandi à la campagne entourée de pierres, d’arbres, et avec un chantier sous les yeux : celui de la ferme que ses parents rénovent, afin d’y habiter en famille. Une grande et vieille maison qui se transforme, des arbres à planter, un jardin à imaginer, la nature à observer : ainsi naît le goût de la création et germent les prémices d’un futur métier : dessinatrice. Avec humour et tendresse, elle raconte le paradis de l’enfance, que la nature, l’art et la littérature, ses alliés de toujours, peuvent aider à conserver autant qu’à dépasser. Les Grands Espaces raconte le lieu d’une enfance et l’imaginaire qui s’y déploie, en toute liberté.
  • Les Culottées 2 de Pénélope Bagieu . Dans mon article Les Culottées , en septembre dernier, je vous avez parlé du premier de ces deux tomes qui dessine les destins hors du commun de femmes souvent méconnues mais qui ont fait voler en éclat les préjugés.  Dans ce deuxième tome, Pénélope Bagieu dresse le portait de quinze autres femmes qui ont pris leur vie en main : Sonita, rappeuse afghane et exilée militante ; Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes ; Nellie, journaliste d’investigation au XIXe siècle ; Cheryl, athlète marathonienne ; Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde…
  • Autoportrait de Paris avec chat de Dany Laferrière. L’Académicien, propose avec cet ouvrage un roman singulier,  un roman dessiné et écrit à la main.   Dany Lafferrière nous invite à travers ses lettres et ses couleurs dans un Paris qu’il dépeint et décrit à son image. Le narrateur, un grand rêveur, arrive dans la ville la plus réaliste du monde. Il en fait la découverte et nous avec lui, remontant ses rues et le temps à la rencontre de ceux qui ont fait sa gloire. Paris, ses monuments de pierre et d’intelligence, l’arc de Triomphe aussi bien que Balzac, ses cafés aussi bien que ses créateurs de mode, le Flore aussi bien que Gabrielle Chanel. Paris se nourrit aussi des étrangers qui cessent d’en être dès qu’ils l’aiment et contribuent à faire ce qu’il est. Et voici donc Hemingway, et voici donc Noureev, et voici donc Apollinaire… Et puis il y a Chanana. Qui est cette mystérieuse chatte en manteau rose qui arrive chez le narrateur à minuit ?
  • Middlemarch de George Eliot. D’après les critiques, c’est le plus beau roman de George Eliot, en tout cas son roman le plus complet. Il y raconte  l’histoire des deux mariages de Dorothea et le mariage malheureux de Lydgate, jeune médecin ambitieux, avec la vulgaire Rosamond Vincy. L’histoire repose sur un fond foisonnant de personnages et d’événements, d’épisodes intéressants, amusants et émouvants. Roman victorien comme je les aime, riche en personnages et en incidents qui révèle au lecteur une qualité de récit remarquable, un style expressif et subtil, des dialogues sensibles et maîtrisés, une analyse psychologique pénétrante et un humour « so british », un vrai plaisir en perspective pour les grises journées d’hiver….

Et si le Père Noël a encore un peu de place dans sa hotte, peut-être pourra-t-il aussi apporter une belle mangeoire pour les petites mésanges du jardin et quelques surprises !

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Livres

Au gré des jours

Dimanche 9 décembre

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Le 9 novembre 2017, l’anthropologue Françoise Héritier, disciple de Claude Levi-Strauss était sur le plateau de La Grande Librairie pour évoquer avec François Busnel ce qui sera son dernier livre : Au gré des jours.  En effet, elle décèdera quelques jours plus tard, le 15 novembre 2017. Quelle chance d’avoir pu entendre les mots de cette féministe convaincue qui livrait ce qui allait devenir son livre testament, un ouvrage qui remet au centre de l’existence ses petits riens auxquels on ne prête pas toujours attention, mais qui font le Sel de la Vie et qui fait l’éloge de l’amitié à travers les souvenirs déposés comme des galets de cette vieille dame au soir de sa vie.

Elsy avait demandé au Père Noël de glisser sous le sapin l’an dernier Au gré des jours et cette lecture fut un réel plaisir. Le livre est composé de deux parties : la première s’intitule « De bric et de broc » et la deuxième « Façonnages ».

« De bric et de broc » est une suite de mentions de tout ce qu’apprécie Françoise Héritier, les choses simples du quotidien, ces petits bonheurs de la vie.  « Façonnages » prend la forme d’une autobiographie qui, comme le dit l’auteure, met en perspective « comment ses matériaux ont servi de support à l’élaboration de ma propre vie. »

Il est bon de se laisser aller à ressentir avec ses mots des sensations : « … grelotter d’un coup, et se blottir sous une couverture, […] écouter avec délectation la pluie qui martèle allègrement une toiture en zinc, […] pester en cherchant ses clés au fond du sac, […]peler une pomme de terre bouillante en se brûlant les doigts, […] avoir en bouche la délicate douceur d’un bonbon à la bergamote de Nancy qui en appelle un autre, […] » et retrouver à travers ses évocations une part de ses propres souvenirs : « revoir le gentil sourire de sa grand-mère qui proposait une tasse de bonne hysope à ceux qui lui rendaient visite, […] humer l’air frais de la montagne narines au vent et yeux mi-clos, […] sentir encore le poids de sa chatte de gouttière Roulettes sur ses pieds et dans le cou celui de sa chatte siamoise Julie qui savait si bien vous éveiller d’une griffe savamment enfoncée dans une narine.« 

Dans la  deuxième partie du livre, on découvre le destin de cette femme qui apparait dans sa simplicité malgré la brillance de son parcours universitaire et les responsabilités qu’elle a exercées, ses rencontres et échanges avec des personnages illustres, sa découverte de l’Afrique et la place centrale que tenait l’amitié dans sa vie.

« J’ai toujours rendu un culte à l’amitié. En réfléchissant bien, je pense être spontanément plus proche des femmes que des hommes. Du côté masculin, j’ai cependant deux amis à qui je peux pratiquement tout dire pour des raisons et sur des sujets différents : Marc Augé et Jean-Charles Piette. Autour d’un premier cercle avec deux ou trois ami(e)s collègues m’apporte un soubassement fort pour des discussions professionnelles et amicales plaisantes. J’ai deux amies de longue date, très proches : Monique Chevallier, Annick Drogou, et bien d ‘autres que je vois moins souvent mais que j’aime aussi beaucoup : Sophie, Eliane, Lydie, Françoise, Michelle, Michèle, Odile, Solange, Danièle… Il n’y a guère de plus grande satisfaction que celle d’avoir passé quelques heures dans une conversation à bâtons rompus, pleine de vivacité, de renversements, de tête-à-queue, de retours en arrière, de mots d’esprit, de fous rires, de mimes offusquées… avec une amie. Ce sont des moments de grâce et de grande vérité On écoute, on admire, on compatit, on se confie, on fait confiance, on s’abandonne, on rit de bon cœur, on se moque gentiment, on dit : « Tu te souviens du jour où…? » C’est délicieux. Cela dure toute la vie. Je ne recherche rien tant que cette simple amitié-là, sans arrières-pensées sans chausse-trapes, sans ambiguïté, simplement parce que c’est nous et qu’on s’aime. »

Alors, suivez l’invitation de Françoise Héritier « Prenez place s’il vous plait »  et suivez les traces et la leçon de vie de cette grande dame qui a fermé  doucement la porte derrière elle. ♥♥♥

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La femme au carnet rouge

Dimanche 18 novembre

La femme au carnet rouge

Il est des moments dans l’année où l’on a envie d’une pause autour d’un livre qui vous fait du bien, qui vous envoie des ondes positives et qui vous laisse exprimer votre côté fleur bleue…

C’est d’un livre comme cela dont je voulais vous parler aujourd’hui, La femme au carnet rouge d’Antoine Laurain.

Le livre débute un soir  à Paris. Une jeune femme, Laure, est victime d’une agression et se fait voler son sac à main. Le lendemain matin, Laurent, libraire, découvre le sac sur le couvercle d’une poubelle. Après des heures d’attente au commissariat où il était venu le rapporter, il décide finalement de le conserver et de retrouver sa propriétaire bien qu’il ne contienne pas de papier d’identité.

Débute alors une quête pleine de mystères pour Laurent qui se sent comme envouté par cette femme dont il découvre des bribes de sa personnalité et de son intimité à travers les objets contenus dans le sac et plus particulièrement à la lecture d’un petit carnet en Moleskine rouge.

« Laurent était plongé dans le carnet en Moleskine rouge contenant les pensées de l’inconnue sur des centaines de pages, parfois raturées, soulignées ou écrites en majuscules. L’écriture était élégante et souple. Elle devait les avoir consignées au gré de ses envies, sûrement aux terrasses de cafés ou lors de trajets en métro. Laurent était fasciné par ces réflexions qui se succédaient, aléatoires, touchantes, loufoques, sensuelles. Il avait ouvert une porte qui menait à l’esprit de la femme au sac mauve et même s’il était un peu déplacé de lire les pages du petit carnet, il ne pouvait s’en détacher. Un citation de Sacha Guitry lui était revenu à l’esprit : « Regarder quelqu’un dormir, c’est lire une lettre qui ne vous est pas adressée. » La bouteille de vin était à moitié vide et le hachis parmentier avait été oublié sur le plan de travail de la cuisine.

Le premier objet qu’il avait trouvé était un flacon de parfum en verre noir, Habanita de Molinard. Une pulvérisation lui révéla une odeur poudrée d’ylang-ylang et de jasmin. […]

Les objets paraissaient innombrables. Laurent décida d’en retirer plusieurs à la fois. Il plongea sa main dans la poche latérale gauche et en sortit pêle-mêle un Pariscope, un baume pour les lèvres, un sachet d’Efferalgan, une épingle à cheveux et un livre. Accident nocturne de Patrick Modiano. Laurent s’arrêta, l’inconnue était donc une lectrice de Modiano et il lui sembla que le romancier affectionnant le mystère, la mémoire et les quêtes d’identités lui faisait signe. »

Laure, quant à elle, n’ayant plus les clés de son appartement, décide de passer la nuit dans un hôtel en expliquant sa situation et en sollicitant la bienveillance du concierge qu’elle payera le lendemain. Toutefois, le lendemain, Laure ne sort pas de sa chambre. Il finit par aller la trouver et la découvre inconsciente, une tâche de sang sur l’oreiller. Le lecteur suit alors en parallèle la quête de Laurent pour retrouver cette femme dont il détient les derniers objets qu’elle a tenue entre ses main et l’histoire de Laure après son agression.

« Depuis quatre jours, la place de Laure à l’atelier était vide. Lorsqu’il ne l’avait pas vue arriver jeudi matin, il avait su que quelque chose n’allait pas. A onze heures, il avait laissé un message. A midi, un autre. A treize heures, il avait composé son numéro fixe. Au retour du déjeuner, où l’absence de Laure avait été le sujet principal de conversation avec Agathe, Pierre, François, Jeanne et Amandine – les autres compagnons- il avait été convenu avec Sébastien Gardhier – quatrième génération des ateliers – qu’il serait préférable de se rendre à son domicile. C’est encore William, j’ai quitté l’atelier, je passe chez moi prendre les clés de Belphégor et je viens chez toi, avait-il laissé comme ultime message sur le portable de Laure. C’était ainsi qu’ils nommaient entre eux le double des clés de son appartement – William ne l’utilisait que pour aller nourrir le chat lorsqu’elle était absente.

Après deux coups de sonnette sans réponse, il décida d’ouvrir. La porte entrebâillée, le félin se faufila et sortit sur le palier, comme à son habitude. Il regarda William, positionna son dos en arc de cercle et commença à se déplacer en crabe, les oreilles couchées. « Il fait cela quand il a peur, une position d’attaque. » Les mots de Laure lui revenaient à l’esprit et si le chat avait peur, c’est bien qu’il s’était passé quelque chose. Laure? appela-t-il, tu es là? »

Le roman se lit très facilement. Les chapitres sont courts, l’intrigue est bien menée et l’on reste curieux de savoir si Laurent finira par retrouver les pas de Laure.

C’est un bon moment de lecture, un roman feel good qui vous apportera un peu de chaleur en cet hiver qui arrive à grand pas… ♥♥♥

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L’atlas vagabond

Dimanche 7 octobre

Atlas vagabond

 

Aujourd’hui je voulais parler d’un livre pour enfant coup de cœur, l’atlas vagabond, un monde d’aventures de Lucy Letherland (illustrations ) et Rachel Williams (textes).

Cet ouvrage s’adresse aux globe-trotters et globe-trotteuses en herbe et les entraine à la découverte du monde et des cultures des quatre coins de la planète sur les pas de deux aventuriers.

L’atlas, revisité au format XXL, compile des planches aux couleurs vives et nuancées. Chacune présente un pays et invite le jeune lecteur à participer au Carnaval de Rio, au Nouvel an chinois, aux jeux des Highlands ou à un safari en canoë sur le Zambèze. Abordant à la fois la pluralité des cultures, la richesse de la biodiversité et la beauté des paysages, cet ouvrage « célèbre l’immense diversité de notre planète ».

En plus de découvrir la Finlande et ses aurores boréales, le jeune lecteur fait la connaissance du renard roux aux vibrisses aiguisées pour le guider dans la neige ou du Harfang des neiges, dont le plumage lui recouvre même les pieds! Quelques pages plus loin, il fait plus chaud autour des papillons monarques du Mexique ou du Kinkajou de la forêt amazonienne….

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Les dessins sont d’une grande beauté, à la fois naïfs et précis dans les détails. Je vous livre mes planches préférées : Le fête du cheval en Espagne, La Holi en Inde  et la fête de la Montgolfière au Canada ♥♥♥

«  Le voyage est comme une porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve. »

Guy de Maupassant

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Lectures nature

Dimanche 30 septembre

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Aujourd’hui, je voulais vous partager mes prochaines idées de lecture en prenant une option nature avec deux ouvrages différents et que j’ai très envie de découvrir :

  • Jours Barbares – Une vie de surf de Willam Finnegan

Ce récit, élu meilleur livre de l’année par le magazine America et meilleure autobiographie de l’année par le journal  Lire, est celui d’un homme qui a adopté le surf comme un art de vivre, qui fait de l’océan un échappatoire et une source d’émerveillement devant la brutalité du monde à laquelle il est confronté en tant que reporter de guerre. Faces aux horreurs du Soudan, des Balkans et autres atrocités, la vague devient et demeure sa boussole.

« Un récit personnel et flamboyant » nous dit François Busnel, alors laissons-nous emmener sur la vague de William Finnegan….

  • La vie secrète des arbres de Peter Wholleben

Peter Wholleben a fait une grande partie de sa carrière en tant que forestier en Allemagne. A travers cet ouvrage, il nous apprend comment s’organise la société des arbres et nous livre leurs secrets de communication et de solidarité. La magie des végétaux est ici révélée par un conteur écologique qui devrait nous amener à percevoir autrement les arbres et les plantes. Après cette lecture, vous ne devriez plus faire un tour en forêt de la même façon. Face à l’urgence écologique, nous avons sans doute à apprendre de la nature avec humilité.

« Une revigorante école d’altruisme, pour ne pas dire d’humanité » – Le Monde

Alors sous ce beau soleil de fin septembre, pourquoi ne pas aller faire une promenade en forêt. En plus de cueillir des champignons, vous aurez peut-être l’occasion de percer le mystère des arbres…

Arbres Croisic

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Manderley for ever

Dimanche 16 septembre

Manderley for ever

La rentrée littéraire bat son plein et vous vous interrogez sans doute sur votre prochaine lecture parmi toutes ces nouveautés : La maison Golden de Salman Ruhsdie ? Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb?  A son image de Jérôme Ferrari?

N’oubliez pas que c’est aussi la rentrée littéraire pour les livres de poche, avec notamment La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez, prix Renaudot 2017, désormais accessible pour les petits budgets.

Mais avant de plonger dans toutes ces nouveautés, je voulais vous parler d’une lecture de cet été,  Manderley for ever de Tatiana de Rosnay.

Sous ce titre qui laisserait penser à une romance à l’anglaise, cet ouvrage est en réalité la biographie de la célèbre romancière britannique Daphné du Maurier au succès international et qui inspira Alfred Hitchcock.

Tatiana de Rosnay raconte, à la façon d’un roman, la trajectoire de cette femme, éprise de liberté et passionnée par l’écriture, attachée aux lieus et plus particulièrement à Menabilly, le manoir de Cournouailles où elle a vécu pendant plus de 25 ans. On découvre, au fil des pages, une Daphné du Maurier amoureuse, souvent solitaire, mère et épouse, amante, navigatrice, marcheuse mais surtout romancière, habitée physiquement par l’écriture et le besoin irrépressible de noircir la feuille. Sous toutes ces facettes, elle se révèle extrêmement surprenante, se jouant des conventions et de la bien bienpensance pour vivre libre et s’adonner à la littérature.

Vous connaissez sans doute son célèbre roman Rebecca qui lui offrit la notoriété internationale, mais peut-être moins ses autres ouvrages, que la biographie de Tatiana de Rosnay  permet de découvrir,  de ses succès à des romans plus troubles qui n’ont pas forcément touché son public.

Manderley for ever traduit  enfin l’attachement de Daphné du Maurier pour les lieux qui ont marqué sa vie et l’atmosphère qui y régnait. On ressent le calme et la plénitude de Ferryside, la grandeur du Paris du début du XXème siècle et le magnétisme ensorcelant de Menabilly.

« Daphné arrive à Fowey vers la fin de l’été 1929, avec ses parents, ses sœurs et des invités. Bonheur de retrouver son bateau, la mer, ses amis pêcheurs. Et l’appel de Menabilly, toujours aussi envoûtant. Elle souhaite montrer la maison secrète à Jeanne et à une de ses amies, Elaine, ainsi qu’à leur cousine Ursula, la fille d’oncle Willie. Les jeunes filles empruntent le chemin de la forêt, à partir de Four Turnings, celui qu’Angela et Daphné n’avaient jamais pu achever. Elles marchent pendant des heures dans les fourrés touffus, renoncent presque, parviennent enfin à localiser la maison, et avancent par-derrière, vers l’aile la plus récente. Elles remarquent une lucarne mal fermée ; et si elles pénétraient dans le manoir ? Daphné ne peut résister à l’idée de voir l’intérieur, c’est elle qui ouvre le passage, qui saute la première. Les quatre avancent dans un silence sépulcral, découvrent des murs tapissés de toiles d’araignée, des plaques de fongus brunâtres dans chaque recoin, des sols poussiéreux jonchés de débris, des couloirs sombres et humides. Elles aboutissent dans la partie la plus noble, Daphné reconnaît le grand salon qu’elle avait pu admirer par la fenêtre avec Angela.

Daphné y est enfin, dans cette longue pièce décorée de tableaux de famille, aux meubles protégés de housses, et au cheval à bascule qui n’a pas bougé depuis des années. A côté, une grande salle à manger, plus loin encore, une bibliothèque avec des centaines de livres. Que s’est-il passé entre ces murs? Quels sont les secrets de Menabilly? Pourquoi est-ce que cela la touche autant? Les autres jeunes filles n’apprécient pas l’impression d’abandon, le silence, les ombres, alors que Daphné voudrait rester encore, monter le long du grand escalier de bois, toucher les vestiges du papier peint écarlate qui se décolle et rappelle les rhododendrons. Elles ressortent par la petite fenêtre que Daphné attache soigneusement. Tandis qu’elle s’éloigne pour rattraper les autres, un énorme hibou blanc s’échappe de l’étage supérieur et la fait sursauter.

Tout au long de la soirée, Daphné ne parvient pas à chasser de son esprit les images de la maison. Pourquoi est-elle obsédée à ce point pas un passé qui n’est pas le sien, hantée par la mémoire des murs d’un manoir abandonné? »

Menabilly
Menabilly (The Chichester Partnership)

 

Merci à ma maman pour ce joli conseil lecture…

Livres

Les Culottées

Dimanche 2 septembre

Bonjour amis lecteurs !

Après plusieurs semaines de repos, Elsy et son chat Caramel reprennent du service pour une nouvelle année qui, souhaitons le, sera riche de lectures, de découvertes et de ronronthérapie. Nous espérons sincèrement que nous vous avez passé un très bel été, que vous avez eu la possibilité de partir explorer de nouveaux horizons et que vous avez aussi eu la chance de faire de belles rencontres. Nous vous ferons partager au fil des articles, tout ce qu’Elsy a rapporté dans ses bagages; au programme : des lectures, des voyages, quelques recettes sucrées et des matous rencontrés au détour d’une rue…

Nous sommes ravis de vous retrouver en ce mois de septembre et espérons que le plaisir sera partagé.

Une lecture détente et instructive pour profiter du dernier week-end et du soleil avant la rentrée des enfants demain : Culotées, tome 1. Des femmes qui ne font que ce qu’elles aiment de Pénolope Bagieu. Cette bande dessinée qui comporte plusieurs tomes, présente sous la forme de planches courtes, le destin de femmes hors du commun et aborde leur vie de manière simple et humoristique. Certaines sont très connues comme Joséphine Baker, ou vous en avez déjà entendu parlé sans trop savoir qui elles étaient, c’est le cas de la Femme à Barbe. D’autres, en revanche, vous sans doute étrangères, à moins que vous soyez spécialiste de l’histoire des indiens d’Amérique ou de la Grèce Antique.

Les culottées tome 1

A travers la biographie de ces femmes à la force de caractère indéniable, Pénolope Bagieu aborde sous un angle léger mais juste, la thématique de l’égalité entre les femmes et les hommes et démontre sans aucun doute que le récit de l’histoire a surtout mis en valeur les réussites des hommes en oubliant la part non négligeable prise par les femmes. Les biographies sont assez courtes et donnent envie de découvrir, de manière plus approfondie, ces destins hors du commun.

Lozen les culotées

Mes coups de cœur :

  • Annette Kellerman, Sirène, (1886-1975). Nageuse de haut niveau, elle a révolutionné la tenue de bain au début du XIXème siècle.
  • Agnocide, gynécologue, (env. 350 av. J.C). Alors que les Athéniens ont interdit l’exercice de la médecine aux femmes, Agnocide, révoltée de voir des femmes mourir en couches, décide de se déguiser en homme pour pouvoir exercer et sauver des vies.
  • Las Mariposas, Sœurs rebelles (1924/26/35- 1960). Opposantes politiques dans une République Dominicaine soumise à la  dictature de Rafael Trujillo, elles se battront jusqu’au bout pour défendre la liberté.

Une lecture à poursuivre avec les tomes suivants et à mettre entre toutes les mains de nos ados de filles pour leur ouvrir tous les champs des possibles et ne pas les enfermer dans des stéréotypes!