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La vie est facile, ne t’inquiète pas

Dimanche 5 mai

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Avril a tourné sa page et le joli de mois de mai a pointé le bout de son nez. Les brins de muguet embaument peut-être votre jardin à qui il faut refaire une petite beauté en attendant des journées plus chaudes pour profiter de quelques lectures à l’ombre des arbres et auprès des rosiers.

Peut-être aurez vous envie de lire ce roman que je vous conseille : La vie est facile, ne t’inquiète pas, d’ Agnès Martin-Lugand.

Après avoir raconté dans Les gens heureux lisent et boivent du café le deuil de Diane qui a perdu sa petite fille et son mari dans un accident de voiture, Agnès Martin-Lugand nous propose de retrouver Diane quelques années plus tard. Elle tient un café littéraire  et son ami gay Félix essaye désespérément de lui trouver une âme sœur sur Meetic. Diane se trouve à un moment charnière de sa vie : est-elle prête pour entamer une nouvelle histoire d’amour après Colin ? Alors que toute présence d’un enfant la replonge dans la douleur de la perte de sa petite Clara, comment faire pour reconstruire une famille avec quelqu’un? Finalement, elle fait la rencontre d’Olivier qui de manière douce, compréhensive et attentionnée va réussir à la conquérir. L’avenir semble rayonner pour Diane jusqu’au jour où elle tombe nez à nez avec Edward, qu’elle avait rencontré en Irlande où elle était aller se ressourcer après le décès de Colin et Clara. Il lui apprend alors une terrible nouvelle. D’un seul coup, les certitudes de Diane sont bousculées et le chemin tout tracé semble vouloir faire quelques virages.

« Nous nous dirigeâmes vers la sortie, je restai blottie contre lui, regardant mes pieds. Nous étions presque dehors quand, de la musique et du brouhaha général émergea une voix. Une voix qui me tétanisa. Une voix qui me renvoya à Mulranny. Une voix qui me donnait le goût des embruns sur les lèvres. Une voix rauque qui sentait le tabac et que je pensais ne jamais réentendre.

– Attends, dis-je à Olivier en le lâchant.

Je le plantai là, et revins sur mes pas guidée et hypnotisée par l’écho de cette voix, qui résonnait comme le chant des sirènes. C’était impossible. J’avais fabulé, perturbée par le flot de souvenirs qui resurgissait dans cet endroit. Pourtant je devais en avoir le coeur net. Je traquai les silhouettes, les visages, j’épiai les conversations, bousculai ceux qui entravaient ma recherche. Et je me figeai. C’était bien sa voix. Quelques centimètres me séparaient de lui. Il était là : de dos, grand, débraillé, en chemise, une cigarette entre les doigts, qui n’attendait que d’être allumée. Si je humais l’air, son parfum envahirait mes narines et me renverrait dans ses bras. Je tremblais, ma bouche était sèche, mes mains moites, j’eus froid, j’eus chaud.

– Edward…, murmurai-je sans le vouloir.

J’eus l’impression que tout le monde m’avait entendue. Lui seul comptait. Son corps se contracta, il baissa le visage quelques secondes, serra les poings, et alluma son briquet nerveusement plusieurs fois de suite. Puis il se retourna. Nos regards s’accrochèrent. Le mien lui transmettait ma surprise et mes questions. Le sien, après m’avoir détaillé de la tête aux pieds, me renvoya de la froideur, de la distance. Ses traits étaient toujours aussi durs, arrogants, mangés par sa barbe. Sa chevelure, aussi décoiffée que dans mon souvenir, était désormais striée de quelques fils blancs. Il semblait épuisé, marqué par quelque chose que je n’arrivais pas à définir. »

J’ai lu ce roman d’une seule traite en étant prise par l’histoire de Diane. La lecture est aisée avec de nombreux dialogues et les décors bien plantés entre Paris et la côte irlandaise et même si l’on n’a pas lu Les gens heureux lisent et boivent du café, on dispose bien de tous les éléments pour comprendre le récit.

Ce roman aborde le thème de la résilience avec beaucoup de justesse dans l’expression des sentiments. On est forcément touché par les doutes, les ambivalences ressenties par Diane et l’on se dit qu’on aimerait bien retrouver encore ces personnages auxquels on s’attache. ♥♥

« L’aboutissement d’un deuil normal n’est en aucune façon l’oubli du disparu, mais l’aptitude à le situer à sa juste place dans une histoire achevée, l’aptitude à réinvestir pleinement les activités vivantes, les projets et les désirs qui donnent de la valeur à l’existence. »

Monique Bydlowski, Je rêve un enfant

 

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Les Grands Espaces

Dimanche 21 avril

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Après une petite escapade sur la belle île de Madère, Elsy et Caramel sont de retour pour vous faire partager lectures, poésies et douceurs.

En ce beau week-end prolongé, on profite de la glycine qui refleurit, des premiers boutons des rosiers et du gazouillis des oiseaux. A l’ombre des pruniers ou cerisiers, je vous invite à découvrir le dernier album nature et empli de poésie de Catherine Meurisse : Les Grands Espaces.

« Un songe d’âge d’or, un mirage d’innocence champêtre, artiste ou poétique, m’a prise dès l’enfance et m’a suivie dans l’âge mur. »

George Sand

C’est ainsi que débute le recueil de Catherine Meurisse, parallèle posé entre la femme de lettres et la dessinatrice pour exprimer à sa manière combien la campagne où elle a grandi constitue pour elle une source d’inspiration et le fondement de sa vocation d’artiste.

 

Dans Les Grands Espaces, Catherine Meurisse se dépeint enfant, avec sa sœur et ses parents qui viennent de racheter une veille ferme en ruines sur un immense terrain dans la campagne charentaise. Catherine dessine sa vie de petite fille au grand air entre boutures, plantations, fouilles dans le jardin, tout en instillant par petites touches les transformations écologiques de notre monde au cours des 30 dernières années avec l’évolution de l’agriculture et l’urbanisation du monde rural. Comme fil conducteur de ces transformations et du socle chez Catherine Meurisse, il y a la littérature et l’art. Comme elle l’avait exprimé dans son album d’après Charlie La Légèreté, l’art et la beauté sont les ingrédients qui ont permis à Catherine Meurisse de se construire et de se reconstruire après le drame. La campagne, les arbres, les fleurs, les animaux et leur observation révèlent une beauté qui se traduit en art.

Catherine Meurisse sait reproduire à travers ses dessins la sacralité des rosiers de Proust ou de Montaigne, la délicatesse des digitales pourpres, des lupins bleus, des belles de nuit ou encore des héliotropes, la majesté du cèdre ou du hêtre lorsqu’ils sont centenaires.  Elle sait également nous amuser, avec beaucoup de finesse et de justesse avec les musées et collections des deux sœurs, l’horreur exprimé devant la construction des lotissements ou encore la découverte du Futuroscope rebaptisé Futuroland.

Comme pour le précédent album, cet ouvrage de Catherine Meurisse est à lire et à relire. C’est un pur objet de poésie, de rêverie et de finesse. A travers elle, on se retourne sur le passé en ayant un peu le sentiment d’un petit paradis perdu, comme une madeleine dont on aurait perdu le goût, mais qu’il n’est peut être pas difficile de retrouver si l’on s’en donne la peine…. ♥♥♥♥

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Le reste de leur vie

Samedi 23 février

Le reste de leur vie

 

Il arrive quelque fois à la lecture de la quatrième de couverture que l’on ne sache pas trop sur quelle genre d’histoire on va tomber mais que l’on se dise : « Tiens je me laisserais bien surprendre. Alors oui, je tente. »

Pour le coup, c’est avec un peu de surprise que j’ai entamé la lecture du roman de Jean-Paul Didierlaurent, Le reste de leur vie, et j’ai bien pensé arrêter au bout de quelques pages,  lorsque j’ai compris que notre héros n’était pas Ghislaine de Montfaucon, « devenue maîtresse dans l’art de créer des mots », mais Ambroise, thanatopracteur de profession. Ambroise a beau être dépeint comme un très beau jeune homme, je ne m’attendais pas à lire les descriptions de l’exercice de son art. Pourtant, j’ai insisté un peu car en parallèle, le roman racontait les journées de Manelle, aide à domicile auprès de personnes âgées et cette dernière laissait apercevoir un caractère bien trempé comme je les aime. J’ai donc poursuivi la lecture de cette histoire qu’il est difficile de raconter sans trop en dire.

Manelle s’occupe de ses petits vieux avec beaucoup de respect et d’attention et Ambroise met toute sa bienveillance au service des morts et de leur famille. Autour d’eux gravitent un petit monde, Beth la grand-mère d’Ambroise, le professeur Henri Larnier, prix Nobel de médecine, la vieille Madame Isabelle de Morbieux, Boubacar et Abelardo, les compères de la morgue toujours prêts à blaguer, Odile Chambon et ses pantoufles roses folle amoureuse d’Ambroise, Madeleine Collot qui se rend tous les matins faire ses courses chez Maxini, M. Samuel Dinsky et son numéro tatoué à l’encre violette à l’intérieur de son avant bras et bien d’autres encore. Et enfin, il y a  Le Griffu, un matou borgne et miteux promis à la piqure du sommeil profond après le décès de son maître.

« Ambroise eut un mouvement de recul en découvrant la boule de poils roux lovée entre les mollets du défunt et qu dardait vers lui un œil courroucé. Le chat borgne se cramponna de toutes ses griffes au pyjama du mort lorsque l’on tenta de le déloger de sa place. Il fallut agiter un balai et frapper des mains pour que la bestiole daigne enfin quitter les lieux. Le matou s’enfuit de la pièce en crachant et sifflant avant de filer vers la cuisine pour disparaître dans le jardin par la porte-fenêtre entrouverte. Personne parmi les membres de la famille présents ne souhaitait récupérer ce vieux matou galeux de plus de seize ans d’âge. Comme souvent, la mort du maître scellait le sort du chat. Rendez-vous avait d’ores et déjà été pris auprès du véto du coin pour le faire piquer dès le lendemain des funérailles. Ambroise se glissa dans sa combinaison et s’attela à pratiquer les soins. Il fallut moins d’une heure quinze au jeune homme pour traiter le corps. Après un dernier coup de peigne sur la chevelure clairsemée, il rangea son matériel, ôta gants, masque et combinaison, chargea la voiture et pris congé. Ce soir, la troupe jouait. Le temps de prendre une douche, d’avaler le morceau que Beth lui aurait d’office mis dans le bec et il filerait en direction du village où avait lieu la représentation. Ne pas oublier de recharger le vanity en flacon de lait démaquillant. Il en était là de ses réflexions lorsque la chose jaillit d’entre ses pieds tandis qu’il s’arrêtait au feu rouge. Le matou poussa un miaulement rauque, bientôt recouvert par les cris d’Ambroise lorsque l’animal entreprit d’escalader sa jambe droite en plantant ses griffes au travers du pantalon. Le jeune homme attrapa le chat par la peau du cou et l’arracha de son mollet avant de le jeter sur le tapis de sol côté passager. Ramassée sur elle-même, les oreilles couchées en arrière, la bestiole dardait vers lui son œil borgne. De multiples cicatrices zébraient son pelage roux. Une longue balafre courait en travers de sa gueule, de l’oreille gauche jusqu’au museau, dessinant un rictus moqueur. La queue, coupée aux deux tiers, donnait à l’ensemble du corps efflanqué une impression de déséquilibre. Le poil terne et peluché n’engageait pas à la caresse. Un ancien combattant qui avait dû participer à toutes les guerres de son quartier, jugea Ambroise. Le jeune homme ne savait que faire. Le ramener à son point de départ? Le matou n’avait pas survécu à autant de combats pour finir entre les mains d’un type en blouse blanche qui allait lui injecter un ticket simple pour rejoindre son maître. L’abandonner lâchement en le jetant hors de la voiture et laisser le destin s’occuper de lui? Il ne se le pardonnerait pas. »

Sur fond de joyeux périple en corbillard vers la Suisse, les routes de Manelle et d’Ambroise vont se rencontrer. A la croisée des chemins, ils trouveront un nouveau départ.

Le roman alterne entre la vie et la mort, les deux sphères se côtoient se frôlent et se lient à travers le prisme de la maladie, de la vieillesse, de la fin de vie. Pourtant, c’est bien la vie qui domine au fil des pages, la vitalité qui anime ces personnages attachants, terriblement vivants. Le roman joue sur des tons différents, humour, amour, bienveillance, cynisme. C’est l’évanescence qui donne sens et l’on se raccroche au goût du Kouign-Amann et du Far Breton de Beth, à la bise sur la joue de M. Dinsky, à la voix de Fabrice Luchini qui résonne depuis le GPS de la fourgonnette d’Ambroise. L’atmosphère du roman nous rappelle celui d’Anna Gavalda, Ensemble c’est tout, car on se sent tout simplement bien au milieu de cette petite troupe pétillante et charmante. ♥ ♥

 

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In the moment

Lundi 18 février

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Qu’il fait du bien ce beau soleil qui rayonne depuis quelques jours, nous faisant oublier la grisaille d’un hiver qui commence à tirer sa révérence! Les jours rallongent et l’on se plaît, même si nous ne sommes que le 18 février, à cet avant goût de printemps qui nous permet de laisser la douce chaleur du soleil s’infiltrer dans tous les pores de notre peau.

Peut-être êtes vous en vacances et avez vous la chance de partir pour quelques jours vous ressourcer. Si ce n’est pas le cas, je vous invite à filer dans votre maison de presse la plus proche pour vous procurer un magazine féminin dont la parution est toute récente : In the moment. Ce bimestriel renouvelle le genre en oubliant les articles du type « comment perdre 5 kilos en 3 semaines avant l’été » ou « comment j’ai opté pour l’épilation définitive« , certes autant d’articles qui peuvent vous donner des trucs et astuces, mais qui sonnent dans votre esprit comme une pression supplémentaire exercée sur votre corps de femme !

Avec In the moment, l’approche est différente, vous entrez dans un monde de zénitude et de bien-être par le prisme de la lenteur dont Elsy adore faire l’éloge, de l’inspiration positive et du moment présent.

Les articles abordent les thèmes que vous retrouvez dans les autres magazines féminins, cuisine, voyage, lifestyle et bien-être, mais sous le prisme de la nature et de la psychologie positive qui nous fait du bien au fil des pages. Le magazine jongle entre conseils lecture, astuces beauté et culinaires et réflexions sur ces petites choses qui font la vie plus douce comme le yoga, l’écriture, aller marcher dans la nature même en hiver.

Dans le bimestriel n°7 de janvier-février, découvrez comment manger mieux en adoptant le régime ayurvédique, comment rester calme sous la pression ou encore rompre le cycle de la solitude invisible.

J’ai beaucoup aimé l’article « visualiser vos rêves pour les réaliser ». C’est un peu du développement personnel, mais l’article vous invite à prendre une pause pour vous poser les bonnes questions et structurer votre pensée au lieu de laisser les idées fourmiller dans votre tête. Que souhaitons-nous apporter et ressentir dans notre vie? Quelles sont nos aspirations profondes ? Comment rendre nos objectifs plus réels? Après cette lecture, le vision board ou tableau de visualisation n’aura plus de secret pour vous. Sans doute une autre façon de se réapproprier sa vie et ses envies !

Le design global du magazine est lui aussi apaisant avec beaucoup de dessins dans les tons pastels et des photos pleines de sourires et de nature.

Vous l’aurez compris, ce magazine renferme tout ce qui fait l’univers du Teatime d’Elsy et Caramel et invite à profiter pleinement des choses de la vie tout en cultivant son bien-être intérieur. Extrêmement ressourçant !

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Le secret du mari

Dimanche 13 janvier

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Une nouvelle année qui débute et avec elle une première lecture  : Le secret du mari de Liane Moriarty, auteure australienne.

Cécilia est une mère de trois enfants qui organise sa vie comme elle range ses tupperwares, avec ordre et rigueur. Tout est parfaitement huilé dans son quotidien, pas de place pour l’imprévu ni la fantaisie. Tout se déroule sans encombre entre ses activités de vente à domicile et de bénévolat en tant que parent d’élève de l’école St Angela.  Pourtant, en découvrant dans le grenier une lettre ancienne écrite de la main de son mari avec ces mots : « A n’ouvrir qu’après ma mort. », elle se trouve placée devant un véritable dilemme, faut-il ouvrir cette lettre ou respecter le vœu de John-Paul, son époux aimant et père de famille admirable ?

« Voilà. Et cinquante ans plus tard, Cécilia ne serait pas tombée sur cette lettre qui lui donnait l’impression d’être…comment dire?

A côté de ses pompes. C’était exactement ça. Ce qu’elle aimait, c’était être à ce qu’elle faisait. Elle excellait en la matière, en retirait même une certaine fierté. Son quotidien se constituait d’un millier de petites tâches – « Acheter de la coriandre », « Emmener Isabel chez le coiffeur », « Trouver quelqu’un pour aller chercher Polly à la danse ce mardi pendant que j’emmène Esther chez l’orthophoniste »-, comme ces puzzles géants qui absorbaient Isabel pendant des heures. Si Cécilia n’avait aucune patience pour les puzzles, elle savait exactement où caser chacune des minuscules pièces qui composaient sa vie car toutes avaient une place précise.

L’existence qu’elle menait n’avait peut-être rien d’exceptionnel. […] Évidemment, Cécilia n’avait jamais aspiré à autre chose qu’à la normalité. Moi? Je suis mère de famille dans une banlieue tranquille, se prenait-elle parfois à penser comme pour se défendre de vouloir passer pour quelqu’un d’autre, quelqu’un de mieux. « 

En parallèle, Tess qui jusque là filait le parfait amour avec Will et pouvait être fière de l’entreprise de communication qu’elle avait montée avec lui et sa cousine Felicity à Melbourne apprend que les deux personnes qui sont les plus proches d’elle sont tombés amoureux. Piquée au vif, elle décide de partir s’installer quelques temps chez sa mère à Sydney avec son fils Liam qu’elle inscrira pour le trimestre à l’école St Angela.

Enfin, Rachel septuagénaire, qui travaille à l’école St Angela, apprend que son fils Rob et sa belle-fille Lauren viennent de décider de partir s’installer aux Etats-Unis pour deux ans, emmenant ainsi avec eux leur fils Jacob qui est la seule lumière dans la vie de Rachel, totalement effondrée depuis qu’elle a perdu sa fille Janie de manière dramatique.

« Mais à quoi bon jouer les belles-mères parfaites? Vu le résultat, elle aurait bien pu se comporter en marâtre. Parce que maintenant, ils partaient à l’autre bout du monde et emmenaient Jacob avec eux. Comme s’ils en avaient le droit. Oui, bon, d’accord, techniquement, ils en avaient le droit.

Un deuxième bébé? Pas du tout. En réalité, Lauren s’était vu proposer un nouveau job. Un poste génial. A New York. Pour deux ans. A les voir se réjouir, on aurait dit qu’elle avait décroché un boulot au paradis.

Ils lui avaient annoncé la nouvelle au dessert (chaussons aux pommes industriels et boules de glace), tandis qu’elle tenait Jacob sur ses genoux, son petit corps solide et anguleux s’abandonnant tout contre elle avec la délicieuse indolence d’un bambin épuisé. Les lèvres posées au creux de sa nuque, elle respirait le parfum de ses cheveux.

La première fois qu’elle l’avait pris dans les bras pour embrasser son front délicat et fragile, qu’elle avait humé son odeur de nouveau-né, elle avait eu le sentiment de revenir à la vie, comme une plante desséchée que l’on arrose enfin. D’être libérée d’un poids trop lourd qu’elle avait dû porter pendant des années. Ses poumons s’étaient emplis d’oxygène. Sa colonne vertébrale s’était redressée. Le monde s’était recolorisé sous ses yeux à l’instant où elle avait quitté la maternité.« 

L’intrigue alterne entre le secret de John-Paul, les états d’âme et les relations des différents personnages qui se croisent et interagissent dans le petit microcosme de l’école. On est tenu en haleine au fil des pages, et l’on se prend à réfléchir en même temps que les personnages sur le sens de la vie, les liens amoureux, familiaux et sociaux. Les questions jaillissent au fil des pages : jusqu’où est on prêt à aller par amour?  Jusqu’où peut-on pardonner? Les principes et certitudes sont-ils inébranlables? Et avec toutes ces questions, surgissent les thèmes du deuil, du lien filial, et du poids des événements sur notre vie et le déroulement de nos existences.

Le titre de ce roman n’est pas très accrocheur, on pourrait même dire un peu plat et pourtant ce n’est pas par hasard s’il est devenu un best-seller aux Etats-Unis. Sous une apparence un peu lisse de roman feel good, on découvre une intrigue rondement menée, des personnages profonds, ambigus et attachants et des questionnements qui font le sens de la vie.♥♥

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Noël à la petite boulangerie

Samedi 29 décembre

Noël à la petite boulangerie

Peut-être avez vous la chance de profiter de quelques jours de vacances. Même si les fêtes de fin d’années riment souvent avec des repas trop copieux qui finissent pas peser sur notre foie, elles sont aussi l’occasion de s’accorder une pause de quelques jours et comme le temps n’est pas propice à mettre le nez dehors, rien ne vaut un après-midi lecture au chaud sous une couverture.

Si vous avez été bien sages tout au long de cette année 2018, sans doute avez-vous trouvé sous le sapin les petits cadeaux que vous attendiez.

Pour Elsy, en plus des livres qu’elle avait demandés sur sa liste ( voir mon article N’oublie pas mon petit soulier…), elle a trouvé une jolie surprise de la part de son petit garçon : un roman feel good de Noël : Noël à la petite boulangerie.

C’est le dernier roman de la trilogie de Jenny Colgan après La petite boulangerie du bout du monde (voir mon La petite boulangerie du bout du monde) et Une saison à la petite boulangerie. 

Dans ce nouveau roman, tous les ingrédients d’une belle histoire de Noël sont réunis : l’amour, l’amitié, la famille et la certitude d’un happy end. En résumé de quoi oublier la grisaille et les tracas du quotidien avec un roman léger qui vous met dans l’ambiance de Noël.

Polly travaille dur dans sa boulangerie de la petite île des Cornouailles, Mount Polbearne. Elle file le parfait amour avec Huckle qui partage sa vie et celle de Neil, son macareux, qui aime se faire chauffer les plumes devant le fourneau du grand phare où ils habitent.

Les fêtes de Noël approchent et Polly rêvent de passer une journée tranquille au chaud à boire du champagne avec Huckle.

Pourtant, les choses ne vont pas du tout se passer comme elle l’espérait. Entre son amie Kerensa qui lui apprend qu’elle est enceinte de plusieurs mois, mais qui ne sait pas qui, de Reuben son mari ou d’un grand brésilien croisé un soir, est le père de son bébé; son père qui surgit dans sa vie alors qu’elle avait fini par vivre avec son absence et Huckle qui aimerait agrandir la famille, il n’en fallait pas moins pour perturber les plans de Polly. Et pour couronner le tout quand Reuben lui demande d’assurer le repas de Noël chez lui pour toute sa famille qui vient lui rendre visite des Etats-Unis, Polly, dont les finances sont au plus bas, n’a pas d’autre choix que d’accepter. Le rêve de Noël s’envole….

« Comment allait-elle bien pouvoir annoncer cette nouvelle à Huckle ? D’un autre côté, il ne faisait absolument aucun doute qu’ils étaient complètement fauchés. Son miel ne suffisait pas. Ils n’avaient pas besoin de grand chose, mais l’emprunt pour le phare était important et …

Polly poussa un soupir de frustration. Elle était consciente que son souci était bien peu de chose par rapport aux problèmes des autres (comme Kerensa par exemple). Mais elle avait tellement envie de calme pour Noël cette année. Celui de l’an passé, avec sa mère, avait été légèrement pesant (ce n’était pas la faute de sa mère, elle le savait bien). Et celui d’il y a deux ans avait été déchirant, car Huckle était parti aux Etats-Unis et l’avenir de Polly lui avait paru remis en question. Tout ce à quoi elle aspirait était un peu de répit. Rien que Huckle et elle, fêtant l’étape majeure qu’ils s’apprêtaient à franchir.

Elle savait qu’elle devait se sentir heureuse et reconnaissante. Que c’était réellement égoïste de souhaiter plus que ce qu’elle avait, alors qu’elle avait déjà tant. Mais elle avait imaginé que sa vie se poursuivrait de façon agréable et détendue encore un petit moment, à l’image de ce qu’elle était actuellement. Puis, un jour, où tout ne serait pas aussi mouvementé, elle profiterait de ce moment, des bébés et du reste, mais plus tard. »

On peut regretter que Jenny Colgan n’ait pas réussi dans ce dernier roman sur la petite boulangerie de Beach Street a donner plus de relief aux personnages et que l’intrigue se devine un peu à l’avance. Toutefois, c’est plaisant de replonger dans les histoires de Polly et Huckle et Noël à la petite boulangerie se lit facilement comme on regarde un film de Noël à la télévision.  Il faut le lire en se laissant aller à des bons sentiments et en écoutant son côté fleur bleue. A savourer comme un moment de lecture léger et sucré. ♥♥

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N’oublie pas mon petit soulier…

Dimanche 16 décembre

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Les fêtes de Noël approchent désormais à grands pas et l’on se dépêche de terminer les derniers préparatifs : cadeaux, décoration de la maison, idées pour le repas du réveillon… Elsy adore cette période où l’on a envie de se blottir dans une couverture avec un chat sur les genoux et une bonne boite de chocolats pour regarder un bon vieux film de Noël ; Love Actually tient le haut du palmarès, c’est le film à regarder pour se mettre dans l’ambiance de Noël et se laisser aller à un peu de bon sentiment.  Dose de bonne humeur assurée!!

Si vous ne l’avez pas encore envoyée, c’est aussi l’heure d’écrire votre liste au Père Noël afin qu’il n’oublie pas de déposer sous le sapin, dans votre petit soulier, quelques jolis présents…

Je vous partage ma petite liste, peut-être pourrez-vous aller y piocher quelques idées pour vous-même ou vos proches…

Forcément, on y trouve quelques idées de livres…

  • Les Grands Espaces, le dernier ouvrage de Catherine Meurisse. Je vous avais déjà présenté un livre de cette dessinatrice qui a échappé de peu à l’attentat de Charlie Hebdo, La Légèreté. Dans ce nouvel ouvrage, l’auteure nous emmène sur les chemins de l’enfance et de la nature.  Elle a grandi à la campagne entourée de pierres, d’arbres, et avec un chantier sous les yeux : celui de la ferme que ses parents rénovent, afin d’y habiter en famille. Une grande et vieille maison qui se transforme, des arbres à planter, un jardin à imaginer, la nature à observer : ainsi naît le goût de la création et germent les prémices d’un futur métier : dessinatrice. Avec humour et tendresse, elle raconte le paradis de l’enfance, que la nature, l’art et la littérature, ses alliés de toujours, peuvent aider à conserver autant qu’à dépasser. Les Grands Espaces raconte le lieu d’une enfance et l’imaginaire qui s’y déploie, en toute liberté.
  • Les Culottées 2 de Pénélope Bagieu . Dans mon article Les Culottées , en septembre dernier, je vous avez parlé du premier de ces deux tomes qui dessine les destins hors du commun de femmes souvent méconnues mais qui ont fait voler en éclat les préjugés.  Dans ce deuxième tome, Pénélope Bagieu dresse le portait de quinze autres femmes qui ont pris leur vie en main : Sonita, rappeuse afghane et exilée militante ; Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes ; Nellie, journaliste d’investigation au XIXe siècle ; Cheryl, athlète marathonienne ; Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde…
  • Autoportrait de Paris avec chat de Dany Laferrière. L’Académicien, propose avec cet ouvrage un roman singulier,  un roman dessiné et écrit à la main.   Dany Lafferrière nous invite à travers ses lettres et ses couleurs dans un Paris qu’il dépeint et décrit à son image. Le narrateur, un grand rêveur, arrive dans la ville la plus réaliste du monde. Il en fait la découverte et nous avec lui, remontant ses rues et le temps à la rencontre de ceux qui ont fait sa gloire. Paris, ses monuments de pierre et d’intelligence, l’arc de Triomphe aussi bien que Balzac, ses cafés aussi bien que ses créateurs de mode, le Flore aussi bien que Gabrielle Chanel. Paris se nourrit aussi des étrangers qui cessent d’en être dès qu’ils l’aiment et contribuent à faire ce qu’il est. Et voici donc Hemingway, et voici donc Noureev, et voici donc Apollinaire… Et puis il y a Chanana. Qui est cette mystérieuse chatte en manteau rose qui arrive chez le narrateur à minuit ?
  • Middlemarch de George Eliot. D’après les critiques, c’est le plus beau roman de George Eliot, en tout cas son roman le plus complet. Il y raconte  l’histoire des deux mariages de Dorothea et le mariage malheureux de Lydgate, jeune médecin ambitieux, avec la vulgaire Rosamond Vincy. L’histoire repose sur un fond foisonnant de personnages et d’événements, d’épisodes intéressants, amusants et émouvants. Roman victorien comme je les aime, riche en personnages et en incidents qui révèle au lecteur une qualité de récit remarquable, un style expressif et subtil, des dialogues sensibles et maîtrisés, une analyse psychologique pénétrante et un humour « so british », un vrai plaisir en perspective pour les grises journées d’hiver….

Et si le Père Noël a encore un peu de place dans sa hotte, peut-être pourra-t-il aussi apporter une belle mangeoire pour les petites mésanges du jardin et quelques surprises !

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Au gré des jours

Dimanche 9 décembre

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Le 9 novembre 2017, l’anthropologue Françoise Héritier, disciple de Claude Levi-Strauss était sur le plateau de La Grande Librairie pour évoquer avec François Busnel ce qui sera son dernier livre : Au gré des jours.  En effet, elle décèdera quelques jours plus tard, le 15 novembre 2017. Quelle chance d’avoir pu entendre les mots de cette féministe convaincue qui livrait ce qui allait devenir son livre testament, un ouvrage qui remet au centre de l’existence ses petits riens auxquels on ne prête pas toujours attention, mais qui font le Sel de la Vie et qui fait l’éloge de l’amitié à travers les souvenirs déposés comme des galets de cette vieille dame au soir de sa vie.

Elsy avait demandé au Père Noël de glisser sous le sapin l’an dernier Au gré des jours et cette lecture fut un réel plaisir. Le livre est composé de deux parties : la première s’intitule « De bric et de broc » et la deuxième « Façonnages ».

« De bric et de broc » est une suite de mentions de tout ce qu’apprécie Françoise Héritier, les choses simples du quotidien, ces petits bonheurs de la vie.  « Façonnages » prend la forme d’une autobiographie qui, comme le dit l’auteure, met en perspective « comment ses matériaux ont servi de support à l’élaboration de ma propre vie. »

Il est bon de se laisser aller à ressentir avec ses mots des sensations : « … grelotter d’un coup, et se blottir sous une couverture, […] écouter avec délectation la pluie qui martèle allègrement une toiture en zinc, […] pester en cherchant ses clés au fond du sac, […]peler une pomme de terre bouillante en se brûlant les doigts, […] avoir en bouche la délicate douceur d’un bonbon à la bergamote de Nancy qui en appelle un autre, […] » et retrouver à travers ses évocations une part de ses propres souvenirs : « revoir le gentil sourire de sa grand-mère qui proposait une tasse de bonne hysope à ceux qui lui rendaient visite, […] humer l’air frais de la montagne narines au vent et yeux mi-clos, […] sentir encore le poids de sa chatte de gouttière Roulettes sur ses pieds et dans le cou celui de sa chatte siamoise Julie qui savait si bien vous éveiller d’une griffe savamment enfoncée dans une narine.« 

Dans la  deuxième partie du livre, on découvre le destin de cette femme qui apparait dans sa simplicité malgré la brillance de son parcours universitaire et les responsabilités qu’elle a exercées, ses rencontres et échanges avec des personnages illustres, sa découverte de l’Afrique et la place centrale que tenait l’amitié dans sa vie.

« J’ai toujours rendu un culte à l’amitié. En réfléchissant bien, je pense être spontanément plus proche des femmes que des hommes. Du côté masculin, j’ai cependant deux amis à qui je peux pratiquement tout dire pour des raisons et sur des sujets différents : Marc Augé et Jean-Charles Piette. Autour d’un premier cercle avec deux ou trois ami(e)s collègues m’apporte un soubassement fort pour des discussions professionnelles et amicales plaisantes. J’ai deux amies de longue date, très proches : Monique Chevallier, Annick Drogou, et bien d ‘autres que je vois moins souvent mais que j’aime aussi beaucoup : Sophie, Eliane, Lydie, Françoise, Michelle, Michèle, Odile, Solange, Danièle… Il n’y a guère de plus grande satisfaction que celle d’avoir passé quelques heures dans une conversation à bâtons rompus, pleine de vivacité, de renversements, de tête-à-queue, de retours en arrière, de mots d’esprit, de fous rires, de mimes offusquées… avec une amie. Ce sont des moments de grâce et de grande vérité On écoute, on admire, on compatit, on se confie, on fait confiance, on s’abandonne, on rit de bon cœur, on se moque gentiment, on dit : « Tu te souviens du jour où…? » C’est délicieux. Cela dure toute la vie. Je ne recherche rien tant que cette simple amitié-là, sans arrières-pensées sans chausse-trapes, sans ambiguïté, simplement parce que c’est nous et qu’on s’aime. »

Alors, suivez l’invitation de Françoise Héritier « Prenez place s’il vous plait »  et suivez les traces et la leçon de vie de cette grande dame qui a fermé  doucement la porte derrière elle. ♥♥♥

Livres

La femme au carnet rouge

Dimanche 18 novembre

La femme au carnet rouge

Il est des moments dans l’année où l’on a envie d’une pause autour d’un livre qui vous fait du bien, qui vous envoie des ondes positives et qui vous laisse exprimer votre côté fleur bleue…

C’est d’un livre comme cela dont je voulais vous parler aujourd’hui, La femme au carnet rouge d’Antoine Laurain.

Le livre débute un soir  à Paris. Une jeune femme, Laure, est victime d’une agression et se fait voler son sac à main. Le lendemain matin, Laurent, libraire, découvre le sac sur le couvercle d’une poubelle. Après des heures d’attente au commissariat où il était venu le rapporter, il décide finalement de le conserver et de retrouver sa propriétaire bien qu’il ne contienne pas de papier d’identité.

Débute alors une quête pleine de mystères pour Laurent qui se sent comme envouté par cette femme dont il découvre des bribes de sa personnalité et de son intimité à travers les objets contenus dans le sac et plus particulièrement à la lecture d’un petit carnet en Moleskine rouge.

« Laurent était plongé dans le carnet en Moleskine rouge contenant les pensées de l’inconnue sur des centaines de pages, parfois raturées, soulignées ou écrites en majuscules. L’écriture était élégante et souple. Elle devait les avoir consignées au gré de ses envies, sûrement aux terrasses de cafés ou lors de trajets en métro. Laurent était fasciné par ces réflexions qui se succédaient, aléatoires, touchantes, loufoques, sensuelles. Il avait ouvert une porte qui menait à l’esprit de la femme au sac mauve et même s’il était un peu déplacé de lire les pages du petit carnet, il ne pouvait s’en détacher. Un citation de Sacha Guitry lui était revenu à l’esprit : « Regarder quelqu’un dormir, c’est lire une lettre qui ne vous est pas adressée. » La bouteille de vin était à moitié vide et le hachis parmentier avait été oublié sur le plan de travail de la cuisine.

Le premier objet qu’il avait trouvé était un flacon de parfum en verre noir, Habanita de Molinard. Une pulvérisation lui révéla une odeur poudrée d’ylang-ylang et de jasmin. […]

Les objets paraissaient innombrables. Laurent décida d’en retirer plusieurs à la fois. Il plongea sa main dans la poche latérale gauche et en sortit pêle-mêle un Pariscope, un baume pour les lèvres, un sachet d’Efferalgan, une épingle à cheveux et un livre. Accident nocturne de Patrick Modiano. Laurent s’arrêta, l’inconnue était donc une lectrice de Modiano et il lui sembla que le romancier affectionnant le mystère, la mémoire et les quêtes d’identités lui faisait signe. »

Laure, quant à elle, n’ayant plus les clés de son appartement, décide de passer la nuit dans un hôtel en expliquant sa situation et en sollicitant la bienveillance du concierge qu’elle payera le lendemain. Toutefois, le lendemain, Laure ne sort pas de sa chambre. Il finit par aller la trouver et la découvre inconsciente, une tâche de sang sur l’oreiller. Le lecteur suit alors en parallèle la quête de Laurent pour retrouver cette femme dont il détient les derniers objets qu’elle a tenue entre ses main et l’histoire de Laure après son agression.

« Depuis quatre jours, la place de Laure à l’atelier était vide. Lorsqu’il ne l’avait pas vue arriver jeudi matin, il avait su que quelque chose n’allait pas. A onze heures, il avait laissé un message. A midi, un autre. A treize heures, il avait composé son numéro fixe. Au retour du déjeuner, où l’absence de Laure avait été le sujet principal de conversation avec Agathe, Pierre, François, Jeanne et Amandine – les autres compagnons- il avait été convenu avec Sébastien Gardhier – quatrième génération des ateliers – qu’il serait préférable de se rendre à son domicile. C’est encore William, j’ai quitté l’atelier, je passe chez moi prendre les clés de Belphégor et je viens chez toi, avait-il laissé comme ultime message sur le portable de Laure. C’était ainsi qu’ils nommaient entre eux le double des clés de son appartement – William ne l’utilisait que pour aller nourrir le chat lorsqu’elle était absente.

Après deux coups de sonnette sans réponse, il décida d’ouvrir. La porte entrebâillée, le félin se faufila et sortit sur le palier, comme à son habitude. Il regarda William, positionna son dos en arc de cercle et commença à se déplacer en crabe, les oreilles couchées. « Il fait cela quand il a peur, une position d’attaque. » Les mots de Laure lui revenaient à l’esprit et si le chat avait peur, c’est bien qu’il s’était passé quelque chose. Laure? appela-t-il, tu es là? »

Le roman se lit très facilement. Les chapitres sont courts, l’intrigue est bien menée et l’on reste curieux de savoir si Laurent finira par retrouver les pas de Laure.

C’est un bon moment de lecture, un roman feel good qui vous apportera un peu de chaleur en cet hiver qui arrive à grand pas… ♥♥♥

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Livres

L’atlas vagabond

Dimanche 7 octobre

Atlas vagabond

 

Aujourd’hui je voulais parler d’un livre pour enfant coup de cœur, l’atlas vagabond, un monde d’aventures de Lucy Letherland (illustrations ) et Rachel Williams (textes).

Cet ouvrage s’adresse aux globe-trotters et globe-trotteuses en herbe et les entraine à la découverte du monde et des cultures des quatre coins de la planète sur les pas de deux aventuriers.

L’atlas, revisité au format XXL, compile des planches aux couleurs vives et nuancées. Chacune présente un pays et invite le jeune lecteur à participer au Carnaval de Rio, au Nouvel an chinois, aux jeux des Highlands ou à un safari en canoë sur le Zambèze. Abordant à la fois la pluralité des cultures, la richesse de la biodiversité et la beauté des paysages, cet ouvrage « célèbre l’immense diversité de notre planète ».

En plus de découvrir la Finlande et ses aurores boréales, le jeune lecteur fait la connaissance du renard roux aux vibrisses aiguisées pour le guider dans la neige ou du Harfang des neiges, dont le plumage lui recouvre même les pieds! Quelques pages plus loin, il fait plus chaud autour des papillons monarques du Mexique ou du Kinkajou de la forêt amazonienne….

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Les dessins sont d’une grande beauté, à la fois naïfs et précis dans les détails. Je vous livre mes planches préférées : Le fête du cheval en Espagne, La Holi en Inde  et la fête de la Montgolfière au Canada ♥♥♥

«  Le voyage est comme une porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve. »

Guy de Maupassant