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L’atlas vagabond

Dimanche 7 octobre

Atlas vagabond

 

Aujourd’hui je voulais parler d’un livre pour enfant coup de cœur, l’atlas vagabond, un monde d’aventures de Lucy Letherland (illustrations ) et Rachel Williams (textes).

Cet ouvrage s’adresse aux globe-trotters et globe-trotteuses en herbe et les entraine à la découverte du monde et des cultures des quatre coins de la planète sur les pas de deux aventuriers.

L’atlas, revisité au format XXL, compile des planches aux couleurs vives et nuancées. Chacune présente un pays et invite le jeune lecteur à participer au Carnaval de Rio, au Nouvel an chinois, aux jeux des Highlands ou à un safari en canoë sur le Zambèze. Abordant à la fois la pluralité des cultures, la richesse de la biodiversité et la beauté des paysages, cet ouvrage « célèbre l’immense diversité de notre planète ».

En plus de découvrir la Finlande et ses aurores boréales, le jeune lecteur fait la connaissance du renard roux aux vibrisses aiguisées pour le guider dans la neige ou du Harfang des neiges, dont le plumage lui recouvre même les pieds! Quelques pages plus loin, il fait plus chaud autour des papillons monarques du Mexique ou du Kinkajou de la forêt amazonienne….

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Les dessins sont d’une grande beauté, à la fois naïfs et précis dans les détails. Je vous livre mes planches préférées : Le fête du cheval en Espagne, La Holi en Inde  et la fête de la Montgolfière au Canada ♥♥♥

«  Le voyage est comme une porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve. »

Guy de Maupassant

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Lectures nature

Dimanche 30 septembre

idées lecture septembre

Aujourd’hui, je voulais vous partager mes prochaines idées de lecture en prenant une option nature avec deux ouvrages différents et que j’ai très envie de découvrir :

  • Jours Barbares – Une vie de surf de Willam Finnegan

Ce récit, élu meilleur livre de l’année par le magazine America et meilleure autobiographie de l’année par le journal  Lire, est celui d’un homme qui a adopté le surf comme un art de vivre, qui fait de l’océan un échappatoire et une source d’émerveillement devant la brutalité du monde à laquelle il est confronté en tant que reporter de guerre. Faces aux horreurs du Soudan, des Balkans et autres atrocités, la vague devient et demeure sa boussole.

« Un récit personnel et flamboyant » nous dit François Busnel, alors laissons-nous emmener sur la vague de William Finnegan….

  • La vie secrète des arbres de Peter Wholleben

Peter Wholleben a fait une grande partie de sa carrière en tant que forestier en Allemagne. A travers cet ouvrage, il nous apprend comment s’organise la société des arbres et nous livre leurs secrets de communication et de solidarité. La magie des végétaux est ici révélée par un conteur écologique qui devrait nous amener à percevoir autrement les arbres et les plantes. Après cette lecture, vous ne devriez plus faire un tour en forêt de la même façon. Face à l’urgence écologique, nous avons sans doute à apprendre de la nature avec humilité.

« Une revigorante école d’altruisme, pour ne pas dire d’humanité » – Le Monde

Alors sous ce beau soleil de fin septembre, pourquoi ne pas aller faire une promenade en forêt. En plus de cueillir des champignons, vous aurez peut-être l’occasion de percer le mystère des arbres…

Arbres Croisic

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Manderley for ever

Dimanche 16 septembre

Manderley for ever

La rentrée littéraire bat son plein et vous vous interrogez sans doute sur votre prochaine lecture parmi toutes ces nouveautés : La maison Golden de Salman Ruhsdie ? Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb?  A son image de Jérôme Ferrari?

N’oubliez pas que c’est aussi la rentrée littéraire pour les livres de poche, avec notamment La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez, prix Renaudot 2017, désormais accessible pour les petits budgets.

Mais avant de plonger dans toutes ces nouveautés, je voulais vous parler d’une lecture de cet été,  Manderley for ever de Tatiana de Rosnay.

Sous ce titre qui laisserait penser à une romance à l’anglaise, cet ouvrage est en réalité la biographie de la célèbre romancière britannique Daphné du Maurier au succès international et qui inspira Alfred Hitchcock.

Tatiana de Rosnay raconte, à la façon d’un roman, la trajectoire de cette femme, éprise de liberté et passionnée par l’écriture, attachée aux lieus et plus particulièrement à Menabilly, le manoir de Cournouailles où elle a vécu pendant plus de 25 ans. On découvre, au fil des pages, une Daphné du Maurier amoureuse, souvent solitaire, mère et épouse, amante, navigatrice, marcheuse mais surtout romancière, habitée physiquement par l’écriture et le besoin irrépressible de noircir la feuille. Sous toutes ces facettes, elle se révèle extrêmement surprenante, se jouant des conventions et de la bien bienpensance pour vivre libre et s’adonner à la littérature.

Vous connaissez sans doute son célèbre roman Rebecca qui lui offrit la notoriété internationale, mais peut-être moins ses autres ouvrages, que la biographie de Tatiana de Rosnay  permet de découvrir,  de ses succès à des romans plus troubles qui n’ont pas forcément touché son public.

Manderley for ever traduit  enfin l’attachement de Daphné du Maurier pour les lieux qui ont marqué sa vie et l’atmosphère qui y régnait. On ressent le calme et la plénitude de Ferryside, la grandeur du Paris du début du XXème siècle et le magnétisme ensorcelant de Menabilly.

« Daphné arrive à Fowey vers la fin de l’été 1929, avec ses parents, ses sœurs et des invités. Bonheur de retrouver son bateau, la mer, ses amis pêcheurs. Et l’appel de Menabilly, toujours aussi envoûtant. Elle souhaite montrer la maison secrète à Jeanne et à une de ses amies, Elaine, ainsi qu’à leur cousine Ursula, la fille d’oncle Willie. Les jeunes filles empruntent le chemin de la forêt, à partir de Four Turnings, celui qu’Angela et Daphné n’avaient jamais pu achever. Elles marchent pendant des heures dans les fourrés touffus, renoncent presque, parviennent enfin à localiser la maison, et avancent par-derrière, vers l’aile la plus récente. Elles remarquent une lucarne mal fermée ; et si elles pénétraient dans le manoir ? Daphné ne peut résister à l’idée de voir l’intérieur, c’est elle qui ouvre le passage, qui saute la première. Les quatre avancent dans un silence sépulcral, découvrent des murs tapissés de toiles d’araignée, des plaques de fongus brunâtres dans chaque recoin, des sols poussiéreux jonchés de débris, des couloirs sombres et humides. Elles aboutissent dans la partie la plus noble, Daphné reconnaît le grand salon qu’elle avait pu admirer par la fenêtre avec Angela.

Daphné y est enfin, dans cette longue pièce décorée de tableaux de famille, aux meubles protégés de housses, et au cheval à bascule qui n’a pas bougé depuis des années. A côté, une grande salle à manger, plus loin encore, une bibliothèque avec des centaines de livres. Que s’est-il passé entre ces murs? Quels sont les secrets de Menabilly? Pourquoi est-ce que cela la touche autant? Les autres jeunes filles n’apprécient pas l’impression d’abandon, le silence, les ombres, alors que Daphné voudrait rester encore, monter le long du grand escalier de bois, toucher les vestiges du papier peint écarlate qui se décolle et rappelle les rhododendrons. Elles ressortent par la petite fenêtre que Daphné attache soigneusement. Tandis qu’elle s’éloigne pour rattraper les autres, un énorme hibou blanc s’échappe de l’étage supérieur et la fait sursauter.

Tout au long de la soirée, Daphné ne parvient pas à chasser de son esprit les images de la maison. Pourquoi est-elle obsédée à ce point pas un passé qui n’est pas le sien, hantée par la mémoire des murs d’un manoir abandonné? »

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Menabilly (The Chichester Partnership)

 

Merci à ma maman pour ce joli conseil lecture…

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Les Culottées

Dimanche 2 septembre

Bonjour amis lecteurs !

Après plusieurs semaines de repos, Elsy et son chat Caramel reprennent du service pour une nouvelle année qui, souhaitons le, sera riche de lectures, de découvertes et de ronronthérapie. Nous espérons sincèrement que nous vous avez passé un très bel été, que vous avez eu la possibilité de partir explorer de nouveaux horizons et que vous avez aussi eu la chance de faire de belles rencontres. Nous vous ferons partager au fil des articles, tout ce qu’Elsy a rapporté dans ses bagages; au programme : des lectures, des voyages, quelques recettes sucrées et des matous rencontrés au détour d’une rue…

Nous sommes ravis de vous retrouver en ce mois de septembre et espérons que le plaisir sera partagé.

Une lecture détente et instructive pour profiter du dernier week-end et du soleil avant la rentrée des enfants demain : Culotées, tome 1. Des femmes qui ne font que ce qu’elles aiment de Pénolope Bagieu. Cette bande dessinée qui comporte plusieurs tomes, présente sous la forme de planches courtes, le destin de femmes hors du commun et aborde leur vie de manière simple et humoristique. Certaines sont très connues comme Joséphine Baker, ou vous en avez déjà entendu parlé sans trop savoir qui elles étaient, c’est le cas de la Femme à Barbe. D’autres, en revanche, vous sans doute étrangères, à moins que vous soyez spécialiste de l’histoire des indiens d’Amérique ou de la Grèce Antique.

Les culottées tome 1

A travers la biographie de ces femmes à la force de caractère indéniable, Pénolope Bagieu aborde sous un angle léger mais juste, la thématique de l’égalité entre les femmes et les hommes et démontre sans aucun doute que le récit de l’histoire a surtout mis en valeur les réussites des hommes en oubliant la part non négligeable prise par les femmes. Les biographies sont assez courtes et donnent envie de découvrir, de manière plus approfondie, ces destins hors du commun.

Lozen les culotées

Mes coups de cœur :

  • Annette Kellerman, Sirène, (1886-1975). Nageuse de haut niveau, elle a révolutionné la tenue de bain au début du XIXème siècle.
  • Agnocide, gynécologue, (env. 350 av. J.C). Alors que les Athéniens ont interdit l’exercice de la médecine aux femmes, Agnocide, révoltée de voir des femmes mourir en couches, décide de se déguiser en homme pour pouvoir exercer et sauver des vies.
  • Las Mariposas, Sœurs rebelles (1924/26/35- 1960). Opposantes politiques dans une République Dominicaine soumise à la  dictature de Rafael Trujillo, elles se battront jusqu’au bout pour défendre la liberté.

Une lecture à poursuivre avec les tomes suivants et à mettre entre toutes les mains de nos ados de filles pour leur ouvrir tous les champs des possibles et ne pas les enfermer dans des stéréotypes!

 

 

 

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Lectures pour l’été

Dimanche 24 juin

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Aujourd’hui, je vous propose quelques idées lecture pour débuter cet été et finir ce week-end doux et ensoleillé. Certains d’entre vous ont peut-être déjà la perspective de partir en vacances et  commencent peut-être, comme Elsy, à préparer une pile de livres à glisser dans la valise ou le sac à dos. Je vous suggère déjà ces deux romans qui s’annoncent palpitants…

  • La servante écarlate de Margaret Atwood

Ce roman paru en 1985, est devenu un classique de la littérature anglophone. Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtues de rouge, ces « servantes écarlates » à qui l’on a ôté jusqu’à leur nom ont perdu toute liberté. Defred est l’une d’elle. Elle décide de rejoindre un réseau secret pour tenter, avec d’autres, de recouvrer cette liberté et défendre leurs droits.

« Les meilleurs récits dystopiques sont universels et intemporels. Écrit il y a plus de trente ans, La servante écarlate éclaire d’une lumière terrifiante l’Amérique contemporaine. » Télérama

  • Sur cette terre comme au ciel de Davide Enia

Davide Enia plante son histoire dans le Palerme des années 80. Il dessine le destin d’une famille italienne à travers trois générations d’hommes. Davidù, neuf ans qui n’a pas connu son père,  mais qui a hérité de son talent de boxeur, élevé en partie par ses grands-parents, grandit sous la protection et le regard fier de son oncle Umbertino. Dans ce roman, tout se lie entre les légendes du passé et les ambitions futures, le monde des adultes et la poésie de l’enfance. Entremêlant les histoires avec brio, Davide Enia dresse un portrait vibrant de sa terre, la Sicile, et de ceux qui l’habitent. Ce roman a reçu le prix du premier roman étranger 2016.

« Un premier roman saisissant, une véritable révélation. » Hubert Artus, Lire

De belles perspectives de lectures à savourer sur la chaise longue !!

 

rosier grimpant

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Le retour de Chat-Bouboule

Samedi 16 juin

Quelle belle surprise pour Elsy de découvrir en ouvrant ses cadeaux d’anniversaire que Nathalie Jomard venait de sortir un tome 3 des aventures de son chat Bouboule en Grumeauland!

Chat-Bouboule – intermittent de la sieste

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Chat Bouboule est toujours aussi volumineux, gourmand, sans gêne, féroce quand il s’agit de faire la peau à un rouleau de papier toilette. Bref, il demeure l’Imperator de la maison !! C’est toujours un plaisir de retrouver cette boule de poils et de se surprendre à rigoler tout seul devant son bouquin.  Un vrai moment de détente ! ♥♥♥

chasser pour les truffes

Bilan de compétences

 

chat aspirateur

Si vous aimez regarder les vidéos de « Paroles de chats » sur Youtube, vous connaissez sans doute celle-ci où un beau Siamois passe l’aspirateur automatique Paroles de chat

chat sur les genoux

Et je ne résiste pas à l’envie de vous partager cette photo de Gribouille.

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Gribouille, le chat d’Estelle et Patrice

chat bouboule

Toute ressemblance avec Chat Bouboule serait fortuite !!

« Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats. »

Albert Schweitzer

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Double secret

Dimanche 3 juin

Double secret

Un nouveau roman à vous présenter aujourd’hui que j’ai fini depuis plusieurs semaines, mais l’activité du mois de mai a eu raison de moi et je n’ai pas trouvé beaucoup de temps pour écrire. Il s’agit d’un roman de Willa Marsh, Double secret. Je vous avez parlé de ce livre dans mon article Lectures pour le printemps

Après le décès de sa mère, Matt, écrivant à succès, ne parvient plus à trouver l’inspiration. Les questions se bousculent dans sa tête après avoir découvert dans un joli coffret de bois de rose qui appartenait à sa mère, des photos sur lesquelles il se reconnaît mais dont il ne se souvient pas.

Il décide alors de s’installer pour quelques temps chez sa famille à Exmoor, sur la côte sauvage du Pays de Galles en espérant que l’inspiration reviendra. Là-bas, il renoue avec ses racines et la réalité du quotidien : celui de sa sœur Imogen qui rencontre des problèmes de couple, de Nick, son ami d’enfance et de ses problèmes d’argent, de Lottie qui l’a en partie élevé après la mort de son père quand sa mère est tombée dans la dépression, de Milo qui héberge Lottie dans sa vieille maison, tout en accueillant de temps en temps son ex-femme et sa maîtresse,  et qui a fait de tout ce petit monde sa grande famille.

Plus que l’intrigue et les étranges sensations qui pèsent sur Matt, ce roman est une galerie de personnages, attachants, souvent drôles car montrant leurs petites faiblesses. Les traits de caractère sont extrêmement bien dépeints et on a l’impression de voir s’animer sur le papier des êtres qui nous sont proches. Certains révèlent des travers peu glorieux et d’autres une belle âme.

Voyage à travers le temps et retour aux sources, l’histoire de ce livre se révèle être un élixir de bien-être. Simplicité, partage et attention portée aux autres sont les maîtres mots qui régissent la vie sous le toit de Milo. Une belle famille et des bons sentiments sans niaiserie. Ça fait un bien fou!!

Et en plus, un petit matou croise le chemin de notre héros écrivain et le conduit sur le chemin de la vérité…

« Il resta complètement immobile, en vidant son esprit, attendant les prémisses d’un geste créatif : un fragment d’idée, l’ombre d’un personnage…

Seuls le chant des oiseaux et le bruit du ruisseau lui répondirent. Il rouvrit les yeux en se sentant toujours dérouté et frustré. Soudain, quelque chose fila entre les racines du lilas, les feuilles tremblèrent, et il se pencha en avant pour mieux voir. L’animal était plus grand qu’un oiseau, doté d’une robe pâle, semée de tâches d’ombre et de soleil. Le chaton apparut dans l’herbe, frappa une feuille, puis s’assit sur son train arrière. Matt vit sa gueule s’ouvrir en un court bâillement rose.

Tandis qu’il l’observait, deux souvenirs lui revinrent à l’esprit : celui du chat roux dans les tableaux – et puis un autre qui lui échappa aussitôt. Le chaton s’avança, Matt se leva et marcha à sa rencontre. Il était si joli, si mignon… Matt s’accroupit et lui tendit la main. Le petit chat se pressa dans sa paume, en miaulant piteusement. Matt le ramassa et le caressa d’un doigt en lui parlant avec douceur. Un bref regard lui montra que c’était un mâle et il le rapporta à la maison. »

Exmoor

 

 

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Madame Pylinska et le secret de Chopin

Samedi 21 avril

Mme Pylinska

Ce beau soleil et la chaleur de ces derniers jours vous redonnent sans doute plein d’énergie pour savourer ce printemps qui se transforme en été. Les rosiers se remplissent de feuilles, les pruniers et les poiriers de fleurs, et le lilas commence à bourgeonner. Bref, la nature reprend vie après un hiver bien triste et gris. Tout cela nous redonne du baume au cœur et nos amis matous profitent également du soleil pour reprendre le chemin de la campagne et délaisser le gros fauteuil douillet dans lequel ils se sont lovés durant tous les jours de pluie et de froid.

Une belle lecture que je souhaitais vous faire partager aujourd’hui, celle du dernier livre d’Eric-Emmanuel Schmitt : Madame Pylinska et le secret de Chopin.

Qui ne s’est pas laissé transporter par une valse de Chopin? Qui, s’il est pianiste, ne s’est pas frotté à ses Préludes et au déchiffrage souvent ardu de ses partitions? Qui n’a pas cherché à recréer sous ses doigts les émotions suscitées par les harmonies de l’artiste? Eric-Emmanuel Schmitt nous raconte, dans son ouvrage, comment il a découvert le plaisir de jouer du piano grâce à sa tante Aimée qui joua un jour Chopin sur le Schiedmayer de la maison familial. A ce moment, il eut envie d’apprendre à jouer du piano et son objectif était de pouvoir jouer la musique de Chopin, objectif au combien ambitieux et difficile à atteindre :

« Vers seize ans, je réclamai d’aborder Chopin. N’avais-je pas choisi le piano pour percer son énigme? Ma professeure sélectionna une valse, un prélude, un nocturne et je frémis à l’idée de subir l’initiation suprême.

Hélas, j’eus beau développer ma dextérité, dominer les pages ardues, mémoriser les morceaux, respecter les tempos, je ne retrouvai jamais le frisson de la première fois, cet ailleurs voluptueux tissé par la soie des sons, les caresses des accords, le cristallin de la mélodie. Si le piano obéissait à mes impulsions digitales, il ne répondait  ni à mes rêves ni à mes souvenirs. Le miracle ne se produisait pas. L’instrument suave, clair, fragile, émouvant, sous les doigts d’Aimée, retentissait viril et franc sous les miens. Était-ce lui? moi? ma professeure? Quelque chose m’échappait. Chopin me fuyait. »

Jeune étudiant à Paris, Eric-Emmanuel Schmitt souhaite poursuivre ses cours de piano. Il choisit de prendre des cours auprès de Madame Pylinska, dont la réputation est excellente. Le jeune étudiant fait alors la connaissance d’un personnage hors du commun, en apparence un peu farfelu, entouré d’une ribambelle de chats et qui, plutôt que de lui faire travailler des gammes et les partitions, lui demande de réaliser quelques expériences à l’image de rites initiatiques à la frontière de l’intime. Sur le chemin vers Chopin, Eric-Emmanuel Schmitt se découvrira lui-même, il découvrira la vie et ce qui fait son essentiel.

A travers des mots choisis, justes, Eric-Emmanuel Schmitt fait vivre l’émotion du timbre du piano, de la musique de Chopin. On sourit aussi à la manière dont Mme Pylinska bouscule son élève, le provoque parfois, le désarçonne :

« Sur le pas de la porte, madame Pylinska, cinquante ans, coiffée d’un foulard en soie sévèrement ajusté autour de ses traits nets, m’examina de la tête aux pieds, le sourcil arqué, la bouche pincée, comme si j’étais une erreur.

– Trop costaud, conclut-elle

– Trop costaud pour quoi?

Haussant les épaules, elle dégaina un fume-cigarette, cala son coude gauche sous sa main droite, approcha l’embout de ses lèvres.

_ La fumée ne vous dérange pas?

Sans attendre ma réponse, elle s’engouffra dans l’appartement, persuadée que je la suivrais. Après avoir emprunté un couloir ténébreux obstrué par trois chats qui me jaugèrent avec mépris, j’accédai au salon de musique encombré de multiples tables basses sur lesquelles s’entassaient les partitions. L’air véhiculait des odeurs de rose et de tabac brun.

-Couchez vous sous le piano.

-Pardon?

-Couchez vous sous le piano.

Elle me désigna le tapis persan déployé sous son Pleyel à queue.

-Vous craignez les acariens? Vu votre carrure, ce sont eux qui devraient se méfier…

Je m’accroupis, me glissai sous le piano et entrepris de ramper.

-Sur le dos!

Je m’allongeai, le visage face à la table d’harmonie.

-Les bras en croix. Paumes au sol.

J’obéis. Un matou à la fourrure fauve se faufila dans la pièce, sauta sur un pouf et s’y carra en m’adressant un regard ironique.

Madame Pylinska s’assit devant le clavier.

-Concentrez-vous sur votre peau. Oui, votre peau. Votre peau partout. Rendez-la perméable. Chopin a débuté ainsi. Il s’étendait sous le piano de sa mère et ressentait les vibrations. La musique, c’est d’abord une expérience physique. Puisque les avares n’écoutent qu’avec leurs oreilles, montrez-vous prodigue : écoutez avec votre corps entier.

Elle joua.

Comme elle avait raison ! La musique me frôlait, me léchait, me piquait, me pétrissait, me malaxait, me ballotait, me soulevait, m’assommait, me brutalisait, m’exténuait, les basses me secouant comme si je chevauchais une cloche d’église, les aigus pleuvant sur moi, gouttes froides, gouttes chaudes, gouttes tièdes, lourdes ou ténues, en rafales, en ondées, en filets, tandis que le médium onctueux me recouvrait le buste, tel un molleton rassurant au sein duquel je me blottissais. »

Ce livre réunit tout ce qu’Elsy aime : le piano, Chopin, les chats et la littérature. Un vrai plaisir de lire les mots d’Eric-Emmanuel Schmitt et de percer grâce à lui le secret de Chopin! ♥♥♥

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Les cahiers d’Esther – Histoires de mes 12 ans

Mardi 3 avril

Les cahiers d'Esther tome 3

L’année dernière à la même époque, je vous avais présenté   Les cahiers d’Esther – Histoire de mes 11 ans de Riad Sattouf.  Nouveau rendez-vous avec la jeune Esther pour le tome 3 et l’histoire de ses 12 ans pour ceux qui ne l’auraient pas suivi chaque semaine dans le magazine l’Obs. Riad Sattouf s’inspire de la vraie vie d’une jeune adolescente, fille de l’un de ses amis, qu’il appelle régulièrement et qui lui raconte son quotidien.

Cette fois, Esther vient d’entrer dans l’un des meilleurs collèges parisiens, grâce au concours qu’elle a décroché. Nouvel environnement, nouveaux amis, nouveaux profs et notre ado grandit et s’intéresse toujours davantage au monde qui l’entoure tout en nous partageant ses préoccupations parfois décalées.

 

Esther 12 ans

 

C’est toujours aussi plaisant et amusant de suivre Esther, de retrouver son langage pas toujours châtié : « Franchement tout le monde utilise  « J’m’en bats les couilles ». Ça veut dire « j’m’en fous ». On peut dire « j’m’en balek » aussi. J’le dis souvent. « Vazy j’m’en balek ». »

Dans ce tome, on revit avec Esther la dernière élection présidentielle. Elle ouvre de grands yeux quand elle découvre de que sa grand-mère a décidé de voter pour Marine Le Pen mais que, comme son père a dit qu’ils partiraient vivre en Belgique si elle est élue et qu’elle ne veut pas que ses enfants partent vivre loin d’elle, finalement elle ne votera pas pour Marine Le Pen. Le contexte politique est assez présent dans ce tome et le regard parfois décalé d’Esther qui pense que François Fillon va gagner car elle le trouve beau ou que tous ceux qui sont élus à la tête d’un pays appartiennent à la race très ancienne des reptiliens qui descendent des dinosaures, nous fait forcément sourire.

Esther histoire de mes 12 ans candidats présidentielles

Entre son Iphone, les comportements « chelou » des garçons, son hamster Manuela, les religions et l’argent, Esther livre un concentré de ce qui fait notre société. On alterne entre sourire amusé et un brin de honte et de culpabilité de donner à voir ce spectacle à nos ados.

En tous les cas, on réitère notre enthousiasme pour cette série et on dit : « Esther Présidente!! »♥♥

Esther présidente

 

 

Livres

Lectures pour le printemps

Mardi 20 mars

Renard les intéressants et double secret

Bonjour amis lecteurs! Aujourd’hui marque le début du printemps et même s’il ne fait pas très chaud après ce petit épisode neigeux, la journée s’annonce quand même ensoleillée. Les rosiers bourgeonnent, les jonquilles sont sorties de terre et les oiseaux chantent un peu plus fort le matin pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Alors oui, c’est le printemps!!

Plein d’entrain de se dire que l’on avance vers les beaux jours,  on ajoute quelques livres à sa  « to read list ». Sur la mienne, notamment, deux romans que j’ai prévu de lire  et dont je vous partage le résumé avant de vous en dire plus dans de prochains articles :

  • Les intéressants de Meg Wolitzer

Ce  gros roman raconte la vie d’un groupe de jeunes américains dont les destins se nouent lors d’un camp de vacances. Ils se sont baptisés : Les Intéressants et sont passionnés d’art, de musique et de théâtre. A travers le regard de l’une d’entre eux, Julie, surnommée Jules, nous les suivons pendant 40 ans à partir de 1974. Le roman aborde le thème de l’amitié, de la réussite, du renoncement à ses rêves sur fond d’histoire des Etats-Unis.  Et Augustin Trapenard, notre journaliste culture préféré de France Inter le qualifie de roman « impressionnant d’intelligence et de maîtrise ». Une belle lecture en perspective!!

  • Double secret de Willa Marsh

Willa Marsh y narre comment Matt, écrivain londonien qui vient de publier un premier roman à grand succès se retrouve, au moment d’écrire un nouveau livre,  pris par l’angoisse de la page blanche. Il décide alors de se réfugier auprès de sa famille sur la côte sauvage du Pays de Galles. C’est le début pour lui d’une longue introspection et d’une plongée dans ses souvenirs qui ressurgissent d’un coffret en bois de rose.

Welcome

 « Mon âme a son secret, ma vie a son mystère »

Alexis-Félix Arvers