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Les Culottées

Dimanche 2 septembre

Bonjour amis lecteurs !

Après plusieurs semaines de repos, Elsy et son chat Caramel reprennent du service pour une nouvelle année qui, souhaitons le, sera riche de lectures, de découvertes et de ronronthérapie. Nous espérons sincèrement que nous vous avez passé un très bel été, que vous avez eu la possibilité de partir explorer de nouveaux horizons et que vous avez aussi eu la chance de faire de belles rencontres. Nous vous ferons partager au fil des articles, tout ce qu’Elsy a rapporté dans ses bagages; au programme : des lectures, des voyages, quelques recettes sucrées et des matous rencontrés au détour d’une rue…

Nous sommes ravis de vous retrouver en ce mois de septembre et espérons que le plaisir sera partagé.

Une lecture détente et instructive pour profiter du dernier week-end et du soleil avant la rentrée des enfants demain : Culotées, tome 1. Des femmes qui ne font que ce qu’elles aiment de Pénolope Bagieu. Cette bande dessinée qui comporte plusieurs tomes, présente sous la forme de planches courtes, le destin de femmes hors du commun et aborde leur vie de manière simple et humoristique. Certaines sont très connues comme Joséphine Baker, ou vous en avez déjà entendu parlé sans trop savoir qui elles étaient, c’est le cas de la Femme à Barbe. D’autres, en revanche, vous sans doute étrangères, à moins que vous soyez spécialiste de l’histoire des indiens d’Amérique ou de la Grèce Antique.

Les culottées tome 1

A travers la biographie de ces femmes à la force de caractère indéniable, Pénolope Bagieu aborde sous un angle léger mais juste, la thématique de l’égalité entre les femmes et les hommes et démontre sans aucun doute que le récit de l’histoire a surtout mis en valeur les réussites des hommes en oubliant la part non négligeable prise par les femmes. Les biographies sont assez courtes et donnent envie de découvrir, de manière plus approfondie, ces destins hors du commun.

Lozen les culotées

Mes coups de cœur :

  • Annette Kellerman, Sirène, (1886-1975). Nageuse de haut niveau, elle a révolutionné la tenue de bain au début du XIXème siècle.
  • Agnocide, gynécologue, (env. 350 av. J.C). Alors que les Athéniens ont interdit l’exercice de la médecine aux femmes, Agnocide, révoltée de voir des femmes mourir en couches, décide de se déguiser en homme pour pouvoir exercer et sauver des vies.
  • Las Mariposas, Sœurs rebelles (1924/26/35- 1960). Opposantes politiques dans une République Dominicaine soumise à la  dictature de Rafael Trujillo, elles se battront jusqu’au bout pour défendre la liberté.

Une lecture à poursuivre avec les tomes suivants et à mettre entre toutes les mains de nos ados de filles pour leur ouvrir tous les champs des possibles et ne pas les enfermer dans des stéréotypes!

 

 

 

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Lectures pour l’été

Dimanche 24 juin

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Aujourd’hui, je vous propose quelques idées lecture pour débuter cet été et finir ce week-end doux et ensoleillé. Certains d’entre vous ont peut-être déjà la perspective de partir en vacances et  commencent peut-être, comme Elsy, à préparer une pile de livres à glisser dans la valise ou le sac à dos. Je vous suggère déjà ces deux romans qui s’annoncent palpitants…

  • La servante écarlate de Margaret Atwood

Ce roman paru en 1985, est devenu un classique de la littérature anglophone. Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtues de rouge, ces « servantes écarlates » à qui l’on a ôté jusqu’à leur nom ont perdu toute liberté. Defred est l’une d’elle. Elle décide de rejoindre un réseau secret pour tenter, avec d’autres, de recouvrer cette liberté et défendre leurs droits.

« Les meilleurs récits dystopiques sont universels et intemporels. Écrit il y a plus de trente ans, La servante écarlate éclaire d’une lumière terrifiante l’Amérique contemporaine. » Télérama

  • Sur cette terre comme au ciel de Davide Enia

Davide Enia plante son histoire dans le Palerme des années 80. Il dessine le destin d’une famille italienne à travers trois générations d’hommes. Davidù, neuf ans qui n’a pas connu son père,  mais qui a hérité de son talent de boxeur, élevé en partie par ses grands-parents, grandit sous la protection et le regard fier de son oncle Umbertino. Dans ce roman, tout se lie entre les légendes du passé et les ambitions futures, le monde des adultes et la poésie de l’enfance. Entremêlant les histoires avec brio, Davide Enia dresse un portrait vibrant de sa terre, la Sicile, et de ceux qui l’habitent. Ce roman a reçu le prix du premier roman étranger 2016.

« Un premier roman saisissant, une véritable révélation. » Hubert Artus, Lire

De belles perspectives de lectures à savourer sur la chaise longue !!

 

rosier grimpant

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Le retour de Chat-Bouboule

Samedi 16 juin

Quelle belle surprise pour Elsy de découvrir en ouvrant ses cadeaux d’anniversaire que Nathalie Jomard venait de sortir un tome 3 des aventures de son chat Bouboule en Grumeauland!

Chat-Bouboule – intermittent de la sieste

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Chat Bouboule est toujours aussi volumineux, gourmand, sans gêne, féroce quand il s’agit de faire la peau à un rouleau de papier toilette. Bref, il demeure l’Imperator de la maison !! C’est toujours un plaisir de retrouver cette boule de poils et de se surprendre à rigoler tout seul devant son bouquin.  Un vrai moment de détente ! ♥♥♥

chasser pour les truffes

Bilan de compétences

 

chat aspirateur

Si vous aimez regarder les vidéos de « Paroles de chats » sur Youtube, vous connaissez sans doute celle-ci où un beau Siamois passe l’aspirateur automatique Paroles de chat

chat sur les genoux

Et je ne résiste pas à l’envie de vous partager cette photo de Gribouille.

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Gribouille, le chat d’Estelle et Patrice

chat bouboule

Toute ressemblance avec Chat Bouboule serait fortuite !!

« Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats. »

Albert Schweitzer

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Double secret

Dimanche 3 juin

Double secret

Un nouveau roman à vous présenter aujourd’hui que j’ai fini depuis plusieurs semaines, mais l’activité du mois de mai a eu raison de moi et je n’ai pas trouvé beaucoup de temps pour écrire. Il s’agit d’un roman de Willa Marsh, Double secret. Je vous avez parlé de ce livre dans mon article Lectures pour le printemps

Après le décès de sa mère, Matt, écrivant à succès, ne parvient plus à trouver l’inspiration. Les questions se bousculent dans sa tête après avoir découvert dans un joli coffret de bois de rose qui appartenait à sa mère, des photos sur lesquelles il se reconnaît mais dont il ne se souvient pas.

Il décide alors de s’installer pour quelques temps chez sa famille à Exmoor, sur la côte sauvage du Pays de Galles en espérant que l’inspiration reviendra. Là-bas, il renoue avec ses racines et la réalité du quotidien : celui de sa sœur Imogen qui rencontre des problèmes de couple, de Nick, son ami d’enfance et de ses problèmes d’argent, de Lottie qui l’a en partie élevé après la mort de son père quand sa mère est tombée dans la dépression, de Milo qui héberge Lottie dans sa vieille maison, tout en accueillant de temps en temps son ex-femme et sa maîtresse,  et qui a fait de tout ce petit monde sa grande famille.

Plus que l’intrigue et les étranges sensations qui pèsent sur Matt, ce roman est une galerie de personnages, attachants, souvent drôles car montrant leurs petites faiblesses. Les traits de caractère sont extrêmement bien dépeints et on a l’impression de voir s’animer sur le papier des êtres qui nous sont proches. Certains révèlent des travers peu glorieux et d’autres une belle âme.

Voyage à travers le temps et retour aux sources, l’histoire de ce livre se révèle être un élixir de bien-être. Simplicité, partage et attention portée aux autres sont les maîtres mots qui régissent la vie sous le toit de Milo. Une belle famille et des bons sentiments sans niaiserie. Ça fait un bien fou!!

Et en plus, un petit matou croise le chemin de notre héros écrivain et le conduit sur le chemin de la vérité…

« Il resta complètement immobile, en vidant son esprit, attendant les prémisses d’un geste créatif : un fragment d’idée, l’ombre d’un personnage…

Seuls le chant des oiseaux et le bruit du ruisseau lui répondirent. Il rouvrit les yeux en se sentant toujours dérouté et frustré. Soudain, quelque chose fila entre les racines du lilas, les feuilles tremblèrent, et il se pencha en avant pour mieux voir. L’animal était plus grand qu’un oiseau, doté d’une robe pâle, semée de tâches d’ombre et de soleil. Le chaton apparut dans l’herbe, frappa une feuille, puis s’assit sur son train arrière. Matt vit sa gueule s’ouvrir en un court bâillement rose.

Tandis qu’il l’observait, deux souvenirs lui revinrent à l’esprit : celui du chat roux dans les tableaux – et puis un autre qui lui échappa aussitôt. Le chaton s’avança, Matt se leva et marcha à sa rencontre. Il était si joli, si mignon… Matt s’accroupit et lui tendit la main. Le petit chat se pressa dans sa paume, en miaulant piteusement. Matt le ramassa et le caressa d’un doigt en lui parlant avec douceur. Un bref regard lui montra que c’était un mâle et il le rapporta à la maison. »

Exmoor

 

 

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Madame Pylinska et le secret de Chopin

Samedi 21 avril

Mme Pylinska

Ce beau soleil et la chaleur de ces derniers jours vous redonnent sans doute plein d’énergie pour savourer ce printemps qui se transforme en été. Les rosiers se remplissent de feuilles, les pruniers et les poiriers de fleurs, et le lilas commence à bourgeonner. Bref, la nature reprend vie après un hiver bien triste et gris. Tout cela nous redonne du baume au cœur et nos amis matous profitent également du soleil pour reprendre le chemin de la campagne et délaisser le gros fauteuil douillet dans lequel ils se sont lovés durant tous les jours de pluie et de froid.

Une belle lecture que je souhaitais vous faire partager aujourd’hui, celle du dernier livre d’Eric-Emmanuel Schmitt : Madame Pylinska et le secret de Chopin.

Qui ne s’est pas laissé transporter par une valse de Chopin? Qui, s’il est pianiste, ne s’est pas frotté à ses Préludes et au déchiffrage souvent ardu de ses partitions? Qui n’a pas cherché à recréer sous ses doigts les émotions suscitées par les harmonies de l’artiste? Eric-Emmanuel Schmitt nous raconte, dans son ouvrage, comment il a découvert le plaisir de jouer du piano grâce à sa tante Aimée qui joua un jour Chopin sur le Schiedmayer de la maison familial. A ce moment, il eut envie d’apprendre à jouer du piano et son objectif était de pouvoir jouer la musique de Chopin, objectif au combien ambitieux et difficile à atteindre :

« Vers seize ans, je réclamai d’aborder Chopin. N’avais-je pas choisi le piano pour percer son énigme? Ma professeure sélectionna une valse, un prélude, un nocturne et je frémis à l’idée de subir l’initiation suprême.

Hélas, j’eus beau développer ma dextérité, dominer les pages ardues, mémoriser les morceaux, respecter les tempos, je ne retrouvai jamais le frisson de la première fois, cet ailleurs voluptueux tissé par la soie des sons, les caresses des accords, le cristallin de la mélodie. Si le piano obéissait à mes impulsions digitales, il ne répondait  ni à mes rêves ni à mes souvenirs. Le miracle ne se produisait pas. L’instrument suave, clair, fragile, émouvant, sous les doigts d’Aimée, retentissait viril et franc sous les miens. Était-ce lui? moi? ma professeure? Quelque chose m’échappait. Chopin me fuyait. »

Jeune étudiant à Paris, Eric-Emmanuel Schmitt souhaite poursuivre ses cours de piano. Il choisit de prendre des cours auprès de Madame Pylinska, dont la réputation est excellente. Le jeune étudiant fait alors la connaissance d’un personnage hors du commun, en apparence un peu farfelu, entouré d’une ribambelle de chats et qui, plutôt que de lui faire travailler des gammes et les partitions, lui demande de réaliser quelques expériences à l’image de rites initiatiques à la frontière de l’intime. Sur le chemin vers Chopin, Eric-Emmanuel Schmitt se découvrira lui-même, il découvrira la vie et ce qui fait son essentiel.

A travers des mots choisis, justes, Eric-Emmanuel Schmitt fait vivre l’émotion du timbre du piano, de la musique de Chopin. On sourit aussi à la manière dont Mme Pylinska bouscule son élève, le provoque parfois, le désarçonne :

« Sur le pas de la porte, madame Pylinska, cinquante ans, coiffée d’un foulard en soie sévèrement ajusté autour de ses traits nets, m’examina de la tête aux pieds, le sourcil arqué, la bouche pincée, comme si j’étais une erreur.

– Trop costaud, conclut-elle

– Trop costaud pour quoi?

Haussant les épaules, elle dégaina un fume-cigarette, cala son coude gauche sous sa main droite, approcha l’embout de ses lèvres.

_ La fumée ne vous dérange pas?

Sans attendre ma réponse, elle s’engouffra dans l’appartement, persuadée que je la suivrais. Après avoir emprunté un couloir ténébreux obstrué par trois chats qui me jaugèrent avec mépris, j’accédai au salon de musique encombré de multiples tables basses sur lesquelles s’entassaient les partitions. L’air véhiculait des odeurs de rose et de tabac brun.

-Couchez vous sous le piano.

-Pardon?

-Couchez vous sous le piano.

Elle me désigna le tapis persan déployé sous son Pleyel à queue.

-Vous craignez les acariens? Vu votre carrure, ce sont eux qui devraient se méfier…

Je m’accroupis, me glissai sous le piano et entrepris de ramper.

-Sur le dos!

Je m’allongeai, le visage face à la table d’harmonie.

-Les bras en croix. Paumes au sol.

J’obéis. Un matou à la fourrure fauve se faufila dans la pièce, sauta sur un pouf et s’y carra en m’adressant un regard ironique.

Madame Pylinska s’assit devant le clavier.

-Concentrez-vous sur votre peau. Oui, votre peau. Votre peau partout. Rendez-la perméable. Chopin a débuté ainsi. Il s’étendait sous le piano de sa mère et ressentait les vibrations. La musique, c’est d’abord une expérience physique. Puisque les avares n’écoutent qu’avec leurs oreilles, montrez-vous prodigue : écoutez avec votre corps entier.

Elle joua.

Comme elle avait raison ! La musique me frôlait, me léchait, me piquait, me pétrissait, me malaxait, me ballotait, me soulevait, m’assommait, me brutalisait, m’exténuait, les basses me secouant comme si je chevauchais une cloche d’église, les aigus pleuvant sur moi, gouttes froides, gouttes chaudes, gouttes tièdes, lourdes ou ténues, en rafales, en ondées, en filets, tandis que le médium onctueux me recouvrait le buste, tel un molleton rassurant au sein duquel je me blottissais. »

Ce livre réunit tout ce qu’Elsy aime : le piano, Chopin, les chats et la littérature. Un vrai plaisir de lire les mots d’Eric-Emmanuel Schmitt et de percer grâce à lui le secret de Chopin! ♥♥♥

piano Chopin

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Les cahiers d’Esther – Histoires de mes 12 ans

Mardi 3 avril

Les cahiers d'Esther tome 3

L’année dernière à la même époque, je vous avais présenté   Les cahiers d’Esther – Histoire de mes 11 ans de Riad Sattouf.  Nouveau rendez-vous avec la jeune Esther pour le tome 3 et l’histoire de ses 12 ans pour ceux qui ne l’auraient pas suivi chaque semaine dans le magazine l’Obs. Riad Sattouf s’inspire de la vraie vie d’une jeune adolescente, fille de l’un de ses amis, qu’il appelle régulièrement et qui lui raconte son quotidien.

Cette fois, Esther vient d’entrer dans l’un des meilleurs collèges parisiens, grâce au concours qu’elle a décroché. Nouvel environnement, nouveaux amis, nouveaux profs et notre ado grandit et s’intéresse toujours davantage au monde qui l’entoure tout en nous partageant ses préoccupations parfois décalées.

 

Esther 12 ans

 

C’est toujours aussi plaisant et amusant de suivre Esther, de retrouver son langage pas toujours châtié : « Franchement tout le monde utilise  « J’m’en bats les couilles ». Ça veut dire « j’m’en fous ». On peut dire « j’m’en balek » aussi. J’le dis souvent. « Vazy j’m’en balek ». »

Dans ce tome, on revit avec Esther la dernière élection présidentielle. Elle ouvre de grands yeux quand elle découvre de que sa grand-mère a décidé de voter pour Marine Le Pen mais que, comme son père a dit qu’ils partiraient vivre en Belgique si elle est élue et qu’elle ne veut pas que ses enfants partent vivre loin d’elle, finalement elle ne votera pas pour Marine Le Pen. Le contexte politique est assez présent dans ce tome et le regard parfois décalé d’Esther qui pense que François Fillon va gagner car elle le trouve beau ou que tous ceux qui sont élus à la tête d’un pays appartiennent à la race très ancienne des reptiliens qui descendent des dinosaures, nous fait forcément sourire.

Esther histoire de mes 12 ans candidats présidentielles

Entre son Iphone, les comportements « chelou » des garçons, son hamster Manuela, les religions et l’argent, Esther livre un concentré de ce qui fait notre société. On alterne entre sourire amusé et un brin de honte et de culpabilité de donner à voir ce spectacle à nos ados.

En tous les cas, on réitère notre enthousiasme pour cette série et on dit : « Esther Présidente!! »♥♥

Esther présidente

 

 

Livres

Lectures pour le printemps

Mardi 20 mars

Renard les intéressants et double secret

Bonjour amis lecteurs! Aujourd’hui marque le début du printemps et même s’il ne fait pas très chaud après ce petit épisode neigeux, la journée s’annonce quand même ensoleillée. Les rosiers bourgeonnent, les jonquilles sont sorties de terre et les oiseaux chantent un peu plus fort le matin pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Alors oui, c’est le printemps!!

Plein d’entrain de se dire que l’on avance vers les beaux jours,  on ajoute quelques livres à sa  « to read list ». Sur la mienne, notamment, deux romans que j’ai prévu de lire  et dont je vous partage le résumé avant de vous en dire plus dans de prochains articles :

  • Les intéressants de Meg Wolitzer

Ce  gros roman raconte la vie d’un groupe de jeunes américains dont les destins se nouent lors d’un camp de vacances. Ils se sont baptisés : Les Intéressants et sont passionnés d’art, de musique et de théâtre. A travers le regard de l’une d’entre eux, Julie, surnommée Jules, nous les suivons pendant 40 ans à partir de 1974. Le roman aborde le thème de l’amitié, de la réussite, du renoncement à ses rêves sur fond d’histoire des Etats-Unis.  Et Augustin Trapenard, notre journaliste culture préféré de France Inter le qualifie de roman « impressionnant d’intelligence et de maîtrise ». Une belle lecture en perspective!!

  • Double secret de Willa Marsh

Willa Marsh y narre comment Matt, écrivain londonien qui vient de publier un premier roman à grand succès se retrouve, au moment d’écrire un nouveau livre,  pris par l’angoisse de la page blanche. Il décide alors de se réfugier auprès de sa famille sur la côte sauvage du Pays de Galles. C’est le début pour lui d’une longue introspection et d’une plongée dans ses souvenirs qui ressurgissent d’un coffret en bois de rose.

Welcome

 « Mon âme a son secret, ma vie a son mystère »

Alexis-Félix Arvers

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Le mystère Henri Pick

Vendredi 2 mars

Le mystère Henri Pick

Je viens de refermer le roman de David Foenkinos Le mystère Henri Pick que vous avez dû remarquer dans toutes les librairies car il est sorti au format poche au début de l’année et il fait partie des meilleures ventes en ce moment. Alors, si vous l’avez déjà lu, j’espère que vous avez aimé ce livre autant que moi.

Henri Pick, pizzaiolo breton, mort à Crozon, il y a deux ans, a écrit un roman, à la plus grande surprise de sa veuve et de sa fille qui ne l’ont jamais vu lire un livre. Jean-Pierre Gourvec, bibliothécaire à Crozon a, pendant toute sa vie, constitué une collection de livres refusés par les éditeurs. Il est maintenant mort et c’est Magali, sa collègue, qui se charge de gérer la bibliothèque. Parmi les manuscrits oubliés, se trouve le livre écrit par Henri Pick : Les Dernières Heures d’une histoire d’amour que Delphine, éditrice, en vacances chez ses parents découvre dans cette bibliothèque et qu’elle décide de faire publier.  Un engouement autour de cette histoire insolite naît alors : Henri Pick écrivait-il sur sa machine à écrire, dans sa cave après la fermeture de son restaurant? Comment peut-il faire autant de référence à Pouchkine, lui qui n’a jamais manifesté le moindre intérêt pour la littérature russe? Etait-il même capable d’écrire une simple lettre? Madeleine, sa veuve, est interviewée par François Busnel himself. Les critiques littéraires et les admirateurs se pressent à Crozon pour respirer quelque chose d’Henri Pick et percer le mystère de cette création littéraire.

« Pick avait ainsi été sur toutes les lèvres, symbolisant le rêve d’être un jour reconnu pour son talent. Comment croire ceux qui disent écrire pour eux ? Les mots ont toujours une destination, aspirent à un autre regard. Écrire pour soi serait comme faire sa valise pour ne pas partir. Si le roman de Pick plaisait, c’était surtout l’histoire de sa vie qui touchait les gens. Elle faisait écho à ce fantasme d’être un autre, le super-héros dont personne ne sait les capacités extraordinaires, cet homme si discret dont le secret est de posséder une sensibilité littéraire imperceptible. Et moins on en savait sur lui, plus il fascinait. Sa biographie ne laissait rien paraître d’autre qu’une vie banale, linéaire. Cela renforçait l’admiration, pour ne pas dire le mythe. De plus en plus de lecteurs voulurent aller sur ses traces, et se recueillir sur sa tombe. Le cimetière de Crozon accueillaient ses admirateurs les plus fervents. Madeleine les croisait parfois. Ne comprenant pas leur démarche, elle n’hésitait pas à leur demander de partir et de laisser son mari tranquille. Était-elle du genre à penser qu’on pouvait réveiller un mort? En tous cas, il était possible de troubler ses secrets. »

L’idée de ce roman est originale et l’intrigue est conduite comme une enquête policière, ponctuée de moments de vie des différents personnages qui gravitent autour de l’œuvre d’Henri Pick avec leurs malheurs quotidiens, leurs existences souvent médiocres au cours de laquelle ils ont perdu leurs illusions. Ces personnages nous semblent tellement proches et authentiques que l’on a l’impression de croiser notre voisine du bout de la rue en entendant Madeleine parler. Le narrateur nous les dépeint avec humour et parfois un brin de sarcasme teinté de bienveillance.

Ce roman se lit avec beaucoup de plaisir, avec l’envie de découvrir le fin mot de cette histoire tout en nous parlant de la littérature et de notre rapport au livre. Un vrai bon moment de lecture ♥♥

 

Livres, Musique

Le Lykke et Juliette Armanet

Samedi 17 février

Lykke et juliette armanet

Cela ne vous aura pas échappé, cette semaine on fêtait les amoureux. L’occasion pour Elsy de recevoir, elle aussi,  des petits cadeaux comme elle les aime : lecture, musique et gourmandises!!!

  • Le livre du Lykke  (prononcer Lu-Keu) de Meik Wiking

Lors d’un précédent article, je vous avais parlé d’un autre ouvrage de cet auteur :  Le livre du Hygge, dans lequel Meik Wiking, Président de l’institut de recherche sur le bonheur de Copenhague nous livrait le secret du bien-être à la danoise qui consiste à se concentrer sur les plaisirs simples de la vie. Dans ce nouvel ouvrage, il présente une cartographie de ce qui fait le bonheur dans différents pays à travers le monde. De Dubaï à Rio, il nous livre les facteurs du bonheur pour nous inspirer. Au lieu de mesurer le PIB d’un pays, ne serait-il pas préférable de mesurer l’indice du bonheur et du bien-être?

« La chasse au trésor

« En quoi avons nous foi, Sam?

Il y a du bon en ce monde, monsieur Frodon.

Il faut se battre pour cela. »

Comme Tolkien, Hemingway a écrit un jour que le monde est un endroit bon qui mérite qu’on se batte pour le conserver. Ces temps-ci, plus facile de remarquer les batailles que le bon. Il est plus simple de se laisser envahir par le ciel gris et les nuages noirs, pourtant nous devrions peut-être tous être davantage comme Samsaget Gamgie (avec quand même, si possible, une peu moins de poils aux pattes), et voir ce qui est bon dans ce monde qui est le nôtre. […]

C’est la raison d’être de ce livre : vous emmener à la chasse au trésor, à la poursuite du bonheur, pour trouver le bon qui existe dans ce monde et le mettre en lumière afin qu’ensemble, nous l’aidions à grandir. »

  • Petite Amie de Juliette Armanet

Album révélation de l’année 2017 lors des dernières victoires de la musique, c’est un vrai plaisir de découvrir ce premier album de la chanteuse Juliette Armanet. Un brin mélancolique, une voix quelquefois un peu maniérée, des images poétiques et surtout des mélodies au piano légères et d’autres qui swinguent davantage et qui nous emmènent avec délectation dans son univers romantique chic. Vous connaissez sans doute déjà L’ Amour en solitaire. J’aime beaucoup aussi Cavalier Seule et Alexandre et un coup de cœur pour L’Accident

L’Accident

Accident sur la route
A mille kilomètres heure
J’ai explosé mon cœur
Contre toi

Accident en Jaguar
Je crois bien que je broyais du noir
Je me la jouais bande à part
Superstar

T’es apparu d’un coup
Comme la vie en personne
J’attendais plus personne
Non non

Je suivais mon ombre,

Calmement

Accident dans ma chaire
J’ai pas fais ma prière
Quand blessée volontaire
J’ai lové ma peau contre tes bouts de verre

Accident idéal
Je voulais que tu me fasses du mal
Je rêvais d’aller au bal
En cavale

T’as disparu c’est tout
Comme la mort en personne
Je n’y suis plus pour personne
Non non

Je suis ton ombre, dans ton ombre

Maintenant

Accident éternel
Je serai plus jamais belle
J’aurai plus jamais d’ailes à briser

N’appelle pas les urgences
Je prendrai pas l’ambulance
Laisse moi juste l’élégance
De t’aimer

A écouter, lové à deux dans le canapé en mangeant coupablement quelques oursons à la guimauve, parce que ce n’est pas seulement pour les enfants ! ♥ ♥ ♥

« Oui, la liberté est mon Animâle »

Cavalier Seule, Juliette Armanet

 

fleur et nuage

Livres

La drôle de vie de Zelda Zonk

Samedi 10 février

Zelda Zonk

Zelda Zonk, saviez-vous que c’est le nom d’emprunt qu’avait choisi Maryline Monroe pour passer incognito? C’est en tous les cas le nom de la vieille dame, un brin mystérieuse, qui partage la chambre d’hôpital d’Hanna Reagan victime d’un grave accident de la route. Cet accident et cette rencontre vont bouleverser Hanna alors qu’elle mène une vie tranquille dans la campagne irlandaise aux côtés de Jeffrey, son mari et de Patti, la petite fille de sa sœur Gail, qu’elle élève. Hanna a tout pour être heureuse : une famille aimante et une collègue et amie à qui elle peut se confier et avec laquelle elle aime partager des moments de rire. Une seule ombre au tableau, ce bébé tant désiré qui ne veut pas venir.

De conversations en conversations, Zelda et Hanna se lient d’amitié. Et Hanna commence à s’interroger sur sa propre vie, sur la routine de celle-ci qui tourne quelque peu à l’ennui, à la fois pour elle et pour Jeffrey. Peut-elle tout remettre en question et partir sur un nouveau chemin? A-t-elle le droit de céder à la passion qu’elle sent naître devant le beau Michael ou doit-elle être raisonnable et sauver son couple? Est-il possible, comme le lui dit Zelda, de trouver sa voie et d’être vraiment heureuse?

« Hanna soupira et reposa sa tasse. On y était. Jusqu’ici, elle n’avait vraiment parlé du départ de son mari à personne. Avait éludé le sujet avec Gail. N’avait rien dit à Marsha, au téléphone, prétendant seulement qu’elle avait un gros coup de fatigue, qui nécessitait qu’elle prenne deux jours de repos.

« Je n’ai pas été…disons…très accommodante avec Jeff, depuis mon accident. Je crois que je vous l’avais déjà dit la dernière fois qu’on s’est vues.

_ C’est normal. C’est une année difficile, pour vous. On ne s’attend jamais à tout ce qui peut nous arriver quand on s’embrasse gaiement sous le gui pour le Nouvel An.

_ Oui. Mais cette année-là dure depuis trop longtemps. Mon mari a souffert aussi, et je n’ai pas fait suffisamment attention à lui.

_ C’est souvent difficile, d’être à deux.

_ Oui, alors pourquoi l’être? Pourquoi faut-il absolument que les gens veuillent vivre à deux ? »

Zelda sourit.

« Vous savez, ce n’est pas typiquement humain. Les perruches aussi sont en couple. »

Elle tendit sa tasse vide à Hanna qui la lui remplit de nouveau.

« En ce qui nous concerne, reprit-elle plus sérieusement, je crois qu’on a besoin que quelqu’un nous connaisse. Nous reconnaisse. Ça nous rassure de vivre aussi dans le regard de l’autre… C’est la promesse de survivre à soi-même. »

Hanna la regarda sans rien dire.

« Enfin, ajouta Zelda, ça vaut ce que ça vaut, comme analyse. J’ai moi-même commencé à vivre pleinement quand j’ai décidé d’arrêter de vivre dans le regard des autres. La sagesse de la vieillesse, je suppose. »

Hanna, muette, sentit une nouvelle onde lui traverser le corps. Qu’est-ce que Zelda venait encore de lui dire?

J’ai moi-même commencé à vivre pleinement quand j’ai décidé d’arrêter de vivre dans le regard des autres…

Elle fixa la vieille dame, pétrifiée. Il y avait des yeux bleus ; il y avait bien ce grain de beauté – oh, tout petit et enchâssé dans une ride entre le nez et la bouche, mais il y était. Tranquillement, Zelda attrapa un sucre, le cassa en deux, et en lâcha une moitié dans sa tasse.

Hanna ne savait pas quoi dire. Elle était ici, assise dans cette maison, mais son esprit flottait entre deux mondes dont elle ignorait lequel était le bon. C’était vertigineux. »

Ce roman, La drôle de vie de Zelda Zonk, de Laurence Peyrin m’a bien plu. J’ai beaucoup aimé la première partie qui raconte les questionnements des différents personnages sur la vie, sur ce qu’ils en attendent, sur la monotonie qui peut finir pas détruire la fougue amoureuse et les rêves, tout en laissant place à un amour fait d’attachement et de tendresse, sur la nécessité, parfois, de briser des chaînes pour trouver la voie de l’épanouissement et du bonheur, même si ce n’est pas la seule clé.

J’ai, en revanche, moins aimé la deuxième partie du livre qui raconte avec beaucoup de descriptions l’éveil de la sensualité et de la passion entre Hanna et Michael et qui présente quelques longueurs, qui à mon goût, n’apportent pas de plus-value à l’histoire. En débutant la lecture de La drôle de vie de Zelda Zonk, je m’attendais à autre chose qu’au récit de ce qui est, malgré tout, une histoire d’amour et de passion. Ceci explique peut-être ma petite déception devant la tournure prise par le récit… Pour autant, je vous conseille de conserver cette idée de lecture pour cet été car ce roman trouvera toute sa place dans votre sac de plage et vous garantit un moment de lecture détente sur votre serviette, à l’ombre du parasol. ♥ ♥