Livres

Le retour de Chat-Bouboule

Samedi 16 juin

Quelle belle surprise pour Elsy de découvrir en ouvrant ses cadeaux d’anniversaire que Nathalie Jomard venait de sortir un tome 3 des aventures de son chat Bouboule en Grumeauland!

Chat-Bouboule – intermittent de la sieste

20180616_085629

 

Chat Bouboule est toujours aussi volumineux, gourmand, sans gêne, féroce quand il s’agit de faire la peau à un rouleau de papier toilette. Bref, il demeure l’Imperator de la maison !! C’est toujours un plaisir de retrouver cette boule de poils et de se surprendre à rigoler tout seul devant son bouquin.  Un vrai moment de détente ! ♥♥♥

chasser pour les truffes

Bilan de compétences

 

chat aspirateur

Si vous aimez regarder les vidéos de « Paroles de chats » sur Youtube, vous connaissez sans doute celle-ci où un beau Siamois passe l’aspirateur automatique Paroles de chat

chat sur les genoux

Et je ne résiste pas à l’envie de vous partager cette photo de Gribouille.

chat bouboule Patrice
Gribouille, le chat d’Estelle et Patrice

chat bouboule

Toute ressemblance avec Chat Bouboule serait fortuite !!

« Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats. »

Albert Schweitzer

Livres

Double secret

Dimanche 3 juin

Double secret

Un nouveau roman à vous présenter aujourd’hui que j’ai fini depuis plusieurs semaines, mais l’activité du mois de mai a eu raison de moi et je n’ai pas trouvé beaucoup de temps pour écrire. Il s’agit d’un roman de Willa Marsh, Double secret. Je vous avez parlé de ce livre dans mon article Lectures pour le printemps

Après le décès de sa mère, Matt, écrivant à succès, ne parvient plus à trouver l’inspiration. Les questions se bousculent dans sa tête après avoir découvert dans un joli coffret de bois de rose qui appartenait à sa mère, des photos sur lesquelles il se reconnaît mais dont il ne se souvient pas.

Il décide alors de s’installer pour quelques temps chez sa famille à Exmoor, sur la côte sauvage du Pays de Galles en espérant que l’inspiration reviendra. Là-bas, il renoue avec ses racines et la réalité du quotidien : celui de sa sœur Imogen qui rencontre des problèmes de couple, de Nick, son ami d’enfance et de ses problèmes d’argent, de Lottie qui l’a en partie élevé après la mort de son père quand sa mère est tombée dans la dépression, de Milo qui héberge Lottie dans sa vieille maison, tout en accueillant de temps en temps son ex-femme et sa maîtresse,  et qui a fait de tout ce petit monde sa grande famille.

Plus que l’intrigue et les étranges sensations qui pèsent sur Matt, ce roman est une galerie de personnages, attachants, souvent drôles car montrant leurs petites faiblesses. Les traits de caractère sont extrêmement bien dépeints et on a l’impression de voir s’animer sur le papier des êtres qui nous sont proches. Certains révèlent des travers peu glorieux et d’autres une belle âme.

Voyage à travers le temps et retour aux sources, l’histoire de ce livre se révèle être un élixir de bien-être. Simplicité, partage et attention portée aux autres sont les maîtres mots qui régissent la vie sous le toit de Milo. Une belle famille et des bons sentiments sans niaiserie. Ça fait un bien fou!!

Et en plus, un petit matou croise le chemin de notre héros écrivain et le conduit sur le chemin de la vérité…

« Il resta complètement immobile, en vidant son esprit, attendant les prémisses d’un geste créatif : un fragment d’idée, l’ombre d’un personnage…

Seuls le chant des oiseaux et le bruit du ruisseau lui répondirent. Il rouvrit les yeux en se sentant toujours dérouté et frustré. Soudain, quelque chose fila entre les racines du lilas, les feuilles tremblèrent, et il se pencha en avant pour mieux voir. L’animal était plus grand qu’un oiseau, doté d’une robe pâle, semée de tâches d’ombre et de soleil. Le chaton apparut dans l’herbe, frappa une feuille, puis s’assit sur son train arrière. Matt vit sa gueule s’ouvrir en un court bâillement rose.

Tandis qu’il l’observait, deux souvenirs lui revinrent à l’esprit : celui du chat roux dans les tableaux – et puis un autre qui lui échappa aussitôt. Le chaton s’avança, Matt se leva et marcha à sa rencontre. Il était si joli, si mignon… Matt s’accroupit et lui tendit la main. Le petit chat se pressa dans sa paume, en miaulant piteusement. Matt le ramassa et le caressa d’un doigt en lui parlant avec douceur. Un bref regard lui montra que c’était un mâle et il le rapporta à la maison. »

Exmoor

 

 

Livres

Madame Pylinska et le secret de Chopin

Samedi 21 avril

Mme Pylinska

Ce beau soleil et la chaleur de ces derniers jours vous redonnent sans doute plein d’énergie pour savourer ce printemps qui se transforme en été. Les rosiers se remplissent de feuilles, les pruniers et les poiriers de fleurs, et le lilas commence à bourgeonner. Bref, la nature reprend vie après un hiver bien triste et gris. Tout cela nous redonne du baume au cœur et nos amis matous profitent également du soleil pour reprendre le chemin de la campagne et délaisser le gros fauteuil douillet dans lequel ils se sont lovés durant tous les jours de pluie et de froid.

Une belle lecture que je souhaitais vous faire partager aujourd’hui, celle du dernier livre d’Eric-Emmanuel Schmitt : Madame Pylinska et le secret de Chopin.

Qui ne s’est pas laissé transporter par une valse de Chopin? Qui, s’il est pianiste, ne s’est pas frotté à ses Préludes et au déchiffrage souvent ardu de ses partitions? Qui n’a pas cherché à recréer sous ses doigts les émotions suscitées par les harmonies de l’artiste? Eric-Emmanuel Schmitt nous raconte, dans son ouvrage, comment il a découvert le plaisir de jouer du piano grâce à sa tante Aimée qui joua un jour Chopin sur le Schiedmayer de la maison familial. A ce moment, il eut envie d’apprendre à jouer du piano et son objectif était de pouvoir jouer la musique de Chopin, objectif au combien ambitieux et difficile à atteindre :

« Vers seize ans, je réclamai d’aborder Chopin. N’avais-je pas choisi le piano pour percer son énigme? Ma professeure sélectionna une valse, un prélude, un nocturne et je frémis à l’idée de subir l’initiation suprême.

Hélas, j’eus beau développer ma dextérité, dominer les pages ardues, mémoriser les morceaux, respecter les tempos, je ne retrouvai jamais le frisson de la première fois, cet ailleurs voluptueux tissé par la soie des sons, les caresses des accords, le cristallin de la mélodie. Si le piano obéissait à mes impulsions digitales, il ne répondait  ni à mes rêves ni à mes souvenirs. Le miracle ne se produisait pas. L’instrument suave, clair, fragile, émouvant, sous les doigts d’Aimée, retentissait viril et franc sous les miens. Était-ce lui? moi? ma professeure? Quelque chose m’échappait. Chopin me fuyait. »

Jeune étudiant à Paris, Eric-Emmanuel Schmitt souhaite poursuivre ses cours de piano. Il choisit de prendre des cours auprès de Madame Pylinska, dont la réputation est excellente. Le jeune étudiant fait alors la connaissance d’un personnage hors du commun, en apparence un peu farfelu, entouré d’une ribambelle de chats et qui, plutôt que de lui faire travailler des gammes et les partitions, lui demande de réaliser quelques expériences à l’image de rites initiatiques à la frontière de l’intime. Sur le chemin vers Chopin, Eric-Emmanuel Schmitt se découvrira lui-même, il découvrira la vie et ce qui fait son essentiel.

A travers des mots choisis, justes, Eric-Emmanuel Schmitt fait vivre l’émotion du timbre du piano, de la musique de Chopin. On sourit aussi à la manière dont Mme Pylinska bouscule son élève, le provoque parfois, le désarçonne :

« Sur le pas de la porte, madame Pylinska, cinquante ans, coiffée d’un foulard en soie sévèrement ajusté autour de ses traits nets, m’examina de la tête aux pieds, le sourcil arqué, la bouche pincée, comme si j’étais une erreur.

– Trop costaud, conclut-elle

– Trop costaud pour quoi?

Haussant les épaules, elle dégaina un fume-cigarette, cala son coude gauche sous sa main droite, approcha l’embout de ses lèvres.

_ La fumée ne vous dérange pas?

Sans attendre ma réponse, elle s’engouffra dans l’appartement, persuadée que je la suivrais. Après avoir emprunté un couloir ténébreux obstrué par trois chats qui me jaugèrent avec mépris, j’accédai au salon de musique encombré de multiples tables basses sur lesquelles s’entassaient les partitions. L’air véhiculait des odeurs de rose et de tabac brun.

-Couchez vous sous le piano.

-Pardon?

-Couchez vous sous le piano.

Elle me désigna le tapis persan déployé sous son Pleyel à queue.

-Vous craignez les acariens? Vu votre carrure, ce sont eux qui devraient se méfier…

Je m’accroupis, me glissai sous le piano et entrepris de ramper.

-Sur le dos!

Je m’allongeai, le visage face à la table d’harmonie.

-Les bras en croix. Paumes au sol.

J’obéis. Un matou à la fourrure fauve se faufila dans la pièce, sauta sur un pouf et s’y carra en m’adressant un regard ironique.

Madame Pylinska s’assit devant le clavier.

-Concentrez-vous sur votre peau. Oui, votre peau. Votre peau partout. Rendez-la perméable. Chopin a débuté ainsi. Il s’étendait sous le piano de sa mère et ressentait les vibrations. La musique, c’est d’abord une expérience physique. Puisque les avares n’écoutent qu’avec leurs oreilles, montrez-vous prodigue : écoutez avec votre corps entier.

Elle joua.

Comme elle avait raison ! La musique me frôlait, me léchait, me piquait, me pétrissait, me malaxait, me ballotait, me soulevait, m’assommait, me brutalisait, m’exténuait, les basses me secouant comme si je chevauchais une cloche d’église, les aigus pleuvant sur moi, gouttes froides, gouttes chaudes, gouttes tièdes, lourdes ou ténues, en rafales, en ondées, en filets, tandis que le médium onctueux me recouvrait le buste, tel un molleton rassurant au sein duquel je me blottissais. »

Ce livre réunit tout ce qu’Elsy aime : le piano, Chopin, les chats et la littérature. Un vrai plaisir de lire les mots d’Eric-Emmanuel Schmitt et de percer grâce à lui le secret de Chopin! ♥♥♥

piano Chopin

Livres

Les cahiers d’Esther – Histoires de mes 12 ans

Mardi 3 avril

Les cahiers d'Esther tome 3

L’année dernière à la même époque, je vous avais présenté   Les cahiers d’Esther – Histoire de mes 11 ans de Riad Sattouf.  Nouveau rendez-vous avec la jeune Esther pour le tome 3 et l’histoire de ses 12 ans pour ceux qui ne l’auraient pas suivi chaque semaine dans le magazine l’Obs. Riad Sattouf s’inspire de la vraie vie d’une jeune adolescente, fille de l’un de ses amis, qu’il appelle régulièrement et qui lui raconte son quotidien.

Cette fois, Esther vient d’entrer dans l’un des meilleurs collèges parisiens, grâce au concours qu’elle a décroché. Nouvel environnement, nouveaux amis, nouveaux profs et notre ado grandit et s’intéresse toujours davantage au monde qui l’entoure tout en nous partageant ses préoccupations parfois décalées.

 

Esther 12 ans

 

C’est toujours aussi plaisant et amusant de suivre Esther, de retrouver son langage pas toujours châtié : « Franchement tout le monde utilise  « J’m’en bats les couilles ». Ça veut dire « j’m’en fous ». On peut dire « j’m’en balek » aussi. J’le dis souvent. « Vazy j’m’en balek ». »

Dans ce tome, on revit avec Esther la dernière élection présidentielle. Elle ouvre de grands yeux quand elle découvre de que sa grand-mère a décidé de voter pour Marine Le Pen mais que, comme son père a dit qu’ils partiraient vivre en Belgique si elle est élue et qu’elle ne veut pas que ses enfants partent vivre loin d’elle, finalement elle ne votera pas pour Marine Le Pen. Le contexte politique est assez présent dans ce tome et le regard parfois décalé d’Esther qui pense que François Fillon va gagner car elle le trouve beau ou que tous ceux qui sont élus à la tête d’un pays appartiennent à la race très ancienne des reptiliens qui descendent des dinosaures, nous fait forcément sourire.

Esther histoire de mes 12 ans candidats présidentielles

Entre son Iphone, les comportements « chelou » des garçons, son hamster Manuela, les religions et l’argent, Esther livre un concentré de ce qui fait notre société. On alterne entre sourire amusé et un brin de honte et de culpabilité de donner à voir ce spectacle à nos ados.

En tous les cas, on réitère notre enthousiasme pour cette série et on dit : « Esther Présidente!! »♥♥

Esther présidente

 

 

Livres

Lectures pour le printemps

Mardi 20 mars

Renard les intéressants et double secret

Bonjour amis lecteurs! Aujourd’hui marque le début du printemps et même s’il ne fait pas très chaud après ce petit épisode neigeux, la journée s’annonce quand même ensoleillée. Les rosiers bourgeonnent, les jonquilles sont sorties de terre et les oiseaux chantent un peu plus fort le matin pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Alors oui, c’est le printemps!!

Plein d’entrain de se dire que l’on avance vers les beaux jours,  on ajoute quelques livres à sa  « to read list ». Sur la mienne, notamment, deux romans que j’ai prévu de lire  et dont je vous partage le résumé avant de vous en dire plus dans de prochains articles :

  • Les intéressants de Meg Wolitzer

Ce  gros roman raconte la vie d’un groupe de jeunes américains dont les destins se nouent lors d’un camp de vacances. Ils se sont baptisés : Les Intéressants et sont passionnés d’art, de musique et de théâtre. A travers le regard de l’une d’entre eux, Julie, surnommée Jules, nous les suivons pendant 40 ans à partir de 1974. Le roman aborde le thème de l’amitié, de la réussite, du renoncement à ses rêves sur fond d’histoire des Etats-Unis.  Et Augustin Trapenard, notre journaliste culture préféré de France Inter le qualifie de roman « impressionnant d’intelligence et de maîtrise ». Une belle lecture en perspective!!

  • Double secret de Willa Marsh

Willa Marsh y narre comment Matt, écrivain londonien qui vient de publier un premier roman à grand succès se retrouve, au moment d’écrire un nouveau livre,  pris par l’angoisse de la page blanche. Il décide alors de se réfugier auprès de sa famille sur la côte sauvage du Pays de Galles. C’est le début pour lui d’une longue introspection et d’une plongée dans ses souvenirs qui ressurgissent d’un coffret en bois de rose.

Welcome

 « Mon âme a son secret, ma vie a son mystère »

Alexis-Félix Arvers

Livres

Le mystère Henri Pick

Vendredi 2 mars

Le mystère Henri Pick

Je viens de refermer le roman de David Foenkinos Le mystère Henri Pick que vous avez dû remarquer dans toutes les librairies car il est sorti au format poche au début de l’année et il fait partie des meilleures ventes en ce moment. Alors, si vous l’avez déjà lu, j’espère que vous avez aimé ce livre autant que moi.

Henri Pick, pizzaiolo breton, mort à Crozon, il y a deux ans, a écrit un roman, à la plus grande surprise de sa veuve et de sa fille qui ne l’ont jamais vu lire un livre. Jean-Pierre Gourvec, bibliothécaire à Crozon a, pendant toute sa vie, constitué une collection de livres refusés par les éditeurs. Il est maintenant mort et c’est Magali, sa collègue, qui se charge de gérer la bibliothèque. Parmi les manuscrits oubliés, se trouve le livre écrit par Henri Pick : Les Dernières Heures d’une histoire d’amour que Delphine, éditrice, en vacances chez ses parents découvre dans cette bibliothèque et qu’elle décide de faire publier.  Un engouement autour de cette histoire insolite naît alors : Henri Pick écrivait-il sur sa machine à écrire, dans sa cave après la fermeture de son restaurant? Comment peut-il faire autant de référence à Pouchkine, lui qui n’a jamais manifesté le moindre intérêt pour la littérature russe? Etait-il même capable d’écrire une simple lettre? Madeleine, sa veuve, est interviewée par François Busnel himself. Les critiques littéraires et les admirateurs se pressent à Crozon pour respirer quelque chose d’Henri Pick et percer le mystère de cette création littéraire.

« Pick avait ainsi été sur toutes les lèvres, symbolisant le rêve d’être un jour reconnu pour son talent. Comment croire ceux qui disent écrire pour eux ? Les mots ont toujours une destination, aspirent à un autre regard. Écrire pour soi serait comme faire sa valise pour ne pas partir. Si le roman de Pick plaisait, c’était surtout l’histoire de sa vie qui touchait les gens. Elle faisait écho à ce fantasme d’être un autre, le super-héros dont personne ne sait les capacités extraordinaires, cet homme si discret dont le secret est de posséder une sensibilité littéraire imperceptible. Et moins on en savait sur lui, plus il fascinait. Sa biographie ne laissait rien paraître d’autre qu’une vie banale, linéaire. Cela renforçait l’admiration, pour ne pas dire le mythe. De plus en plus de lecteurs voulurent aller sur ses traces, et se recueillir sur sa tombe. Le cimetière de Crozon accueillaient ses admirateurs les plus fervents. Madeleine les croisait parfois. Ne comprenant pas leur démarche, elle n’hésitait pas à leur demander de partir et de laisser son mari tranquille. Était-elle du genre à penser qu’on pouvait réveiller un mort? En tous cas, il était possible de troubler ses secrets. »

L’idée de ce roman est originale et l’intrigue est conduite comme une enquête policière, ponctuée de moments de vie des différents personnages qui gravitent autour de l’œuvre d’Henri Pick avec leurs malheurs quotidiens, leurs existences souvent médiocres au cours de laquelle ils ont perdu leurs illusions. Ces personnages nous semblent tellement proches et authentiques que l’on a l’impression de croiser notre voisine du bout de la rue en entendant Madeleine parler. Le narrateur nous les dépeint avec humour et parfois un brin de sarcasme teinté de bienveillance.

Ce roman se lit avec beaucoup de plaisir, avec l’envie de découvrir le fin mot de cette histoire tout en nous parlant de la littérature et de notre rapport au livre. Un vrai bon moment de lecture ♥♥

 

Livres, Musique

Le Lykke et Juliette Armanet

Samedi 17 février

Lykke et juliette armanet

Cela ne vous aura pas échappé, cette semaine on fêtait les amoureux. L’occasion pour Elsy de recevoir, elle aussi,  des petits cadeaux comme elle les aime : lecture, musique et gourmandises!!!

  • Le livre du Lykke  (prononcer Lu-Keu) de Meik Wiking

Lors d’un précédent article, je vous avais parlé d’un autre ouvrage de cet auteur :  Le livre du Hygge, dans lequel Meik Wiking, Président de l’institut de recherche sur le bonheur de Copenhague nous livrait le secret du bien-être à la danoise qui consiste à se concentrer sur les plaisirs simples de la vie. Dans ce nouvel ouvrage, il présente une cartographie de ce qui fait le bonheur dans différents pays à travers le monde. De Dubaï à Rio, il nous livre les facteurs du bonheur pour nous inspirer. Au lieu de mesurer le PIB d’un pays, ne serait-il pas préférable de mesurer l’indice du bonheur et du bien-être?

« La chasse au trésor

« En quoi avons nous foi, Sam?

Il y a du bon en ce monde, monsieur Frodon.

Il faut se battre pour cela. »

Comme Tolkien, Hemingway a écrit un jour que le monde est un endroit bon qui mérite qu’on se batte pour le conserver. Ces temps-ci, plus facile de remarquer les batailles que le bon. Il est plus simple de se laisser envahir par le ciel gris et les nuages noirs, pourtant nous devrions peut-être tous être davantage comme Samsaget Gamgie (avec quand même, si possible, une peu moins de poils aux pattes), et voir ce qui est bon dans ce monde qui est le nôtre. […]

C’est la raison d’être de ce livre : vous emmener à la chasse au trésor, à la poursuite du bonheur, pour trouver le bon qui existe dans ce monde et le mettre en lumière afin qu’ensemble, nous l’aidions à grandir. »

  • Petite Amie de Juliette Armanet

Album révélation de l’année 2017 lors des dernières victoires de la musique, c’est un vrai plaisir de découvrir ce premier album de la chanteuse Juliette Armanet. Un brin mélancolique, une voix quelquefois un peu maniérée, des images poétiques et surtout des mélodies au piano légères et d’autres qui swinguent davantage et qui nous emmènent avec délectation dans son univers romantique chic. Vous connaissez sans doute déjà L’ Amour en solitaire. J’aime beaucoup aussi Cavalier Seule et Alexandre et un coup de cœur pour L’Accident

L’Accident

Accident sur la route
A mille kilomètres heure
J’ai explosé mon cœur
Contre toi

Accident en Jaguar
Je crois bien que je broyais du noir
Je me la jouais bande à part
Superstar

T’es apparu d’un coup
Comme la vie en personne
J’attendais plus personne
Non non

Je suivais mon ombre,

Calmement

Accident dans ma chaire
J’ai pas fais ma prière
Quand blessée volontaire
J’ai lové ma peau contre tes bouts de verre

Accident idéal
Je voulais que tu me fasses du mal
Je rêvais d’aller au bal
En cavale

T’as disparu c’est tout
Comme la mort en personne
Je n’y suis plus pour personne
Non non

Je suis ton ombre, dans ton ombre

Maintenant

Accident éternel
Je serai plus jamais belle
J’aurai plus jamais d’ailes à briser

N’appelle pas les urgences
Je prendrai pas l’ambulance
Laisse moi juste l’élégance
De t’aimer

A écouter, lové à deux dans le canapé en mangeant coupablement quelques oursons à la guimauve, parce que ce n’est pas seulement pour les enfants ! ♥ ♥ ♥

« Oui, la liberté est mon Animâle »

Cavalier Seule, Juliette Armanet

 

fleur et nuage

Livres

La drôle de vie de Zelda Zonk

Samedi 10 février

Zelda Zonk

Zelda Zonk, saviez-vous que c’est le nom d’emprunt qu’avait choisi Maryline Monroe pour passer incognito? C’est en tous les cas le nom de la vieille dame, un brin mystérieuse, qui partage la chambre d’hôpital d’Hanna Reagan victime d’un grave accident de la route. Cet accident et cette rencontre vont bouleverser Hanna alors qu’elle mène une vie tranquille dans la campagne irlandaise aux côtés de Jeffrey, son mari et de Patti, la petite fille de sa sœur Gail, qu’elle élève. Hanna a tout pour être heureuse : une famille aimante et une collègue et amie à qui elle peut se confier et avec laquelle elle aime partager des moments de rire. Une seule ombre au tableau, ce bébé tant désiré qui ne veut pas venir.

De conversations en conversations, Zelda et Hanna se lient d’amitié. Et Hanna commence à s’interroger sur sa propre vie, sur la routine de celle-ci qui tourne quelque peu à l’ennui, à la fois pour elle et pour Jeffrey. Peut-elle tout remettre en question et partir sur un nouveau chemin? A-t-elle le droit de céder à la passion qu’elle sent naître devant le beau Michael ou doit-elle être raisonnable et sauver son couple? Est-il possible, comme le lui dit Zelda, de trouver sa voie et d’être vraiment heureuse?

« Hanna soupira et reposa sa tasse. On y était. Jusqu’ici, elle n’avait vraiment parlé du départ de son mari à personne. Avait éludé le sujet avec Gail. N’avait rien dit à Marsha, au téléphone, prétendant seulement qu’elle avait un gros coup de fatigue, qui nécessitait qu’elle prenne deux jours de repos.

« Je n’ai pas été…disons…très accommodante avec Jeff, depuis mon accident. Je crois que je vous l’avais déjà dit la dernière fois qu’on s’est vues.

_ C’est normal. C’est une année difficile, pour vous. On ne s’attend jamais à tout ce qui peut nous arriver quand on s’embrasse gaiement sous le gui pour le Nouvel An.

_ Oui. Mais cette année-là dure depuis trop longtemps. Mon mari a souffert aussi, et je n’ai pas fait suffisamment attention à lui.

_ C’est souvent difficile, d’être à deux.

_ Oui, alors pourquoi l’être? Pourquoi faut-il absolument que les gens veuillent vivre à deux ? »

Zelda sourit.

« Vous savez, ce n’est pas typiquement humain. Les perruches aussi sont en couple. »

Elle tendit sa tasse vide à Hanna qui la lui remplit de nouveau.

« En ce qui nous concerne, reprit-elle plus sérieusement, je crois qu’on a besoin que quelqu’un nous connaisse. Nous reconnaisse. Ça nous rassure de vivre aussi dans le regard de l’autre… C’est la promesse de survivre à soi-même. »

Hanna la regarda sans rien dire.

« Enfin, ajouta Zelda, ça vaut ce que ça vaut, comme analyse. J’ai moi-même commencé à vivre pleinement quand j’ai décidé d’arrêter de vivre dans le regard des autres. La sagesse de la vieillesse, je suppose. »

Hanna, muette, sentit une nouvelle onde lui traverser le corps. Qu’est-ce que Zelda venait encore de lui dire?

J’ai moi-même commencé à vivre pleinement quand j’ai décidé d’arrêter de vivre dans le regard des autres…

Elle fixa la vieille dame, pétrifiée. Il y avait des yeux bleus ; il y avait bien ce grain de beauté – oh, tout petit et enchâssé dans une ride entre le nez et la bouche, mais il y était. Tranquillement, Zelda attrapa un sucre, le cassa en deux, et en lâcha une moitié dans sa tasse.

Hanna ne savait pas quoi dire. Elle était ici, assise dans cette maison, mais son esprit flottait entre deux mondes dont elle ignorait lequel était le bon. C’était vertigineux. »

Ce roman, La drôle de vie de Zelda Zonk, de Laurence Peyrin m’a bien plu. J’ai beaucoup aimé la première partie qui raconte les questionnements des différents personnages sur la vie, sur ce qu’ils en attendent, sur la monotonie qui peut finir pas détruire la fougue amoureuse et les rêves, tout en laissant place à un amour fait d’attachement et de tendresse, sur la nécessité, parfois, de briser des chaînes pour trouver la voie de l’épanouissement et du bonheur, même si ce n’est pas la seule clé.

J’ai, en revanche, moins aimé la deuxième partie du livre qui raconte avec beaucoup de descriptions l’éveil de la sensualité et de la passion entre Hanna et Michael et qui présente quelques longueurs, qui à mon goût, n’apportent pas de plus-value à l’histoire. En débutant la lecture de La drôle de vie de Zelda Zonk, je m’attendais à autre chose qu’au récit de ce qui est, malgré tout, une histoire d’amour et de passion. Ceci explique peut-être ma petite déception devant la tournure prise par le récit… Pour autant, je vous conseille de conserver cette idée de lecture pour cet été car ce roman trouvera toute sa place dans votre sac de plage et vous garantit un moment de lecture détente sur votre serviette, à l’ombre du parasol. ♥ ♥

 

Livres

Sam&Watson

Samedi 3 février

Sans doute, comme Elsy, vous adorez lire des histoires à vos enfants, petits enfants, neveux, nièces.  Elsy adore les albums pour enfants et notamment ceux qui  sont  l’occasion d’aborder autrement les sujets du quotidien et de trouver les mots pour aider les enfants à grandir. Quand on a du mal, soi-même, à expliquer certains sujets, les livres sont de formidables outils pour engager ensuite une discussion avec les enfants.

Dans la collection Petites histoires pour la vie, Sam&Watson, Ghislaine Dulier et Bérengère Delaporte, abordent des thèmes comme la confiance en soi, la vieillesse, la dispute, l’amour, la jalousie, le courage. Watson, le chat empli de sagesse de Sam, donne à son petit ami, quelques ficelles pour comprendre le monde qui l’entoure et l’aider à avancer sur le chemin de la vie.

Elsy aime particulièrement l’album Plus forts que la colère dans lequel Watson va montrer à Sam comment chasser les gros nuages orageux de sa tête et les ondes négatives pour faire revenir le soleil et le ciel bleu.

Sam en colère

Watson explique à Sam que son humeur dépend de lui et qu’il détient les clés pour se laisser submerger par la colère  ou bien au contraire choisir de se sentir bien en gérant ses émotions et les sentiments qu’il ressent. Il lui explique comment les autres peuvent ressentir nos énergies négatives et lui donne quelques pistes pour les chasser. La respiration et la relaxation mais aussi la ronronthérapie sont des clés pour retrouver l’apaisement.

« Watson monte sur les genoux de Sam, se blottit en boule tout contre lui et se met à ronronner. Sam le caresse. Il se sent encore fâché mais il chuchote dans un soupir : –

-J’aime bien quand tu ronronnes. C’est rigolo. Est-ce que le ronronnement aussi, c’est une énergie?

-Oui ! C’est une belle énergie, que je te donne pour que tu te sentes mieux. Le son que tu entends et la petite vibration là, sur tes jambes sont des énergies apaisantes. Des chercheurs ont même découvert que nos ronronnement peuvent calmer les battements du cœur humain quand ils sont trop rapides… Incroyable non?

-Tu veux dire comme un super-pouvoir?

-Oui, un peu comme un super-pouvoir… A quoi tu penses maintenant?

Sam sourit :

-Je suis content que tu sois là. »

Watson

 

 

 

 

 

Livres

La Mer en hiver

Mercredi 24 janvier

La Mer en hiver

Difficile de trouver le soleil ces derniers temps. La grisaille et la pluie se sont installées sur notre Touraine et on aimerait bien un peu plus de luminosité. Vous me direz, c’est un temps à lire en mode Hygge!!

Alors, je vous propose aujourd’hui de vous parler d’un livre, qui malheureusement, ne vous apportera pas la chaleur puisqu’il se déroule sur les hautes falaises du nord de l’Écosse, battues par la pluie et le vent. Pour autant, je parie que vous n’arriverez pas à décrocher tant il contient tous les ingrédients pour en faire un roman coup de cœur : intrigue historique, secret, histoire d’amour et un soupçon de fantastique.

Il s’agit de La Mer en hiver, de la romancière canadienne Susanna Kearsley, ouvrage que je vous avais présenté dans mon article Lectures pour janvier.

La Mer en hiver raconte l’histoire de Carrie McClelland, auteure de romans historiques, qui décide de s’installer près des ruines du château de Slains dans le nord de l’Écosse pour y écrire son prochain livre. Elle a choisi de raconter comment, en 1708, un groupe de soldats français et écossais, soutenus par des nobles écossais, organise le retour du roi James Stewart, exilé en France, afin de reprendre son trône. Elle raconte aussi le destin de la jeune Sophia, qui vient s’installer chez une parente la comtesse d’Eroll au château de Slains après avoir perdu son oncle chez qui elle vivait.

Le récit alterne entre l’histoire contemporaine de Carrie McClelland qui noue des liens d’amitié avec une famille du village de Cruden Bay où elle réside et la romance historique de Sophia avec en toile de fond l’intrigue politique qui sourdre dans l’Écosse du début du XVIIIème siècle.

Depuis son arrivée près de Slains et au fur et à mesure que Carrie avance dans l’écriture de son roman, elle éprouve des sensations étranges, comme si elle connaissait déjà cet endroit, les chemins qui y mènent et les personnages de son roman auxquels elle donne vie. C’est comme si leur histoire ressurgissait du fin fond de sa mémoire.

« Nous descendîmes la colline par son flanc arrière et nous retrouvâmes dans la même rigole aux arbres enchevêtrés et au cours d’eau vif que j’avais traversée avec Jane, deux jours plus tôt. Il faisait plus sec ce jour là. Mes bottes étaient bien moins glissantes quand nous franchîmes le petit pont et gravîmes la pente jusqu’à arriver au sommet des falaises.

Devant nous se dressaient les longues ruines de Slains avec la grande tour carrée à l’extrémité, surplombant la mer, et je regardai les fenêtres pour essayer de déterminer lesquelles avaient été celles de Sophia. J’aurais aimé passer quelques minutes à l’intérieur du château, mais il y avait un autre couple qui marchait autour des murs ce matin là, des touristes bruyants qui ne cessaient de rire et l’atmosphère n’était pas la même. Graham devait ressentir la même chose car il ne ralentit pas et me suivit tandis que je tournais le dos à Slains pour repartir le long de la côte.

Je fus perturbée par ce nouveau tronçon de chemin. Pas par le sentier lui-même – il n’était vraiment pas si difficile pour quelqu’un habitué aux terrains accidentés -, mais par le fait que tout, autour de moi, le paysage entier, m’était familier. J’avais ressenti ces impressions de déjà-vu, comme presque tout le monde. Il m’était arrivé d’expérimenter le sentiment fugitif d’avoir déjà fait quelque chose, ou d’avoir déjà eu la même conversation. Mais cela n’avait duré qu’un instant. Je n’avais jamais connu cette sensation prolongée, qui s’apparentait à une certitude, que j’étais déjà venue à cet endroit. Que juste là, si je regardais à ma droite, je verrais le… »

Les deux récits, contemporain et ancien, alternent avec beaucoup de brio et s’entremêlent. On est surtout pris par les péripéties de l’aventure historique tout en étant plongé dans une sensation d’insécurité permanente quand on suit les pas de Sophia et de Carrie. A chaque instant, on s’attend à un rebondissement et l’on est totalement absorbé par l’intrigue historique des Jacobites ainsi que par la passion qui se noue entre Sophia et John Moray.

Pour les âmes « fleur bleue », ce roman est fait pour vous. Je l’ai dévoré, pris à la fois par le fil des événements historiques,  l’envie de savoir comment se terminera la relation entre Sophia et Moray et l’ambiance un peu fantastique qui saisit Carrie McClelland dans son exercice d’écriture, même si cette dimension n’était pas vraiment nécessaire à la qualité du récit.

Si vous êtes amoureux de l’Écosse, vous serez également transporté par la description des hautes falaises, de la mer, du ciel, par les éléments naturels et les paysages qui font le décor de ce récit.

« Elle s’enveloppa d’une couverture pour se protéger du froid et se leva, curieuses de découvrir la vue de sa fenêtre. Elle avait espéré des collines ou des arbres… bien qu’elle ne se rappelât pas avoir aperçu d’arbres à l’approche de la maison la veille. De fait, cette partie de l’Écosse semblait plutôt dépourvue de végétation à l’exception des ajoncs et des herbes hirsutes qui poussaient près de la mer. C’était peut-être le sel qui empêchait le développement de plantes plus délicates. 

Une autre violente bourrasque de pluie assaillit la fenêtre au moment où elle l’atteignait. L’espace d’un instant, elle ne vit rien du tout, puis le vent chassa l’eau en des ruisselets se déversant sur les côtés, lui découvrant alors le paysage.

La vue était inattendue et lui coupa le souffle. Elle voyait la mer et rien d’autre. Elle aurait très bien pu se trouver à bord d’un navire, à plusieurs jours de voyage d’une côte : rien que le ciel gris et les vagues fouettées par la tempête, s’étendant jusqu’à l’horizon obscur. La comtesse d’Eroll l’avait prévenue, au cours du dîner de la veille, que, par endroits les murs du château de Slains avaient été construits près des falaises, mais il semblait à Sophia que ces murs jaillissaient directement de la roche et qu’il ne pouvait rien y avoir au-dessous de sa fenêtre à part un simple mir de pierre au bord du précipice et, tout en bas, l’écume bouillonnante de la mer léchant les rochers.

Le vent précipita un autre torrent de pluie contre sa fenêtre. Elle fit alors demi-tour, se rapprocha du faible feu et sortit sa plus belle robe, faisant de son mieux pour se rendre présentable. Elle avait appartenu à sa mère et  était loin d’être aussi à la mode que celle que portait la comtesse la veille, mais la couleur bleu clair lui allait bien et, avec ses cheveux soigneusement peignés et attachés, elle se sentait plus à même d’affronter ce qui l’attendait.

Elle ne savait pas encore quelle serait sa place dans cette maison. Le sujet n’avait pas été abordé au dîner ; la comtesse s’était contentée de nourrir ses hôtes et de veiller à ce qu’ils ne manquent de rien avec une gracieuse hospitalité. Ce qui avait donné à Sophia l’espoir que cet endroit correspondrait bien à la promesse d’une maison heureuse et bienveillante.

Néanmoins, si la vie lui avait enseigné une chose, c’était qu’il ne fallait pas toujours compter sur les promesses Elle n’était pas à l’abri d’une amère déception. »

Un roman comme on les aime qui mêle suspense, l’Histoire avec un grand H, l’amour, dans un décor à couper le souffle. Un vrai coup de cœur!!  ♥♥♥♥

Slains_Castle_in_Cruden_Bay