La flemme en rose

Dimanche 2 décembre

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La mode est au flamant rose en ce moment. Vous avez remarqué? On en voit partout, sur les chemisiers, les serviettes en papier, les trousses, porte-clés…. alors je n’ai pas résisté à l’envie de vous faire partager le dernier mug d’Elsy.

La flemme? Le flamant? Y-a-t-il finalement un rapport entre cet animal étrange à  la couleur pinky et cet état qui vous saisit parfois, qui vous fait culpabiliser alors que vous avez mille choses à faire : nettoyer la voiture, ranger votre placard à chaussures, venir à bout de cette montagne de repassage…

On sent cette flemme monter et l’on se dit : « bouhhh, je le ferai le week-end prochain ». Et nous voici pris dans la spirale de la procrastination que nous avons pourtant bien intégrée comme mauvaise conseillère : « Ne remets pas au lendemain ce que tu peux faire le jour même! » nous dit le proverbe.

Mais après tout, dans cette affaire, la clé ne résiderait-elle pas dans la question de la définition de nos priorités? Pas toujours facile à faire me direz-vous. Mais, on peut peut-être essayer. Si déjà se poser la question était un premier pas vers la posture du flamant rose. En définitive, s’il dort sur une patte, n’est-ce pas pour préserver son équilibre?

Alors aujourd’hui, pourquoi ne pas écouter votre flemme. Je vous propose d’opter cet après-midi pour une petite pause goûter en famille autour de quelques muffins façon financiers et de choisir des lectures pour vos enfants ou petits enfants à la découverte de ce bel oiseau rose.

Commencez par réaliser les muffins avec vos bambins, c’est très simple et en général, il adorent faire de la pâtisserie. Voici la recette :

  • Préchauffez le four à 180°
  • Faites fondre 150 g de beurre
  • Dans un saladier, mélangez 50g de farine, 100g de poudre d’amande et 170g de sucre glace
  • Ajoutez le beurre fondu et mélangez bien
  • Dans un autre saladier, battez en neige 5 blancs d’œufs puis ajoutez les délicatement à la première préparation
  • Versez la pâte dans des moules à muffins et ajoutez sur le dessus une amande entière
  • Faites cuire 20 minutes à 180° jusqu’à ce que les muffins soient bien dorés

Vous pouvez également remplacer l’amande par  une framboise ou ajouter à la préparation quelques grammes de pâte de pistache…

Il est temps maintenant de s’enrouler dans une couverture et de plonger dans la lecture d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, le jeu étant de trouver à quel moment de l’histoire notre compère flamant rose se cache.

Je vous partage également ce poème de Maurice Carême pour un peu de rêverie.

Une patte repliée
Sous leurs plumes qui se figent,
Les hauts flamants rassemblés
S’efforcent de ressembler
A des roses sur leur tige.

Vit-on jamais dans le vent
Rosier plus vibrant de roses
Que ce bouquet de flamants roses,
Ce bouquet que le lac pose
Au pied du soleil levant ?

Et, quand le bouquet s’effeuille,
Qui peut encore distinguer,
De ce nuage rosé
Que la brise cueille,
Le flamant rose envolé ?

Maurice Carême

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Couverture du livre de Diane Ducret La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose

 

Le bonheur dans l’art de la lenteur

Dimanche 25 novembre

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Jour pluvieux que ce dimanche 25 novembre. Comme elle semble loin la douceur de l’été et l’on approche à grands pas des fêtes de fin d’années. Les devantures se parent de guirlandes et de dorures, les grandes surfaces vous invitent déjà à acheter les noix de saint jacques et autres foies gras qui garniront vos assiettes le soir du réveillon et vous songez peut-être déjà à faire votre liste au Père Noël…

Et si pour changer, on renonçait à se projeter aujourd’hui. Juste pour une journée, je vous propose de ne penser à rien qu’à d’autre qu’à cette journée de dimanche. Déposez votre smartphone dans une boite bien fermée et déconnectez du monde qui vous entoure, éteignez les radios, téléviseurs, oubliez ce qui vous attend demain au travail, fermez les écoutilles, enfilez vos bottes et votre imperméable et allez faire un tour dans la nature, bref, ralentissez.

Adopter l’art de la lenteur, comme le font si bien nos amis félins est sans doute la meilleure façon de se ressourcer, de mettre son esprit en pause et de profiter simplement de la vie.

Le Bonheur

De votre cœur tranquille et dans vos larges yeux,
O vénérable chat, la sagesse est innée;
Votre rouet sans fin près de la cheminée
Est l’écho bourdonnant d’un rêve harmonieux.

Quand vous voulez dormir comme dorment les Dieux,
Vous vous roulez en boule, âme prédestinée,
Vous laissez les soucis à la race damnée
Qui laboure la terre et qui sonde les cieux.

Tel qu’un brahme affranchi des misères du monde
Vous buvez le bonheur dans la coupe profonde
Où l’homme ne boit plus que la fièvre et la mort;

Et de l’Eden perdu le mirage tragique
Apparaît, évoqué par un miroir magique,
Dans la sérénité de vos prunelles d’or.

Hippolyte Taine , A trois chats, Douze sonnets

 

 

 

 

Les couleurs de l’automne

Dimanche 4 novembre

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L’automne s’est désormais installé et en ce dernier jour de vacances pour les enfants, on se plait à vouloir encore profiter des couleurs de la nature. On a envie de ballades en forêt sur des tapis de feuilles mortes, de ramasser des champignons ou de cueillir quelques cyclamens qui tapissent les sous-bois de tâches roses ou blanches.

Une fois encore je voulais vous partager ce très beau poème de Baudelaire qui chante la nature, ses couleurs et ses odeurs… Ralentissons pour savourer l’automne de la nature….

 

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Correspondances – Charles Baudelaire

 

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Le Hygge Saturnien

Dimanche 23 septembre

L’automne s’est bel et bien installé ce dimanche sur notre Touraine. L’ambiance est humide et grise. Il semble temps de ranger les transats et le salon de jardin, de troquer la petite robe d’été contre un pull bien douillet. Mais, pas d’abattement, car c’est un temps idéal pour s’adonner à notre sport favori le Hygge! Si vous ne savez pas comment débuter, je vous invite à lire Le livre du Hygge de Meik Wiking qui vous donnera toutes les ficelles pour vous lancer, et, vous verrez, la grisaille ne vous fera plus déprimer.

Pourquoi ne pas commencer dès ce dimanche en sortant vos fouets et plats à gâteau pour réaliser cette recette toute simple de gâteau aux noix du Périgord et pépites de chocolat? Car la pâtisserie, c’est très hygge!

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  • Dans un petit sac plastique, type sac congélation, versez 65 g de noix et concassez les à l’aide d’un rouleau à pâtisserie
  • Dans un saladier, mélangez, les noix, 50g de sucre, 100 g de farine et 1 sachet de levure
  • Ajoutez 2 œufs et un yaourt nature et mélangez bien pour obtenir une préparation fluide
  • Complétez la préparation en versant 100 g de pépites de chocolat puis versez la dans un moule de 18 à 20 cm préalablement beurré
  • Faites cuire à four chaud 180° pendant 20 à 25 mn puis laissez refroidir avant de démouler

A partager en famille avec un verre de cidre ou un thé bien chaud.♥♥

Deuxième étape pour un dimanche hygge, un peu de lecture. Je ne résiste pas à l’envie de vous partager la célèbre Chanson d’automne de Verlaine que vous connaissez sans doute mais que l’on se plaît à lire et relire.

Chanson d’automne

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

Enfin, pour être certain de profiter de ce moment, n’oubliez pas un peu de ronronthérapie!!

Cerise
Cerise, la minette de Cécile

Les chats d’Eole

Dimanche 9 septembre

Les enfants ont repris le chemin de l’école et malgré le beau soleil de ce week-end, les vacances nous semblent bien lointaines. On aurait bien envie de repartir en escapade pour retrouver légèreté et insouciance.

Alors, je vous propose d’aller à la rencontre des matous qui peuplent les petites îles éoliennes situées au large de la Sicile que sont Lipari, Vulcano, Panarea, Salina, Stromboli.

Plus connues pour leurs célèbres volcans encore en activité, ces îles sont un véritable petit coin de paradis, baignées par la douceur des vents et du soleil. A chaque coin de rue, endormis sur une pierre ou sous l’ombre d’un arbre, nos amis félins donnent à ces petites pierres posées sur la mer une âme particulière.

Ils sont un peu comme les gardiens des trésors d’Eole, dieu des vents, n’appartenant à personne et à tout le monde. Sans doute sont-ils eux aussi un peu divins, mais pas sauvages,  protégés par les Siciliens qui, au gré de leurs rencontres, sortent de leur sac des croquettes qu’ils déposent sur les pavés comme des offrandes…

 

« Nous gagnons Éolie, où le fils d’Hippotès, cher aux dieux immortels, Éole, a sa demeure. C’est une île qui flotte : une côte de bronze, infrangible muraille, l’encercle tout entière ; une roche polie en pointe vers le ciel. »

(L’Odyssée – Chant X – Homère)

doigts d'Eole
Lipari – Vulcano – Les doigts d’Eole

 

César, Cléopâtre et les vilains petits canards…

Dimanche 8 juillet

famille cygnes

 

César et Cléopâtre sont certes deux illustres personnages historiques. Pour Elsy, ce sont aussi deux magnifiques cygnes qui glissent majestueusement sur le plan d’eau du Parc de Mazières et qui ont donné naissance il y a quelques semaines à quatre petits cygnons ou cygneaux.  Malheureusement, la nature est ainsi faite que seuls deux d’entre eux ont réussi à se maintenir en vie.

Les deux petits égayent leurs barbotages de pépiements caractéristiques tout en suivant à la trace la ligne glissante de leur maman, tandis que leur papa gonfle ses ailes pour impressionner et chasser d’éventuels curieux qui tenteraient de s’approcher trop près des poussins au plumage gris.

 

Elsy pourrait passer des heures à contempler ces vilains petits canards qui se transformeront bientôt à leur tour en oiseaux nobles et magnifiques et prendront leur envol pour aller chercher une moitié avec laquelle ils pourront s’accoupler à leur tour.

cygne et 1 bébé

 

« Un soir, au soleil couchant, un grand vol d’oiseaux sortit des buissons. Jamais le caneton d’en avait vu de si beaux, d’une blancheur si immaculée, avec de longs cous ondulants. Ils ouvraient de larges ailes et s’envolaient loin des contrées glacées vers le midi, vers les pays plus chauds, vers la mer ouverte. Ils volaient si haut, si haut, que le caneton en fut impressionné ; il tournait sur l’eau comme une roue, tendait le cou vers le ciel… il poussa un cri étrange et si puissant que lui même en fut effrayé.

Jamais il ne pourrait oublier ces oiseaux merveilleux ! Lorsqu’ils furent hors de sa vue, il plongea jusqu’au fond de l’eau et quand il remonta à la surface, il était comme hors de lui-même. Il ne savait pas le nom de ces oiseaux ni où ils s’envolaient, mais il les aimait comme il n’avait jamais aimé personne. Il ne les enviait pas, comment aurait-il rêver de leur ressembler… »

Le vilain petit canard, Hans Christian Andersen (1842)

cygnes contre jour

 

 

 

Vents Crozon !

Mardi 8 mai

voilier
photo JC. Ruilier

Après quelques jours de repos au bord de la mer Elsy est de retour ! Rien ne vaut l’air iodé de la Bretagne pour recharger les batteries et se sentir revigoré.

Aujourd’hui, je vous emmène faire un tour sur la Presqu’île de Crozon dans le Finistère. Partez découvrir les pointes et autres falaises balayées par le vent et l’embrun des vagues qui viennent se briser le long des rochers.

Ici, on retrouve la nature à l’état pur et on prend un grand coup de fouet. C’est l’occasion de renouer avec la slow life et la contemplation… Laissez vous transporter de Camaret, en passant par la Pointe de Pen Hir, le Cap de la Chèvre jusqu’à l’île vierge et la plage du Palud. On se croirait presque en Corse tellement la mer est d’Iroise…

mer d'iroise

« La mer, c’est le cœur du monde. Vouloir visiter les océans, c’est aller se frotter aux couleurs de l’absolu. »

Ocean’s Songs -Olivier de Kersauson

« On ne s’impose pas sur la mer, on passe simplement sur la pointe des pieds, un peu comme dans la vie. »

Le monde comme il me parle – Olivier de Kersauson

 

« Quand je regarde la mer ,
je me promène dans le temps du monde .
[…]
En mer,
je retrouve ma langue maternelle:
le silence . »

Promenades en mer et étonnements heureux – Olivier de Kersauson

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Plage du Palud – JC. Ruilier

« Prendre la mer, c’est tout sauf une fuite, c’est au contraire une discipline et une contrainte. Décider d’aller chevaucher les vagues, c’est une conquête, et pour conquérir, il faut partir. « 

Ocean’s Songs -Olivier de Kersauson

« Le monde ici me dit clairement que je ne suis qu’un passant. Alors je pense dans mon for intérieur : Il me suffirait d’être ce mouvement-là pour être éternel. Le bruit du récif m’indique que je suis déjà vaincu. Ce bruit va continuer, continuer et continuer encore…
Cette respiration n’est pas la mienne, c’est celle du monde. Elle ne me rend que plus dérisoire et vulnérable. Je n’ai, moi, qu’un tout petit souffle. »

Le monde comme il me parle – Olivier de Kersauson

« Le chant de la mer, c’est l’éternité dans l’oreille. »

Le monde comme il me parle – Olivier de Kersauson

Le chat

Dimanche 29 avril

Un dimanche pluvieux et gris aujourd’hui. Après de beaux jours de soleil et de chaleur où l’on se dit que notre planète a bien chaud, nous voilà revenus comme au mois de novembre. Seuls indices qui nous montrent bien que nous sommes à la veille du mois de mai, le joli mauve des glycines suspendus devant les maisons et l’éclat blanc des lilas dans les jardins.

Aujourd’hui, je voulais vous partager un beau poème de Charles Baudelaire qui célèbre le chat, leur mystère et leur beauté…

I

Dans ma cervelle se promène
Ainsi qu’en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l’entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s’apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C’est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n’a pas besoin de mots.

Non, il n’est pas d’archet qui morde
Sur mon cœur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu’harmonieux !

II

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu’un soir
J’en fus embaumé, pour l’avoir
Caressée une fois, rien qu’une.

C’est l’esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
Tirés comme par un aimant
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal (1857)

Ce poème est aussi l’occasion pour moi de rendre hommage au travail d’une association tourangelle qui ne ménage pas sa peine pour venir en aide à des chats cabossés, blessés, chassés, qui les recueille, les soigne et leur permet soit de finir tranquillement leurs vieux jours, soit de trouver une famille qui les adoptera et leur apportera l’amour qu’ils méritent : Félinpourl’autre 

Allez faire un tour sur le site Internet de l’association en cliquant ici

Vous y découvrirez de magnifiques matous, leurs histoires et surtout le dévouement de ceux qui les prennent en charge. Une belle leçon de vie et de respect pour l’animal.

 

« Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour-propre. »

Claude Levi Strauss

L’ardeur d’un air de printemps

Dimanche 11 mars

bouquet printemps

Le soleil brille ce matin et on se laisse doucement bercer par ses rayons et l’air frais de ce printemps qui annonce son retour.  Les jonquilles sortent de terre, la nature reprend vie et on ressent l’envie d’aller cultiver notre jardin et de remettre un peu de couleurs dans nos têtes.

C’est également en cette période que l’on célèbre, comme tous les ans, les poètes et la poésie. Cette année, on se laisse guider par l’ardeur, la vivacité, l’enthousiasme et le lyrisme des mots et on court lire un poème ou participer à un événement du Printemps des Poètes.

 

affiche printemps des poètes ardeur

 

Je dédie mes poèmes
à tout ce que je ne comprends pas

À tout ce qui existe
et que je ne vois pas

Je les dédie au silence
qui se trouve au fond
de chaque fracas

Anise Koltz
Poème extrait de Galaxies intérieures

 

 

Alors pour célébrer à ma façon le Printemps de la poésie, je vous partage un poème d’Anna-Elisabeth de Noailles que je trouve particulièrement beau… ♥♥♥

L’ardeur

Rire ou pleurer, mais que le cœur
Soit plein de parfums comme un vase,
Et contienne jusqu’à l’extase
La force vive ou la langueur.

Avoir la douleur ou la joie,
Pourvu que le cœur soit profond
Comme un arbre où des ailes font
Trembler le feuillage qui ploie ;

S’en aller pensant ou rêvant,
Mais que le cœur donne sa sève
Et que l’âme chante et se lève
Comme une vague dans le vent.

Que le cœur s’éclaire ou se voile,
Qu’il soit sombre ou vif tour à tour,
Mais que son ombre et que son jour
Aient le soleil ou les étoiles…

Anna de Noailles, Le cœur innombrable

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Edimbourg : cité des écrivains

Vendredi 9 mars

Le printemps approche à grands pas et peut-être commencez-vous à songer à programmer quelques escapades dans des contrées plus ou moins lointaines. Alors pourquoi ne pas vous laisser tenter par mon coup de cœur de ce jour : Edimbourg,  capitale de l’Ecosse, cité de l’esprit et des écrivains selon J.K. Rowling, la célèbre auteure d’Harry Potter? Celle-ci écrivit son roman dans un petit salon de thé, dans la vieille ville dominée par son château médiéval massif et impressionnant perché sur un piton rocheux. Nombreux sont les auteurs écossais qui ont vécu à Edimbourg : Walter Scott, Robert Louis Stevenson, Robert Burns, David Hume, Arthur Conan Doyle, J.K. Rowling  et cette ville a été choisie par l’UNESCO comme la première ville mondiale de la littérature.

La découverte de la capitale écossaise et de sa culture est un vrai plaisir : pubs, musique au son de la cornemuse et des violons, kilt, whisky, elle est aussi une cité où l’on ressent l’ambiance de l’univers à la fois magique et terrifiant d’Harry Potter…

Entre vieille ville, balade à pied le long du Leith jusqu’au port, musées, et le Royal Botanic Garden,   l’exploration d’Edimbourg, de son histoire et de son patrimoine est un ravissement.

On peut aussi y déguster quelques douceurs et y rencontrer au détour d’une rue ou d’un jardin quelques amis à quatre pattes ! Tous les ingrédients d’un séjour réussi sont réunis!!

 

Mon amour est une rose rouge, rouge,
Au printemps fraîchement éclose.
Mon amour est une mélodie,
Jouée en douce harmonie.

Si belle es-tu ma douce amie,
Et je t’aime tant et tant,
Que je t’aimerai encore, ma mie,
Quand les mers seront des déserts.

Les mers seront des déserts secs, ma mie,
Les roches fondront au soleil,
Et je t’aimerai toujours, ma mie,
Tant que s’écoulera le sable de la vie.

Au revoir pour un temps m’amour,
A te revoir dans peu de temps!
Je reviendrai, mon seul amour,
Même de l’autre bout du monde.

My love is like a red red rose

My love is like a red red rose
That’s newly sprung in June:
My love is like the melodie
That’s sweetly play’d in tune.

So fair art thou, my bonnie lass,
So deep in love am I :
And I will love thee still, my dear,
Till a’ the seas gang dry.

Till a’ the seas gang dry, my dear,
And the rocks melt wi’ the sun :
And I will love thee still, my dear,
While the sands o’ life shall run.

And fare thee weel, my only love,
And fare thee weel awhile !
And I will come again, my love,
Tho’ it were ten thousand mile.

Robert Burns (1759-1796)