Poésie

Madère, un jardin au cœur de l’océan

Dimanche 23 juin

20190412_120436Le soleil et la chaleur se sont invités ce week-end sur la Touraine. Je profite de cette douce chaleur pour vous emmener en voyage sur une île au cœur de l’océan, à Madère, que l’on appelle aussi l’île aux fleurs. Caractérisée par sa tempérance et la luxuriance de sa nature, Madère est un petit coin de paradis. Au détour de l’un des nombreux chemins de randonnées, laissez vous charmer par les couleurs de ce bijou posé sur l’océan. Et pour accompagner ce voyage, je vous propose quelques textes de Fernando Pessoa, poète portugais.

« Notre vie est un voyage
Dans la nuit et dans le vent
Nous trouvons notre passage
À travers espace et temps
Rien jamais ne nous arrête
Et du soir jusqu’au matin
Chaque nuit est une fête
Et non pas un songe vain »

« La beauté est le nom de quelque chose qui n’existe pas et que je donne aux choses en échange du plaisir qu’elles me donnent »

« Un poème sommeille en moi

Qui exprimera mon âme entière.

Je le sens aussi vague que le son et le vent

Non modelé dans sa forme accomplie.

Il n’a ni stance, ni vers, ni mot.

Il n’est même pas tel que je le rêve.

Rien qu’un sentiment confus de lui,

Rien qu’une brume heureuse entourant la pensée.

Jour et nuit dans mon mystère intime

Je le rêve, je le lis, je l’épelle,

Et sa vague perfection toujours

Gravite en moi à la frange des mots.

Jamais, je le sais, il ne sera écrit.

Je sais et j’ignore à la fois ce qu’il est.

Mais je jouis de le rêver,

Car le bonheur, même faux, reste le bonheur »

Et pour finir cette belle balade, quelques rencontres de créatures gazouillantes, à bosse ou à moustaches qui peuplent cet Éden d’ azur et de verdure…

« Ne pas tenter de comprendre ; ne pas analyser… Se voir soi-même comme on voit la nature; contempler ses émotions comme on contemple un paysage — c’est cela, la sagesse… »

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Poésie

A l’intérieur d’une perle : le bassin d’Arcachon

Dimanche 3 mars

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« Aucun lieu de France ne ressemble à ce qu’était alors la rive occidentale du Bassin d’Arcachon : un pays sans terre, sans pierres, sans chemins ; rien que du sable, une eau transparente, des forêts de pins, des huttes de planches. Au milieu du Bassin, l’île-aux-Oiseaux, les parcs à huîtres, semblables à marée basse, à des villes lacustres en miniature ; à marée haute, indiqués seulement par une ligne de points ; au loin, montagne de neige, Fujiyama de ce paysage japonais, la grande dune du Pyla. A la fin du jour, le ciel, l’eau et le sable étaient du même rose : on se croyait à l’intérieur d’une perle ».

C’est ainsi que Jean Hugo, petit-fils de l’illustre Victor dépeint la beauté du bassin d’Arcachon.  Elsy et sa petite famille y ont séjourné quelques jours pendant les vacances scolaires et le temps était tellement beau que l’on se serait cru au mois de juin s’il n’y avait pas eu cette luminosité plus basse caractéristique d’un mois de février.

Le bassin qui court depuis la dune du Pyla jusqu’au Cap Ferret est une sorte de lagune qui vient comme une brèche dans la longue Côte d’Argent de sable et de dunes longue de 250km. On y vit du tourisme et de l’ostréiculture.

Nombreux sont les écrivains qui ont séjourné sur le bassin, Jean Cocteau, Jean-Paul Sartre, Raymond Radiguet, Jean Anouilh ou encore Marcel Aymé. Beaucoup ont retracé à travers leur écriture la plénitude de ce lieu.

Je vous propose de partir à la découverte de leurs mots et du bassin, Pyla, le Cap Ferret, les villages de pêcheurs où l’on cultive l’huitre, l’île aux Oiseaux et les cabanes tchanquées. Laissez vous baigner par la lumière de cet fin d’hiver et par l’odeur des mimosas qui fleurissent partout.

La balade commence par Arcachon depuis le front de mer jusqu’à la ville d’hiver et ses grandes maisons bâties au XIXème siècle et se termine à l’observatoire Sainte-Cécile pour admirer le panorama.

Un détour par la dune du Pyla s’impose. Après un peu d’exercice pour gravir la dune,   la vue sur le bassin et le banc d’Arguin est une magnifique récompense.

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« Étrange lieu que cette montagne sablonneuse, d’où l’on domine à la fois la mer et la forêt. Toutes deux s’étendent sous un ciel pur et bleu, dans un silence que rien ne trouble. On a là une impression de désert et de paix ».

Henri de Régnier

En bateau,pinasse,  l’île aux Oiseaux et les typiques cabanes tchanquées deviennent accessibles.

« Le bassin d’Arcachon, ce « Tahiti bordelais »

Harald Friedl

En dehors des sentiers battus, les ruelles des villages de pêcheurs de Gujan-Mestras à l’Herbe jusqu’au Cap Ferret sont un havre de paix. Et, au pays de l’huitre et de la pêche, nos amis matous ont eux aussi trouvé leur petit coin de paradis.

« Autour de ce rond miroir d’eau, le Bassin d’Arcachon, un cirque sinueux profile ses lisières de pins et de sable, boursouflées de dunes, les unes boisées d’un vert de bronze, d’autres sauvagement nues, aux crêtes d’argent rose, couleur de désert. Partout un océan de silence et de solitude. Les petits villages de pêcheurs ressemblent à des vols d’oiseaux de mer posés sur la plage ».

Jean Balde

Rien ne vaut enfin un couché de soleil depuis la grande jetée d’Andernos les Bains

« La marée a recouvert les bancs de sable. Le soleil déclinant dessine à la surface des eaux un éventail immense de clarté »

François Mauriac

 

 

Poésie

Gourmandises au château d’Azay le Rideau

Jeudi 3 janvier

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La fin des vacances approchent pour les enfants, il est temps de dénuder le sapin de ses guirlandes et de ranger dans des boites les boules scintillantes. C’est avec une pointe de regret que l’on sent s’éloigner l’ambiance joyeuse et douillette des fêtes de fin d’année

Alors, si vous souhaitez faire encore durer la magie de Noël, je vous invite à aller faire une petite visite au château d’Azay-le-Rideau où l’on fête Noël jusqu’au 7 janvier. Le château, qui revêt ses apparats de fête dans un intérieur très cosy aux lumières chatoyantes, replonge en l’année 1880 à l’époque où il était habité par le Marquis de Biencourt qui s’apprête à célébrer somptueusement  les fêtes de Noël.

 

Nous arrivons au bon moment, car c’est bientôt l’heure du goûter. Au fil des salons, cuisines et salles à manger, se succèdent, gâteaux à la broche, biscuits, fruits confits, cakes et pièces montées dans un décor chaleureux drapé de rouge, or et vert.

Le temps de cette visite gourmande qui sent bon la cannelle et l’orange, on se croirait tombé dans les pages du roman de la Comtesse de Ségur Les malheurs de Sophie quand Sophie ne pense qu’à une chose, goûter les fruits confits qui viennent d’être livrés à Mme de Réan:

« Après le dîner, Mme de Réan appela les enfants.
« Nous allons enfin ouvrir le fameux paquet, dit-elle, et goûter à nos fruits confits. Paul, va me chercher un couteau pour couper la ficelle. » Paul partit comme un éclair et rentra presque au même instant, tenant un couteau, qu’il présenta à sa tante.
Mme de Réan coupa la ficelle, défit les papiers qui enveloppaient les fruits, et découvrit douze boîtes de fruits confits et de pâtes d’abricots.
« Goûtons-les pour voir s’ils sont bons, dit-elle en ouvrant une boîte. Prends-en deux, Sophie ; choisis ceux que tu aimerais le mieux. Voici des poires, des prunes, des noix, des abricots, du cédrat, de l’angélique. »
Sophie hésita un peu ; elle examinait lesquels étaient les plus gros ; enfin elle se décida pour une poire et un abricot. Paul choisit une prune et de l’angélique. Quand tout le monde en eut pris, la maman ferma la boîte, encore à moitié pleine, la porta dans sa chambre et la posa sur le haut d’une étagère. Sophie l’avait suivie jusqu’à la porte.
En revenant, Mme de Réan dit à Sophie et à Paul qu’elle ne pourrait pas les mener promener, parce qu’elle devait faire une visite dans le voisinage.
« Amusez-vous pendant mon absence, mes enfants ; promenez-vous, ou restez devant la maison, comme vous voudrez. »
Et, les embrassant, elle monta en voiture avec M. et Mme d’Aubert et M. de Réan.
Les enfants restèrent seuls et jouèrent longtemps devant la maison. Sophie parlait souvent de fruits confits.
« Je suis fâchée, dit-elle, de n’avoir pas pris d’angélique ni de prune ; ce doit être très bon.
– Oui, c’est très bon, répondit Paul, mais tu pourras en manger demain ; ainsi n’y pense plus, crois-moi, et jouons. »
Ils reprirent leur jeu, qui était de l’invention de Paul. Ils avaient creusé un petit bassin et ils le remplissaient d’eau ; mais il fallait en remettre toujours, parce que la terre buvait l’eau à mesure qu’ils la versaient. Enfin, Paul glissa sur la terre boueuse et renversa un arrosoir plein sur ses jambes.

« Aïe, aïe ! s’écria-t-il, comme c’est froid ! Je suis trempé ; il faut que j’aille changer de souliers, de bas, de pantalon. Attends-moi là, je reviendrai dans un quart d’heure. »
Sophie resta près du bassin, tapotant l’eau avec sa petite pelle, mais ne pensant ni à l’eau, ni à la pelle, ni à Paul. À quoi pensait-elle donc ? Hélas ! Sophie pensait aux fruits confits, à l’angélique, aux prunes ; elle regrettait de ne pas pouvoir en manger encore, de n’avoir pas goûté à tout.
« Demain, pensa-t-elle, maman m’en donnera encore ; je n’aurai pas le temps de bien choisir. Si je pouvais les regarder d’avance, je remarquerais ceux que je prendrai demain… Et pourquoi ne pourrais-je pas les regarder ? Je n’ai qu’à ouvrir la boîte. »
Voilà Sophie, bien contente de son idée, qui court à la chambre de sa maman et qui cherche à atteindre la boîte ; mais elle a beau sauter, allonger le bras, elle ne peut y parvenir ; elle ne sait comment faire ; elle cherche un bâton, une pincette, n’importe quoi, lorsqu’elle se tape le front avec la main en disant :
« Que je suis donc bête ! je vais approcher un fauteuil et monter dessus ! »
Sophie tire et pousse un lourd fauteuil tout près de l’étagère, grimpe dessus, atteint la boîte, l’ouvre et regarde avec envie les beaux fruits confits. « Lequel prendrai-je demain ? » dit-elle. Elle ne peut se décider : c’est tantôt l’un, tantôt l’autre. Le temps se passait pourtant ; Paul allait bientôt revenir.
« Que dirait-il s’il me voyait ici ? pensa-t-elle. Il croirait que je vole les fruits confits, et pourtant je ne fais que les regarder… J’ai une bonne idée : si je grignotais un tout petit morceau de chaque fruit, je saurais le goût qu’ils ont tous, je saurais lequel est le meilleur, et personne ne verrait rien, parce que j’en mordrais si peu que cela ne paraîtrait pas. »
Et Sophie mordille un morceau d’angélique, puis un abricot, puis une prune, puis une noix, puis une poire, puis du cédrat, mais elle ne se décide pas plus qu’avant.
« Il faut recommencer », dit-elle.
Elle recommence à grignoter, et recommence tant de fois, qu’il ne reste presque plus rien dans la boîte. Elle s’en aperçoit enfin ; la frayeur la prend.
« Mon Dieu, mon Dieu ! qu’ai-je fait ? dit-elle. Je ne voulais qu’y goûter, et j’ai presque tout mangé. Maman va s’en apercevoir dès qu’elle ouvrira la boîte ; elle devinera que c’est moi. Que faire, que faire ?… Je pourrais bien dire que ce n’est pas moi ; mais maman ne me croira pas… Si je disais que ce sont les souris ? Précisément, j’en ai vu une courir ce matin dans le corridor. Je le dirai à maman ; seulement je dirai que c’était un rat, parce qu’un rat est plus gros qu’une souris, et qu’il mange plus, et, comme j’ai mangé presque tout, il vaut mieux que ce soit un rat qu’une souris. »
Sophie, enchantée de son esprit, ferme la boîte, la remet à sa place et descend du fauteuil. Elle retourne au jardin en courant ; à peine avait-elle eu le temps de prendre sa pelle, que Paul revint. »

Après cette visite, vous n’aurez envie que d’une chose, filer dans les ruelles pavées du village pour aller vous installer bien au chaud dans un salon de thé et savourer un bon chocolat chaud et une pâtisserie !

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« le château d’Azay diamant taillé à facettes serti par l’Indre monté sur des pilotis masqués de fleurs » Honoré de Balzac – Le  Lys dans la Vallée

 

 

 

Musique, Poésie

Gluggavedur

Samedi 22 décembre

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Que le temps était triste et maussade hier. La pluie n’a pas cessé de tomber sur la Touraine tandis que les rafales de vent secouait les frêles branches des arbres dénudés. Cette forte humidité n’a pas freiné l’ardeur des minettes, qui contrairement à ce que l’on pourrait penser, tentent toujours malgré un sol gorgé d’eau, de mettre le museau dehors pour aller pourchasser quelques mulots. Elles reviennent ensuite, à notre grand désespoir, frotter de leurs coussins crottés,  les vitres de la fenêtre de la cuisine, en oubliant que vous avez pris soin de faire les carreaux le week-end dernier, pour vous supplier de les faire rentrer au chaud. Vous ne pouvez évidemment pas résister à cette bouille au poil détrempé qui vous regarde par la fenêtre vous faisant clairement comprendre qu’il serait bien que vous puissiez vous dépêcher d’ouvrir cette fenêtre. Prise de pitié, vous vous exécutez et laisser rentrer le félin qui en profite, retrouvant sa fierté, pour vous remercier chaudement en relevant la queue et en se frottant allégrement sur vos mollets, histoire de se débarrasser du surplus d’humidité.   Il s’en va ensuite se léchtrouiller sur le fauteuil gris clair près du poêle, histoire de se sécher, tout en déposant au passage sur le carrelage les petites empreintes humides de ses papattes. Tous les propriétaires de chats exècrent les journées de pluie dès lors que le matou a décidé qu’il ne resterait pas dormir au sec à la maison.

Pourtant, quand il pleut, rien n’est plus agréable que de se préparer un bon thé bien chaud, de contempler le chat endormi en boule sur le même fauteuil d’un gris clair immaculé puis de poser son regard sur la fameuse fenêtre de la cuisine qui donne dans le jardin et le long de laquelle glissent les fines gouttes de pluie… Un sentiment de bien-être vous envahit alors, celui d’être en sécurité, au chaud et bien au sec sous le toit protecteur de votre foyer.

Nos amis islandais, dont Elsy adopte les chaussettes en pure laine les soirs d’hiver, ont une expression pour qualifier cet état « Gluggavedur » qui signifie apprécier le mauvais temps de sa fenêtre ! Avec certitude, cela vous parle! Tentez l’expérience, faites vous une bonne tasse de thé ou de café, programmez un peu de musique et installez-vous confortablement à votre fenêtre pour contempler la pluie. Pause ressourçante assurée…. On peut même se laisser aller à un peu de mélancolie et de vague à l’âme en écoutant les paroles de la Dame en noir. Parmi les chansons de Barbara, j’aime beaucoup celle qui s’intitule « Dis ! Quand reviendras-tu ? »

« Voilà combien de jours, voilà combien de nuits
Voilà combien de temps que tu es reparti
Tu m’as dit cette fois, c’est le dernier voyage
Pour nos cœurs déchirés, c’est le dernier naufrage
Au printemps, tu verras, je serai de retour
Le printemps, c’est joli pour se parler d’amour
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris
Et déambulerons dans les rues de Paris
Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus
Le printemps s’est enfui depuis longtemps déjà
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois
À voir Paris si beau dans cette fin d’automne
Soudain je m’alanguis, je rêve, je frissonne
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine
Je vais, je viens, je vire, je tourne, je me traîne
Ton image me hante, je te parle tout bas
Et j’ai le mal d’amour, et j’ai le mal de toi
Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus
J’ai beau t’aimer encore, j’ai beau t’aimer toujours
J’ai beau n’aimer que toi, j’ai beau t’aimer d’amour
Si tu ne comprends pas qu’il te faut revenir
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs
Je reprendrai la route, le monde m’émerveille
J’irai me réchauffer à un autre soleil
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin
Je n’ai pas la vertu des femmes de marins
Dis, mais quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus »
pluie d'automne

 

Poésie, Recettes

La flemme en rose

Dimanche 2 décembre

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La mode est au flamant rose en ce moment. Vous avez remarqué? On en voit partout, sur les chemisiers, les serviettes en papier, les trousses, porte-clés…. alors je n’ai pas résisté à l’envie de vous faire partager le dernier mug d’Elsy.

La flemme? Le flamant? Y-a-t-il finalement un rapport entre cet animal étrange à  la couleur pinky et cet état qui vous saisit parfois, qui vous fait culpabiliser alors que vous avez mille choses à faire : nettoyer la voiture, ranger votre placard à chaussures, venir à bout de cette montagne de repassage…

On sent cette flemme monter et l’on se dit : « bouhhh, je le ferai le week-end prochain ». Et nous voici pris dans la spirale de la procrastination que nous avons pourtant bien intégrée comme mauvaise conseillère : « Ne remets pas au lendemain ce que tu peux faire le jour même! » nous dit le proverbe.

Mais après tout, dans cette affaire, la clé ne résiderait-elle pas dans la question de la définition de nos priorités? Pas toujours facile à faire me direz-vous. Mais, on peut peut-être essayer. Si déjà se poser la question était un premier pas vers la posture du flamant rose. En définitive, s’il dort sur une patte, n’est-ce pas pour préserver son équilibre?

Alors aujourd’hui, pourquoi ne pas écouter votre flemme. Je vous propose d’opter cet après-midi pour une petite pause goûter en famille autour de quelques muffins façon financiers et de choisir des lectures pour vos enfants ou petits enfants à la découverte de ce bel oiseau rose.

Commencez par réaliser les muffins avec vos bambins, c’est très simple et en général, il adorent faire de la pâtisserie. Voici la recette :

  • Préchauffez le four à 180°
  • Faites fondre 150 g de beurre
  • Dans un saladier, mélangez 50g de farine, 100g de poudre d’amande et 170g de sucre glace
  • Ajoutez le beurre fondu et mélangez bien
  • Dans un autre saladier, battez en neige 5 blancs d’œufs puis ajoutez les délicatement à la première préparation
  • Versez la pâte dans des moules à muffins et ajoutez sur le dessus une amande entière
  • Faites cuire 20 minutes à 180° jusqu’à ce que les muffins soient bien dorés

Vous pouvez également remplacer l’amande par  une framboise ou ajouter à la préparation quelques grammes de pâte de pistache…

Il est temps maintenant de s’enrouler dans une couverture et de plonger dans la lecture d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, le jeu étant de trouver à quel moment de l’histoire notre compère flamant rose se cache.

Je vous partage également ce poème de Maurice Carême pour un peu de rêverie.

Une patte repliée
Sous leurs plumes qui se figent,
Les hauts flamants rassemblés
S’efforcent de ressembler
A des roses sur leur tige.

Vit-on jamais dans le vent
Rosier plus vibrant de roses
Que ce bouquet de flamants roses,
Ce bouquet que le lac pose
Au pied du soleil levant ?

Et, quand le bouquet s’effeuille,
Qui peut encore distinguer,
De ce nuage rosé
Que la brise cueille,
Le flamant rose envolé ?

Maurice Carême

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Couverture du livre de Diane Ducret La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose

 

Poésie

Le bonheur dans l’art de la lenteur

Dimanche 25 novembre

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Jour pluvieux que ce dimanche 25 novembre. Comme elle semble loin la douceur de l’été et l’on approche à grands pas des fêtes de fin d’années. Les devantures se parent de guirlandes et de dorures, les grandes surfaces vous invitent déjà à acheter les noix de saint jacques et autres foies gras qui garniront vos assiettes le soir du réveillon et vous songez peut-être déjà à faire votre liste au Père Noël…

Et si pour changer, on renonçait à se projeter aujourd’hui. Juste pour une journée, je vous propose de ne penser à rien qu’à d’autre qu’à cette journée de dimanche. Déposez votre smartphone dans une boite bien fermée et déconnectez du monde qui vous entoure, éteignez les radios, téléviseurs, oubliez ce qui vous attend demain au travail, fermez les écoutilles, enfilez vos bottes et votre imperméable et allez faire un tour dans la nature, bref, ralentissez.

Adopter l’art de la lenteur, comme le font si bien nos amis félins est sans doute la meilleure façon de se ressourcer, de mettre son esprit en pause et de profiter simplement de la vie.

Le Bonheur

De votre cœur tranquille et dans vos larges yeux,
O vénérable chat, la sagesse est innée;
Votre rouet sans fin près de la cheminée
Est l’écho bourdonnant d’un rêve harmonieux.

Quand vous voulez dormir comme dorment les Dieux,
Vous vous roulez en boule, âme prédestinée,
Vous laissez les soucis à la race damnée
Qui laboure la terre et qui sonde les cieux.

Tel qu’un brahme affranchi des misères du monde
Vous buvez le bonheur dans la coupe profonde
Où l’homme ne boit plus que la fièvre et la mort;

Et de l’Eden perdu le mirage tragique
Apparaît, évoqué par un miroir magique,
Dans la sérénité de vos prunelles d’or.

Hippolyte Taine , A trois chats, Douze sonnets

 

 

 

 

Poésie

Les couleurs de l’automne

Dimanche 4 novembre

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L’automne s’est désormais installé et en ce dernier jour de vacances pour les enfants, on se plait à vouloir encore profiter des couleurs de la nature. On a envie de ballades en forêt sur des tapis de feuilles mortes, de ramasser des champignons ou de cueillir quelques cyclamens qui tapissent les sous-bois de tâches roses ou blanches.

Une fois encore je voulais vous partager ce très beau poème de Baudelaire qui chante la nature, ses couleurs et ses odeurs… Ralentissons pour savourer l’automne de la nature….

 

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Correspondances – Charles Baudelaire

 

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Poésie, Recettes

Le Hygge Saturnien

Dimanche 23 septembre

L’automne s’est bel et bien installé ce dimanche sur notre Touraine. L’ambiance est humide et grise. Il semble temps de ranger les transats et le salon de jardin, de troquer la petite robe d’été contre un pull bien douillet. Mais, pas d’abattement, car c’est un temps idéal pour s’adonner à notre sport favori le Hygge! Si vous ne savez pas comment débuter, je vous invite à lire Le livre du Hygge de Meik Wiking qui vous donnera toutes les ficelles pour vous lancer, et, vous verrez, la grisaille ne vous fera plus déprimer.

Pourquoi ne pas commencer dès ce dimanche en sortant vos fouets et plats à gâteau pour réaliser cette recette toute simple de gâteau aux noix du Périgord et pépites de chocolat? Car la pâtisserie, c’est très hygge!

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  • Dans un petit sac plastique, type sac congélation, versez 65 g de noix et concassez les à l’aide d’un rouleau à pâtisserie
  • Dans un saladier, mélangez, les noix, 50g de sucre, 100 g de farine et 1 sachet de levure
  • Ajoutez 2 œufs et un yaourt nature et mélangez bien pour obtenir une préparation fluide
  • Complétez la préparation en versant 100 g de pépites de chocolat puis versez la dans un moule de 18 à 20 cm préalablement beurré
  • Faites cuire à four chaud 180° pendant 20 à 25 mn puis laissez refroidir avant de démouler

A partager en famille avec un verre de cidre ou un thé bien chaud.♥♥

Deuxième étape pour un dimanche hygge, un peu de lecture. Je ne résiste pas à l’envie de vous partager la célèbre Chanson d’automne de Verlaine que vous connaissez sans doute mais que l’on se plaît à lire et relire.

Chanson d’automne

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

Enfin, pour être certain de profiter de ce moment, n’oubliez pas un peu de ronronthérapie!!

Cerise
Cerise, la minette de Cécile
Poésie

Les chats d’Eole

Dimanche 9 septembre

Les enfants ont repris le chemin de l’école et malgré le beau soleil de ce week-end, les vacances nous semblent bien lointaines. On aurait bien envie de repartir en escapade pour retrouver légèreté et insouciance.

Alors, je vous propose d’aller à la rencontre des matous qui peuplent les petites îles éoliennes situées au large de la Sicile que sont Lipari, Vulcano, Panarea, Salina, Stromboli.

Plus connues pour leurs célèbres volcans encore en activité, ces îles sont un véritable petit coin de paradis, baignées par la douceur des vents et du soleil. A chaque coin de rue, endormis sur une pierre ou sous l’ombre d’un arbre, nos amis félins donnent à ces petites pierres posées sur la mer une âme particulière.

Ils sont un peu comme les gardiens des trésors d’Eole, dieu des vents, n’appartenant à personne et à tout le monde. Sans doute sont-ils eux aussi un peu divins, mais pas sauvages,  protégés par les Siciliens qui, au gré de leurs rencontres, sortent de leur sac des croquettes qu’ils déposent sur les pavés comme des offrandes…

 

« Nous gagnons Éolie, où le fils d’Hippotès, cher aux dieux immortels, Éole, a sa demeure. C’est une île qui flotte : une côte de bronze, infrangible muraille, l’encercle tout entière ; une roche polie en pointe vers le ciel. »

(L’Odyssée – Chant X – Homère)

doigts d'Eole
Lipari – Vulcano – Les doigts d’Eole

 

Poésie

César, Cléopâtre et les vilains petits canards…

Dimanche 8 juillet

famille cygnes

 

César et Cléopâtre sont certes deux illustres personnages historiques. Pour Elsy, ce sont aussi deux magnifiques cygnes qui glissent majestueusement sur le plan d’eau du Parc de Mazières et qui ont donné naissance il y a quelques semaines à quatre petits cygnons ou cygneaux.  Malheureusement, la nature est ainsi faite que seuls deux d’entre eux ont réussi à se maintenir en vie.

Les deux petits égayent leurs barbotages de pépiements caractéristiques tout en suivant à la trace la ligne glissante de leur maman, tandis que leur papa gonfle ses ailes pour impressionner et chasser d’éventuels curieux qui tenteraient de s’approcher trop près des poussins au plumage gris.

 

Elsy pourrait passer des heures à contempler ces vilains petits canards qui se transformeront bientôt à leur tour en oiseaux nobles et magnifiques et prendront leur envol pour aller chercher une moitié avec laquelle ils pourront s’accoupler à leur tour.

cygne et 1 bébé

 

« Un soir, au soleil couchant, un grand vol d’oiseaux sortit des buissons. Jamais le caneton d’en avait vu de si beaux, d’une blancheur si immaculée, avec de longs cous ondulants. Ils ouvraient de larges ailes et s’envolaient loin des contrées glacées vers le midi, vers les pays plus chauds, vers la mer ouverte. Ils volaient si haut, si haut, que le caneton en fut impressionné ; il tournait sur l’eau comme une roue, tendait le cou vers le ciel… il poussa un cri étrange et si puissant que lui même en fut effrayé.

Jamais il ne pourrait oublier ces oiseaux merveilleux ! Lorsqu’ils furent hors de sa vue, il plongea jusqu’au fond de l’eau et quand il remonta à la surface, il était comme hors de lui-même. Il ne savait pas le nom de ces oiseaux ni où ils s’envolaient, mais il les aimait comme il n’avait jamais aimé personne. Il ne les enviait pas, comment aurait-il rêver de leur ressembler… »

Le vilain petit canard, Hans Christian Andersen (1842)

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