Poésie

Gourmandises au château d’Azay le Rideau

Jeudi 3 janvier

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La fin des vacances approchent pour les enfants, il est temps de dénuder le sapin de ses guirlandes et de ranger dans des boites les boules scintillantes. C’est avec une pointe de regret que l’on sent s’éloigner l’ambiance joyeuse et douillette des fêtes de fin d’année

Alors, si vous souhaitez faire encore durer la magie de Noël, je vous invite à aller faire une petite visite au château d’Azay-le-Rideau où l’on fête Noël jusqu’au 7 janvier. Le château, qui revêt ses apparats de fête dans un intérieur très cosy aux lumières chatoyantes, replonge en l’année 1880 à l’époque où il était habité par le Marquis de Biencourt qui s’apprête à célébrer somptueusement  les fêtes de Noël.

 

Nous arrivons au bon moment, car c’est bientôt l’heure du goûter. Au fil des salons, cuisines et salles à manger, se succèdent, gâteaux à la broche, biscuits, fruits confits, cakes et pièces montées dans un décor chaleureux drapé de rouge, or et vert.

Le temps de cette visite gourmande qui sent bon la cannelle et l’orange, on se croirait tombé dans les pages du roman de la Comtesse de Ségur Les malheurs de Sophie quand Sophie ne pense qu’à une chose, goûter les fruits confits qui viennent d’être livrés à Mme de Réan:

« Après le dîner, Mme de Réan appela les enfants.
« Nous allons enfin ouvrir le fameux paquet, dit-elle, et goûter à nos fruits confits. Paul, va me chercher un couteau pour couper la ficelle. » Paul partit comme un éclair et rentra presque au même instant, tenant un couteau, qu’il présenta à sa tante.
Mme de Réan coupa la ficelle, défit les papiers qui enveloppaient les fruits, et découvrit douze boîtes de fruits confits et de pâtes d’abricots.
« Goûtons-les pour voir s’ils sont bons, dit-elle en ouvrant une boîte. Prends-en deux, Sophie ; choisis ceux que tu aimerais le mieux. Voici des poires, des prunes, des noix, des abricots, du cédrat, de l’angélique. »
Sophie hésita un peu ; elle examinait lesquels étaient les plus gros ; enfin elle se décida pour une poire et un abricot. Paul choisit une prune et de l’angélique. Quand tout le monde en eut pris, la maman ferma la boîte, encore à moitié pleine, la porta dans sa chambre et la posa sur le haut d’une étagère. Sophie l’avait suivie jusqu’à la porte.
En revenant, Mme de Réan dit à Sophie et à Paul qu’elle ne pourrait pas les mener promener, parce qu’elle devait faire une visite dans le voisinage.
« Amusez-vous pendant mon absence, mes enfants ; promenez-vous, ou restez devant la maison, comme vous voudrez. »
Et, les embrassant, elle monta en voiture avec M. et Mme d’Aubert et M. de Réan.
Les enfants restèrent seuls et jouèrent longtemps devant la maison. Sophie parlait souvent de fruits confits.
« Je suis fâchée, dit-elle, de n’avoir pas pris d’angélique ni de prune ; ce doit être très bon.
– Oui, c’est très bon, répondit Paul, mais tu pourras en manger demain ; ainsi n’y pense plus, crois-moi, et jouons. »
Ils reprirent leur jeu, qui était de l’invention de Paul. Ils avaient creusé un petit bassin et ils le remplissaient d’eau ; mais il fallait en remettre toujours, parce que la terre buvait l’eau à mesure qu’ils la versaient. Enfin, Paul glissa sur la terre boueuse et renversa un arrosoir plein sur ses jambes.

« Aïe, aïe ! s’écria-t-il, comme c’est froid ! Je suis trempé ; il faut que j’aille changer de souliers, de bas, de pantalon. Attends-moi là, je reviendrai dans un quart d’heure. »
Sophie resta près du bassin, tapotant l’eau avec sa petite pelle, mais ne pensant ni à l’eau, ni à la pelle, ni à Paul. À quoi pensait-elle donc ? Hélas ! Sophie pensait aux fruits confits, à l’angélique, aux prunes ; elle regrettait de ne pas pouvoir en manger encore, de n’avoir pas goûté à tout.
« Demain, pensa-t-elle, maman m’en donnera encore ; je n’aurai pas le temps de bien choisir. Si je pouvais les regarder d’avance, je remarquerais ceux que je prendrai demain… Et pourquoi ne pourrais-je pas les regarder ? Je n’ai qu’à ouvrir la boîte. »
Voilà Sophie, bien contente de son idée, qui court à la chambre de sa maman et qui cherche à atteindre la boîte ; mais elle a beau sauter, allonger le bras, elle ne peut y parvenir ; elle ne sait comment faire ; elle cherche un bâton, une pincette, n’importe quoi, lorsqu’elle se tape le front avec la main en disant :
« Que je suis donc bête ! je vais approcher un fauteuil et monter dessus ! »
Sophie tire et pousse un lourd fauteuil tout près de l’étagère, grimpe dessus, atteint la boîte, l’ouvre et regarde avec envie les beaux fruits confits. « Lequel prendrai-je demain ? » dit-elle. Elle ne peut se décider : c’est tantôt l’un, tantôt l’autre. Le temps se passait pourtant ; Paul allait bientôt revenir.
« Que dirait-il s’il me voyait ici ? pensa-t-elle. Il croirait que je vole les fruits confits, et pourtant je ne fais que les regarder… J’ai une bonne idée : si je grignotais un tout petit morceau de chaque fruit, je saurais le goût qu’ils ont tous, je saurais lequel est le meilleur, et personne ne verrait rien, parce que j’en mordrais si peu que cela ne paraîtrait pas. »
Et Sophie mordille un morceau d’angélique, puis un abricot, puis une prune, puis une noix, puis une poire, puis du cédrat, mais elle ne se décide pas plus qu’avant.
« Il faut recommencer », dit-elle.
Elle recommence à grignoter, et recommence tant de fois, qu’il ne reste presque plus rien dans la boîte. Elle s’en aperçoit enfin ; la frayeur la prend.
« Mon Dieu, mon Dieu ! qu’ai-je fait ? dit-elle. Je ne voulais qu’y goûter, et j’ai presque tout mangé. Maman va s’en apercevoir dès qu’elle ouvrira la boîte ; elle devinera que c’est moi. Que faire, que faire ?… Je pourrais bien dire que ce n’est pas moi ; mais maman ne me croira pas… Si je disais que ce sont les souris ? Précisément, j’en ai vu une courir ce matin dans le corridor. Je le dirai à maman ; seulement je dirai que c’était un rat, parce qu’un rat est plus gros qu’une souris, et qu’il mange plus, et, comme j’ai mangé presque tout, il vaut mieux que ce soit un rat qu’une souris. »
Sophie, enchantée de son esprit, ferme la boîte, la remet à sa place et descend du fauteuil. Elle retourne au jardin en courant ; à peine avait-elle eu le temps de prendre sa pelle, que Paul revint. »

Après cette visite, vous n’aurez envie que d’une chose, filer dans les ruelles pavées du village pour aller vous installer bien au chaud dans un salon de thé et savourer un bon chocolat chaud et une pâtisserie !

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« le château d’Azay diamant taillé à facettes serti par l’Indre monté sur des pilotis masqués de fleurs » Honoré de Balzac – Le  Lys dans la Vallée

 

 

 

Non classé

Meilleurs vœux pour 2019 !

Mardi 1er janvier

Ça y est les amis, 2018 s’en est allée et vous avez sans doute fêté dignement entre amis ou en famille l’arrivée de 2019. On ressent toujours un peu de mélancolie lorsque l’on célèbre le changement d’année,  comme un rite qui nous rappelle que le temps file dans sa course folle. C’est à ce moment là de la soirée que votre petite voix intérieure vous dit : « cette année, c’est décidé, je vais… » et commence alors la longue liste de résolutions que l’on qualifie de « bonnes » et que l’on s’efforcera de tenir, au mieux jusque fin janvier si l’on est hyper motivé!

Et si cette année, on se fichait un peu la paix et l’on oubliait de parler d’objectifs  et de réussite pour dresser la liste des bonnes résolutions en forme de petits cailloux bonheurs que l’on souhaiterait trouver sur sa route en 2019 ?

Que 2019 vous préserve en bonne santé, qu’elle soit pour vous une année douce et sucrée remplie de partages, de découvertes, d’émerveillements, de petits et grands bonheurs!

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Heureuse année 2019 !

 

 

 

Films

Le retour de Mary Poppins

Dimanche 30 décembre

Le retour de Mary Poppins

Les vacances de Noël sont souvent l’occasion d’emmener les enfants au cinéma. Et cette année encore, les sorties du mois de décembre offrent un large choix. Elsy a choisi d’aller voir Le retour de Mary Poppins de Rob Marshall. La célébrè Nurse de Londres est de retour sur les écrans pour le plus grand plaisir des petits et des grands. Rien de plus savoureux que ce retour en enfance au pays féérique de la comédie musicale qui a marqué tant d’enfants.

Michael Banks que l’on retrouve à l’âge adulte est un jeune veuf qui élève ses trois enfants Georgie, Annabel et John dans la maison familiale héritée de ses parents. Sa sœur Jane très impliquée dans la vie locale pour venir en aide aux plus démunis vient leur rendre visite régulièrement. Un matin, alors qu’elle se trouve chez son frère, deux huissiers viennent frapper à la porte. Ils apportent une mauvaise nouvelle.

C’est ce moment que choisi Mary Poppins, incarnée par Emily Blunt, pour descendre par un grand vent s’installer chez les Banks et s’occuper des enfants.  Toujours tirée à quatre épingles et d’une grande élégance, Mary Poppins souffle un vent de bonne humeur sur la maison et distille sa magie.

 

On se laisse absorber par cette comédie musicale aux musiques entrainantes et aux tableaux colorés qui mêlent scènes d’animation et scènes réelles dans des mondes enchantés ou jeux de lumières dans la brume du vieux Londres.

Emily Blunt est superbe et malicieuse en Mary Poppins. Meryl Streep (Topsy) est amusante en cousine loufoque et fantaisiste et Colin Firth (William Weatherall Wilkins) incarne un banquier cynique et sans cœur.

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Enfin, c’est toujours avec un plaisir rêveur que je me laisse emporter sur les toits de Londres entre décor et réalité …

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Évidemment,  on ne  regarde pas Le retour de Mary Poppins avec les mêmes yeux d’enfant qu’il y a quarante ans, mais le charme opère et l’on est séduit par ce conte qui tombe à pique pour Noël !

« Quand vos problèmes sont lancinants.
Il suffit d’être incandescent.
Tant qu’il y a de la lumière, il y a de l’espoir.
Soyons.
Luminomagifantastique.
Toujours.
Luminomagifantastique
Soyez.
Luminomagifantastique »

 

 

Livres

Noël à la petite boulangerie

Samedi 29 décembre

Noël à la petite boulangerie

Peut-être avez vous la chance de profiter de quelques jours de vacances. Même si les fêtes de fin d’années riment souvent avec des repas trop copieux qui finissent pas peser sur notre foie, elles sont aussi l’occasion de s’accorder une pause de quelques jours et comme le temps n’est pas propice à mettre le nez dehors, rien ne vaut un après-midi lecture au chaud sous une couverture.

Si vous avez été bien sages tout au long de cette année 2018, sans doute avez-vous trouvé sous le sapin les petits cadeaux que vous attendiez.

Pour Elsy, en plus des livres qu’elle avait demandés sur sa liste ( voir mon article N’oublie pas mon petit soulier…), elle a trouvé une jolie surprise de la part de son petit garçon : un roman feel good de Noël : Noël à la petite boulangerie.

C’est le dernier roman de la trilogie de Jenny Colgan après La petite boulangerie du bout du monde (voir mon La petite boulangerie du bout du monde) et Une saison à la petite boulangerie. 

Dans ce nouveau roman, tous les ingrédients d’une belle histoire de Noël sont réunis : l’amour, l’amitié, la famille et la certitude d’un happy end. En résumé de quoi oublier la grisaille et les tracas du quotidien avec un roman léger qui vous met dans l’ambiance de Noël.

Polly travaille dur dans sa boulangerie de la petite île des Cornouailles, Mount Polbearne. Elle file le parfait amour avec Huckle qui partage sa vie et celle de Neil, son macareux, qui aime se faire chauffer les plumes devant le fourneau du grand phare où ils habitent.

Les fêtes de Noël approchent et Polly rêvent de passer une journée tranquille au chaud à boire du champagne avec Huckle.

Pourtant, les choses ne vont pas du tout se passer comme elle l’espérait. Entre son amie Kerensa qui lui apprend qu’elle est enceinte de plusieurs mois, mais qui ne sait pas qui, de Reuben son mari ou d’un grand brésilien croisé un soir, est le père de son bébé; son père qui surgit dans sa vie alors qu’elle avait fini par vivre avec son absence et Huckle qui aimerait agrandir la famille, il n’en fallait pas moins pour perturber les plans de Polly. Et pour couronner le tout quand Reuben lui demande d’assurer le repas de Noël chez lui pour toute sa famille qui vient lui rendre visite des Etats-Unis, Polly, dont les finances sont au plus bas, n’a pas d’autre choix que d’accepter. Le rêve de Noël s’envole….

« Comment allait-elle bien pouvoir annoncer cette nouvelle à Huckle ? D’un autre côté, il ne faisait absolument aucun doute qu’ils étaient complètement fauchés. Son miel ne suffisait pas. Ils n’avaient pas besoin de grand chose, mais l’emprunt pour le phare était important et …

Polly poussa un soupir de frustration. Elle était consciente que son souci était bien peu de chose par rapport aux problèmes des autres (comme Kerensa par exemple). Mais elle avait tellement envie de calme pour Noël cette année. Celui de l’an passé, avec sa mère, avait été légèrement pesant (ce n’était pas la faute de sa mère, elle le savait bien). Et celui d’il y a deux ans avait été déchirant, car Huckle était parti aux Etats-Unis et l’avenir de Polly lui avait paru remis en question. Tout ce à quoi elle aspirait était un peu de répit. Rien que Huckle et elle, fêtant l’étape majeure qu’ils s’apprêtaient à franchir.

Elle savait qu’elle devait se sentir heureuse et reconnaissante. Que c’était réellement égoïste de souhaiter plus que ce qu’elle avait, alors qu’elle avait déjà tant. Mais elle avait imaginé que sa vie se poursuivrait de façon agréable et détendue encore un petit moment, à l’image de ce qu’elle était actuellement. Puis, un jour, où tout ne serait pas aussi mouvementé, elle profiterait de ce moment, des bébés et du reste, mais plus tard. »

On peut regretter que Jenny Colgan n’ait pas réussi dans ce dernier roman sur la petite boulangerie de Beach Street a donner plus de relief aux personnages et que l’intrigue se devine un peu à l’avance. Toutefois, c’est plaisant de replonger dans les histoires de Polly et Huckle et Noël à la petite boulangerie se lit facilement comme on regarde un film de Noël à la télévision.  Il faut le lire en se laissant aller à des bons sentiments et en écoutant son côté fleur bleue. A savourer comme un moment de lecture léger et sucré. ♥♥

Recettes

Whaou, c’est Noël !

Lundi 24 décembre

fondant au beurre de cacahuète

La neige n’est pas au rendez-vous, mais pourtant la magie de Noël, elle, est bien là. Les enfants ont déjà déposé leurs chaussons sous le sapin, au cas où Santa Claus aurait décidé de passer plus tôt que prévu par la cheminée de la maison. Vous vous affairez sans doute à décorer la table du réveillon qui scintillera de la lumière des bougies tout en préparant les plats de fête qui viendront ravir les papilles de votre tablée….

Elsy, vous vous en doutez, est chargée de préparer le dessert du réveillon. Pour les adultes, elle a choisi de tenter une nouvelle recette : une charlotte à la mangue. Si l’essai est concluant, je vous partagerais la recette dans un prochain article. Pour les enfants, rien de tel qu’un dessert au chocolat, et, pour changer un peu, Elsy a décidé de leur concocter des choco-fondants au beurre de cacahuète. Si cette idée vous tente, je vous en livre la recette :

  • Préchauffez le four à 180°
  • Faites fondre 150 g de chocolat noir et 150 g de beurre
  • Ajoutez 3 œufs et 150 g de sucre en poudre. Mélangez bien
  • Complétez la préparation avec 100 g de farine et 30 g de cacao en poudre
  • Dans des moules à muffins, versez une cuillère à café de la préparation dans le fond des moules
  • Déposez ensuite dessus une petite cuillère à café de beurre de cacahuète. Privilégiez le beurre bio qui ne contient pas d’huile de palme
  • Finissez de remplir les moules avec le reste de la préparation
  • Parsemez le dessus des gâteaux de quelques grains de pralin
  • Faites cuire pendant 12 à 15 minutes et dégustez les tièdes, c’est encore meilleur ! ♥♥♥

 

Joyeux Noël à toutes et tous !

Ebène

 

HO HO HO …

Non classé

Une petite beauté

Dimanche 23 décembre

A l’approche de la date anniversaire de notre blog, Elsy et moi avons décidé de lui refaire une petite beauté en modifiant le thème. J’espère que le nouveau design vous plaira. L’ergonomie n’est pas modifiée pour vous permettre de poursuivre votre navigation comme auparavant et de retrouver les articles que vous avez aimés.

Si ce nouveau look vous plaît n’hésitez pas à nous le faire savoir et à parler autour de vous des coups de cœur d’Elsy et de son chat Caramel en espérant que vous trouverez au fil de ces pages quelques inspirations pour nourrir vos papilles et votre esprit…

Retrouvez nous également sur les réseaux sociaux, c’est toujours avec plaisir que nous attendons vos réactions et commentaires.

Nous vous souhaitons un beau et doux dimanche pleins de ronrons!

bonhomme de neige

« Le temps de lire, comme le temps d’aimer, dilatent le temps de vivre. »

Daniel Pennac

 

Musique, Poésie

Gluggavedur

Samedi 22 décembre

photo Lire pluie fenêtre

Que le temps était triste et maussade hier. La pluie n’a pas cessé de tomber sur la Touraine tandis que les rafales de vent secouait les frêles branches des arbres dénudés. Cette forte humidité n’a pas freiné l’ardeur des minettes, qui contrairement à ce que l’on pourrait penser, tentent toujours malgré un sol gorgé d’eau, de mettre le museau dehors pour aller pourchasser quelques mulots. Elles reviennent ensuite, à notre grand désespoir, frotter de leurs coussins crottés,  les vitres de la fenêtre de la cuisine, en oubliant que vous avez pris soin de faire les carreaux le week-end dernier, pour vous supplier de les faire rentrer au chaud. Vous ne pouvez évidemment pas résister à cette bouille au poil détrempé qui vous regarde par la fenêtre vous faisant clairement comprendre qu’il serait bien que vous puissiez vous dépêcher d’ouvrir cette fenêtre. Prise de pitié, vous vous exécutez et laisser rentrer le félin qui en profite, retrouvant sa fierté, pour vous remercier chaudement en relevant la queue et en se frottant allégrement sur vos mollets, histoire de se débarrasser du surplus d’humidité.   Il s’en va ensuite se léchtrouiller sur le fauteuil gris clair près du poêle, histoire de se sécher, tout en déposant au passage sur le carrelage les petites empreintes humides de ses papattes. Tous les propriétaires de chats exècrent les journées de pluie dès lors que le matou a décidé qu’il ne resterait pas dormir au sec à la maison.

Pourtant, quand il pleut, rien n’est plus agréable que de se préparer un bon thé bien chaud, de contempler le chat endormi en boule sur le même fauteuil d’un gris clair immaculé puis de poser son regard sur la fameuse fenêtre de la cuisine qui donne dans le jardin et le long de laquelle glissent les fines gouttes de pluie… Un sentiment de bien-être vous envahit alors, celui d’être en sécurité, au chaud et bien au sec sous le toit protecteur de votre foyer.

Nos amis islandais, dont Elsy adopte les chaussettes en pure laine les soirs d’hiver, ont une expression pour qualifier cet état « Gluggavedur » qui signifie apprécier le mauvais temps de sa fenêtre ! Avec certitude, cela vous parle! Tentez l’expérience, faites vous une bonne tasse de thé ou de café, programmez un peu de musique et installez-vous confortablement à votre fenêtre pour contempler la pluie. Pause ressourçante assurée…. On peut même se laisser aller à un peu de mélancolie et de vague à l’âme en écoutant les paroles de la Dame en noir. Parmi les chansons de Barbara, j’aime beaucoup celle qui s’intitule « Dis ! Quand reviendras-tu ? »

« Voilà combien de jours, voilà combien de nuits
Voilà combien de temps que tu es reparti
Tu m’as dit cette fois, c’est le dernier voyage
Pour nos cœurs déchirés, c’est le dernier naufrage
Au printemps, tu verras, je serai de retour
Le printemps, c’est joli pour se parler d’amour
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris
Et déambulerons dans les rues de Paris
Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus
Le printemps s’est enfui depuis longtemps déjà
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois
À voir Paris si beau dans cette fin d’automne
Soudain je m’alanguis, je rêve, je frissonne
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine
Je vais, je viens, je vire, je tourne, je me traîne
Ton image me hante, je te parle tout bas
Et j’ai le mal d’amour, et j’ai le mal de toi
Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus
J’ai beau t’aimer encore, j’ai beau t’aimer toujours
J’ai beau n’aimer que toi, j’ai beau t’aimer d’amour
Si tu ne comprends pas qu’il te faut revenir
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs
Je reprendrai la route, le monde m’émerveille
J’irai me réchauffer à un autre soleil
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin
Je n’ai pas la vertu des femmes de marins
Dis, mais quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus »
pluie d'automne

 

Livres

N’oublie pas mon petit soulier…

Dimanche 16 décembre

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Les fêtes de Noël approchent désormais à grands pas et l’on se dépêche de terminer les derniers préparatifs : cadeaux, décoration de la maison, idées pour le repas du réveillon… Elsy adore cette période où l’on a envie de se blottir dans une couverture avec un chat sur les genoux et une bonne boite de chocolats pour regarder un bon vieux film de Noël ; Love Actually tient le haut du palmarès, c’est le film à regarder pour se mettre dans l’ambiance de Noël et se laisser aller à un peu de bon sentiment.  Dose de bonne humeur assurée!!

Si vous ne l’avez pas encore envoyée, c’est aussi l’heure d’écrire votre liste au Père Noël afin qu’il n’oublie pas de déposer sous le sapin, dans votre petit soulier, quelques jolis présents…

Je vous partage ma petite liste, peut-être pourrez-vous aller y piocher quelques idées pour vous-même ou vos proches…

Forcément, on y trouve quelques idées de livres…

  • Les Grands Espaces, le dernier ouvrage de Catherine Meurisse. Je vous avais déjà présenté un livre de cette dessinatrice qui a échappé de peu à l’attentat de Charlie Hebdo, La Légèreté. Dans ce nouvel ouvrage, l’auteure nous emmène sur les chemins de l’enfance et de la nature.  Elle a grandi à la campagne entourée de pierres, d’arbres, et avec un chantier sous les yeux : celui de la ferme que ses parents rénovent, afin d’y habiter en famille. Une grande et vieille maison qui se transforme, des arbres à planter, un jardin à imaginer, la nature à observer : ainsi naît le goût de la création et germent les prémices d’un futur métier : dessinatrice. Avec humour et tendresse, elle raconte le paradis de l’enfance, que la nature, l’art et la littérature, ses alliés de toujours, peuvent aider à conserver autant qu’à dépasser. Les Grands Espaces raconte le lieu d’une enfance et l’imaginaire qui s’y déploie, en toute liberté.
  • Les Culottées 2 de Pénélope Bagieu . Dans mon article Les Culottées , en septembre dernier, je vous avez parlé du premier de ces deux tomes qui dessine les destins hors du commun de femmes souvent méconnues mais qui ont fait voler en éclat les préjugés.  Dans ce deuxième tome, Pénélope Bagieu dresse le portait de quinze autres femmes qui ont pris leur vie en main : Sonita, rappeuse afghane et exilée militante ; Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes ; Nellie, journaliste d’investigation au XIXe siècle ; Cheryl, athlète marathonienne ; Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde…
  • Autoportrait de Paris avec chat de Dany Laferrière. L’Académicien, propose avec cet ouvrage un roman singulier,  un roman dessiné et écrit à la main.   Dany Lafferrière nous invite à travers ses lettres et ses couleurs dans un Paris qu’il dépeint et décrit à son image. Le narrateur, un grand rêveur, arrive dans la ville la plus réaliste du monde. Il en fait la découverte et nous avec lui, remontant ses rues et le temps à la rencontre de ceux qui ont fait sa gloire. Paris, ses monuments de pierre et d’intelligence, l’arc de Triomphe aussi bien que Balzac, ses cafés aussi bien que ses créateurs de mode, le Flore aussi bien que Gabrielle Chanel. Paris se nourrit aussi des étrangers qui cessent d’en être dès qu’ils l’aiment et contribuent à faire ce qu’il est. Et voici donc Hemingway, et voici donc Noureev, et voici donc Apollinaire… Et puis il y a Chanana. Qui est cette mystérieuse chatte en manteau rose qui arrive chez le narrateur à minuit ?
  • Middlemarch de George Eliot. D’après les critiques, c’est le plus beau roman de George Eliot, en tout cas son roman le plus complet. Il y raconte  l’histoire des deux mariages de Dorothea et le mariage malheureux de Lydgate, jeune médecin ambitieux, avec la vulgaire Rosamond Vincy. L’histoire repose sur un fond foisonnant de personnages et d’événements, d’épisodes intéressants, amusants et émouvants. Roman victorien comme je les aime, riche en personnages et en incidents qui révèle au lecteur une qualité de récit remarquable, un style expressif et subtil, des dialogues sensibles et maîtrisés, une analyse psychologique pénétrante et un humour « so british », un vrai plaisir en perspective pour les grises journées d’hiver….

Et si le Père Noël a encore un peu de place dans sa hotte, peut-être pourra-t-il aussi apporter une belle mangeoire pour les petites mésanges du jardin et quelques surprises !

paquet-cadeau-noel

 

Livres

Au gré des jours

Dimanche 9 décembre

Au gré des jours plante

Le 9 novembre 2017, l’anthropologue Françoise Héritier, disciple de Claude Levi-Strauss était sur le plateau de La Grande Librairie pour évoquer avec François Busnel ce qui sera son dernier livre : Au gré des jours.  En effet, elle décèdera quelques jours plus tard, le 15 novembre 2017. Quelle chance d’avoir pu entendre les mots de cette féministe convaincue qui livrait ce qui allait devenir son livre testament, un ouvrage qui remet au centre de l’existence ses petits riens auxquels on ne prête pas toujours attention, mais qui font le Sel de la Vie et qui fait l’éloge de l’amitié à travers les souvenirs déposés comme des galets de cette vieille dame au soir de sa vie.

Elsy avait demandé au Père Noël de glisser sous le sapin l’an dernier Au gré des jours et cette lecture fut un réel plaisir. Le livre est composé de deux parties : la première s’intitule « De bric et de broc » et la deuxième « Façonnages ».

« De bric et de broc » est une suite de mentions de tout ce qu’apprécie Françoise Héritier, les choses simples du quotidien, ces petits bonheurs de la vie.  « Façonnages » prend la forme d’une autobiographie qui, comme le dit l’auteure, met en perspective « comment ses matériaux ont servi de support à l’élaboration de ma propre vie. »

Il est bon de se laisser aller à ressentir avec ses mots des sensations : « … grelotter d’un coup, et se blottir sous une couverture, […] écouter avec délectation la pluie qui martèle allègrement une toiture en zinc, […] pester en cherchant ses clés au fond du sac, […]peler une pomme de terre bouillante en se brûlant les doigts, […] avoir en bouche la délicate douceur d’un bonbon à la bergamote de Nancy qui en appelle un autre, […] » et retrouver à travers ses évocations une part de ses propres souvenirs : « revoir le gentil sourire de sa grand-mère qui proposait une tasse de bonne hysope à ceux qui lui rendaient visite, […] humer l’air frais de la montagne narines au vent et yeux mi-clos, […] sentir encore le poids de sa chatte de gouttière Roulettes sur ses pieds et dans le cou celui de sa chatte siamoise Julie qui savait si bien vous éveiller d’une griffe savamment enfoncée dans une narine.« 

Dans la  deuxième partie du livre, on découvre le destin de cette femme qui apparait dans sa simplicité malgré la brillance de son parcours universitaire et les responsabilités qu’elle a exercées, ses rencontres et échanges avec des personnages illustres, sa découverte de l’Afrique et la place centrale que tenait l’amitié dans sa vie.

« J’ai toujours rendu un culte à l’amitié. En réfléchissant bien, je pense être spontanément plus proche des femmes que des hommes. Du côté masculin, j’ai cependant deux amis à qui je peux pratiquement tout dire pour des raisons et sur des sujets différents : Marc Augé et Jean-Charles Piette. Autour d’un premier cercle avec deux ou trois ami(e)s collègues m’apporte un soubassement fort pour des discussions professionnelles et amicales plaisantes. J’ai deux amies de longue date, très proches : Monique Chevallier, Annick Drogou, et bien d ‘autres que je vois moins souvent mais que j’aime aussi beaucoup : Sophie, Eliane, Lydie, Françoise, Michelle, Michèle, Odile, Solange, Danièle… Il n’y a guère de plus grande satisfaction que celle d’avoir passé quelques heures dans une conversation à bâtons rompus, pleine de vivacité, de renversements, de tête-à-queue, de retours en arrière, de mots d’esprit, de fous rires, de mimes offusquées… avec une amie. Ce sont des moments de grâce et de grande vérité On écoute, on admire, on compatit, on se confie, on fait confiance, on s’abandonne, on rit de bon cœur, on se moque gentiment, on dit : « Tu te souviens du jour où…? » C’est délicieux. Cela dure toute la vie. Je ne recherche rien tant que cette simple amitié-là, sans arrières-pensées sans chausse-trapes, sans ambiguïté, simplement parce que c’est nous et qu’on s’aime. »

Alors, suivez l’invitation de Françoise Héritier « Prenez place s’il vous plait »  et suivez les traces et la leçon de vie de cette grande dame qui a fermé  doucement la porte derrière elle. ♥♥♥

Poésie, Recettes

La flemme en rose

Dimanche 2 décembre

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La mode est au flamant rose en ce moment. Vous avez remarqué? On en voit partout, sur les chemisiers, les serviettes en papier, les trousses, porte-clés…. alors je n’ai pas résisté à l’envie de vous faire partager le dernier mug d’Elsy.

La flemme? Le flamant? Y-a-t-il finalement un rapport entre cet animal étrange à  la couleur pinky et cet état qui vous saisit parfois, qui vous fait culpabiliser alors que vous avez mille choses à faire : nettoyer la voiture, ranger votre placard à chaussures, venir à bout de cette montagne de repassage…

On sent cette flemme monter et l’on se dit : « bouhhh, je le ferai le week-end prochain ». Et nous voici pris dans la spirale de la procrastination que nous avons pourtant bien intégrée comme mauvaise conseillère : « Ne remets pas au lendemain ce que tu peux faire le jour même! » nous dit le proverbe.

Mais après tout, dans cette affaire, la clé ne résiderait-elle pas dans la question de la définition de nos priorités? Pas toujours facile à faire me direz-vous. Mais, on peut peut-être essayer. Si déjà se poser la question était un premier pas vers la posture du flamant rose. En définitive, s’il dort sur une patte, n’est-ce pas pour préserver son équilibre?

Alors aujourd’hui, pourquoi ne pas écouter votre flemme. Je vous propose d’opter cet après-midi pour une petite pause goûter en famille autour de quelques muffins façon financiers et de choisir des lectures pour vos enfants ou petits enfants à la découverte de ce bel oiseau rose.

Commencez par réaliser les muffins avec vos bambins, c’est très simple et en général, il adorent faire de la pâtisserie. Voici la recette :

  • Préchauffez le four à 180°
  • Faites fondre 150 g de beurre
  • Dans un saladier, mélangez 50g de farine, 100g de poudre d’amande et 170g de sucre glace
  • Ajoutez le beurre fondu et mélangez bien
  • Dans un autre saladier, battez en neige 5 blancs d’œufs puis ajoutez les délicatement à la première préparation
  • Versez la pâte dans des moules à muffins et ajoutez sur le dessus une amande entière
  • Faites cuire 20 minutes à 180° jusqu’à ce que les muffins soient bien dorés

Vous pouvez également remplacer l’amande par  une framboise ou ajouter à la préparation quelques grammes de pâte de pistache…

Il est temps maintenant de s’enrouler dans une couverture et de plonger dans la lecture d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, le jeu étant de trouver à quel moment de l’histoire notre compère flamant rose se cache.

Je vous partage également ce poème de Maurice Carême pour un peu de rêverie.

Une patte repliée
Sous leurs plumes qui se figent,
Les hauts flamants rassemblés
S’efforcent de ressembler
A des roses sur leur tige.

Vit-on jamais dans le vent
Rosier plus vibrant de roses
Que ce bouquet de flamants roses,
Ce bouquet que le lac pose
Au pied du soleil levant ?

Et, quand le bouquet s’effeuille,
Qui peut encore distinguer,
De ce nuage rosé
Que la brise cueille,
Le flamant rose envolé ?

Maurice Carême

la meilleure faon de marcher
Couverture du livre de Diane Ducret La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose